AB
étant un nombre entier toujours fort simple), l'expérience démontre qu'on peut former avec ce corps simple et les divers radicaux alcooliques des composés à différents états de saturation. Tant que le nombre de molécules du radical alcoolique qui entre dans la combinaison est inférieur à le nouveau composé pourra s'unir à l'oxygène, au chlore^ àriode,'etc., s'il est de plus susceptible de se séparer intact de ces combinaisons, sous l'influence d'agents doués d'affinités prépondérantes pour ces corps simples, il se comportera comme un véritable radical, celui-ci pouvant absorber un nombre d'atomes d'oxygène ou de chlore d'autant plus grand, que le nombre d'équivalents d'étbyle qu'il contient sera plus faible.
Les radicaux composés qui renferment des métaux moyennement oxydables, tels que l'étain, le plomb, le mercure, produisent
des oxydes, chlorures, iodures, etc., entièrement comparables à ceux des métaux simples qu'ils renferment. Bien que dépourvus de l'apparence métallique, ce sont, de, tous le^ radicaux, ceux qui par leurs caractères diimiques se rapprochent le plus des véritables métaux.
Quant à ceui qui contiennent des corps beaucoup plus électro- * négatifs, tels que le phosphore et l'arsenic, ils ont une tendance particulière à former des combinaisons acides à la manière des corps simples qu'ils renferment : tels sont le cacodyie et l'arsenmonométhyle; néanmoins ces curieux produits peuvent engendrer à volonté des acides ou des bases suivant la proportion d'oxygène à laquelle ils s'unissent.
L'expérience nous apprend en outre qu'à mesure que le nombre des équivalents du radiôd alcoolique qui s'accouple â A va en aug-
HADIGÀUX ORGANIQUES. 563
mentant «ans atteindre la flatnration, le composé qui en résulte
est doué d'affinités de plus en plus énergiques puur l'oxygène, le chlore, etc.; les composés oxygénés, d'acides ou de neutres qu'ils étaient primitivement, marchent vers l'alcalinité de la manière la plus prononcée.
L'arsenic nous offre à cet égard un exemple des plus frappants et des plus instructifs. Ce corps tend en effet à former les deux groupements principaux
As,
et
As, X\
le dernier présentant le terme à saturation.
Nous pourrons. donc former avec Farsenic et le iaaéthyle, en maximum, cinq composés définis, le dernier étant'incapafele d'engendrer de nouvelles combinaisons, puisqu'il est à saturation. Or,
les expériences de M. Bunsen, de M. Landolt, de M. Baeyer, les miennes propres, démontrent qu'on peut réaliser avec l'arsenic et le méthyle les quatre composés ,
AsMe, AsMe', AsMe^, Aslfè^.
Si nous mettons ces divers composés en présence d'un ex(^ d'oxygène, de façon à obtenir des combinaisons à saturation, nous aurons :
AsMe
As Me' OS AsMe^OS .
AsMe'O,
qui forment avec l'eau les composés Suivants :
AsMe 0* a HO, acide bibasique, AsMe' 0* HO, acide monobasique, AslIfe^O' corps indifférent, ' AsMe^OHO, * base puissante, comparable à la 'potasse et à la soude.
La combinaison oxygénée qui forme le terme supérieur présentant les caractères d'un acide trôs^nergique, on voit que le dernier possède une alcalinité telle, qu'il peut rivaliser avecles bases les plus puissantes.
564 RADICAUX OHGANigUËS.
§ 1507. Noos venons de voir que parmi les corps simples il en
est un certain noinbie (jui sont susceptibles de former avec le méthyle, 1 etliyU> , etc., dos combinaisons correspondantes aux oxydes, chlorures, etc., dans U'S({aelles l'oxyizene ou le chlore seraient remplacés par des quantités équivalentes des groupements précédents. Les recherches si remarquables entreprises par M. Franckland dans le but d'isoler les radicaux alcooliques nous ont fait connaître deux curieux composés, le méthylure et l'éthylure de zinc, appartenant au groupement
ZnX,
qui sont devenus la source de réactions pleines d'intérêt. Los travaux plus récents de M. Vanklyn nous ont appns pareillement que les métaux' alcalins pouvaient former des combinaisons analogues; seulement ces dernières préseptent une instabilité telle,
que jusqu'à présent on n*a pu les dégager du composé qu'elles forment a\cc, le nuMh\liire ou l'éthylure de zinc.
Abandonnes au contact de l'oxygène, ces produits absorbent ce gaz avec une extrême avidité. Ce dernier, loin do s'unir au groupement ternaire, amène, ainsi qu'on pouvait le prévoir, la destruction complète .de la molécule en brûlant les éléments qui la composent, de là l'inflammation de la substance. Mis en présence de l'eau, ces produits en opèrent la décomposition immédiate, en produisant des oxydes métalliques et des hydrures de métln le ou d'élhyle, résultat facile à C(jm[trendre si Ton songe que ces divers produits représentent des composés à saturation renfermant des éléments doués d'affinités énergiques pour les principes constituants de ce liquide et par conséquent fort aptes à en amener la destruction tout en se décomposant eux-mêmes. L'éthylure de zinc, pas plus que les éthylures alcalins; ne sauraient donc fonctionner comme des radicaux, pui>(îu'ils représentent le groupement le plus stable que ces métaux soient susce[)tibles de former.
Lorsqu'on remplace le zinc par les métaux des diverses sections, on obtient dans quelques cas des réactions entièrement analogues.
Dans certaines circonstances il se forme des éthyluTes libres, tel est le cas du magnésium ; dans d'autres, et notamment avec
l'étain, on obtient des iodures parfaitement déliuis.
ZlNC-ETliïLJî. 565
Un examen approfondi de ces produite intéressante, i*étude de leurs métemorphoses, les circonstances de leur production m'ont
conduit à considérer tous ceux qui fonctionnant à la manière des corps simples cucnme n'ayant pas atteint la limite de la satiir.ition. C'est ce i[ue je me propose de vous démontrer maintenant, en abandonnant le domaine de l'hypothèse pour rentrer dans celui des faite.
ZINC-ÉTHYLE.
}5 1808. En traitant de l'éther iodhydrique (§1120), je vous ai dit que le zinc en aj^issant sur ce (noduit engendrait a la fms des gaz, un liquide volatil et de Tiodure de zinc. Ce liquide, doué de propriétés on ne peut plus remarquables, dont ou doit la découverte à M. Franckland, peut s'obtenir facilement en grande proportion, en introduisant le zinc métallique et l'iodure d*étbyle dans des tubes de verre à parois épaisses et d*un petit diamètre, qu'on dispose danis un vase cylindrique en fer forgé très-épais, ainsi que le représente la .ajo.
L'appareil étant cliautlé [)endant quinze a dix-huit heures à une température de 120 à i3o degrés, l'action est complète, il ne reste plus alors- que des traces d'iodure d'éthyle inattaqué.
Son ouverture est garnie d*un re- bord BB dont la surface supérieure est
yt iOÉÉl^j^fe parfaitemeut dressée; le bord interne
de cette surface légèrement creusé présente une dépression annidaire.
C'est sur ce rebord que s'ajuste le couvercle CC percé de deux ouvertures. A Tune d'elles s'adapte un tube en fonte ikly fermé à la partie inférieure et destiné à y recevoir du mercure pour y plonger un thermomètre; l autre, garnie de laiton, sert à recevoir la soupape /. Le rebord du cylindre et son couvercle sont percés en quati^ endroite et. s'adaptent l'un à l'autre à l'aide de quatre bou* Ions à vis. La pression de ces vis s'exerce sur un cercle en plomb qui s'engage dans la dépression circulaire du rebord, ce qui déter- III. ifi
566 ZiNC-ÊTUYL£.
mine nne fermeture parfaitement hermétique. Pour se servir de
ce digesteur, on le remplit d*eau dans laquelle on plonge les tubes contenant le mélange de zinc et d'iodure d'éthyle. Lorsque la température s'élève, les tubes sont soumis non-seulement à la pression que développe la tension des liquides quils renferment, mais encore à celle de la vapeur extérieure qui s'exerce en sens contraire, ce qui les place dians des conditions de r^tance les plus favorables.
Lorsque Texpérience est terminée, l'appareil est retiré du feu, puis, après refroidissement complet, on brise la pointe effilée des tubes pour permettre aux gaz qui t-e sont développés dans leur intérieur de se dégager. On distille alors le résultat de cette action dans une cornue au milieu d'un courant d'acide carbonique; le liquide commence à bouillir à 60 degrés, mais le thermomètre s'élève graduellement jusqu'à 118 degrés. Parvenu à ce terme, il se fixe Gomplétemeiit et le zine-éthyle passe tout entier.
C'est un liquide incolore, très-mobile, très-réfringent, bouillant à 118 degrés, dont la densité de vapeur est de 4i^^*Ce qui correspond à % volumes pour la formule
C*H*Zn.
Au contact de Toxygène ou de Fair, il s'enflamme instantanément
et brûle avec une belle flamme bleue bordée de vert, en répandant une épaisse fumée blanche.
L'action lente de l'oxygène sur le zinc-éthyle détermine la formation d'un produit cristallisé bien déûni, dont la composition est exprimée par la formule
et qu'A faudrait bien se garder de considérer comme un oxyde de zinc-éthyle. Ce composé n'est autre en effet que Téthylate de zinc, dont l'eau détermine immédiatement le dédoublement en régénérant de l'alcool et en formant de l'oxyde de zinc, qui se précipite*
Le brome et l'iode agissent énergiquement sur le zine-éthyle en produisant du bromure et de Tiodure de zinc, en même temps que du bromure et de l'iodure d'éthyle.
Le soufre disparaît peu à peu lorsqu'on le chauffe avec le ziac-
ZINC-ËTHTLB. 667
élhyle; on obtient du sulfure de zinc et du sulfure d'éthyle, mais le produit principal de cette réaction est le mercaptide de zinc.
