‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 103 sur 128 · UENaE ACIDE I ^^^^^ C*»H · texte numérisé non relu

UENaE ACIDE I ^^^^^ C*»H

On pourrait alors placer dans une cat^orie spéciale les essences diverses qui, par l'ensemble de. leurs caractères, ne sauraien;

encore aujourd'hui trouver place dans les groupes précédents.

Quant aux essences sulfurées, elles forment un groupe à par» dont nous dirons quelques mots seulement en terminant ce chapitre, après avoir soumis à un examen attentif les ditférents genres que nous venons d'établir.

Les huiles volatiles qui appartiennent à ces quatre groupes présentent des réactions de la plus grande netteté; aussi leur étudô a-t-elle jeté beaucoup de lumière sur la constitution des matièie;; organiques.

Cette classification établie, nous alluns passer en revue ces différents genres, et tout d'abord nous examinerons les /mi/e.f /tj drocarbonées.

V&BMZBA OaOUPB. .

GENRE IIYDIIOCARBURB.

§ 1446. Les diverses huiles volatiles qui appartiennent à ce

groupe sont comprises dans un petit nombre de fonnules ordinairement fort simples: cescemposés présentent, en outre, des cas d'isomérie nombreux ot^leins d'intérêt.

Il existe, par exemple, un nombre considérable d'huiles volatiles représenté par la formule

C"W\ Éq.= 1700 ou i3G

qui correspond è 4 volumes de vapeur; les huiles de térébenthine,

de citron, d'orange, de copahu, de poivre, d'éiemi, de cubèbe, etc., sont dans ce cas.

On observe, il est vrai, des diiïércnccs dans le point d'ébullition, la densité, le pouvoir réfringent, la chaleur spécifique, le pouvoir rotatoire, etc., de ces nombreux produits; mais ces différences sont.très-faibles et ne sauraient établir de distinctions nettes entre eux.

L'action que Tacide cfalorhydrique sec exerce sur ces différents

carbures d'hydrogène permet, au contraire, de les classer en trois caté2;ories bien distinctes. Ainsi, cpi'on fasse arriver ce gaz bien pur et complètement desséché dans les essences de térébenthine, de cubèbe et de citron, convenablement refroidies (Jîg. 269), et dans les trois cas on obtiendra, d*une part un produit cristallin doué d'une odeur camphrée, de l'autre un r^idu liquide. En apparence les résultats sont donc les mêmes; mais l'analyse nous apprend qu'il n'en est pas ainsi.

La matière cristalline résulte bien, dans les trois cas, de Tunion de l'acide clilorhydrique avec le carbure d'hulrogène; mais si l'on compare les proportions du carbure qui s'unissent à un poids donné d'acide chlorhydrique, on trouve qu'elles sont dans les rapports de 1, i : c'est-à-dire que la composition de ces produits peut être représentée par les formules

e"H's cm, c'Mi'', ciiL ciii.

CaMp^M Cmplirt Camphre

d« térélMalhliM. de «ubèba. d« riiroo.

. HUILES ESStëNTIëLLëS. 491 Ainsi, bieu que ces composés renferment le carbone et l'hydror

gène dans le même rapport, bien que Tétat de' condensation soit

le même de part et d'autre, il faut néanmoins admettre que leur constitution moléculaire intime est différente, puisque leur pouvoir saturant n'est pas le même. Les combinaisons liquides qui prenuent naissance en même temps que les produits cristallisés nous offrent des résultats semblables.

Ainsi, pour les carbures d'hydro^ne de la forme

il existe trois types bien distincts qu'on peut représenter ainsi : .

c"ii's anv\ o'iv.

On peut passer du premier groupement moléculaire au tlernier, ainsi qu'il résulte des expériences de M. Deville. Ce chimiste a fait voir, en effet, que l'hydrate d'essence de térébenthine cristallisé, qu'on peut obtenir si facilement par le méthode de M. Wii^gers, étant traité par le gaz chlorhydrique sec, donne une combinaison cristallisée qui n'est pas le chlorhydrate d'essence de

49'2 HUiLKS KSSENiibLLHS.

lérébenthine

Cl H,

comme on aurait pu s'y allendre, mais bien le chlorhydrale d essence de cilron ,

Ce dernier, décomposé par la chaux vive à l'aide de la chaleur, reproduit, en ctTet, iQcitrène, doué de Todeur suave qui le caractérise. Ce résultat est d'une haute importance, puisqu'il nous apprend qu'il est possible d'opérer, à l'aide des réactifs^ la transmutation d'un produit naturel en un autre produit ^l^ent fourni par la nature.

