‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 116 sur 128 · M ACÉTYLÈNE · texte numérisé non relu

M ACÉTYLÈNE

niée par la formule

C*H»Br».

L'acide sulfiiriqiie, au maximum de concentration, absorbe l'acétylène, et donne une combinaison correspondant à 1 acide sulfovinique. En saturant la liqueur acide étendue d'eau par le, carbonate de baryte, on obtient un sel parfaitement cristallisé.

Si l'on distille la liqueur précédente au lieu de la saturer par une base, on obtient une liqueur spiritueuse, plus volatile que l'eau, très-altérable, d'une odeur analogue à Tacétone, mais plus irritante.

Ce liquide n'est autre que ralcool acétylique '

qui ne diffère de l'alcool ordinaire que par % équivalents d'hydrogène.

Nous avnns tu précédemment que le ga% oléfiant peut se transformer en acétylène par l'action d'une température rouge. On peut opérer la transformation inverse : il suffit pour cela de iSiire agir l'hydrogène naissant sur l'acétylène. Oh y parvient aisément à

l'aide d'une métliode fort ingénieuse, imaginée par M. Berthelot. Celle-ci consiste à mettre l'acétylène cuivrique en contact avec du zinc et de l'ammoniaque. Dans ces conditions il se dégage un gaz très-riche en hydrogène bicarboné, mais toujours mêlé d'une petite quantité d'acétylène et d'hydrogène libre.

§ 1476. A ce groupe appartient le menthène, carbure d*h^dro> gène qu'on obtient en faisant agir l'acide phosphorique anhydre* sur le camphre de menthe, ainsi que d'autres homologues dont j'ai constaté l'existence dans les huiles de schiste et de tourbe. L'ailyle, par sa composition, appartiendrait pareillement à ce groupe, mais il est plus convenable de le placer dans la catégorie des carbures mixtes, à. côté de l'éthyle.

Composés de la forme : C*"H*"T*.

$ 1477. La nature nous fôumit un grand nombre de carbures d'hydrogène qui renferment le carbone et l'hydrogène dans le rap* port de 5 : 4« ot dont la composition est représentée par la fonnufe

C^H'« = 4 vol. vap.

ACÉTYLÈNE. Sa;

Ces composés, qu'on rencontre dans les différentes parties d'an grand nombre de végétaux, présentent non-seulement la même composition en centièmes, mais encore la même densité sous

forme gazeuse; nous ne reviendrons pas sur leur histoire, que nous

avons tracée (J'uiu; manière assez complète dans le chapitre relatif à rhistoire des huûes esscuLielles. Il en est de même du carbure d'hydrogène

Nous nous occuperons plus particulièrement dans ce chapitre

des carbures d'hydrogène homologues qu'on rencontre dans l'huile volatile provenant de la distillation du goudron de houille, produits qu'on emploie d'une manière avantageuse depuis quelques années dans Téclairage en les brûlant à l'aide d'appareils convenablement disposés. Le plus important de ces composés est le benzène, c'est celui sur lequel nous concentrerons de préférence notre attention; nous indiquerons ensuite d'une manière sommaire les analogies que présentent avec ce composé ses différents homologues.

CQDVQUZilMlS GROUPE.

Composés de la forme : C*"U'"-*.

§ 1478, On connaît une série de carbures d'hydrogène fort intéressants, qui se rattachent aux acides aromatiques, de même que le g^z oléfiant et ses homologues se rattachent aux acides gras. Les prékniers termes de cette série, quoique possédant un équivalent beaucoup plus élevé que les termes qui occupent la tête de celle à laquelle appartient le gaz oléfiant, n'en présentent pas moins une relation générale du même ordre dans leur composition. Ils constituent une série homologue parfaitement déterminée, qu on peut représenter par les formules suivantes ;

* / Benzène G*'H* = 4 vol. vap.

Toluène C*H» = »

Xylène CnV*= »

Cumène C"H'»= »

Cymène C'*H'*= »

De même que la distillation des graisses et des diverses sub* stances organiques qui renferment le carbone el 1 hydrogène dans

5i8 fi£NZlN£; OU BËNZËNË.

le rapport d^éqoiValent à équivalent, fournit les différente termes

de la série dont le méthylène occupe la tète, de même les carbures dont nous allons tracer rhisloiro et dans lesquels le rapport du carbone à l'hydrogène est beaucoup plus grand que celui de 1 : 1, prennent naissance dans la distillation d'une foule de corps qui renferment le carbone en excès relativement à l'hydrogène, tels que les résines et les goudrons. On observe encore la production de ces substances toutes les fois que la décomposition d'une matière organique se produit à une température assez éle* vée pour déterminer une deshydrogénatîon partielle. Il suffit en etfet de taire passer des vapeurs d'alcool, d'élher ou de toute autre substance analoi;ue à travers un tube de [)orcelaine incandescent pour observer la production de la benzine.

BENZINE OU BpiZÈNE. Éq. = 975 ou 78.

§ 1479. Lorsqu*on dût passer des vapeurs d'acide benzol^e cristallisé sur de la chaux vive ou sur de la limaille de fer portée au rouge sombre, cet acide se dédouble en acide carbonique et en une

hiiile incolore parfaitement limpide, entièrement formée de carbone et d'hydroi^ene, à lacjuelle on a donné, pour rappeler son origine, le nom de benzine ou de benzène.