On voit que dans aucun cas le corps simple mis en présence du zinc-éthyle ne s'y unit, il y a toujours dislocation de la molécule et formation de deux nouveaux composés. Le zinc-éthyle ne saurait donc jouer le i^le d'un radical, puisqu'il représente une combinaison dans laquelle la saturation se trouve satisfaite.
L'action de l'eau sur le zinc-éthyle est des plus nettes, elle le décompose instantanément à la manière du potassium avec formation d'oxyde de zinc et d'hydrure d'éthyle.
La composition du zinc-éthyle doit être représentée par la formule
si Ton veut mettre son équivalent en harmonie avec Mlui de tous les corps bien définis.
Le zînc^thyle est un réactif précieux qui permet d'introduire de réthyle dans les combinaisons au moyen d'un simple phénomène de double décomposition. Qu'on fasse en elfet agir un chlorure sur ce produit, l'aflinité du chlore pour le zinc déterminera Tunion de ces deux corps , tandis que le radical du chlorure formera par sa combinaison avec Tétbyle un composé correspondant.
(Test en faisant usage de cette méthode que nous nous sommes procuré, M. HofiQann et moi, d'une manière si nette et dans un état de pureté si parfiait, la triéthylphosphine et la triéthylarsine.
En eflèt, on a
PhCP-+-3(C*H*Zn) = 3ClZn-|-Ph(C*H*)\
Terchlorare TriétliyipliusphiB«.
de pbofphine.
As Cl' 3 ( e Zn ) = 3 Cl Zn -4- As ( C* Y .
Twddorara Trléthylartlne.
dTaraMle.
On obtiendrait pareillement à 1 aide de semblables réactioos beaucoup d'autres produits analogues.
ZINC-MËTHYLE.
ZINC-MÉTHYLË.
§ 1509. En remplaçant Fioduire d'éthyle par l'iodure de méthyle,
on obtient dos résultats semblables aux précédents. Du motlnle prend naissance, et les tubes dans lesquels s'accomplit la réaction j enferment une poudre blanche qui se dédouble par la chaleur en iodure de zinc etzinc-méthyle.
Dans le but d'obtenir ce produit en quantités plus considérables, M. Franckland a remplacé les tubes de verre par le digesteur de cuivre dont il a donné la description dans un extrait de son travail publié {Annales de C/iiniie et de Phymiuv, 3** série, t. XLV, p. 1 14 ).
Au lieu d employer Tiodure do méthyle seul, il a fait usage d'une dissolution étbérée de ce corps. L'opération se termine promptement à la température de i3o degrés, et l'on obtient finalement un liquide bouillant à 5f degrés qui s'enflamme rapidement à l'air. Dans cette circonstance, ce n'est pas du zinc-méthyle qui prend naissance, mais bien une combinaison définie de zinc-méthyle et d élher dont on peut représenter la composition par la formule
En remplaçant l'éther vinique par l'éther métliyli([ne, on obtient un produit tout semblable bouillant à 43 degrés et dont la composition est représentée par une formule parallèlfr ^
(C4i'i"^ieii'r •
Le zinc-méthyle ne peut donc s'obtenir à l'état de pureté qu'en faisant a^r le zinc sur l'iodure de méthyle pur et sec.
C'est un liquide incolore, très-mobile, très-réfringent, qui bout au-dessous de loo degrés et s'enflamme vivement au contact de Pair.
L'eau le décompose à la manière du zinc-éthyle en donnant naissance à de l'oxyde de zinc et à du gaz des marais.
Il produit avec les corps composés des doubles décompositions analogues à celle que fournit le zinc-éthyle.
La composition du zinc-méthyle est représentée par la, formule
/ C'H' ==4vol.vap.
NÂTRIÉTHYLE KT KALIÉTUYLE.
NATKIÉTUYLE ET KALIÉTHVLE.
§ iSHO. Le sodium n'exerce pas d'action sensible sur l'éther iodhydrique sec à des températures inférieures à loo degrés. Ajoute-t-on de Téther au mélange, une réaction se manifeste, mais il ne se forme pas trace de natriéthyle.
Lorsqu'on verso un excès de zinc-éthyle sur du sodium placé dans un tube rempli d'un gaz inerte qu'on ferme ensuite à la lampe, on voit le sodium disparaître graduellement en môme temps* qu'une proportion équivalente de zinc se précipite. Au bout da quelques jours la réaction étant terminée, le tube ne renferme plus que du zinc et un liquide incolore renfermant un excès de zinr-éthyle d'où se séparent peu à peu de belles tiibles rhomboïdales. La distillation du liquide dans un courant d'hydro<j;ène permet d'enlever 1 excès de zinc-étbyle, et l'on obtient linalement une masse cristalline fusible à %y degrés.
Ce produit n'est point le nntriéihjrie, qu'on n'a pu se procurer jusqu'à présent à l'état de liberté, mais bien une combinaison définie de natriéthyle et de zinc-éthyle dont la composition est représentée par la formule
Ces cristaux absorbent rapidement l'acide carbonique en s'échauifant et donnant naissance à du propionate de soude. Le potassium se comporte avec le zinc^thyle de la môme ma- '
nière que le sodium, il n'y a de différence qu en ce que l'action est plus énergique. On obtient des cristaux solublos dans l'excès de zinc-éthyle dont la composition est analogue à celle des précédents.
Ces composés s'enflamment au contact de l'air et bnHent avec une véritable explosion en laissant un résidu fortement alcalin. L'eau les décompose avec une extrême violence en donnant naissance à des gaz, en même temps qu'on observe la formation d hydrate d'oxyde de zinc e.t d'hydrates alcalins. «
Digitizoa Ly Li(.)0^le
5;o ÉTHYLURË ET MÊTUYLURË DE MAGNÉSIUM.
ÉTHYLURE ET MÉTHYLURE DE MAGNÉSIUM.
§ ISii. Le magnésium comme le zinc, auquel il ressemble sous
tant de rapports, ne paraissant susceptible d'engendrer qu'un seul . groupement de la forme
MgX,
ne devait évidemment former par son union avec le méthyle et réthyle qu'une seule combinaison. L'expérience vient contirmer entièrement ces prévisions.
Met^ de la limaille de magnésium .en présence des ioduii^s d*étb'yle ou de méthyle, une réaction assez vive se miauifeste, le mélange s'échauffe assez fortement^ et si, Idrsqùe après l'avoir maîtrisé complètement à l'aide d'affusions d'eau froide, on l'enferme dans des tubes qu'on scelle à la lampe en le maintenant pendant plusieurs heures entre iio et i3o degrés, ou obtient finalement une masse blanche qui se résout par la distillation en plusieurs produits. En effectuant cette opération dans une atmosphère d'by* drogène, on recueille dans le récipient un mélange tl'iodure d'éthyle ou de méthyle et d'un liquide très- volatil doué d'une odeur alliacée, qui s'enflamme à l'air et décompose avec violence l'eau sur laquelle on le projette, le résidu de la cornue consiste en ioduro de magnésium. Une nouvelle rectification opérée sur le produit brut permet de séparer le liquide inilammabie des iodures de méthyle ou d'éthyle inaltérés.
L'analyse de ces produits, leur manière d'agir à l'égard de l'oxygène libre et de l'eau, le» analogies 'si manifestes qu'ils présentent aveet^ zinc-méthyle et le zinc^thySe conduisent à les représenter par les formules
Mg(C=H*) et Mg(C*H^).
Ou mieux peut-être, en nous appuyant sur les analogies que nous venons de signaler, par
Dans l'action réciproque du magnésium et des iodures d'éthyle
^et de méthyle, on observe la production d'une quantité considé-
ÉTHYLURE ET MÉTHYLURE D'ALUMINIUM, 671
rable de gaz qui dans le cas de la combinaison éUiyliqne consistent en
C»H'% C*H* et C♦H^
Avec Todure de méUiyle on obtient les produits'
C»H« et CnV.
L'action du magnésium sur les iodures d*étbyle et de méthyle
est donc entièrement comparable, ainsi que vous pouvez vous eu convaincre, à celle que le zinc exerce sur ces composés.
ÉTHYLURE ET MÉTHYLURE D'ALUMINIUM.
§ 1512. L'aluminium n'exerce à froid aucune action surTiodure d'éthyle; à 100 degrés, l'attaque est très-manifeste ; en maintenant le mélange pendant vingt-quatre heures à i3o degrés dans destubes scellés à la lampe, la réaction est complète. Si Fiodura éthyiique a été employé en léger excès, le métal disparaît complètement et Ton trouve dans les tubes un liquide brunâtre, épais, qui répand à l'air d'aboiidantos fumées. En distillant le contenu des lubes dans un appareil reni[)li d'hydrogène, on recueille dans le récipient un liquide d'une couleur légèrement ambrée dont l'odeur pénétrante et désagréable rappelle celle de la térébenthine altérée. Ce liquide fume fortement à l'air et 8*enflamme lorsqu^on le projette dans une atmosphère d*oxygène ou de chlore en dégageant des vapeurs violettes. H décompose Tean d'une manière subite avec une véritable explosion en produisant de Talumine et de l'acide iodhy(lri(pie, il se dégage en même temps un gaz inflammable qui brûle avec une flamme d'un bleu pâle.
Ce composé, qui bout vers 35o degrés, renferme tout à la fois de l'aluminium et de Piode, ainsi que du carbone et^e l'hydrogène dans les proportions qui constituent l'éthyle.
De nombreuses analyses de ce produit et la décomposition qu'il éprouve de la pari de l'eau conduisent à la formule suivante:
C"ff* Al*P =± A1»P, Al^eH* )%
ce qui en ferait une combinaison d'un équivalent d'iodure d'aiuminium avec l'éthylnre correspondant.