Ce sont probablement des diflerences entre l'arrangement des molécules, différences trop faibles pour rompre 1 équilibre du groupement C"H'*' ou C'°H% qui distinguent ces variétés qu'on rencontre dans un aussi grand nombre d'espèces végétales.

§ 1447. Les produits naturels représentés par la formula

C"ll"*

s altèrent facilement sons l'influence des différents agents chimiques; en présence de quelques-uns, ils éprouvent de simples modifications isomériques : cVst ainsi que l'essence de lérébenthine se transforme en colophène et térébène, en présence de l'acide sulfurique concentré.

Estrce un simple phénomène de contact, comme on en a tant signalé depuis quelques années, qui prodoit dans la circonstance actuelle ce changement moléculaire, ou bien s'est^l formé tout d'abord entre l'acidê minéral et l'huile hydrocarbonée une combinaison (juc la chaleur est venue détruire ensuite, en mettant en liberté non plus l'huile primitive, mais des produits dans lesquels les atomes sont différemment groupés?

C'est à cette dernière hypothèse que M. Deville s'est arrêté. Il admet qu'au contact de l'acide l'huile naturelle s'est partagée en deux produits isomériques, le térébène et le camphène^ résultat que cette huile nous offre, du reste, sous l'influence d'autres acides.

Le sulfate de térébène, qui ne présente (]u'une assez faible stabilité, se détruirait bientôt sous 1 iulluence de lu chaleur, et la

HUiLKS ESSENTIELLES. 493

portion qui échapperait à l'action décomposante de l'acide passerait è la distillation; tandis que le solfete de camphèné, beaucoup

plus stable, ne se détruirait qu'à une lempéralur3 plus élevée. Mais à cette température le camphène, à l'état naissant, éprouverait une condensation double et donnerait naissance au colophcne.

L'expérience est d accord avec cette manière de voir, et, en eflet, les premiers produite ne renferment guère que du terébène; le colophène, au contraire, distille en abondance à la fin de l'opération. .

Ces deux produits, d'après les observations de M. Deville, prennent encore naissance dans la distillation de la colophane, résultat important à prendre en^ considération dans la discussion relative à la formation des résines.

La transformation du camphène en colophène n'est pas un foit isolé,' et la production de i'éther et de ses analogues repose abso« lument-suir les mêmes principes.

§ 1448. Toutes les huiles hydrocarbonées naturelles forment avec l'acide chlorhydrique deux combinaisons, l'une liquide, l'autre cristallisée; celles-ci, distillées sur des bases telles que la potasse, la baryte, la chaux, se détruisent en produisant des chlorures alcalins, tandis qu'il passe à la distillation une huile formée do carbone et d'bydrQgène prifeentant exactement la composition de l'huile primitive, mais constituée moléculairement d'une manière difiérente. Ainsi rbaile de térébenthine, telle qu'on l'extrait de la matière molle qui exsude des pins par la distillation avec de l'edu, jouit de la propriété'de dévier le plan de polarisation vers la droite; tandis que les huiles qu'on retire de la distillation du camphre artilieiel liquide ou cristallisé sur la chaux vive, sont entièrement dépourvues de cette propriété. Les huiles hydrocarbonées, séparées de l'acide chlorhydrique auquel elles étaient unies, peuvent se combiner de nouveau avec. ce gaz; les chlorhydrates qui en résultent fournissent, lorsqu'on les distille ensuite sur de la chaux, des produits doués de la même composition, mais dont l'arrangement molécnlalre est encore différent.