Ce benzène, dont le mode de génération est simple et peut s'exprimer au moyen de Téquation

•Ae. iMnMiqiie. fimsèiM.

parait se former dans une foule de circonstances; c'est ainsi qu'on le voit se produire dans la décomposition des matières grasses par la chaleur, dans la distillation de la houille, dans la décomposition des vapeurs d'alcool et d'adde acétique à la température du rouge sombre.

La décomposition de Tacide bentoïque fournit le moyen le plus

commode d obtenir de la benzine parfaitement pure. A cet effet, on introduit un mélange intime de i partie d'acide benzoïque et de 3 parties de chaux éteinte dans une cornue de verre qu'on chauffe au rouge 8on^)re, il se dégage bientôt des vapeurs incolores qu'on peut condenser dans un récipient i-efroidi. On agite le pro-

BËNZiNE OU BENZÈNE. 629

diiit de la distillation avec un [)eu de potasse, atiii de dissoudre une petite quantité d'acide benzoïque qui pourrait se trouver entraînée. On dessèche ensuite le produit sur du chlorure de calcium, puis on le rectifie au bain-marie.

On peut également retirer du -benzène par&itement pur de rhuite de goudron de houille, en distillant ce liquide au bain-marie et mettant ^ part les portions qui bouillent entre 80 et 96 d^rés. En redistillant ce produit, on sépare une grande quantité d'un liquide bouillant entre Si et 86 degrés, d'où l'on peut extraire une quantité considérable de benzène en le plaçant dans un mélange réfrigérant et le soumettant ensuite à l'action de la presse.

§ 1480. A l'état de pureté le benzène est une huile incolore, trèsm(^iie et d'une odeur suave; sa densité est de o,85 à i5 degrés; la densité de .sa vapeur est Me 2,77; il bout vers 82 degrés. Soumis à l'action du froid, il se prend en une masse cristalline qui ressemble au camphre.

A peine soluble dans l'eau, le benzène se dissout en forte pro-" |K)rtion dans l'esprit-de-bois, l'alcool etl'éther. Il dissout le soufre, le phosphore et l'iode, surtout à l'aide de la chaleur, et les abandonne à l'état de cristaux par le refroidissement et révaporation. U opère pareillement la dissolution des huiles grasses et volatiiesy des résines, des corps gras et du caoutchouc.

Cette huile est très-inflammable et "brûle avec une damme blanche fuligineuse, ce qui tient au i^rand excès de carbone qu'elle renferme.

Le chlore et le brome agissent rapidement sur le benzène, surtout sous l'influence de la lumière solaire, en donnant naissance à des produits cristallisés.

La composition de ces produits est exprimée par les formules

C'-^H'^CIS C^H-^Br*.

Traités par une dissolution alcoolique de potasse caustique, ils se dédoublent sous l'influence de la chaleur en chlorure ou bromure de potassium et en de nouveaux produits chloréî? ou bromes. Ces transformations s'expliquent au moyen des équations

eWa«4-3(K0, HO) = 3Ka-|-6HO-i-C"'H»CI», e»H"'Bi*-H3(K0, iiO) = 3KBr-+.6HO-l-C»H»Br». m. 45

53o B£NZiM£ OU BENZÈNÊ.

Les résultats que fournit la benzine -en présence du chlore et du brome et les dédoublements qu'éprouvent les composés ainsi produits au contact de la potasse alcoolique, sont entièrement

comparables à ceux que nous avons signalés à roccasion du gaz oléâant et de ses homologues.

L*acide sulfurique concentré dissout le benzène et produit un acide copulé susceptible de former avec les bases des sels définis et cristallisables. L'acide sulfurique fumant dopne naissance au même produit; il se forme en outre dans ce cas un corps neutre auquel on donne le nom de suljohenzide.

Ces composés sont représentés par les formules -

Acide sulfobenzidique C*H«, S»0^

Sulfobenzide C?»fi'% S'O*. '

L'acide azotique fumant convertit le benzène en un Jiquide pesant, bouillant à 21 S degrés, doué d'une odeur aromatique qui rappelle cellè des amandes amëres, auquel on donne le nom de ntirobenzine. Ce produit' est employé dans le commerce de la parfumerie sous ^e nom é*essence de mirlMne, pour remplacer l'essence d'amandes amères, mais son odeur est loin d'être aussi suave. Une ébullition prolongée du benzène avec l'acide nitrique fumant donne naissance à des cristaux qu'on désigne sous le nom de binitrobenzine. On obtient très-facilement ce dernier en laissant tomber goutte à goutte du benzène dans un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique fumants, puis çbauffant pendant quelques mjnutes. En étendant d'eau la liqueur acide, il se sépare des flocons qu'on purifie pàr des lavages et des cristallisations dans l'alcool.

La formation de ces deux produits peut s'expliquer au moyen des deux équations

C'H*H- AzO*, HO = aHO-l-C"H*(AzO*),

C"H*-t-aAz<y, HO - 4HO-4-C»H*(AzO*)».

Ces composés nifrés étant traités par une dissolution alcoolique de suUhydrate d'ammoniaque, se transforment en aniline At en nitraniline. Ces réactions sont souvent mises à profit pour reconnaître de petites quantités de benzène.