Le zinc*étfayle l'attaque vivement en produisant un liquide plus
57?. STANNURES IVftTIIYLE ET DE MÉTHYLE.
volatil, très-inilcimmable, ae coDlenant que des traces d'iode el qui parait être Xaluminéthyle,
LModore de métbyle se comporte à Fégard de raiumiDium de la même manière que Fiodore d'étbyle. On obtient, comme pré- ^ cédemment, un liquide volatil à une haute température, brûlant à l'air et décomposant Triiu siihitemont en donncint naissance à de riiydrure de méthyJe (gaz des marais). La composition de ce produit, qui renferme tout à la fois de raluminium, de l iode et les éléments du métbyle, peut être représentée par la formule
§ 1.H3. Le i^lucinium attaque profondément Tiodure d éthyle lorsqu on le chauffe avec ce liquide dans des tubes scellés à la lampe. On obtient alors, comme avec le magnésium, un produit solide que la distillation sépare en iodure de glucinium et en un liquide volatil odorant, jouissant de la propriété de décomposer l'eau brusquement à la façon des substances précédentes, en dégageant un ijaz inflammable. La manière dont ce liquide se comporte avec l'eau semble assez indiquer qu'il est d'une nature analogue à celle des composés fournis par le magnésium et raluminitini. La trop faible quantité de glucinium dont j'ai pu disposer ne ai'a pas permis d'établir sa constitution par l'analyse.
STANNURES D'ÉTHYLE ET DE MÈTHYLE.
§ 4514. L'étain métallique, sous la forme de feuilles minces, est attaqué rapidement par l'éther iodhydii(pi(\ lorsqu'on maintient ces cor()s, ontermés dans des tubes scellés à la lampe, pendant plusieurs heures à une température de i4o à lâo degrés. La réaction s'accomplit même au bain d'eau bouillante, mais dans ce cas elle exige un temps beaucoup plus considérable. Elle s'effectue pareillement à la température ordinaire, ainsi <{ue Ta reconnu M. Franckland, à la condition de faire intervenir la radiation solaire.
Si l'on a soin d'employer i parties à 'x \ parties en poids ti iodure d'élhyle pour i partie d'étain, le métal disparaît complètement, et si de plus les matières sont pures et bien sèches, les tubes renferment une masse solide, blanche, formée de longues aiguilles entre-croiaées qui sont souillées par .une petite quantité
STANNURES D*ÉTHYLE ET DE MÉTHTLE. Sy^
d'iino huile jauno on brunâtre qui les colore. Lorsqu'on brise la pointe des tubes, il ne se dégaine le plus ordinairement aucune trace de gaz. On purifie facilement les cristaux en les faisant égoutter, les comprimant entre des doubles de papier buvard, les ilissolvant dans Talcool. ^t abandonnant la liqueur à Tévaporalion spontanée. On obtient finalement, après une ou deux cristallisations, de beaux prismes incolores doués de beaucoup d'éclat et complètement dépourvus d'odeur. Quant à l'huile qui souille les cristaux et dont l'odeur piquante, insupportal)le, rap[)elle celle du raifort et de la moutarde, c'est un mélange d'iodui^e d'étbyle qui n'a pas pris part à la réaction et d'un iodure d'un composé ternaire renfermant du carbone, de Thydrogène et de Tétain. Dans quelques circonstances, on rencontre en outre dans les tubes une petite quantité d'une poudre rouge cristalline qui n'est autre que de l'iodure d'étain.
Les cristaux prismatiques, amenés à Tétat de pureté par la méthode que nous avons précédemment indiquée, fondent à 4^ degrés en un liquide incolore et très-limpide qui bout régulièrement entre 245 et 246 degrés, et distille sans éprouver d'altération.
L'alcool les dissout en forte proportion, surtout à chaud.
L'éther les dissout facilement, même à froid.
l'eu solubles dans l'eau froide, ils se dissolvent en proportion notable dans ce liquide à la température de l'ébullition.
L'esprit-de-bois rectifié les disâout à la manière de l'alcool.
Une dissolution- alcoolique de ces cristaux est immédiatement décomposée par les sulfate, azotate, acétate, butyrate d'argent, etc., avec formation d'iodure d'argent insoluble et de sels correspondants qui cristallisent avec facilité par l'évaporation de la dissolution alcoolique.
L'analyse de ces cristaux conduit à la formule
SnCH4.
La manière dont ce produit se comporte avec les réactifs, conduit à le considérer comme l'iodure d*un composé ternaire formé d'une molécule, d'étain et d'une molécule d'éthyle ou comme correspondant au groupement
SnXS
574 STÂNNURËS D'ÉTHYLE £T DE MËTHYLE.
qui représente la liinite de 89tur;Bition des oombinaîsoiis de Tétain.
Leur formation bien simple s'expliqujB facilement au moyen de réquation
' . Sn-hC'IiM = Sn, G*H^I.
En considérant le groupement * '
SnC*H*
comme un radical, le composé précédent deviendrait un iodure entièrement comparable aux iodures métalliques, le radical pouvant d'ailleurs être séparé de la .combinaison par rintervention de métaux plus électro-positifs que Tétain.
Les alcalis caustiques, potasse, soude, ammoniaque, font naître dans la dissolution du composé précédent un précipité blanc, floconneux, amorphe, insoluble dans un excès de ces réactifs. Ce produit, qui ne diffère de Tiodure que nous venons de décrire qu'en ce que la molécule d'iode s'y trouve remplacée par i molécule d'oxygène, serait alors Toxyde de ce radical que nous désignerons sous le nom de staruiéthjrle, et dont, par suite, nous représenterons la composition par la fonxiule
Sn, CH»0.
Ce composé s'unit directement aux acides, sature les plus énergiques et forme des sels qui, toutes les fois qu'ils sont soluhlès, cristallisent avec la plus grande facilité. Leur composition est
exprimée par la formule générale
A, Sn, C»H»0.
Les hydracides se comportent avec lui comme avec les oxydes métalliques, l'bydrogène s'emparant de son oxygène pour former de l'eau, tandis que le radical de l'hydracide se porte sur le groupement stannéthyle pour former une combinaison défmie
Sn C H' 0 -h RH = HO SnC* H*R.
On obtient de cette manière le chlorure et le bromure de stannéthyle :
SnCMPCI, SnCMi^-Br,
SÎÂNNURES DÉTUYLE £T DE MËTUYLE. 676
composés qui cristallisent en magnifiques prismea incolorea isomorphes avec l'iodure.
Ces composés prennent également naissance dans raction des chlorures et bromures de phosphore sur l'oxyde do stannéthyle.
§ 1515. L'huile à odeur de moutarde qui ne se forme qu'ea quantités à peine appréeiablea, lorsqu'on fait usage d'étain pur, peut s'obtenir en proportions considérables, si l'on vient à lui substituer des alliage renfermant de 8 à la pour 100 de sodium, en ayant soin de faire intervenir en outre un excès d'éther iodhydrique. L'alliage ne renferme-t-il que de 4 à 5 pour 100 du métal alcalin, on voit se former simultanément l'iodure solide et cristallisable, ainsi que le composé liquide fortement odorant. Avec des alliages à 10 et 12 pour 100^ ce dernier se forme presque exclusÎTement.
La formation de ce produit, auquel l'analyse assigne la formule peut s'expliquer au moyen de l'équation
"SnW-i- 3(C*H*I) = Sn»(C*ia*)»l4- aNaL
Ce composé liquide serait alors, comme le précédent, l'iodure d'un nouveau radical que nous désignerons sous le nom de senquistannéthyle.
Une dissolution étendue de potasse ou de soude ne fait naître aucun précipité dans la dissolution de ce produit; l'introduitron dans un vase distilla toire avec une lessive concentrée de potasse, on mieux avec des fragments de potasse hydratée qu'on humecte légèrement, et chauffe-t-on le mélange, on voit se condenser dans le récipient, avec la vapeur aqueuse, une matière huileuse pesante qui, par le refroidissement, se concrète en une masse inco* lore formée de prismes entre-croisés.
Cette substance, qui cristallise facilement et dont Todeur piquante rappelle, quoique à un moindre degré, celle de l'iodure huileux, n'est autre chose que l'hydrate d'un oxydé correspondant à cet iodure, dont la composition peut être exprimée par la formule
Sn'(C*H*)^0,HO, Cet oxyde, qui verdit le sirop de violettes et ramené au bleu le
576 STANNUKKS D'ÉTHVLE Eï DE MÉTllïLE.
papier de tottrneaol à la numière des alcalis, sature les acides les plus forts et forme des sels, pour la plupart solubles, qui cristallisent facilement et fournissent des échantillons d'une grande
beauté, ('.es sels, qui sont généralement volatils et présentent, lorsfiu'on les chaufl'e, une odeur analogue à celle de la base libre, sont représentés par la formule générale
A,Sn»(C*H*)»0.
Les bydracides se comportent à l'égard de Toxyde de la même manière qu'avec les bases oxygénées,, en donnant naissance à de Teau et à des composés qui ne diffèrent de cet oxyde que par la
substitution du radical de l'iiydracide à l'oxygène:
Sn*( e H* )» 0 H-RH = HO + SnM C* H* )*B.
Le chlorure et le bromure sont liquides comme Tiodure, et présentent une odeur plus insupportable encore. Ils se concrètent, par un léger abaissement de température, en une multitude de prismes entre-croisés qui présentent beaucoup d'éclat.
En distillant l'iodure de sesquistannélhyle sur du cyanure d'argent, on obtient de beaux prismes flexibles qui s'écrasent sous le pilon à la manière du camphre, et qui ne sont autres que le cyanure de sesquistannéthyle
Sn«(eH*)S Cy.
§ 1516. Si Ton fait agir de Tiodure d'éthyle sur des alliages d'étain et de sodium très-chargés de métal alcalin, et si Ton a soin surtout d'employer l'alliage en excès, une réaction des plus vives se manifeste, et dans ce cas, au lieu d'avoir des combinaisons du
métal avec l'éthyle et l'iode, on n'obtient (pie des étliylures.
Dans raction réciproque de ces corps, on obtient trois composés distincts, savoir:
1*". Un liquide épais décomposable par la chaleur
Sn^C'll^),
c'est le staftnéthylc ;
2". Un liquide volatil très-uiobile, bouillant entre 'à^o et aSo degrés
^Sn'{eu^j^
que je désignerai sous le nom de sesqmiUmnéihjlc ^
STANNUKI£S D'ÊTHYLK KT DEMÉTHYLE. 677
3**. Enfin' un liquida très-mobUer très-volatil, bouillant entre
175 et 180 degrcs, qui ne 8c forme qu'en tré&-petite quantité,
c'est le (listatttiétIiyU' que MM. Buckton et Krancklaiid ont obtenu, v chacun de leur côté, dans l'action réciproque du zinc-éthyle et dr riodure de atannétbyle
Sn(C' H' )1 4- Zue -= bn (CH^ )^ -h Zûl.
