C'11-CP0% N
ecro.
Le dernier terme de cette substitution cristallise en bcfuix octaèdres. Suivant M. Malagutli, à qui l'on doit la découverte de ces produits, cette substance se scinde sous Hnfluence de la chaleur en aldéhyde perchlorée et sesquichlorure de carbone. C'est ce qu'exprime Téquation
a(C*Cl''0) = C*Cl*0'4-C*Cl^
L'éther est employé dans les laboratoires pour dissoudre les corps gras, les huiles, les résines, etc.
La théorie de Téthérification est assez complexe. Si Ton mélange une quantité notable d'alcool avec un peu d'acide sulfurique, le mélange commence à bouillir à 80 degrés environ, et il ne distille que de l'alcool. Bientôt la température s'élève et atteint ii5 à" Î10 dei^rés; alors il commence à distillor de l'éther, mais il passe encore beaucoup d'alcool. Quand cntin la température aUoint i3o à i4<> degrés, il ne pnssc qm de l'étluM' vX do l'eau, Téther résultant de la décomposition de l'acide siiirovini(|iio, tandis que l'eau provient de la décomposition de l'hydrate d'acide sulfurique formé. ■
§ lil5. On avait pensé tout d'abord que la transformation de l'alcool en élher sous l'influence de l'acide sulfurique était due à l'affinité de ce dernier pour l'eau, celui-ci s'emparant do cette substance et miettant en liberté l'éther qui se dégage en vertu do sa
grande volatilité. Lors({u'on reconnut |)lus tard ([u une nièiiu' i[uantilé (racidc sulfuriipio pouvait servir pour ainsi dire indéliniinent à la transformation de l'alcool (mi é{\wi\ vX que, de plus, le dégagement de ce produit était accompagné de celui d'une quantité de vapeur d'eau correspondante à celle qui serait nécessaire pour reproduire l'alcool mis en expérience, on fut conduit à penser que
ÉTllEK. i33
réthérificatioii était un simple phénomène de contact, le rôle de Tadde snlfurique se bornant à ^ectuer le dédoublement de Talcool en élher et eau. Ce qui prouve d'ailleurs qu'on ne saurait considérer la formation de l ether comme le résultat d'une déshydratation de l'alcool opérée par l'acide sulfiirique, ce sont les curieuses expériences de M. Graham, qui démontient que l'acide sulfuriquo étendu de plusieurs fois son volume d'eau peut encore opérer la conversion de l'alcool en éther lorsqu'on soumet le mélange à l'action d'une température suffisamment élevée# La question en était à ce point, lorsque M. WiUiamson, à l'aide d'expériences fort ingénieuses, démontra que la production continue de l'éther sous l'influence d'une quantité limitée d'acide sulfuriquo est le résultat de deux doubles décompositions successives : Tune, s'effec tuant entre i molécule d'acide sulfuritpio et i molécule d'alcool, donne naissance à do l'acide sulfoviniqiio et à de Teaii ; la seconde, s'établissant entre cet acide sulfoviniipie et une nouvelle .molécule d'alcool, produit de l'éther et régénère, l'acide sulfurique.
Ces deux phases de l'opération peuvent s'exprimer à l'aide des équations suivantes :
Ae. talfarique. Alcool. Ao. ralforiulque. Eia. Ac. snlIOTlnlqno. Alcool. Ao. Bolfurique. Éthor.
L'acide sulfurique ainsi régénéré reproduit par ^n contact avec une nouvelle molécule d'alcool de l'acide sulfoviiiique, qui, par une réaction toute semblable, engendre une seconde nidhîciiie d'étiier, de telle sorte que de ])roche en proche 1 alcool huit par se convertir totalement en éther.
Cotte théorie de rétliérification ne repose pas sur une h}'potbèse gratuite; elle est le résultat de l'expérience. En effet, M. Williaœson ayant préparé de l'acide sulfovinique et l'ayant fait réagir sur de l'akool pur, a pu se convaincre de la transformation de ce m. 13
i34 ETHEK.
dernier en étber en se plaçant dans des circonstances analogues à celles de la production de cette substance. Dans cette manière de voir, il existerait entre Talcool et Téther une relation des plus simples, que nous retrouverons plus tard entre les acides hydratés
et les mêmes acides considérés à l'état anhydre. Si nous supposons, en effet, que l'alcool dérive d'une double molécule d'eau dans laquelle i équivalent d'hydrogène serait remplacé par i molécule du carbure d'hydrogène, C*H% l'éther deviendra le résultat de la substitution d'un nouvel équivalent de ce carbure d'hydrogène à la seconde molécule d'hydrogène de l'eau, de telle sorte qu'on devra représenter la composition de l'alcool et de l'éther au moyen des formules suivantes :
Eau I y |q'= 4voKvap.,
. Alcool 1 ^ H 1 = 4vol. vap-,
Éther I ^j^j 1 0' = 4 vol. vap.