Lorsqu'on mélange la nitrobenzine avec une dissolution alcoo-

fi£NZlN£ OU B£NZÈNE. 53i

lique de potasse,' le liquide s'échauffè ibrteitaent, suivant M. Zînîn,

et prend une teinte brunâtre. Par le re'roidissement il se dépose des cristaux bruns. Le liquide surnageant étant soumis à la distillation, se sépare bientôt en deux couches : la supérieure, huileuse, de couleur brune, se concrète en une masse formée d'aiguilles; la couche inférieure est une dissolution de potasse caustique, de carbonate de potasse et d'un autre sel de cette base daôis l'eau de Talcool.

Les cristaux précédents étant purifiés pàr la dissolution dans

Talcool et la cristallisation, se présentent sous la forme d'aiguilles jaunes, brillantes, fusibles à 36 degrés. Ce produit est désigné sous le nom ^azoxjrbenzidei sa composition est représentée par la formule

Il cristallise en aiguilles quadrilatères jaune de soufre, brillantes, qui atteignent quelquefois une longueur de i pouce. Il est dur, inodore et insipide, insoluble dans Teau, soluble dans l'alcool et surtout dans Téther.

Il fond à 36 degrés et se prend, par le refroidissement^ en une masse radiée.

En soumettant ce corps à la distillation sèche, il se dédouble en aniline et en azobenvde, qu'on sépare l'un de Tautre au moyen

d'une dissolution afjueuse d'acide chiorhydrique qui dissout l'aniline et laisse l'a/oben/ide int<ict.

Ce dernier corps se présente sous la forme de belles paillettes d'un jaune rougeâlre, à peine solubles dans Feau, mais très-SOlubies dans TalcooL 11 fond à 65 degrés et distille à 193 degrés sans éprouver la moindre altération;

Lé sulfhydrate d*ammoniaque en opère facilement la réduction et le transforme en une matière alcaline à laquelle oh donne le nom de benzidine qui n'en diffère que par -2 équivalents d'hydrogène en plus.

La composition de razobenzide étant en effet exprimée par la formule

celle de la benzidine l'est par

532 HYDRATE DE PHftNYLE OU PHÉNOL. La composition du benzène est représentée paie 1^ formule

e»H« = 4 vol. vap.

HYDRATE DE PHÉNÏLE OU PHÉNOL. Éq. = 1175 ou 94.

§ 1481. A la benzine vient so rattacher un corps qu'on rencontre, comme elle, parmi les produite de la distillation du goudron de houille et qui n'en ditier&que par 2 équivalents d'oxygène en plus. Ce produit, qu'on désigne sous le nom ^hjrdrate de phênjie, 'de phénol ou d*aci(ie phénique, peut 8*en extraira facilement en agitant la portion de l'huile qui bout entre 175 et igo degrés avec une dissolution concentrée de potasse caustique, L'hydrate de phényle s'unit, en effet, à la matière alcaline et forme une combinaison cristalline que Teau dissout facilement. Si donc, après avoir agité pendant quelque temps la matière huileuse avec la potasse, on la traite par l'eau, l'huile neutre se sépare, tandis que l'huile acide reste entièrement dissoute. En siphonant la liqueur aqueuse et la décomposant par un excès d'acide chlorbydrique, il se sépare de l'hydrate de phényle brut que l'on purîfiç par des lavages à l'eau, puis par la distillation.

M. Bobeuf, à qui l'on doit des observations intéressantes, au point de vue pratique, sur l'hydrate de phényle, a fait connaître une méthode fort simple, qui permet d'extraire directement cette substance des huiles brutes de goudron de houille, sans avoir préalablement recours à la distillation. Cellen^i consiste à agiter ces huiles avec nne lessive concentrée de soude caustique, qui . opère la dissolution de tout l'hydrate de phényle et de quelques autres huiles acides, puis après avoir siphonné la liqueur alcaline éclaircie, d'y verser de l'eau de manière à la ramener à une densité de 10 degrés de l'aréomètre Baumé. Une grande quantité d'huile brune se sépare et vient nager à la surface. La liqueur alca- , line éclaircie ne se troublant plus après décantation par des addi- . tions d'eau successives, est alors décomposée comme précédemment par l'acide chlorbydrique, qui met l'hydrate de phényle en liberté. On purifie ce dernier par la rectification. Quant aux huiles légères qui surnagent la première dissolution des huiles brutes dans la soude caustique, on les lave, puis on les soumet à des distillations fractionnées. On obtient ainsi des produits très-limpides qu'on con-

HYDRATE DK PHÉNYLE OU PHÉNOL. 533

somme dans les arts, soit pour les besoins de L'éclairage, soit pour détacher les étoffes.

On obtientcet hydrate de phényle parfaitement pur en soumettant à la distillation un mélange d'acide salicylique et de chaux vive avec la précaution d'employer l'acide en excès. En effet on a

C**H«(y4*iCaQ=îi(C0», CaO)-hC'»H«0».

Acide Hjdrat* faltcyliqoe. «te pbénjrl*.

§ 1482. Â Tétai de pureté, Thydrate de phényle est solide, incolore, cristallisé en longues aiguilles. Il fond vers 35 degrés et hout entre 187 et 18S degrés ; sa densité est de 1 ,o65 à + 18 degrés. Il

est peu solable dans Teau; l'alcool, l'éther et l'aride acétique concentré le dissolvent en toute proportion. Le chlore et le brome l'attaquent énergiquement en donnant naissance à de nombreux produits dérivés par substitution. L'iode s'y dissout sans réagir.