Fait-on a*i;ir l'iode sur le liquide visqueux, on reproduit l'iodure cristallisé; l'action de ce mènie corps sur le sesquistannéthyle à froid donne immédiatement naissance à la formation de l'iodure huileux à odeur de moutarde. Quant au distannéthyle, il ne produit rien à froid par son contact avec l'iode, ainsi qu*bn pouvait a*y att^dre.; cbaufl^t-on, au contraire, une réaction vive se manifeste et se traduit aussitôt par la décoloration du liquide, de l'éllu le se Iruuvo éliminé sous t'ornic d ludure, de l'iode s'y substitue en proportions équivalentes, el suivant que la quantité d'iode est plus ou moins considérable et le contact prolongé pendant un temps plus ou moins long, on peut obtenir à volonté soit riodure huileux, soit l'iodure cristallisé, soit finalement de riodure d*étain.
§ 1517. Tandis que le stannéthyle et le sesquistannéthyle, susceptibles (le s'unir directement à l'oxygène, au chlore, à Tioiie pour former des composés qui rentrent dans le groupement
SnX»,
et d*étre éliminés de leurs combinaisons sôus l'infiuence d'aflinités prépondérantes, simulent les propriétés des corps simples et se comportent comme de véritables radicaux, le distannéthyle, qui
représente la limite de saturation, est, comme on voit, incapable de former dos combinaisons, et ne [)eut qu'échanger une portion de ses éléments pour s'en asMmilcr d'autres en proportion équivalente, tout en conservant l'mtégrité de son groupement.
On peut facilement repasser de la série du sesquiatannéthyie à celle du slaniiéthyle, et f^iproquement, à Taide de réactions qui présentent la plus grande facilité dans leur exécution. C'est ainsi que par l'action de l'iode sur l lodure de sesquistannetli^ le
078 STANNUHES DÉTUVLE ET DE.MÉTHYLÊ.
on reproduit de i*iodure de stannéthyle avec formatton d éther iodhydrique *
Sii»lCH*)»H-;àI = eH4 4- aSnC*H4,
. Uindis ffu'en distillant l'oxyde de stannéthyle avec de la potasse * caustique, on obtient de l'oxyde de sesquistannéthyle, avec séparation d'une partie de Tétain sous forme d'acide stannîque,
3 (SnC*H' 0 ) KO = SnO'KO Sn^ H^)^0.
§ 1518. Si l'on remplace l'éther iodhydrique par l'iodure de méthyle, on obtient une série de produits analogues à ceux dont nous venons d'esquisser i'bistoire. Emploie- t-on de l'étain pur, on voit se former en proportions considérables un iodure solide, cristaUisimt en magnifiques prismes jaunes de soufre, f<mdant à 3o degrés en un liquide limpide qui bout régulièrement à la température de 2^8 degrés* et dont la eompo^tion est r^irésentée par la formule
SnCH'I.
Outre cet iodure cristallisable, il se forme, mais en proportion beaucoup plus faible, un iodure liquide un peu plus volatil que son homologue étbylé, doué d'une odeur insupportable et dont la composition, analogue à celle de l'iodure de sesquistannéthyle, est représentée par la formule
Sn*(C>H»)»l:
c'est riodure de ses<juistanméthyle.
Remplace-tHon l'étain pur par un alliage de ce métal avec le sodium, en ayant soin d'employer Tiodure de méthyle en excès, on observe précisément Tinverse comme dans te cas de rioduce éthylique, c'est-à-dire que, tandis qu*on obtient IModure liquide en proportions considérables, on ne voit plus apparaître que de petites quantités de l'iodure solide.
La dissolution de l'iodure soli<io est-elle traitée par des liqrieurs alcalines, il se sépare un précipité blanc, floconneux, insoluble dans un excès de réactif, et dont la oempesitiony représentée par la tomule
. , Sn(C»H»)0,
STANNURES D'ÈTHYLE ET DE MÉTHYLE. 579
nous apprend qui» c'est l'oxydo tle ses([uistanméthyle, tandis «pie f iodure huileux, distillé sur des fragments de potasse caustique, laisse dégager des vapeurs irritantes qui se condensent dans le récipient sous la fonne d*une huile pesante qui ne tarde pas à se concréter en beaux prismes. Ce produit, dont la composition est représentée par la formule
Sn«(C»H^rO,
n'est autre que l'oxyde de sesquistaninéthyle hydraté qui présente risomorptiisme le plub parlait avec Id combinaison ét)iylée correspondante.
" Les oxydes de stanméthyle et de sesquistanméthyle saturent les acides les plus énergiques, et forment des composés qui cristallisent pour la plupart, jouissent des propriétés analogues aux combinaisons éthylérâ il sont entièrement isomorphes avec elles.
Les hydnicidos se comportent de même et forment des produits tout semblables.
* § 1519. Les expériences dont je viens de rapporter un résumé succinct établissent bien nettement que, dans l'action réciproque de riodure d'éthyle et de Tétain, il se forme des composés tiî^ variés qui tous appartiennent au groupement
SnX\
Il était important de déterminer la constitution mécanique de
ces produits et de fixer leur véritable formule.
Parmi lee composés de Tétai n qui appartiennent au groupement précédent, nous citerons le bichlorure
Sna».
Ôf la détermination de la densité de vapeur de ce produit, exécutée par M. Dumas, démontrant que cette formule représente
•2 volumes, il conviendrait de la doubler |K)ur la mettre en harmonie avec celle des composés les mieux détinis. Il en serait de même de son analogue
SnE'
qui, suivant les expériences de M. Franckland. correspondrait pareillement à 1 voluni(>s de vapeur.
Les chlorures de stannéthyle et de sesquistannéthyle étant sus-
"iSo STANNURES iVËTUYLB KT DE MËTHYLE.
( »'|jlibles (l'iMre distillés sans éprouver d'altération, à la manière, <lu birhlonirt* d'étain, il devenait dès lors inléressiint t\v «létermioer la densité de ces produits sous forme gazeuse. Or 1 expérience nous apprend que, tandis que la formule
SnCIlCl
correspond à a volumes celle qui représente le chlorure de sesqnistannéthyle,
Sn»(Ç*H*)*a,
correspond à 4 volumes : constitution qui serait bien différente, quoique se rapportant au même groupement.
La détermination de la densité des chlorures de stanméthyle et de sesquistanméthyle sous forme s: izeuse conduit è des conclusions
identiques à relies que nous ont fournies les chlorures de stannéthyle et de sesquistannélbyle. C'est ainsi qiil
SnC^H'Q représente 2 vol. de vapeur,
tandis que
Sn'(C*H')^Cl représente .4 vol. de vapeur..
§ IttdO. Or si Ton considère que la molécule de tous les .corps volatils, dont Véquivalent peut être établi rigoureusement à l'aide
des méthodes chimiques, correspond toujours à 4 volumes (h* peur, il convieruJi'a de doubh^r toutes les lonuules des composés du slannéthyle et du s(^quislannélhyle. On devra, par suite, formuler ces différents composés de la manière suivante :
Sn^E' ^ 4 vol. vap., létrastanuéthyle,
Sn'E'CI = chlorure de tristannéthyle,
Sn'E'CP=. » chlorure du distannéthyle,
Sn'Cl^ = » tétrachlorure d*étain,
ces divers composés a|)partenant tous au méni«' typ(\
Or la libation que nous indiquons ici n>st pas un pur jeu d^ima* }9nation, et la façon dont Tiode se comporte à Tégand di| composé
Sn'E* — 4 vol. vap.
le démontre de la manière la plus évidente. En effBt, ce produit esl*il en excès relativement à Tiode, évite4-on u|te trop «grande
STANNLKKS DKTllVLK ET DK MÉlHVLi:. 58i
élévation de température, i équi\ aient d^lh^lç çst éliminé suusi. forme d'iodura, tandis qu'on voit apparaître en même temps cette huile dont Todeur rappelle celle de la moutarde, et cpie nous avons désignée sous te nom 6i induré (le sesquistnnnéthj-le ; double-t-on la proportion d'iode et favorise-t-on la réaction à Taide de la chaleur au lion de cherclior à la modérer par des afTusions d'eau froide, il y a sé[)aralion d'une seconde molécule d'clliyle à Tétat d'iodure, et formation de la belle matière cristallisée à laquelle nous avons donné le nom lA'iotiure de stannéthyie, Faiton agir enfin un excès d'iode, tout Téthyle se sépare à l'état d'iodure, et Ton obtient finalement de Tiodure rouge d'étain. Tel est le résultai; qu'on oblient en chauffant en vases clos un excès d'iode soit avec le létrastannéthyle, soit avec les iodiiresde sesquistannéthyle et de stannéthyle. Du létrastannélliy le on repasse de la sorte à l'iodure correspondant par de simjèles phénômenes de substitution.
L'action des acides sur le tétrastannéthvle amène à des condusions^ toutes semblables. En effet, introduitron dans un tube un mélange d'acide chlorhydrique et de tétrastannéthyle, on n'observe aucunè réaction, et même, a prèa un contact* de quelques heures à la température ordinaire, (jii peut retirer du mélanire les deux substances parfaitement inla( tes. Ces corps sont-ils j)lacés flans un tube qu'on ferme- à la lampe, puis chauffés, le tétrastannétiiyle éprouve une modification d'autant plus profonde, que le contact a été plus prolongé. Dans les premiers moments, oii obtient une huile irritante qui n'est autre que le chlorui^ de sesquistannéthyle ; relle-<ti fnît place ensuite à des cristaux incolores que l'analyse m'a fait reconnaître pour du chlorure de staunéthyie, et par un » contact beaucoup' plus long on n'obtiendrait finalement que du chlorure d'étain.