L'essence de térébenthine nous otlre donc un exemple de polymérie des plus remarquables. Ses congénères, essence de citron, de cubèbc, etc., jouissent de i)ropriétés analogues à celles (|ue nous venons de décrire. On comprend dès lors que le nombre dc$ m. . /|3

carbures isomères de Tessence de térébenthine est en quelque sorte

illimité.

§ 1449. En général, les carbures d'hydrogène produits artificiellement (na[)litalène, benzène, naphlène, ciimène, etc.), possèdent une stabilité beaucoup plus considérable que ceux qui ont été produits au sein de la végétation, comme si ces derniers conservaient encore ce cachet particulier qui distingue les matières qui ont pris naissance sous l'influence de la vie de celles que nous engendrons sous l'influence de forces plus ou moins brutales.

Il est enfin une remarque que je dois faire ici : c*est que les hydro£;ènes carbonés qui accompagnent les huiles volatiles oxygénées possèdent une stabilité |ihis considérable que les autres. Exemple : cymène, camomillène, valérène, etc.

Les carbures d'hydrogène naturels, en présence de Toxygène et de la vapeur d*eau contenue dans l'atmosphère, peuvent fixer Tun ou l'autre de ces éléments, ou tous deux à la fois, et produire soit des substances résineuses, soit de véritables hydrates parfaitement définis. Ainsi, la plupart des huiles de la famille des Libiées présentent une composition telle, qu'on peut les considérer comme formées de l'union du carbure

avec des quantités variables d'eau. Les essences d'absinthe, de cajeput, etc., oflirent même une composition telle, qu'on peut les représenter par la formule

C*H'% a HO.

Ces composés, qu'on a cru pojivoir assimiler jusqu'à un certain point aux alcools, mais qui sous beaucoup de rapports en diffèrent d'une manière essentielle, se détruisent lorsqu'on les distille sur l'adde phosphorique anhydre, en abandonnant à ce dernier les 2 molécules d'eau tandis que le carbure (?*H'* devient libre*

La formation des résines est elle-même liée, sans doute, d'une manière simple à l'existence de ces carbures d'hydrogène, q«ii les accompairnent tonjours en proportions plus on moins fortes; ici se présente néanmoins une ditriculté sérieuse sur la dérivation de ces produits. D après M. Henri Rose, la colophane, ou, pour mieux dire, les acides piniqoe et syivique qu'elle renferme, résulteraient

d'une simple oxydation des carbures d'hydrogène contenus dans la térébenthine, tandis qu'en partant des analyses de MM. Dumas, Laurent, Blanchet et Sel 1, le carbone et l'hydrogène ne se relrou*

venaient plus dans ces résines dans le mèroe rapport que dans l'huile de térébenthine. Les analyses de ces chimistes semblent indiquer, en etlet, une perte d'hydrogènQ et substitution^ d'une proportion supérieure d'oxygène.

Tant que la quantité d'oxygène qui s'est implantée dans la substance primitive est proportionnelle à la quantité d'hydrogène enlevée, la résine est parfaitement neutre; c'est ce qu'on observe dans les produits désignés sous le nom de sous-résines. S'il y a fixation d'un excès d'oxygène, la résine qui prend naissance jouit, au contraire, do propriétés acides.

Quel que soit le mode de dérivation qu'on admette, et, pour ma part, je suis disposé à adopter le dernier, il n'en demeure pas moins à peu près constant que le carbure d'hydrogène est le point de départ de .la formation de ces différents produits.

En voyant les carbures d'hydrogène naturels fournir, par la fixation d'un certahf nombre d'équivalents <jl*oxygène ou d'eau, des composés qui présentent la plus exacte ressemblance, soit avec certaines huiles volatiles oxyi^énées naturelles, soit avec les résines, il parait, en elTet, assez rationnel de penser que les carbures d'hydrogène sont les premiers produits élaborés par le végétal, et que les composés oxygénés de nature semblable qui les accompagnent sont le résultat d'une action secondaire opérée sous l'influence des éléments de l'atmosphère.

Le carbure d'hydrogène

peut donc être considéré comme le centre d'une foule de composés qui en dérivent, soit en se constituant moléculaîrement d'une manière différente, soit en s'oxvi^énant on fixant les éléments de l eau. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, le bornéène

C*»H"=4vol.vap.,

placé dans des circonstances convenables, fixe 2 molécules d'eau et produit le bornéol

C"H'% H^O»=4vol.vap.