Le potassium l'attaque vivement à l'aide de la chaleur, il se dégage de Thydrogène et l'on obtient mi résidu de ph&iate de potasse cristallisé en aiguilles. ,

On peut distiller l'hydrate de phényle sur un excès de potasse ou de baryte caustique sans qu'il éprouve la moindre altération.

Il absorbe l'ammoniaque gazeuse et donne un produit qui, chauffé en vases clos, se convertit en eau et aniline, § 1393.

L'acide nitrique fumant attaque l'hydrate de phényle avec une violence extrême; suivant les proportions de matière employée, on obtient des produits renfermant des quantités plus ou moins considérables de vapeurs nitreuses substituées à des quantités équivalentes d'hydrogène.

Ajoute-t-on l'acide par petites portions et refroidit-on le mélange en laissant l'hydrate de phényle en excès, on obtient un composé cristallisable qui se présente sous la forme de prismes incolores et dont la composition est représenté par la formule

C'^HHAzO♦)0^

Une plus forte proportion d'acide azotique détermine la formation d'un second produit isomorphe avec le précédent.

534 HVDKATË D£ PUÉNÏLË OU PHÉNOL.

Enfin un excès d'acide azotique donne un dernier produit,

connu depuis longtemps sous le nom d'acide picrUjue.

Ce composé, désigné prinriiliveraentsous le' nom Marner de H^vltcTy du nom du chimiste à qui Ton en doit la découverte, fut étudié plus tard par M. Chevreul qui, pour expliquer les propriétés explosives de Tacide libre et de ses sels, admit dans ces composés l'existenrc d'un oxacide de Tazole. Il suffira pour s'en convaincre do rapporter les li;j;n(\s suivantes (extraites do son travail. « Les faits qui suivent et ceux qu(^ je nie propose (Tétudier feront voir qu'il est plus naturel do regarder Xamcr comme une combinaison d'acide azotique que comme une substance immédiatément formée d*oxygène, de carbone, d'hydrogène et d*azole à la manière de l'albumine, n

Cette hypothèse, qu*il confirma par Tobservation d'un dégagement de vapeurs nitreuses, lorsqu'on fait détoner Tacide libre dans des boules de verre, permettait en effet d'expliquer les propriétés explosives de l'aride pirrique et dos picrates, ces produits renfermant tout à la fois (les corps très-conihuslibles, hydrogène et carbone, ainsi qu'un corps tres-comburant, l'oxygène. Le mode de production de cette substance au moyen de l'action réciproque de l'acide azotique et de l'hydrate de phényle, observé par M. Laurent, a jeté le jour le plus vif sur sa véritable constitution. En effet, on a

Hydrate A«ldo plerIqM

de pbéarto.

Los chlorures organiques, tels que coux d(> l)enzoïlo, de cumylo, d'acétylo, de butyryle, etc., réagissent sur celti» substance comme sur l'alcool; i équivalent d'hydrogène s'élimine à l'état d'acide çblorhydrique, et Ton obtient des produits parfaitement neutres qui correspondent de la manière la plus parfaite aux éthers' composés.

Le perchlorure et le perbromnre de phosphore donnent, par leur

contact avec ce produit, du phosphate do |)liériyle et des composés qui ne ditlerent du j)hénol (pTeri ce que ll()- se trouve remplacé par 1 équivalent de chlore ou de brome.

TOLUÈNE. 535

(Composition de l'hydrale de pbényle est exprimée par la formule

C"H*(y=4 vol.vap.

§ 4483. Le phénol est an, corps limite qui forme le point de

départ d'une série fort intéressante, dont on ne connaît encore que deux termes homologues : le crésol (hydrate de crésyle) et le thjmuïhl.

Ces corps, qu'on ne saurait considérer comme des acides, ni comme des alcools, occupent une position intermédiaire entre ces deux groupes de composés, participant à la fois des propriétés des unes et des autres.

Les phénols sont des êtres à part représentant des fonctions spéciales et distinctes des acides, des alcools et des aldéhydes, qui se cpnservent intactes dans la plupart de leurs dérivés.

TOLUÈNE. Éq. = ii5o ou 92.

§ 14B4. Ce composé, qu'on trouve parmi les produits huileux provenant du traitement des résines pour Téclairage au gaz, se rencontre dans les huiles léj^ères du goudron de houille; j'en ai

cunstaté l'existence dans la liqueur huileuse qui se sépare de l esprit-de-bois brut par l'addition de l'eau. Entin l'acide toluique, distillé en présence d'un excès de baryte caustique, se dédouble à la manière de l'acide benzoïque en acide carbonique et toluène, ainsi que l'exprime Téquation suivante :

A«. urittlquè. ToloèiM.

Le toluène est une huile incolore, très^luide, insoluble dans Feau, plus soluble dans Talcool et phis encore dans Téther. Son odeur ressemble à celle de la foentine. 11 bout à 110 degrés.

Le chlore et le brome l'attaquent vivement en produisant différents corps dérivés par substitution.