Dans ces différentes phases, il se développe uni gaz qui n'est, autre que de Thydnire d'éthylc; ces réactions fort simples, et qui côncordent du reste parfaitement avec les précédentes, peuvent s'exprimer au moyen des équations suivantes*:
Sn'(C*H*)*H- HCl = Sn'(CHl^)H:i -hC*H^H, Sn* ( e H* )♦ + a H Cl = Sn* (C* H*)»cr-h a C*H*H, • SnMC*H»)*-f-4HCl = Sn*Cl*-4- 4C*ii*H.
Ëniiu la manière dont les iodures de sescpiistannéthyle et de
58a STÀNNURBS D'ÉTHYLR ET DE MÉTHTLE*
stannéthyle se comportent avec le zinc-étliyle, me seipblent devoir complètement confirmer cette hypothèse.
On sait, par les travaux si nets de MM. Fraockland et Buckton, qu en faisant agir Tiodure de stannéihyle sur le> zinc éthyle, on • obtient de Fiodure de zinc et du distannéthyle; et c*cet {urécisément cette réaction qui les a conduits à la découverte de ce composé. De même, en faisant agir sur le zinc-méthyle l'iodure de stanméthyle, on engendre le distanméthyle. £n effet, on a
Sn (C*H* ) I -h ZnC*H* = Znl -h Sn (C*H* )\ Sn te ) I-f- ZnQ W ^ Zn I -h Sn ( O W y. •
On aurait pareillement/ suivant ces chimistes,.
• SnOH»H-ZnC«H»= Z9l-hSn((?ff) (Oé).
Or je me suis assuré qu'en mettant en présenee le zino-éthyle et riodure de sesquistanméthyle, il se manifestait une vive réjâction accompagnée de la formation d*un produit étbéré parfaitement analogue au distannétbyle dont la composition est exprimée
par la formule
Sn'(G^lP)^ (CHM = 4 vol.,
ce qui explique nécessairement le groupemoîit
Sn^'X*
comme point de départ de ces différents produits, qu'on peut considérer conmie en dérivant par des substitutions partielles ou par une substitution complète.
§ X'étain, dans son contact avec les iodures d*éthyle et de méthyle, pngendre, comme on voit, une série de produits qui tous se rapportent au groupf ment précédent. Tant que le nombre de molécules de méthyle ou (Téthyle (jui s'accouplent à rétiiin ne sole\e p;js à 4, c'esl-à-dire tant que la saturation n'est pas »| satisfaite, les pomposés ainsi lormés peuvent s'assimiler i ou a molécules d*oxyg^ne, de chlore, fonctionnant é la manière de • véritablf^ radicaux. Cette limite est-elle atteinte, le produit obtenu présente à Tégard de la combinaison la neutralité la plus absolue. Ces résultats établissent, je crois, assez nettement qo*un composé jouera toujours le rôle d'un radical, toutes les fois qu'é-
ÊTHYLUR£S ET MÉ^THYLURES 1>£ PLOMB. 583
tant au-dessous de la limite de saturation il sera doué d*une stabilité telle, que l'équilibre de son groupement ne soit rompu ni par l'atUnité des corps simples avec lesquels on le met en contact pour les éléments qui entrent dans sa constitution, ni sous 1 mfluepoe des force» qu'on fait intervenir pour le séparer des combinaisons dans lesquelles, il est engagé.
les iodures de distannéthyle et de tristannéthyle, de distanméthyle ét de tristanméthyle s'unissent à l'ammoniaque, à la manière du biiodure d'étain, en donnant naissance à des composés très-nettement cristallisés; ceux qui résultent de l'union des iodures de tristannéthyle et tristanméthyle afffHîtent la forme de prismes qui acquièrent un assez grand volume quand on remplace le gaz alc|ilin sec par 'une dissolution alcoolique. L'aniline, la toluidine, la cumidine, etc., donnent des résultats semblables; on obtient, comm^ avec ^ammoniaque, xle trèspbeaux produits.
ÉTHYLURES ET MÉTHYLUKES Dp PLOMB.
§ 152:2. Le plomb, de même que Tétain, forme avec l'éthyle et le méthyle des composés nettement définis ; Le plombmliéthyle
Pb(C*H^)*
peut s'obtenir soit en faisant agir de Tiodure d'éthyle sur des alliages de plomb et de sodium, riches on métal alcalin, ainsi que l'a reconnu M. Lœwii;, soit par l'action réciproque du chlorure de plomb et du zinc-éthyle, méthode beaucoup plus simple qu'ont employée MM. FrancklaiMl et Buckton. On n'obtienl pas dans ce cai^ d'éthylure de |>lomb correspondant au protoxyde, il y a séparation dé la moitié du métal et production' d'un composé qui correspond à l'oxyde puce.
La réaction s'explique facilement au moyen de Téquation
aPbCl-4-V(eH»Zn) = aZna-|-Pb{C«H*J^
Le plombodiéthyle représentant la' limite de saturation de^ com^ poeés que forme le plomb, *on ne sera nullement étonné d'apprendre que ce produit, à la manière du tétrastannéthyie, est
incapable de s*unir à l'oxyi^ène, au chlhro, à l'iode, etc.'
Chaufle-t-on ce liquide avec une disM)liilion concentrée de gaz
i84 ÊTHYLURES ET MÊTHYLITRES l)K MERCURE.
rhlorbs (liiqiH», un gaz intlHiiimabh' déi^ai^e, et par le refro'ulissement on voit se déposer de belles aiguilles satinées, dont composition est représentée par la formule
Pb=(CIP)'Cl.
La réaction qoi donne naissance à ce produit peut s'exprimer au moyen de l'équation
a[Pb(CH^)'j-+-HCl = C*H^H-i-Pb'(C*U'')^a .
L'iode donne avec le plonobodiéthyle un produit analo«çue représenté par la formule
Pb^(C41^}^l.
Il se sépare en même temps de Tiodure d'éthyle.
Enfin, lors(]ij'on fait agir un excès d'iode, on obtient de Tiodiire d'éthyle et de riodure de plomb.
Je me suis assuré de mon côté qu'en remplaçant le zinc-éthyle par le linc-métbyle on obtenait le phmhrKlimétlirlr^ qui se forme pareillement en faisant agir Tiodure de métbyle sur un alliage formé de 5 parties de plomb' pour. i de sodium; mais la première méthode est de bt'aucoiip prélérable. •
On obtient de la sorti* un liiniicie incolore et très-mobile dont Todeur forte et toute spéciale a queUjue chose qui rappelle le camphre et le moisi. Incapable de s'unir soit à l'oxygène, soit au chlore ou à Tiode, ce compo^ se dédouble à la manière de son homologue éthylé. Des résultats semblables s'observent lorsqu'on . fait agir le& acides chlorhydrique ou sulfurique,
>i[Pb(C^H*)»]-hHCl = C^il41-|-Pb^C^H^)'a. . *
ÊTHYLURES ET MÊTHYLURE6 DE MERCURE.
g iti23. Le mercure forme avec le méthyie et Téthyle des composés correspondant aux deux chlorures, et dont, par conséquent, la composition est représentée par les formules
Hg^(C'H^), roercurpsométhyle, Hg'(C*H^), mercuroséthyle, H^' ( C U' meir uriméthy le, Ug' U' ), , mercuréthyle.
Le premier terme de chacune de ces séries jôue seul le rôle de radical; quant au mercuriméthyle et au mercuréthyle, ils per-
dent, sous Tinfluence du chlore, du bropne ou de Tiode, la moitié de leur méihyle ou de leur éthyle, qui se dégagent sous forme de chlorure, de bromure ou d*iodure très-volatils, et Von obtient
poiir résidus des ('()ni[)osés du mercurosomélhyle ou du niercuroséLhyie qui apparlieunent au type
limite de saturation pour les combinaisons mcrcurielles.
g i5â4. Lorsqu'on Abandonne à la température ordinaire, dans un. vase clos, un mélange d'iQdure d'éthyle et de mercure métallique sous rinfluence de la lumière dilfuse, on voit se former des cristaux dont la proportion aii<îmentp progressivement^ si bien qu'au bout d'un certain teni[)S tout le liquide se prend on masse.
(les erisiaux se dissolvent dans l'alrooi et l étlier bouillants, et s'en séparent, par le refroidissement, en lames minces très-éclatantes. lis se subliment vers loo degrés, mais exigent pour fondre une température un peu plus élevée.
Uanalyse de ees cristaux, dont on doit la découverte à M. Strecker; démontre qiiMl<^ renferment tout à la fols du mercure, de Tétliyle et de l'iode; leur coniposition est représentée par la formule
Ce corps est donc l'iodure d'un radical
Hg'C'H»,
correspondant à l'oxydule de mercure. £n traitant une dissolution alcoolique, dè cet iodure par- du^sulfate, de Vazotate, dé Toxalate, de Tacétate d'argent, on obtient une série de composés résultant
de l'union des arides sulfuriipie. azotique, etc., avec une base particulière, dont la com})osition, analojiue à celle de l'iodure, est représentée par la formule
Le chlore, le brome et le cyanogène peuvent se substituer parfaitement à riode de Tiodure, et Ton ohtiont alors les composés
[\^'CJ}{\ Cl, * •
Hn'OHK Br, ' '
Hg*C*H\ Cv.
586 ÊTHYLURES ET MÊTHYLURES DE MERCURE;
Le chlorure de mercitrnsêthyîe se présente sous la forme de paillettes qui possèdent un éclat argentin. L'eau, ne le dissout point. Peu soluble dans Talcool froid, il se dissout en abondance dans ce liquide à la température de Tébullition, et s'en sépare en cristaux ^rèfr-brillants, par un refroidissement gradué.
Chauffé au bain-marie, il fond en une huile limpide, et se volatilise sans laisser de résidu. Exposé au 'contact de l'air, à la température ordinaire, il émet déjà des vapeurs, et finit |jar disparaître complètement.
Le bromure de mercuroséthyle présente la plus grande ressemblance avec le composé précédait.