496 HUILES KSSENTIKLLKS.

Celui-ci, distillé aur des sdifitaiioes déshydratanteSt peut restituer l'eau qu'il s'était assimilée pour laisser dégager le boméène intact.

Ce mémo bornéol, soumis à des influences oxydantes, perd de l'hydrogène, qui se brûle sans remplacement, et donne naissance au camphre des Laurinées. J'ai tout lieu de croire que dans ce cas l'action se porte sur le carbure d'hydrogène C^"H'" qui, .perdant US devient alors O^W* (caniphogène, cyroène)'. Ce dernier, restant uni aux a molécules d'eau formées, constituerait le camphre ordinaire; et ce qui prouve évidemment qu'il doit en être ainsi, c'est que ce dernier, à son tour, traité par l'acide phosphorique anhydre, lui cède les 2 molécules d'eau qu'avait fixées le bornéène, en laissant dégager le carbure C^"H'*.

Le camphre

ne saurait donc être considéré comme un oxyde du radical

et, en eflét, on n'a pu jusqu'à présent produire cette combinaison

par oxydation directe; tout porte à croire, au contraire, que c'est un carbure d'hvdrosène hvdraté.

Les carbures d'hydrogène compris dans la formule

ne sont pas les seuls que la nature nous présente. Il en existe un second

C"H'*. Éq.= i675ou i34,

qui ne diffère du précédent (|ue par 2 molécules d'hydrogène, et qu'on peut considérer à son tour comme la tète d'une série.

Celui-ci, en gagnant H-O^ donne le camphre des Laurinées; en perdant H' et gagnant 0', il produirait

substance neutre comme le carbure d'hydrogène dont elle dérive, qui représente la composition des essences d'anis, de badiane, de

fenouil, d'estragon, de cumin, etc., qui sont identiques au point de vue analytique, mais dont la constitution moléculaire est entièrement différente.

Digilizeci by Gopgl

Ainsi, tandis que ie produit oxygéné des essences d'anis, de liadiane et de fenouil doux est solide, cristallisable et fusible à + 19 d^rés seulement, le principe oxys:éné des essences de fenouil

amer et d'estragon est encore liquide à — 12 dej^rés. Néanmoins ces deux produits, quoique présentant des dilîérences dans les propriétés physiques, donDent les mêmes résultats sous riniluence des réactifs.

L'essence de cumin, liquide comme celle de fenouil amer et d'estragon, se comporté d'une manière toute différente. Ainsi, tandis que les essences d'anis et de fenouil peuvent être distillées sur de Thydrate de potasse chauffé à ^So degrés, sans éprouver la

plus légère altération, l'essence de cumin, au contraire, placée dans les mêmes circonstances, décompose l'eau de l'hydrate alcalin, en fixe l'oxygène et se transforme en un acide qui présente avec Tessence une relation fort simple. En effet, on a

Essence de cumin C=n^^O^

Acide cuminique C*"H'^0'.

L'acide asotique étendu, bouilli avec l'essence de cumin, la transforme pareillement en acide cuminique, en lui fournissant * de l'oxygène. Avec les essences d'anis, de badiane, de fénouil,

d'estragon, les choses se passent tout autrement : tandis que dans le cas précédent 2 molécules d'oxygène s'ajoutent au type

ici la molécule est altérée dans son essence; elle se dédouble en

CW se brûle en donnant de Tacide carbonique et de l'acide ootih lique; C'^H* fixe successivement 2 et 4 molécules d'oxygène eq produisant un liquide huileux, pesant, analogue à l'bydrure de salicyle et à l'essence d'amandes amères, puis ce dernier absorbe plus tard, à son tour, 2 nouvelles molécules d'oxygène en donnant un produit solide cristallisable, l'acide anisique. . On a donc les trois produits successifs

qui nous offrent des phénomènes d'oxydation analogues à ceux que nous présentent les corps de la nature minérale.