L'acide nitrique fumant lui enlève successivement i, puis 1 équivalents d'hydrojîcne auxquels se substituent i ou 1 équivalent^ de vapeur nitreuse. Le premier produit, qui est liquide et bout à 2^5 d^és, possède une forte odeur d'amandes amères : on

53G ^ TOLUÈNf:.

le désigne sous le nom de nitrotoluène ; le second, qui forme de belles aiguilles d'un blanc jaunâtre, porte le nom de binitrotO' Uiène. Ces produits, dont la composition est représentée par les formules

Nitrotoluène C" H' ( AzO*),

• • Binitrotoluène C'^H^^AzO']',

sont promptement réduits par une dissolution de sulfbydrate' d'ammoniaque, en donnant naissance à la toUddine et à la mtroeolid»

(line, composés homologuos de l'aniline et de la nitraniline.

L'acide sulfurique fumant dissout rapidemojit le toluène en donnant naissance à un acide copulé, l'acide suif otolué nique, homologue de l'acide sulfobenzidique et dont la composition est exprimée par la formule

Il se forme en même temps du suljotoluicle, corps homologue du sulfobenzide.

Le toluène monochloré

liquide limpide, qui bout à i jS degrés, étant traité par une dissolution alcoolique de potassé, reproduit l'alcool benzoïque. Ce même produit, par son contact avec le cyanure de potassium, se convertit en cyanure de toluène,

C'«H^Az = C'*H', C^Az.

. £n faisant bouillir ce dernier avec de la potasse caustique, on le convertit, à la manière des éthers cyanhydriques, en ammoniaque et en acide toluique en vertu dp l'équation suivante :

C'*H? Az -h KO 3 HO = AzH^ -h W 0^, KO.

Le toluène monochloré présente, d'après M. Cannizzaro, à qui l'on doit la découverte de tous ces faits intéressants, l'identité la plus parfaite avec le chlorure de benzéthyle, c'est-à-dire avec réther chlorhydrique de la série benzoïque.

De mon oèté, je me suis assuré que le toluène bidilor^ se confond par ses propriétés avec le chlorobenzol et peut, par* suite, reproduire de l'huile d'amandes amères par la distillation avec de

HYDRATE DE CRÉSYLE. 537

l'oxyde rouge de mercure. Au moyen du toluène, .on peut donc facilement obtenir l'alcool et l'aldéhyde benzoïque.

Ce môme chlorobenzol, traité par Tacide acétique cristallisable et Tacétate d*argeiit en vases clos, donne naissance, ainsi que nous l'avons constaté § 1294, à de Tacétate de benzoglycoK

Lâ composition du tohiène ^t exprimée par la formule

C'*H« = 4 vol. vap.

HYDRATE DE GRÉSYLE. Ëq.= i35o ou io8.

§ 1485. Au toluène vient se rattacher une combinaison oxygénée, homologué de Thydrate de phényle, qu'on rencontre également dàns'les produits de la distillation du goudron de houille. Ce composé, dont Bf. Duclos a pareillement signalé rexistence dans le goudron de bois, se présente à l'état de pureté sous la forme d'un liquide incolore, bouillant à 2o3 degrés.

Soumis à l'action du perchlorure de phosphore, l'hydrate de crésyle se change en chlorure de crésyle, et formation d'un produit peu volatil qui ressemble beaucoup au phosphate de phényle.

Le potassium et le sodium en dégagent de l'hydrogène à une douce chaleur, en formant des combinaisons cristallisées et déliquescentes, qui 'correspondent aux phénates de potasse et de soude.

L'acide sulfurique concentré dissout l'hydrate de crésyle en se colorant en roiiîîo. il se forme un acide copule, Tacide sififocrésylique, dont la composition est représentée par la formule

aSO»,.C'»H'0,HO.

L'acide nitrique donne, par son oontabt avec Thydrate de crésyle, trois produits qui correspondent à.cieux que forme l'hydrate de phényle, et dont On peut représraitep la composition par les formules

C"H'(AzO')0»,

Ac. mononttrocrésylique. ^

C'*H''(AzO*)'0', Ao. dlnltr(icré»ylii|tt«.

e*H*(AzO*)»0».

Ac. trinUrorrésyliqac.

538 XYLÈNE.

Les deux premiers sont liquides, le dernier se sépare de ses

dissolutions alcooliques sous la forme d'aiguilles jaunes.

La composition de l'hydrate de crésyle est représentée par la formule

C'*U''0= = 4 vol. vap.

XYLÈNE. Éq. = i325 ou ix)6,

§ 1 486. J'ai trouvé dans l*huîle brute qui accompagne l'espritde-bois du commerce, divers carbures d'hydroj^ène au nombre desquels figure un homologue du précédent, que je désigne sous le Dom de xylrne, ,

Ce produit bout à 128 degrés, présente une odeur aromatique analogue à celle du toluène, et par son contact avec les réactife donne naissance à des .produits qui correspondent à ceux que forme ce carbure d'hydrogène.

Le chlore et le brome donnent par leur contact avec le xylcne différents i^roduits dérivés par substitution. L'acide nitrique fumant produit par sa réaction sur le xylène deux composés : l'un, liquide, bouillant vers 238 degrés, que je désigne sous le nom de nitmxjrlène^ et qui est l'homologue du nitrotoluène et du nitro* . benzène ; Tautre, qui est solide et cristallise en belles lames ou en prismes jaunâtres, qui est rhomqlogue des binitrotoluène et des binitrobenzène. Ces d<^ux corps étant réduits par le sulfhydrate . d'ammoniaque donnent naissance, le premier à une base liquide, de couleur andirée, douée d'une odeur aromatique, formant dos ' sels cristallisables, bouillant vers v/io degrés, et que je désignerai sous le nom de xjliUine; l'autre, à une base solide et cristallisable en aiguilles jaunes, que je désignerai sous le nom de nitroxylidine,

La composition de ces bases est exprimée par les formules

C'"H"Az

et

C"H"(A2(y)Az.