Une dissdution aqueuse d'ammoniaque dissolit. le chlorure, le bh>murè et Tiodure de mercuréthyle, saifs en opérer M décomposition. Agite-t-on une dissolution alcoolique bouillant^u chlorure avec de l'oxyde d'argent récemment précipité, filtre-t-on le mélange et l'abandonne-t-on à Tévaporation dans le vide, on obtient une huile incolore, ^uble dans l'eau et l'alcpol, et douée de propriétés alcalines qui peuvent rivaliser avec celles de la potasse. Ce produit n'est autre chose que l'oxyde de* merc4irc»éthyle hydraté - • #
Hg»efl'0, HO.
§ 1525. On peut, à l'aide des Combinaisons du mercuroséthyle, obtenir le mercuréthyle avec facilité; il suffit de faire agir sur le zine-étbylô, le chlorure oi} l'iodure de mercuréthyle, le zinc se ^pare à Tintât de chlorure ou d'iodure, et l'on obtient le mercuréthyle libre. ** » *
Cette réaction s'expli<^ue au moyen de 1 équation
Ug^ C H\ Cl + ZnC; = Zn Cl -|- Hg»{ G* 11^ )^
Chlorure flWWrilliyto.
4e mftroaroséltiyle.'
En remplaçant le chlorure de mercuroséthyfe par le composé correspondant de la série du méthyle, on obtient une combinaison mixte renfermant à la toit» de l'éthyle et du méthyle
Hg'C^H^ClnrZnC'ir- ZaCH-Hg'(C'H^) {C*H»).
<^ biorare . Mercoronélliylélhyte.
de nercurosoanéllijle.
ARSÉNlUKJiS DÉTUÏ LJi ET DE >IËTHÏLE. 5B7
Enfin, par Taction réciproque du chl»^rure de mercurosométhyie et du zinc-méthyle, on obtient le mercufométfyie
Ces composés, comme on pouvait le prévoir, sont incapables de s'unir à l'oxygène, au chlore, à l'iode, etc. Fait-on réagir de l'iode sur ces produits, de l'élhyle ou du méthyle s'éliminent à Tétat d'iodure, et l*oii obtient des produits du même type, qui correspondent au groupement
terme de saturation pour les combinaisons du mercure.
Le mercure forme avec le méthyle, Tamyle et Tallyle, des combinaisons correspondantes, douées de propriétés analoijues et représentées par des formules parallèles, dont il serait entièrement superflu de. vous entretenir.
ABS&OURES D*£THYLE ET DE MÉTHYLE.
' § 1526. L'arsenic forme avec' Téthyle et le méthyle plusieuis combinaisons définies qui présentent le plus grand intérêt.
Le plus anciennement connu de ces composés qu'on rencontre dans la liqueur de Cadet, et dont on doit une connaissance complète au travail classique de M. Bunsen, fut pendant longtemps désigné sous le nom de cacodyle, faute de pouvoir déterminer à cette époque sa véritable constitution. Lorsque les travaux si remarquables de MM. Zinin, Wurtz et HMioiann nous eurent appris ^
^ que Tazote pouvait former avec les radicaux alcooliques des composés'basîques entièrement comparables à l'ammoniaque, dont on pouvait les faire dériver, ainsi que je vous l'ai fait voir au cha-' pitre soixante-deuxième, on supposa fort raisonnablement qu'on pourrait obtenir avec l'arsenic et le phoijphorc des composés en-
' fièrement compara'bles. Faisant donc agir Tiodure de méthyle sur un arséniure alcalin, j'ai démontré, conjointement avec M. Riche, qu'on doAnait naissance à trois composés distinds, au nombre desquels figure le cacodyle de M. Bunsen qu%n doit considérer dès lors comme un arséniure de méthyle; c'est ainsi qu on a
As(C'U')% arsêndimétbyie (cacodyle),
588 ARSËMLR£S DÉTBÏLlk £T DE MËTUÏL£.
Aâ (C'H^ )% arsentrimélbyle correspondanl â Thydrogène arsénié,
As(C^H'^)M, iodiire d'un radical analogue à l'iodure du lélru-
mélbylammooium.
Je me propose ici de vous décrire 1res somiuaireinent ces différents composés, dont les deux premiers jouent le rôle de radicaiu, ceux-ci pouvant 6xer 3 ou 2 équivalents de divers corps simples pour rentrer dans le groupement
AsX-,
limite de saturation des combinaisons de l'arsenic.
Comme c'est an moyen de Tarsendiméthyle ou cacoâyle qu*on peut se procurer avec le plus de facilité ces divers exposés, }v
commencenn l'élude de ces corps intéressants par la description de son mode de prepiiidlion et de ses principales propriétés.
§ lu27. Le cacodyle se prépare au moyen de la liqueur de Cadet, substance dont on peut se procurer facilement des quantités assez -considérables, mais à la préparation de laquelle il fout apporter les plus grandes précautions, en raison de son odeur repoussante et de ses propriétés toxiques. Â cet effet on introduit dans une cornue de verre lutée qu*on chauffe au bain de sable, un mélange à parties égales d'acide araénieux et d'acétale de polasse soiiiueusemenl desséché. On élevé graduellement la lempéralure du mélaiii^t' Jusqu'à ce que le iond de la cornue commence à rougir. Le récipient, qu'on a soin de refroidir par des aflnsions d'eau glacée, renferme deux couches, une huile brune pesante arsenicale que sur-^ nage une liqueur aqueuse dans laquelle on rencontre de Tacétone, de Facide acétique èl du cacodyle; il se dégage en outre beaucoup de gaz doues d'une udeur fétide.
Un mélange de 100 parties d'acide arsénieux et de 100 parties d*acétatede potasse donne, si Ton a soin de biôn refroidir le récipient, de 26 à 3o parties de cacodyle brut.
Comme .ce Qorps est tré&ânûammablé et présente un ifianiemeiit dangereux, il faut le décanter ^dans* un vase rempli d'acide carbonique et le laver avec de l'eau bouillie. On le fait ensuite digérer sur de la potasse caustique en fraii;ments, puis on le di.stille sui cette substance. On obtient de cette façon du cacodyle mêle
ARSKNIORES D'ÉTHYLE KT DE MÉTHVLE. 58<)
d une petite quantité d'oxydo. Ce mélange, dissons dans l'alcool, étant additionné d*une solution alcoolique de sublimé corrosif donne un précipité cristallin de chloromercurate de cacodyle, qu*une distillation avec de Tacide ciilorhydrique change en chlorure de cacodyle. Ce dernier, distillé sui; du zinc métallique, abandonne son ("lilure an niét;il, tiindis <|ii(' le cacodyle mis en liberté se dégage sous forme de vapeurs qu on peut condenser dans un récipient refroidi.
Ainsi préparé, le cacodyle présente les propriétés suivantes : C'est un liquide incolore, inodore, légèrement visqueux, et doué d'une odeur forte et nauséabonde. Il bout vers 170 degrés. La densité de sa vepeur a été trouvée par expérience égale à 7, 1. Il
se solidifie à —6 et cristallise en prismes à base carrée.
Il est peu soluble dans l'eau. L alcool et 1 éther le dissolvent facilement.
Une température de 400 de^^rés le décompose entièrement, de rarsenic se dépose, et Ton obtient un mélange gazeux formé d'hydrure <le mélhyle et de gaz oléfiant.
C'est ce qu'exprime réquation
a[Az(CH»)^] =: aAz-4-îiC='H*-+-aH*.
' Lorsqu'on en projette quelques gouttes dans l'air, il s'enflamme en donnant naissance à des vapeurs d*acide arséhieux. Fait-on au contraire arriver Tair bulle à bulle dans le cacodvle, ou fait-
on réaiîir sur ce corps, à Tabri de Tair, un oxyde susceptible d'abandonner facilement son oxygène, ce produit se change d'abord en oxyde de cacodyle et linit par se transformer en une masse solide ei cristallisablc, douée de propriétés acides, à laquelle on donne le nom acide cacodylitjue,
Lq cacodyle se comporte de la même manière avec le soufre : on obtient d'abord du sulfure de cacodyle, et finalement un sulfacide auquel on donne le nom d'^c/rfe sulfocacwlyVuiue.
Le cacodyle s unit directement au chlore, au biomejU l iode, et ^orme des composés représentés par les loruiules
As(C'H' )', Cl, \s(C-'H' r, Br, • .\s(C^H^)^ 1. . ' 111. oo -
ogo ARSÉNiUliËS J)*ÉTUYL£ £T DE MÈTUYLE. On obtîenl également un cyanure
.As(W, Cy,
qui se présente sous la forme de magoitiques crîstaujL, dpuéd de propriété!» très^vénéneuse^.
Tous ces composés«ooiTeBpondent%tt groupement
AsX», .
auquel appartiennent l'adde arBénienx, le chlorure d'arsenic et
l'hydroi^ène arsénié.
Ce mAme cacodyle peut éî:çalement former avee un excès d'oxygène» dç chlore» de brome et de soutr^ Les composée
As(G^H')'Cl\ * . As(C'H^y^Br^, •
qui correspondent au groupement .
AsX*, /
auquel appartient l'acide aiaénique.
Ce dernier, beaucoup moins stable que le précédent, tend à. y revenir sous d'assez faibles influences. Qu'on distille, par exemple, le trichlorure ou le tribromure de cacodyle, et l'on voit i é<iui valent de méthyle disparaître sous la forme de chlorure ou de bromuire très-voûitila, tandis qu'il distille des liquides
As(C4l^)Cl', As(C*H»)Br%
qui ne sont autre chose que les bichlorure el bibromure d'un nouveau,radical
Vanenmonométfyie qu'on n'a pu Jusqu'à présent isoler à l'état de pureté. ••. ^
On obtient un résultat semblable en distillant un mélange de I équivalent de cacodyle et de 3 équivalents d'iode : de Tiodure de
inctbyle se dé;^a^e, et l'on recueille un produit qui, crisUUise eu
ARSÉNIUKES D'ÉTHYLE ET DE MÉTHYLE. 591
beaux prismes jaune de soufre, qui n'est autre que le composé
De la sériQ de Tarsendiméthyle on passe donc à celle de l'arsenroonométhyle a%'ec la plus grande facilité.
