‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 119 sur 128 · ORGANIQUES · texte numérisé non relu

ORGANIQUES

Coosidérations générales sur l«s radieras organiques. — Comment on doit envisager la constitution de ces produits. — Kaliéthyle et natriéthyle. — Zino-étbyle et zinc-méthyle. — Màgnéséthyle. — Alnminétbyle. — Stannétbyle et stanmétbyle. — Plomlwméthyle et plombométbyle. — Mereurétbyle et mercnrométbyle. — Arsenéthyle -et arsenmétbyle. — Stibétbyle et sttbmétbyle. — Bismutéthyle, etc.

§ i503. Je me propose de vous exposer sommairement dans ce chapitre Vhùttoire des radicaux organiques, dont rétude, qui rentionte  trente ans à peine, a produit des résultats si féconds et

concouru si puissamment au développement do la chimie organique.

On donne le nom de radicaux à des êtres particuliers dont la nature complexe peut être mise en évidence à l'aide de forces pbysiques ou par Tintervention des réacMfs, mais qui, bien que 'formés de plusieurs éléments, présentent les caractères des corps simples et remplissent des fonctions exactement semblables. Ce sont, en un mot, des composés qui possèdent la propriété de former avec les corps simples des combinaisons entièrement analogues à celles que produisent ces derniers par leur union mutuelle.

Parmi les radicaux il en est que Ton connaît à Tétat d'isolement, que Ton peut manier, que l'on peut engager dans des combinaisons et en faire ressortir sous les influences qui nous permet lent de former et de défaire les combinaisons chimiques les plus

variées : tels sont le cyanogène, le cacodyle, le stibéthyle, etc.;

mais Uî pins i^rand nombre, il faut l'axoiier, n'ont onrore inainlenanl qu une existence purement hypothétique. Au nombre de ces

derniers figurent le raéthyle, l ethyle, l'acétyle, le benzoïle, l'ammoniiim, etc.

Ën groupant les ditlérents composés organiques en familles ou séries déterminées dont chacune renferme un noyau fixe ou radical, sorte de pivot autour duquel tournent tous les corps du groupe, on a considérablement simplifié leur étude au point de vue de renscignetttent en la rendant tout à la fois plus profitable et plus philosophique. Cest ainsi que je vous ai fait voir au chapitre cinqiiunte-cinqiiiciiie (jiralin de relier entre eux tous les composés qui dérivent de Taction des acides sur l'alcool ordinaire, les chimibtes on.t admis 1 existence d'un groupement tixe

C«HV

analogue au potassium, encore bien qu'on n'ait pu jusqu'à présent isoler de produit présentant cette composition qui soit susceptible de reproduire Téther ordinaire par son union directe avec Toxy-

gènc ou d'engendrer de l'éther chlorhydrique en se combinant avec le chlore. En faisant agir le zinc sur l'éther iodhydri(}ue en vases clos à la température de i4<) à i5o degrés, M. Franckland a bien séparé l'iode à 1 elat d'iodure métallique, il a bien pu recueil-, lir un gaz composé, formé de

4 *îq* ^tî carbone -h 5 éq. d'hydrogène.

Mais celui-ci, dont il. est nécessaire de doubler la formule pour

mettre son é(|uivalent en harmonie avec ceux de tous les composés bien définis, quoique nous offrant en réalité la composition du produit désigné sous le nom d'élhyle, ne présente aucun des caractères que doit posséder un radical.

Le met-on, en effét, en présence du cblore, loin de reproduire Téther chlorhydrique comme on devait s*y attendre, il fournit, ainsi qu'on l'observe à l'égard des divers composés hydrogénés, un simple dérivé par substitution. L'oxygène, dans quelque condition qu'on le fasse intervenir, n'opère pas davantage sa conver- = sion en étlior ordinaire. Le mcthyle, le prupyle, le butyle, etc., auxquels on lait jouer un rôle semblable à celui de Téthyle dans les alcools méthylique, propylique, butylique, etc., et leurs différents dérivés nous offrent des résultats semblables. J'en dirai tout autant du produit qu'on obtient en traitant la benzoïne par le chlore,

composé que Laurent considérait comme le radical des combinaisons benzoïques, ainsi que de ses bomoi(^es' le totuiyle, le eum vie, etc.