L'acide sulfurique. forme avec le xylène un acide copulé, dont la composition est exprimée par la formule

CUMENE. 539 La compoûtion du xyiène est elle-même exprimée par la formule

• C'nr'^-.4 vol. vap. '

% 1487. Lorsqu'on distille Vacide phlorëlique en présence d'ime base alcaline, on obtient une huile pesante, soluble dans la potasse, dont les propriétés sont analogues à celles de Thydrate de phényle, et qu'on peut considérer cuEnme I homologue de ce dernier.

La composition de ce produit, qui se rattache au xylene de la même manière que Thydâ^ate de pbényle au benzène, peut être exprimée par la formule

C«H''0*= 4 vol. vap,

CUMÈNË. £q. = i5oo ou 120.

§ 1488. Ce carbure d'hydrogène, qu'on rencontre dans Thuile du goudron de houille et dans Thuilo brute extraite de l'espritde-bois du commerce, s'obtient à l'état de pureté lorsqu'on soumet à la distillation de l'acide cuminique avec un excès de bai^te caustique.

GeUe réaction s^explique au moyen de l'équation

C'«U''0*-+-2BaO = 2(CO^ BaO)-hC'»H'^

Âe. canlolqm. . CnnèD*.

Le cumène est un liquide incolore, plus léger que l'eau, d'une odeur suave, bouillant à i5i degrés. La depsité de sa vapeur est égale à 3,96.

Le chlore^ }e brome et Tacide sulfurique fumant se comportent avec ce corps comme avec les hydrogènes carbonés précédents.

L'acide nitrique fumant donne, suivant que son action est plus ou moins prolongée, du nitroctunène ou du binitrocumène, dont la composition est représentée par les formules

e*U"(AzO*), nitrocumène, C"H'»{AzO*)% binitrocumènOé

Ces composés sont facilement réduits par le sulfhydrate d'am* moniaque ^vec formation de cuinidine ou de nitrocumidine. La composition du cumène est exprimée par la formule

CMl'--- 4 vol. vap.

MÉSITYLÈNË.

MÉSITVLÈNE. Éq. — iSoo ou 120.

§ i4$9. Lorsqu'on distille un mélange d'acétone et d'acide sulfu-

rique deNordhausen ou d'acide phosphorique anhydre, on obtient un carbure d'hydro}j;ènc qui, purifié par une nouvelle distillation sur de Tacide phosphorique et finalement par une rectification sur du sodium, se présente sous la forme d un liquide incolore, doué d'une odeur aromatique, bouillant vers 164 degrés et dont la composition est exprimée par la formule

Ce corps, qu'on ne saurait confondre avec le cumone, dont il diffère entièrement par les propriétés, en présente non-seulement ia composition, mais encore le groupement mécanique.

L'action ultime du chlore, du brome et de l'iode sur. cette substance donne les produits

C^H-Br»,

qui n'en différât qu'en ce que 3 équivalents d'bydrogiène s'y trouvent remplacés par 3 équivalents de chlore, de brome ou

d'iode.

L'acide azotique, suivant qu'on l'emploie en proportions plus ou moins considérables ou qu'on prolonge davantage son action, donne également naissance à trois dérivés distincts qui sont représentés par les formules

C"H"(AzO*),

La réduction' des deux premiers composés par le sulfhydrate d'ammoniaque donne naissance a deux alcaloïdes, la niésU/inc et la nitromésidine, isomères de la cumidine et de la nitrocumidine.

Le mésitylène et le cumène possèdent donc non-seulement la môme composition centésimale, mais encore le même groupement mécanique, et cependant ces deux corps diffèrent entièrement l'un de l'autre par l'ensemble de leurs propriétés. Or oe peut s'expli-

CYMÈN£. ' 541

quer, Je crois, facîlecneQt la différence que présentent ces deux corps, en représentant de la manière suivante la constitution du

mésitylène ;

Le mésitylène pourrait alors être considéré comme dérivant d'un carbure d hydrogène

e'H«=4vol. vap.,

dans lequel 3 équivalents d'hydrogène seraient remplacés par 3 équivalents de méthyle.

CYMËNË. Éq.r= 1675 ou i34.

g 1490. Cette substance, qu'on rencontre dans l'essence de cumin à rétat de mélange avec rbydrure de cumyle, se produit par faction de Tacide phosphorique anhydre sur le camphre.

Cest un liquide incolore, doué d*une odeur citronée très-suave, dont la densité, sous forme liquide, est de 0,861 à 14 degrés* 11 bout à i-fy degrés; la densilé de sa vapeur est égale à 4i70.

L'acifk' sulfurique fumant le dissout en produisant un acide copule. L'acide azotique étendu le transforme en acide toluique. Le même acide fumant donne naissance à du cymène nitré. Ce dernier parait être réduit par le sulfhydrate d'anuDonîaque avec formation d*un alcaloïde homologue de l'aniline.