§ 1528. En faisant agir de 1 exyde d'argent snr les composés précédents,-on obtient, outre du chlorure, du bromure ou de Tiodure d*a^gent insolubles^ soit
composé qui se rapporte au type
correspondant à Tacide arsénieux, et comme lui corps limite qui peut jouer ji la fois te rôle d*acide ou de base, soit '
qui se rapporte au groppèment
AsXS
composé qui correspond à l'acide arsénique. Ce dernier, qui peut s'unir soit^Â ai équivalents d'eau, soit à x équivalents de bas^, et qui présente les caractères d'un acide bibasique, forme des sels .çristallisa'bles et tirés-tiettement définis.
Le L'ruupement
RX», '
pour les combinaisons arsenicales, .est, comme on sait, beaucoup ' moins stable que le groupement
• RX-.
L'acide ar.^éniqud se dédouble on effet, sous l'infliionce de la chaleur, en acido ar.^émeux, et l'on n'a pu, morne en présence d'un excès de chlore, former pn cîilorure correspondant à l'acide arséni<}ue. Les combinaisons du premier groupement tendront donc à repasser dans le Second , sous des influences dissociantes plus ou moins énergiques. • •
De mrrno que l'arsonmononiéthyle peut s'unir à 4 équivalents d'oxygène pour former la combinaison à saturation qu'on dédi^^ne
Vi AKS£MUKE8 Dfc:iHYLl:; Kl l)b MÈÏHYLË.
ïHjus l,e nom ùl acide arsenmonométbjiique^ de même it peut former avec le chlore le tétrachlorure d'arsenmonomélhylc
A8(eH')ci*.
Ce composé, qui se présente sous .la forme de beaux cristaux, se dédouble lorsqu'on l'iàchàuffe à peine au-dessus de la tempéra* ture am'biante; on obtient alors' du chloruré de méthjrte ét du-
chlorure d'arsenic; c'est ce qu'exprime l'équation ^
As {C*H^ )CI* = C»H»Cl Aso;;
Des composés de TarseiimoBométhyle ^^repasse donc finalement aux comp<^s arsenicaux les plus 8kD[Ae8 de la chimie minérale. § 1S29. Mé(-on niaintenant le cacodyle en présence de Tiodure
(le méthyle, on obtient à la lois de Fiodure de cacodyle et l'iodure d'un nouveau radical, VarsvntétramèUiyie; c'est ce qu'exprime l.équaUon * .
2As(eH^)'4-a(C-H\ 1) =:= As(C'H^^'l4- As(C'H^)4.
Cao9dfl«. '""lodore ' lodor* lpdvr« d'arten-
de méihf If. duMoodyl». léininiéllijrto.
Ce produit, lorsqu'il se dépose lentement de sa dissolution alcoolique, se présente sous la forme de magnifiques cubes incolores, qui présentent la plus grande ressemblance avec Fiodure dfi^ potassium. .
Fait-on a^r sur ce com|)osé de Toxyde d'argent, on obtient le composé correspondant
As(C»H')^0; HO,
qui possède la causticité d^ la potasse et de la soude, et nous en offre les caractères les plus saillants. Comme ces derniers, il ramène
au bleu la teinture de tournesol rou*îie, désoro^anisitnl la peau, saturant les acides les plus éneri:iques, SiqMmifiant les corps i^ras et so comportant enfin comme eux a l'égard des sels métalliques. Remplace-t-on Texyde d'argent par l'un quelconque de ses selâ, on obtient un sel correspondant de l'oxyde d'acsentétramélhyle. L'oxyde et l'iodure précédents, qui appartiennent du groupement à .saturation, sont-ils soumis à Taction de la chaleur, il8*se dédou-
ARSÈi^lL'RES D'ÉTHYLE ET DU MÉTHVLE. 3oj bleot pour pentrer dans le groupement prérédenl. £n efl'et,
As(G»H )*I = G'H^H-A8(C'H^)\
ArMiilrlaélliyto.
Cest même là le meilleur moyen dont on puisse iaire usiige pour obtenir Tarsentriméthyle à VMM de pureté.
L'arsenlrimélhyle^ liquide incolore et très-limpide, dont l*odeur rappelle celle de ]*hydrogène arsénié, mais qui présente en même • teAnps quelque chose d*élhéré, peut fixer directement 2 équivalents d'oxygène, de soufre, de chlore, de brome ou d'iode, pour rentrer dans le groupement
AsX\
Ces composés fort peu stables, et qui présentent une ^ande tendance à rentrer dans le groupemei\t
AsX%
se dédoublent par la simple distillation. Chauffe*t4>n le chlorure et l'îodure, par exemple, qui sont représentés par les formules
" * . . • as(chp)H:i%
A8(eH*)M',
I équivalent de méthyle se sépare à Tétat de chlorure ou d'iodure, et Ton obtient alors du chlorure ou de l'iodure de cacodyie.
• On voit donc qu'à l'aide d'un mécanisme fort simple, on peut obtenir avec Tarsenic, le méthyle, et les corps électro-négatifs, cinq groupements dont le terme à saturation est de la forme
Soumet-on ces composés à des inûuences dissociantes, du méthyle se sépare à l'état d'oxyde, de clilorure, d'iodure, etc.j et l'on* retombe sur le groupement
RX»,
qui pour les combiaaisuns arsenicales présente le uiaximuni de sbibilité.
§ 1530. Fait-on agir le diiodure d'arsenmonornélhyle sur le zincmérhyle, on obtient de l'iodure de zinc et de l'arsentriméthyle. 11
594 /rRSÉNIURËS D ÈTUYLE ET DE JilÉTHYLE.
en est de même lorsqu'on met Hodure de caeodyle 'en présence
du môme composé. Reraplace-t-on le zinc-mélhyle par le zincéthyle, on a les comppsés
As Me E',
qui« conûne les précédents, appartiennent au groupement
groupement très-stable, vers lequel sont sans cesse ramenées les combinaisons arsenicales. Ce groupement peut facilement s'assimiler * .
soit Y\ ' soit YZ.
Mais sous une foule d'influences, ou les corps ajoutés se séparent, on bien il se produit une double décomposition^ et dans Fun comme daiis Tautre^cas, on retombe isur le groupement
MX».
Ce e^roupement pouvant fixer •?. molécules de chlore, de brome ou d'iode, bien i molécule de chlorure, de bromure, ou d'iodure d'éthyle, qui en sont l'équivalent, il devenait probable qu'il jïoutrait 'également s'assimiler a émiivalents de méthyle oa 'd'élbyie^ pour former les combinaisons limites
AsMe' et ^Et;
mais il paraît se développer ici des conditions d'insUibilité qui ne permettent pas de réaliser la production de c^s substances, ou qui ne nous permettent, du moins, que de les entrevoir, celles-ci ne possédant qu-une existence très-éphémère.
Dans le but de résoudre cette question expéHhientalement, j'ai iàit agir l*iodure d'arsenmélhylium sur le zinc-méthyle ; ces (feux corps réagissent l'un sur l'autre, et si l'on soumet le mélange à la distillation, on obtient un résidu d'iodure de zinc, tandis que le liquide condensé se compose presque exclusivement d'arsentriméthyle. Néanmoins^ si l'on soumet ce liquide a de nouvelles rectifications, en ayant soin de fractionner, on* peut s'assurer qoe le produit qui passe en dernier lieu renferme une proportion de car-
ARSËNIURËS DÊTHYLE ET DE MÉTHYLE. 696
bbne et d'hydrogène plus coradérable que Tardentriméthyle! De plus, fait-on bouillir ce liquide avec du brome ou de l'acide bromhydriquc, on observe un déi?agen>ent de gaz des marais, el l'on obtient en outre le dibromure .d'arsentriméthyle.
L'iodure de tétramétbylstibium se comporte, à^Tégard du zincméthyle, d'une manière exactement semblable.
Si les composés liquides et volatile qu'on obtient en proportionr si minime par l'action du zine-méthyle sur l'iodure d'arsenméthyliura et de stibméLhylium ne présentent pas rigoureusement la composition
• . ' AsMe' et Sl)MeS
l'analyse fournit du moins des nombres qui se rapprochent beaucoup de ceux qu'exisjont ces formules. Si donc la proportion de ces substanc<es qui devraient se former exclûsivement est aussi . faible, et si l'on n'obtient au contraire presque entièrement que de l'arsentriméthyle ou ^u stibtriméthyle, cela tient évidemment à l*ins*tabilité de ces produits qui tendent à se. dédoubler pour rentrer dans le groupement
qui paraît être pour les combinaisons éthylées et méthylées de la famille à laquelle apjjar tiennent J'arseniç et l'antimoine, la véritable limite stable. ' *
L'arâenic et l'antimoine présentent en général une bien faible tendance à produire ^des coçiposés de la forme
C'est ainsi que, d*une part, on ne connaît pas de perchlorure, de perbroiuure et de pcriodure d'arsenic, et que Tacide arsénique* tend à se dédoul)ler sous l'influence de la chaleur, en repassant à réUit d'acide arsénieux, et que de l'autre le perchlorure et le perbromur(^ d'antimoine tendit à se résoudre sous Tinfluence de la distillation seule en trichlorure ou tribromure avec élimination de chlore ou de brôme. On comprend dès lors toutes lesMiffiçultés que doit présenter la réalisation des combinaisons quintiméthyiées ou quintiéthylées de i arsenic, ainsi que c^lle des hydrures correspondants • " .
As H* et SbH^
Î^G ANTIMONIUKES D'ÉTHYLE KT DE MÉTHVLE.
Néanmoins, si faibles que soieQl les ai&nités qui relieot ces rorpSj les observations que je viens de rapporter semblent démontrer leur existei9ce.