SI, en même temps que le carbure d*bydrogène C^H** perd H* et gagne 0^ il fixe en outre de Toxygène, alors le produit présente les caractères qui distinguent les iacides.

Cest ainsi que l'essence de girofle, qu'on peut considérer comme dérivant, de môme que les produits précédents, dii carbure C'MI", présente tous les caractères d'un véritable acide.

Les essences de cumin et de girolle proviennent toutes deux des semences de plantes qui appartiennent à la même famille, celle des Ombellifères ; elles ne diffèrent l'une de Tautre que par '1 molécules d'oxygène. En effet, on a

Essence de cumin C"!l"0',

Essence de girofle (acide cariopbyllique). . . . C'*H''0'.

La première peut, ainsi que nous l'avons vu plus haut, fixer 2 molécules d'oxygène sous Tinfluence de Tacide nitrique faible, de l'acide chromique, de Thydrate d^ potasse, et fournit une substance cristalline acide, Isomérlque aVec V^wide cariophjUique^ présentant, en outre, la même capacité de saturation que ce dernier, mais en différant essentiellement par les caractères physiques et chimiques. Ce qui sert surtout à différencier ces deux produits, c'est la résistance que présente l'acide cuminicjue aux agents d'oxydation, tandis que l'acide cariophyllique se dédouble avec une extrême facilité sous les mêmes influences, pour se résoudre en des composés très-simples; c'est ainsi que l'acide nitrique, même étendu, réagit avec violence sur ce produit, en fournissant une abondante cristallisation d'acide oxalique.

L'isoméric, celte {)ropriété si curieuse, et qui nous est entièrement inconnue dans son essence, se rencontre à chaque pas dans les huiles volatiles; l'examen comparatif des propriétés physiques de ces sortes de produits nous conduirn, sans doute, à des résultats Importants, mais qu'il serait difficile de prévoir, aucune recbercbe n'ayant été jusqu'à présent entreprise dans cette voie.

Les groupements C"H*0' et C'*H'0% qui constituent les types de séries cihnamique et benzoïque, dérivent peut-être aussi d'hydrogènes carbonés ayant pour composition C'"!!"* et C'*ir. Peutêtre encore dérivent-ils d'hydrogènes carbonés polyniériques

C'H*' et C'*H* unis à 1 équivalent d'oxydi; de carbone; mais ce sont là de pures spéculations qui ne doivent pas nousarrôter plus longtemps dans un ouvrage de cette nature.

§ 14S0. L'expérience nous apprmi qu'à mesure que Tozygène s'accumule dans un composé,. le point d'^nllition s*élève et la stabilité diminue; ainsi le carbure d'hydrogène C^IV* bouillant à iG:j (ii'i^rés, les essences do cumin et d'anis, qui n'en diffèrent que par la substitution de x molécules d oxygène à 2 molécules d'hydrogène, n entrent en ébuUitiou qu'à une température de 225 à 228 degrés. L'essence de girofle, qui renferme a molécules d'oxygène de plus que ces derniers» bout à une température encore plus élevée, vers 255 à a6o degrés» Lorsqu'au lieu d'une substitution d'oxygène, il y a fixation d'eau, le point d'ébuUition s'élève encore, mais moins que dans le cas précédent ; ainsi, tandis que les corps du groupe

e»H«»0*=4vol.vap.

bouillent à une température de aa5 à 228 degrés, le camphre, qu'on peut considérer, par quelques-unes dè ses réactions, comme appartenant à la même famille, et qui aérait alors représenté par la formule

C"H", H^O^=4voLvap.,

bout à 2o4 degrés.