§ 1491. Les cinq carbures d'hydrogène dont nous venons d'esquisser rapidement Thistoire peuvent être considérés comme des hydrures analogues au gaz des marais, susceptibles d'échanger I équivalent d'hydrogène contre i équivalent de chlore, donnant ainsi naissance à des produits (jui présentent l'analogie la plus manifeste avec l'éther chlorhydrique, et susceptibles comme ce dernier de donner naissance à de véritables alcools en réagissant sur la potasse caustique; ces carbures d'hydrogène, qui constituent une série homologue, dont chaque terme ne diffère du précédent que par

présentent des relations tout aussi curieuses et tout aussi nettes que celles qu'on observe dans la séhe du gaz défiant.

UK 46

54'A * GINNAMËNE.

mëxmèmm cuunnPB»

Composés de la forme : C^h'^*.

CINNAMÈNE. Éq. = i3oo ou 104.

§ 1492. Ce composé, qu'on obtient par* la distillation de Tacide cinnamique, en présence d'un excès de baryte caustique, paraît également se former lorsqu'on î^it passer .des vapeurs de camphre ou d^essence de camielle à travers un tube de porcelaine chauifô

au rou2;e clair.

A l'état de pureté, c'est un liquide incolore, doué d'une odeur aromatique analogue à celle de la benzine. Il bout à 140 degrés et ne se solidifie pas dans nn mélange de glace et de sel. Insoluble dans Teau, le cinnamène se dissput facilement dans Talcool, l'éther, les huiles grasses et volatiles.

L*acide sulfurique fumant le dissout en produisant un acide copulé.

L*acide nitrique fumant le dissout avec dégagement de vapeurs rutilantes en produisant des cristaux de nitrocinnamène, accompagnés d'une petite quantité d'une résine jaune. Si l'on fait bouillir le cinnamène avec un excès d'acide azotique dilué, ce carbure d'hydrogène se convertit en un mélange d'acide benzoïque et d'acide nitn^nzoïque. Le cinnamène parait également se transformer en acide benzoïque, lorsqu'on le distille avec une dissolution d'acide chromîque.

La composition du cinnamène est exprimée par la formule

C'«H«=4vol.vap.

§ 1493. On rencontre dans le styrax liquide une huile volatile qui présente la composition et la plupart des propriétés du cinnamène, mais qui s'en distingue en ce qu'elle peut se solidifier entièrement par la chaleur en produisant un autre isomère. Ce composé, qu'on désigne sous le nom de sijrrol, est une huile incolore, douée d'une odeur aromatique très-persistante, qui se confond avec c^le du cinnamène. Il bout à t45 degrés; sa densité est de 0,924, L'alcool et l'éther le dissolvent en coûte proportion; l'acide nitrique ne l'attaque qu'avec une grande lenteur et finit par le transformer en un mélange d'acide benzoïque et d'acide nitrobenzoïque. L'acide chromique le convertit également à l'aide de la chaleur en acide benzoïque. L'acide nitrique fumant change

NAPHTALÈN£.

le styrol en un produit cristallisé, qui n'est autre que le nilrocinnamène.

Le chlore et le brome donnent, par leur action sur le styrol, des produits de substitution qui sont entièrement identiques à ceux que fournit le cinnainène.

Jusque-là le cinnamène et le st^rrol ne paraissent former qu'une seule et môme substance; mais ce qui les différencie trto-nettement l'un de l'autre, c'est que si l'on vient à chauffer ce produit à 100 degrés, celui-ci se convertit complètement en une masse solide incolore, possédant exactement la môme composition que le styrol, et que l'on désigne sous le nom de métastjrntl.

La conversion du styrol limpide en métastyrol solide se produit aussi bien en vase clos que lorsqu'on opère au contact de l'air.

S 1494. On rencontre dans l'huile brute de goudron de houille une matière solide et cristallisable, à lat{uelle on donne le nom de naphtaline ou de nnphtalène. Celte substance, qui donne naissance à des dérivés très-nombréux« parait se former toutes les fois qu'on soumet une substance organique à l'action d'une température rouge.

Ce corps fond à 79 degrés et bout à 110. W distille sans altération et brûle avec une flamme tr6s-fuligineuse. Il est insoluble dans l'eau froide et peu soluble dans l'eau bouillante. L'alcool, réther, les huiles grasses et volatiles paraissent le dissoudre en assez forte proportion.

Le chlore et le brome attaquent vivement la naphtaline en donnant naissance à de nombreux dérivés par substitution. Avec le chlore, on obtient comme dernier terme un chlorure de carbone réprésenté par la formule

La potasse et la soude n'exercent aiucune action sur la naphtaline ni à froid ni à chaud.

S£PTlilM£ GROUPE.

544 STILBÈNË.'

L'acide suUurique concentré dissout, à l*aide d^ine douce chaleur, d^assez grandes quantités de naphtaline en donnant naissance

à des arides conjugués.

Lacide azotique attaque lentement la naphtaline à froid, rapidement à chaud, et donne naissance à des produits qui ne diftèrent de cette substance que par la substitution de i, de -i ou de 3 équivalents de vapeur nitreuse à un nombre égal d'équivalents d'hydrogène. Par une ébuUition prolongée avec de l'acide nitrique, la naphtaline se convertit en un mélange d'acides oxalique et phta* lique, ainsi que l'exprime l'équation suivante :

Naphtaline. Acide Acide

pbullqne eialkiae.