Si donc on étudie d'une manière attentive ces groupements si divers qu'on a considérés comme des radicaux, on ne larde pas à reconnaître qu'il n'en est qu'un bien petit nombre qui satisfassent aux conditions que doivent remplir de semblables produiti^y savoir : d'engjendrer par leur union avec certains corps simples des composés nettement définis^ desquels on puisse ensuite les dégager sans leur faire éprouver la plus légère modification. Si l'on voit certains i^rouperaents qu'on suppose former le noyau d'une substance donnée, passer dans les nombreux composés qu'elle est susceptible de former ou dans les divers dérivés que le contact des réactifs peut y fdre natjbre, cela ne suffit pas évidemment pour les ranger dans ee groupe de corps: tels sont l'étfayle, le benzoïle, etc., dont nous avons parlé précédemment. Ces prétendus radicaux ne doivent-ils pas être plutôt considérés comme de simples symboles servant à relier les différents termes d'une série et à nous indiquer quel réactif il faut faire agir sur un produit donné pour engendrer une réaction déterminée.

Certes l'étude de tous ces corps est on ne peut plus instructive, et Ton ne peut nier que ce ne soit à leur examen approfondi que la chimie organique ne soit redevable des pas immenses qu'elle a faits dans ces dernières années, tant les observateurs ont mnlti» plié les expériences pour élucider ces importantes questions; néanmoins il me 'paraît plus convenable dans rél<Tt actuel de la science de ne considérer comme radicaux que ces êtres singuliers qui, pris à l'état de liberté, fonctionnent à la manière des corps simples.

Tel groupement défini ne nous apparaît d'ailleurs le plus souvent comme un radical que suivant le point de vue particulier auquel nous nous plaçons, ou suivant les métamorphoses qu'a détermi'

nées le réactif que nous faisons inter\^enir. C'est ainsi que si nous considérons la formation de l'acide acétique par l'oxydation de l'alcool, ou mieux de l'aldéhyde, nous sommes conduit à regarder ce produit comme l'oxyde d'un radical ternaire que nous dési*» gnons sous le nom d'acétyle, tandis que si nous nous basons sur la décomposition que ce même acide éprouve de la partdesbBaen

alcalines à des tempérainres élevées, ou suiç le dédooblenaent qu'en opère rélectrolyse, nous serons amenés tout naturellement

à le faire dériver de l'action réciproque de l'acide carbonique et du groupement C*H*, qui n'est autre que le gaz des marais. On pourra dès lors exprimer la constitution (le Tacide acétique à raide des formules

qui toutes deux satisfont à des réactions nettement définies.

On sait en effet aujourd'hui qu'on peut engendrer inditleremment l'acide acétique, soit par l'oxydation directe de l'aldéhyde ou la décomposition du chlorure d'acétyle par l'eau, soit par le contact de Tacide cail)onique avec le kaUmétkyle ou le nairiméthyle.

C'est ce qu'expriment les équations

Or, quelle que soit la constitution véritable de ces différents acides,- ce que nous ignorons complètement dans l'état actuel de la science, il n'eu demeure pas moins acquis, en raison des analogies étroites qui relient ces corps les uns aux autres, que si l'on venait à découvrir la constitution réelle de l'un d'eux, on connaîtrait facilement celle des autres, et qu'il y a par conséquent un très-grand avantage à les ranger dans une même série, l'étude de tous se déduisant de celle d'un seul.

J'en dirai tout autant à l'égard do l'acide salicylique et de ses homologues, cet acide pouvant en effet s'obtenir tout aussi bien par l'oxydation de l'huile de spirœa que par l'action de l'acide

Acide

Aldéhyde. acétique.

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