Lorsqu'on soumet une huile volatile à la distillation, on voit le point d'ébuUition de cette dernière varier d'une manière très-notable; ce qui s'explique facilement, le produit naturel étant presque toujours un mélange en proportions variables de diverses subatances in^lement volatiles. Mais, lorsque les divers principes qui constituent une huile essentielle ont été isolés dans un état dé pureté parfaite, on trouve encore que ceux-ci présentent des variations souvent assez notables dans leur point d'ébuUition ; celui-ci s'élève graduellement, et l'on obtient presque toujours un résidu foncé, visqueux, plus ou moins abondant. Lorsqu'on opère cette distillation dans un courant d'hydrogène ou d'acide carbonique, on n'observe plus d'aussi grandes variations dans le point d'ébui- Jition; Pessence se colore à peine, et le résidu devient presque insignifiant. L'air intervient donc dans ces sortes de distillations, en fournissant de l'oxygène qui modifie la matière huileuse. Néan-

5oo • ESSENCES OXYGÉNÉES.

moins il n'en est pas toujours ainsi, et lorsqu'on analyse l'huile qui a distillé à diverses températures, on lui trouve souvent une composition identique, ce qui semblerait indiquer que la chaleur produit, dans ces sortes de composés, des transformations polymériques.

Le genre hydrocarbure, que nous venons d'examiner d'une manière sommaire, est sans contredit l'un des plus importants de la grande famille des huiles essentielles, en ce que, d'une part, la nature nous le présente en grande 'abondance, et parce qu'en outre il est accompagné de produits qui présentent toujours avec les composés qui le constituent des relations fort simples, et qai doi* vent en dériver, soit par substitution, soit par fixation d'eau, ou bien encore par la perte d'un certain nombre d'équivalents de carbone et d'hydrogène. On n'a pu jusqu'à présent démontrer bien nettement la dérivation de ces produits, sauf dans quelques cas très-rares (Exemple : hydrures de cinnamyle et de benzoïle) ; mais il faut avouer que les investigations ont été fort peu dirigées de ce côté.

Nous allons passer maintenant en* revue qudques huiles essentielles aj^iartenant aux groupes suivants, en les étudiant d'une manière sommaire.

ESSENCES 0ZT6ÉNÉES.

BBUXXimS OROUPB.

GENRE AJ.C00L.

§ A ce groupe appartient l'huile de pommes de terre ou

alcool iUTiyliqiio, qui prend naissance dans la fermentation des matières sucrées èt amylacées en même temps que l'alcool ordinaire. Nous ne reviendrons pas sur ce produit dont nous avons décrit les propriétés principales chapitre cinquante-quatrième, § 1191.

Noos rangerons dans ce groupe les camphres, encore bien que ces produits éloignent sous beaucoup de rapports des alcools projurement dits.

CAMi^HKE. 5oi

CAMPHUE. Éq. = 1900 ou iji.

§ 1452. On retire de certains Laurus, et notamment du Laurui

camphorfif qui croît en abondance au Japon, une huile essentielle concrète, douée d'une odeur toute spéciale, à laquelle on donne le nom de camphre. Il suffit, pour l'en extraire, de débiter le bois en petits fragments qu'on introduit avec de l'eau dans une cucur* bite surmontée d'un chapiteau garni de paille de riz. £n soumettant ce liquide à la distillation, les vapeurs d'eau entraînent avec <dlss le camphre, qui vient s'attacher aux cordes qu'on a disposées dans l'intérieur; on obtient de la sorte le camphre brut. Pour le purilier, on l'introduit dans de grandes fioles de verre à fond plat, analogues à celles dont on fait usage pour la sublimation du sel ammoniac. Sous rintluence d'une faible élévation de température, le camphre se réduit en vapeurs, qui viennent se condenser contre les parois froides de la fiole, sur lesquelles elles se moulent de manière à prendre la forme de pains hémisphériques, sous laquelle on le rencontre dans le commerce.

Bien que doué d'une faible tension, le camphre répand une odeur très-forte à la température ordinaire. Lorscju'on le conserve en vases clos, la portion do la matière qui se trouve en contact avec les parois fortement éclairées se volatilise et vient se condenser sur les parties qui se trouvent dans l'ombre sons la forme de cris* taux brillants, doués d'une très-grande netteté.

Ijb camphre fond à 175 degrés et bout vers aoS. Sa densité est de 0,996. La densité de sa vapeur est égale à 5,3!k. Cest un corps doué d'une assez grande ékisticité, ce qui rend sa pulvérisation difficile. Pour le réduire en poudre, il est nécessaire de l'humecter d'un peu d'alcool.