La nitronaphtaline étant traitée par le sullhv drate d ammoniaque est proniptement réduite et transformée en un alcaloïde, qu'on désigne sous le nom de naphtnlidine,

La composition de la naphtaline est exprimée par la formule

^•H' = 4vol. vap.

§ i495. On rencontre dans les produits de la distillation du goudron de houille et de résines, des produits désignés sous les noms de paranaphtaline et de méianaphtalme^ qui sont polymères de la naphtaline. L'étude de ces produits n'ayant en quelque ,sorte été qu'ellleurée, nous nous contenterons de les mentionner. II en est de même des hydrocarbures solides et cristallisables qui accompagnent le benzone dans la distillation du ))enzoate de chaux.

HUZTXiSME CU&OUPS.

Composés de la forme : C""I1="'-'^

STILBLNE. Eq.==2'25o ou i8o.

§ 1496. Lorsqu'on soumet à la distillation les produits bruis qui proviennent de l'action du sulfhydrate d'ammoniaque sur une dissolution* alcoolique d'essence d'amandes amères, on obtient divers

• composés définis, au nombre desquels figure le stilbène.

Pour obtenir ce dernier, on fait bouillir avec de l'alcool les pre- , miers produits condensés; le stilbène se dissout seul et se dépose

uiym^-ca Ly GoogI(

par le refroidissement de la liqueur filtrée, sous la forme de lames rhomboïdales, qu'on achève de purilier par une nouvelle cristallisation dans Téther. Il se forme également en petite quantité dans la distillation d'un mélange d*acide cinnamique et de chaux.

Le stilbène se présente sous la forme de tables rhomboïdales inodores et incolores, qui possèdent Téclat nacré de la stilbite.

Peu soluble dans l'alcool froid, il se dissout en forte proportion dans l'alcool bouillant, il fond un peu au-dessus de loo degrés, bout vers 9.92 degrés, et distille sans altération. La densité de sa vapeur a été trouvée, par expérience, égale à 8,4*

Le chlore, le brome et Tacide azotique concentré fournissent, par leur contact avec ce carbure, divers produits de substitution.

La composition du stilbène est représentée par la formule

§ 1497. Je vous ai fait voir qu'en soumettant à l'action de la chaleur en vase clos des mélanges d'éther iodhydrique et de zinc en poudre, § 1120, M. Franckland s'était procuré des carbures d*hydrogène, qu*il avait considérés tout d'abord comme les radicaux des combinaisons alcooliques. C*est ainsi que, dans l'action réciproque du zinc et de Téther iodhydrique ordinaire, il obtint le composé

C«H'«=4voL vap.

qu'il regarda comme étant le radical des différents éthers.

En faisant pareillement réagir le zinc sur Tiodure de méthyle, il obtint le composé

C*H«=4voLvap.,

qu'il considéra comme le méthyle.

S'il en était ainsi, en faisant agir le chlore sur ces carbures d'hydrogène, on devait obtenir immédiatement les chlorures de méthyle et d*éthyle. Or Texpérience démontre qu'il n'en est rien et qu'il se produit uniquement des dérivés par substitution, analogues à ceux qui se forment toutes les fois qu'on met le chlore en présence d'un carbure d'hydrogène.

Or, si Ton compare le méthyle

C<H*s:4voLvap.

au gaz des marais

on voit qu'en considérant ce dernier comme un hydruie de la forme

eH% H,

on peut donner naissance au produit précédent en substituant à la molécule d'hydrogène la molécule du corps

Au moment où le méthyle sort do sa combinaison avec l'iode, il se combinerait à lui-même pour former un composé du même ordre qui ne serait autre chose que du méthylure de méthyle, analogue au chlorure^ à Tiodure, etc., et dont la composition devrait s'exprimer de la manière suivante :

Gaz des marais C'H*= |»

Carbure ^*"*=lcS'

Si, par suite, dans le gaz des marais on substitue à la molécule d'hydrogène i molécule des carbures d'hydrogène •

on devra nécessairement obtenir une série de produits qui lui correspondront, et qui seront tous représentés par i volumes de vapeur, ce que l'expérience démontre pleinement. Il résulterait de là qu'au moment où les radicaux alcooliques deviennent libres,

ils se combinent en quelque sorte à eux-mêmes pour former des groupements particuliers.

Si le méthyle n'est, en effet, autre chose que du gaz des marais, dans lequel i molécule d'hydrogèue est remplacée par i molécule du carbure d'hydrogène

on comprend qu'on pourra remplacer cette molécule par tout autre groupement binaire. C'est, en effet, ce qu'a réalisé M. Wurtz, en introduisant dans des tubes clos des mélanges de sodium et d'iodures de butyle et d'éthyle, d'iodures d'éthyle et d'amyle, ou bien encore d'iodures de méthyle et d'amyle.

En opérant de la sorte, il a pu se procurer des carbures d'hydrogène mixtes, qui présentent les isoméries les plus curieuses

avec d'autres carbures d'hydrogène, qu'on peut considérer comme de véritables hydrures homologues du gaz des marais, ainsi qu.'on peut s'en convaincre à TinspecUon du tableau suivant :

> = 4 vol. vap.,

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