§ 1531. L'arsenic forme arvec Féthyte des combinaisons correspondantes dont on doit la découverte à M. Landolt, et pour lesquelles nous n'aurions qu'à répéter ce que nous avons dit précédemment. Li\ description de cliacun de ces composés, quclipic intérêt qu'il présente, ne saurait trouver place dans un ouvra^îe , dont le cadre est si restreint et dont le but est principalement d'offrir aux lecteurs des généralités qui résument J|étai de la science à Tépoque où il *est écrit. •
Du reste, à Toccasion des bases ammoniacales, je vous ai dit quelques mots relativement à Tarseotriéthyle, qui appartient au groupement
AsX*. ^ . -
ANTIMOMLIŒS D'ÉTHVLE ET DE MKTliyLE.
Lorsqu*6n foit réagir de Tétber iodhydriqoe sur Palliage d*antimoine et de potassium obtenu parja calcinatîdh d'un mé* lange intime de 4 parties d'antimoine et de 5 parties de tartre, on
obtient un liquide Ires-fluide, très-réfringent et doué d'une odeur d'oignon très-désagréable. Ce produit, auquel on donne le nom de sttbthét/iric, jouit des propriétés suivantes : c'est un liquide incolore qui ne change pas encore d'état à —3o degrés; il bouta i58 degrés. Sa densité est* de i ,3!24 à i6 degrés ; la densité de sa vapeur est égale à 7,44. însolublé dana Feau, il se dissout en forte proportion dans Talcool et dans Téthef.
Expose au contact de l'air, il répand une fumée blanc lie trèsépaisse et ne tarde pas à prendre l'eu en brûlant avec une llamme blanche tres-lumineuse. Si l'on lait arriver Tair, bulle à bulle, au milieu du liquide, celui-ci s unit lentement à l oxygène et finit par s'oxyder complètement* Le soufre, le sélénium et l'iode s'unissent directement au stibtriéthyle, en donnant naissance à des produits cristallisés.
L'acide nitrique attaque le stibtriéthyle surtout à Taide de la
chaleur; il se dégage de l'azote et des vapeurs nitreuscs, et Ton obtient ub liquide qui fournit par l'évaporation de beaux cristaux rhomboidaiix d'azotate de stibtriéthyle.. - « ,
ANTIMUNIUKËS^ D ÊTUVLE ET DK MfeliaVLE. 5^:
Lorsqu'on ajoute de Tiodure d'éthyle- au stibtriétbyle^ il se pro-
duif, au bout de peu de temps, une combinaison cristallisée en belles -aiguilles blancljes qui n\'>l nuire chose que Tiodure d'un radical correspondant à l'ammonium, auquel on donne le nom de stibéthylium. En traitant cet iodure de stibéihyiium par Foxyde d'ai^nt, on obtient un dépôt d*iodure d'av^gent et de Toxyde de stibéthytium hydraté correspondant à Tbydrate de potasse. Ce même oxyde étant traité par. les différents acides, se comporte à la manière de la potasse caustique et donne naissance à des sels très-nettement cristallisés. Je me contenterai de vous faire connaître sous f irme de tableau les combinaisons les plus importantes formées par le stibtriéthyle et* le stibéihyiium.
Stîbéthyle (équivalent de H^. C''H'*Sb,
Oxyde de stibéthyle C'^H'^Sb, 0%
Sulfure (le slibethvle . C'-ir 'Sb, S\
Séléniure de stibéthyle C'Mr-Sb, Se%
Chlorure de stibéthyle C'H'^Sb, Cl',
Bromure de stibéthyle C'*H"Sb, Br^» . .
lodurê de stibéthyle C'H'^Sb, I*,
Suiftite de stibéthyle C»H"Sb, i»SO\
Nitrate de stibéthyle C'^H'^-Sb, 0', 7.A/(i ,
■ Oxyde de stibéthylium liydraté C^H'^Sb, O, HO,
Chlorure de stibéihyiium'. ^ C'«H'°Sb, Cl, •
. Iodure de stibéthylium.: C'^H'^Sb, I,
Azotate de stibéthylium C'H'*Sb, C'AzC,
Sulfate de stibéthylium C'^U'^Sb, Ô, SO".
§ 4533. Le stibtriméthjrle se prépare de la même n)anière que son bomo1(^6, le stibtriéthyle. On doit à M. Landolt une étud<^ assez détaillée des 'propriétés de ce composé. ^
C'est un liquide incolore, très-pesant, doué d'une odeur forte:
insoluble dans Teau , peu solul)le dans l'alcool, Irès-soluble dans réther. *.
Lorsqu'on rexj o^e n l'air, il répand d'abondantes vapeurs blaa- * rhes, prend feu el brûle avec une flamme blanche en déposant de Tantimoine métallique. •
Il forme avec lé soufre, le chlore, 1^ brome, Tiode, des combinaisons cristallisable^ analogues à celles que donne le stibéthyle.
598 ANTIMONIURES D*ÈTHTLE ET DE MÉTHTLS.
Lors(ju'on chaiilfo vers i5o dei^rés, dans des tubes scellés à la làinpe, de l'iodure de méthyle et de Tantimoine, on obtient une • combinaison (l'iodure d'antimoine et d^iodure de stibmétbylium qui, distillée sur des fragments de potasse caustique^ dégage beaucoup de 6tibtriméthyle. * •
Le stîbtriméthyle s'échauffe lorsqu'on le mêle avec de l'iodure de méthvle, il sV combine immédiatement et donne uiie belle cristallisalion d iodure de slibmôthyliunî.
Celui-ci fournit par double décomposition un oxyde, un sulfate, un azotate, un acétate, etc.
Les combinaisoDS» du stibméthylium ont une grande ressemblance avec les composés du potassium et du sodium. Elles sont généralement très-solubles dans Teaut peu solubles d|ns i'aloool et presque insolubles dans Véther.
Les sels de stibméthylium sont en général très-stables, et l'on peut les chauHer jusqu'à i4o degrés sans en opérer la décomposition; mais eu les chauiïant un peu plus, ils s'altèrent et déga- , gent une fumée blanche qui s'enfiamme à Tair. ,
Les combinaisons qui ont été plus partiçulièrement étudiées par M. LandoU sont le stibéthyle, l'iodure, le chlorure, le bromure de stibméthylium, les sulfates et azotates d'oxyde de sCibméthyiium; elles sont représentées par les formules
SUbtriméthylê a Sb(CH*îS
Sulfure de stibtriméthyle Sb(C'IP)'S',
Chlorure dé stibtriméth y le Sb { (?W )* Cl%
Iodure de stibtriméthyle Sb(C'H')H',
Chlorure de stibméthylium.. Sb(CnP)*Cl,
t Bromure de stibméthylium Sb(C'lP)*Br,
. Iodure de stibméthylium Sb(C'H')*I,
Oxyde de sUbméthylium hydraté.. Sb(eU')'0,*HO;
Sulfate; Sb{C»H»)*0,SO;,
Bisulfate • Sb(C'H*VO, HG, aSO*,
Azotate ;. Sb ( G' H 0, Az O/
' § Les combinaisons du stibtriméthyle présentent, comme 'on voit, les analogies les plus manifestes avec celles que nous offrent rarsentriméthyl(M'.t l'arsc^ntriéthyle. î,'étudedu premier est entièrement calquée jur celle de ces dernieps. Ces corps, quoique
présentant une composition parallèle i celle de la triéthylpbosphine el des propriétés très-vinslnes, en diffèrent néanmoins d'une manière notable par le caractère suivant.
La Iriéthylphosphine
jouit de propriétés alcalines compamblos a celles de son' analogue la iriéthylamine
C'est donc une véritable base analogue aux bases ammoniacales, et c'est pour cette raison que nous en avons placé l'étude à côté de celle des bases éthylazotées. Or par ce caractère la trîéthyi- .phosphine s'éloigne complètement des composés éthylés correspondants de Tarsenic et de lantimoine qui en sont dépourvus. ■ Mais d'une autre part la triéthylphosphine peut tixei 0', S% 1% etc., à la manière des combinaisons arséniées et ^timoniées correspondantes, pour rentrer dans le groupement
jouant ainsi le rôle d'un véritable radical. Lit triéthylphosphine ' peut donc être coii-idéréc comme le trait d'union enti'e lt;s combinaisons de l azote et celles de l'arsenic, le passage s opérant progressivement et non p<\r ressaut brusque comme onTobserve ordinairement.'
bismutu-éthyle:
§ 153r3. Le bismuth, qui sous beaucoup do rapports se rapproche d^ l'arsenic, parait, suivant M. Dunbaupt, susceptible de lormer avec rétliyle deux combinaisons déOnies qui n'ayant pas atteint le terme de la saturation peuvent fonctionqer comme de véritables radicaux. Ces deux composiés sont : '
Le bismutb-éthyle Bi' C US
Le bismuth-triéthyle Bi (CH')'.
. Le premier, en fixant X% donne naissance à des produits de la forme
• Bi«(eH*)X' •
qai correspondent au groupement
Le second, en tixant pareillement X*, donne des produits raprésentés par la formule générale
qui correspondent à la limite de salaration
Le l)ihrnulh-éthyle et le bismulh-niéthyle présentent une instabilité Ires-cousidérable qu ^n retrouve dans toutes leurs combi- i naisons. Aussi mv contenterai je de vous en signaler l'cip^islence, sans aborder l'étude de leurs propriétés et de leurs réductions ' principales.
§ 1536. L*hî{$toire particulière des divers composés que je viens
de passer soniniaircinent en revue ne cunfirme-t-elle pas de la manière la i)lus éclalaiile Thypolliese que j émettais au. début de ce chapitre, savoir : (jue les corps qui fonctionnent c^me radicaux nous présentent, quoique souvent très^complexes, toutes les allures des corps simples, jouapt tantôt le rôle d*élément électro-négatif et tantôt celui d*élément électjro-posîtif; cela tient d'une part à ce qu'ils possèdent assez de stabilité pour qu*on puisse les engager dans des combinaisônè et les «en faire ressortir sous l'influence de cerlaines forces, sans que Téquilibre de leur molécule se trouve détruit, et que d'une autre part les substances simples qui les constituent n'ayant pas atteint la limite de la saturation tendent à la satisfaire lorsqu'on les place dans des conditions convenables.