A peine soluble dans l'eau, le camphre se dissout en proportion considérable dans l'alcool, l'esprit-dc-bois, l'acide acétique, Téther ordinaire et les éthers composés. 11 s'enflamme par l'approche d'un corps en ignition et brûle avec une flamme blanche fuligineuse.

En dirigeant des vapeurs de camphre sur de ta tournure de fer chauffée au rouge, on obtient divers produits, au nombre desquels figure le benzène.

Le chlore et le brome l'attaquent diilicilemenl. perchlorure

5oîfc CAMPHRE.

de phosphore l'attaque à l'aide de la chaleur et donne des produits qui ne sont pas parfaitement bien connus.

Le camphre absorbe le gaz chlorhydrique et se transforme en un liquide incolore, qui résulte de Tunion d'équivalents égaux de ces deux corps. L'eau détruit fecilement cette combinaison et met le camphre en liberté.

Les dissolutions alcalines, mt^me concentrées, n'exercent aucune action sur le camphre, soit à froid, soit à chaud. Fait-on passer sa vapeur sur de la chaux potassée, chauffée à ^oo degrés, le camphre fixe % équivalents d'eau et se transforme en un acide qui s'unit à la base alcaline; on donne à cet acide le nom ^acide camphoHque. Sa production s'explique au moyen de l'équation suivante:

C" H"^ 0^ -4- 2 HO = W 0*, Campkr*. Ae. ««mpliollq«t.

Lorsqu'on fait digérer du camphre avec deux ou trois fois son poids d'acide sulfurique, au maximum de concentration à la température de loo degiés pendant plusieurs heures, et qu'au bout de c« temps on verse de l'eau sur le mélange, il vient nager à la surface de la liqueur adde une buile neutre qui possède la même composition et le même état de condensation que le camphre.

L'acide azotique dissout le camphre à froid et l'abandonne lorsqu'on l'étend d eau; à la température de l'ébullition, il Tattaque, des vapeurs rutilantes se dégagent, et si l'on a prolongé suffisamment l'action on obtient une masse cristalline acide, à laquelle on donne le nom é*aciiie camphorique.

Pour séparer ce produit de la portion de camphre qui n'a pas subi d'altération, on le dissout dans le carbonate de potasse, on filtre la liqueur qu'on décompose ensuite par l'acide azotique, on achève enlin sa purilication par des cristallisations dans l'alcool.

La formation de l ucide cam[)liorique s'explique par une oxydation du camphre; eu effet, on a

C^H"0'-h60 = C"H'«0»=C'»H'*0% 2HO.

. L'acide camphorique est un adde bibasique. Par sa réaction sur l'alcool, il donne naissance à deux produits, ainsi qu'on l'observe avec tous les acides de cette nature : l'un acide, auquel on donne le nom iï acide camphovi nique ; l 'autre neutre, connu sous le nom

Digilized by Gopgl

CAMPHRE. 5o3

é'éther camphorique. Ces deux produite peuvent èlre représentée

par les deux formules suivantes :

Acide camphovinique; . . . C^H'^OS C'H'O, HO, Éther camphorique C'*H**0*, aCH^O.

Soumis à Taction de la chaleur, Tacide camphorique perd son eau de combinaison et se change en acide camphorique anhydre.. La composition du camphre M exprimée par la formule

C'"H'*^0'=4voL vap.

8 1453. Il exsude du Dryabnnalops vamphora un liijuidt» visqueux, renfermant une substance cristallisable, qui jouit de propriétés analogues à celles du camphre. Ce produit, qui nous arrive de Bornéo et de Sumi^tra sous la forme de petits fragments cristallins et transparents, peut être facilement purifié par la sublimation.

La composition de ce produit est représentée par la formule

C=*H'*0\ Éq. = I9!à5 ou i54.

On voit que ce corps ne ditTère du camphre que par 'x équivalents d'hydrogène en plus. On peut le transformer en camphre * ordinaire sous des influences oxydantes, et notamment sous celle de Tacide azotique, cet oxygène brûlaint les a équivalents d'hydrogène qui se trouvent en surplus sans remplacement. Distillé sur de l'acide phosphorique anhydre, le camphre de Bornéo perd '2 équivalents d'eau et se transforme en un carbure d'hydrogène, •

isomère de l'essence de térébenthine ; ce même carbure d'hydrogène, qu'on désigne sous le nom de bornéène, se rencontre dans le produit brut. Le camphre de Bornéo, de même que le camphre des Lanrinées, se transforme en acide camphorique, par une ébul-

lition suffisamment prolongée avec l'acide azotique du commerce.

