GÉNÉRAUTÉS SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES
§ 1028. Après vous aVoîr fait connaflfe les produits les plus im-
porlanls qui résultent de l'union des métaux avec les métalloïdes Ou de la combinaison des métalloïdes enire eux, il me reste à vous décrire d'une manière sommaire les principaux composés que nous Iburnit le règne organique, ainsi que ceux qu'on peut en faire dériver par Taclion des réactifs. Mais avant d'aborder l'examen de ces corps III* I
2 GÉNÉRALITÉS SUK LIÎS MÂTIKKES OHGAMgUES.
si nombreux, que j'aurai soin de groiiper en séries afin de vous en faciliter l'étudç, je m'efforcerai de vous faire saisir les relations étroites qu*on observe entre ces substances si variées et celles que nous avons étudiées précédemment, dont ^les ne diffèrent qu'en ce que, renfermant un plus grdnd nombre d'atomes dans leur molécule, elles présentent une stabilité moindre et par suite une plus grande tendance à se transformer sous une foule d'influences en des produits plus simples. Cette mobilité, dont il est du reste facile de se rendre compte, imprime nécessairement à ces produits une physionomie particulière, qui leur donne quelque ressmnblance avec les êtres organisé dont ils proviennent. * U est temps aujourd'hui de renverser cette, barrière étid>Iie par les anciens chimistes entre les composés de la nature minérale et ceux du règne organique, et d'effacer ces divisions de chimie minérale et de chimie organique qui ne présentent plus aucun sens, grâce aux progrès de la science moderne. En effet, si pour établir ces différences on a recours aux origines des corps, ne sera-t-il pas tout aussi rationnel de placer l'acide carbonique et l'ammoniaque parmi les matières organiques qu'au nombre des matières minérales? Ne vous ai -je pas en effet démontré que ces composés pren-nent aussi bien naissance dans la décomposition spontanée des produits du règne organique que par la combustion du charbon dans l'oxygène, ou par l'oxydation des métaux, soit au contact de l'air humide, soit par l'action de l'acide azotique étendu?
Si nous unissons deux corps simples doués d'affînilés énergiques, molécule à molécule ou tout au moins dans des rapports, peu compliqués, nous obtiendrons des composés qui présenteront toujours une très-grande résistance à la décomposition. Âugmentons-nous le nombre des molécules élémentaires qui concourent à la formation du comjiosé, cette stabilité décroîtra. Celle-ci deviendra bien moindre encore si nous faisons intervenir dans sa production un grand nombre de molécules élémentaires de substances diverses; les combinaisons sulfazotées de M. Fremy nous en offrent un exempte des plus saillants celles-ci se scindent, en effet, sous . l'influence des causes les plus légères pour se transformer en une série de produits de composition plus simple.
Toutes les fois qu'un composé renferme un petit nombre de molécules de corps doués d ailinités réciproques très-énergiques, ce-