§ 1454. Plusieurs huiles volatiles de la famille des Lcibices laissent déposer, soit spontanément, soit par refroidissement, un sléaroptène qui jouit de toutes les propriétés chimiques du camphre et qui . n'en diffère que par l'action qu'il exerce sur la lumière polarisée.

5o4 kssem:e ij amen des amekes.

Beaucoup de plantes fournissent, lorsqu'on les distille avec de Teau, des builes volatiles concrètes qui présentent les analogies les plus manifestes avec le camphre.

ESSENCE DB CÈDRE. Ëq. := 2925 ou a34.

' S I4i$5. L'essence de cèdre brute renferme une bulle et une matière cristallisable, volatiles toutes deux, qu'on peut séparer

par la distillation.

La matière solide, puriiiée par l'expression et l;i rrisUjIlisation dans ralcool, affecte la forme d'aiLiuilles d'un éclat brillant et soyeux. Son odeur aromatique rappelle celle du bois de cèdre; sa saveur est brûlante. Elle fond à 74 degrés, se dissout en trèS" faible proportion dans Teau, et en quantité considérable dans Talcool.

L'analyse et la densité de vapeur de cette substance ciondulsent

à la formule

P»H>*0»=4 voK vap.

Le liquide est uq carbure d'hydrogéné désigné sous le nom de cédrène, dont la composition, exprimée par la formule •

C^2H'* = 4 vol. vap.,

nous démontre qu'il ne ditlèro de la partie cristallisée que nous appelons cédrol que par 2 équivalents d'eau.

TKOinillSB G&OOPS.

GKMiE ALUÉUYDii.

ESSKiNCE D AiMANDES AMÈHES.

^ 1 i.*>(). Je ne \ oiis clirui que quelques mots de ce produit dont nous avons étudié, les principales propriétés § 1220, sous le nom Ùhj'drure de bcnzodc ou û aide h y de ba/izoïquc»

Ce produit, qu'on obtient en distillant avec de l'eau le tourteau d'amandes amères, ne préexiste pas dans ces semences, ainsi que nous l'avons démontré g 1S20. Pour obtenir ce produit dans les arts, «on commence par écraser les amandes, puis on tes soumet à l'action de la presse afin dO les débarrasser autant que possible

ESSENCE DE CANNELLE. 5o5

de rhuile i^rasse; on en lait alors avec de Teau fîpoide une bouillie claire (lu'on introduit dans un ahimbic on laissant le mélange niacénM- pendant vini;t-(iuatre heures. Il est important, avant de commencer U distillation, de bien ai:iter la maiii>e, afin qu'elle ne s'attache pas au fond de la cucurbite; on trouve plus d'avantage à eifectuer la distillation, au moyen d'un courant de vapeur d'eau qu'on fait arriver au sein de la bouillie. On distille tant que le produit condensé présente l'odeur d'amandes amères. L'essence se dépose au fond de Teau, mais le liquide surnageant en renferme , ime portion notable en dissolution, surtout au début de la distillation.

L'essence d'amandes amëres brute renlerme, outre de l'hydrurc de benzoïle, de l'acide cyanhydrique et de petites quantités d'acide benzoïque, Nou» avons vu, § 1220, par quel traitement on parvient à retirer de ce produit l'aldéhyde benzoïque à l'état de pureté.

On peut obtenir des essences semblables à la précédente en «iistillant avec de l'eau les feuilles, l'ecoice ou I(n noyaux du laurier-cerise, du prunier, du pêcher, de Tabricotier, etc. *

Lorsqu'on mélange de l'huile d'amaudes amères brute avec une solution alcoolique de potasse à saturation, elle se concrète au bout de quelque temps en un isomère de l'aldéhyde benzoïque, qu'on désigne sous le nom de àmzoine,

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