Ce qui donne gain de cause à cette dernière manière de voir, c'est la formation remarquable do l'éther dans l'action réciproque de l'iodure d éthyle et de ralcool potassé. En effet, on a
^ j! (o»^eH»i=iK+^.);,Jo'.
On pourrait objecter que dans cette circonstance il s'est produit 2 molécules d'éther,
Mais il est facile do lever cette objection et de prouver d'une manière incontestable que la formule de l'éther doit bien être représentée telle que nous l'avons écrite plus haut.
En effet, si Ton remplace l'iodure d'éthyle par les iodures des différents radicaux alcooliques, tels que le mélhyle, le butyle, l'amyle, etc., on obtient une série de composés parfciitement définis, véritables éthers mixtes analoi^ues par leurs propriétés à l'éther ordinaire, et dont la génération s'explique d'une manière
ËTHERS SIMPLES ET COMPOSÉS. i35
toute semblable. On aurait, dans ces diverses circonstances,
^ J jO'+C'H'I = lK + ^, jj3 jo%
Élher méibylcthjlique.
J |0'+eii'i = iK+^, jj, jo^
Étber botyléthylique.
"-IJ j0'+C"H"I = lK + ^,.|;„Î0'.
Étber ■mylélhrllqae.
On pourrait également obtenir ces étliers mixtes, ainsi que Ta constaté M. Williamson, en faisant réagir sur l'alcool de l'acide sulfométhylique, de l'acide sulfobutylique ou de l'acide sulfoamylique.
ËTHERS SIMPLES ET œMPOSËS.
§ 1416. Nous avons vu précédemment que l'alcool, par son contact avec les différents acides, engendrait des produits importants et nombreux qu'on désigne sous le nom d'éthers simples ou composés.
L'aeide que Ton fait intervenir est-il très-avide d*eau, tel que
l'acide phosphorique ou l'acide sulfurique, maintient-on en outre la température entre i3o et i4o degrés, l'alcool se dédouble en éther et en eau ; certains chlorures anhydres produisent des eÛéts analogues : tels sont c^ux de zinc et d'étain. Fait-on agir un hydradde sur l'alcool, il y a formation d'eau et production d'un éther simple dérivant de Téther ordinaire par la substitution de i équivalent de chlore, brome ou iode, etc., à la place de l'équivalent d'oxygène. Les acides qui déterminent la production de l'éther sont-ils mis en contact avec l'alcool à la température ordinaire, le mélange s'échauffe fortement et donne naissance à des composés doués de propriétés acides auxquels on donne le nom à'acùlcs viniqiœs, et dont l'acide sulfoviniqye peut être considéré comme le type. Ces
i36 CHLOKUKE DÉTHYLE.
mêmes aeided, sous l'influence d*une température convenable, engendrent des produits qui n'agissent en aucune façon sur la teinture de tournesol ét qu'on désigne sous le nom ^éthers
neutres.
Tous les acides sont susceptibles de former par leur réaction sur Talcool des composés de cette nature. Si l'acide est monobasique, il ne forme qu'un seul éther qui est neutre; l'acide est-il bibasique, il en produit deux, l'un neutre et l'autre acide; l'acide est-il tribasique, comme les acides phospbonque et citrique, il en résulte trois éthers distipcts, dont l'un est neutre et les deux autres acides*
• Nous allons passer successivement en revue d'une manière som-
maire les éthers simples et com|)Osés les plus importants, et nous verrons quelles sont les déductions qu'on peut tirer de l'histoire coni{>k'te des alcools et de leurs dérivés, dont l'étude approfondie a jeté une si vive lumière sur la constitution d'un grand nombre de composés qui viennent s'y rattacher de la façon la plus heu- reuse et déterminé lès progràs si. rapides de la chimie organique*
CHLORURE D'ÉTHYLE (ÉTHER CULORHYDRIQUE).
Éq.= 806,2 ou 64,5.
§1117. Ce composé, (jue connaissaient les anciens chimistes, se produit par l'acLion réciproque de l'acide chlorhydrique et de ralcool. Il se forme pareillement lorsqu'on fait agir certains chlorures métalliques anhydres sur cette substance, il accompagne alors l'éther. Le meilleur procédé qu'on puisse employer pour sa préparation, consiste à saturer par du gaz chlorhydrique de l'alcool . absolu refroidi par un mélange de glace et de sel, puis à distiller le mélange au bdin-marie i^fi^. ^59). On dirige les [)ruduits de la distillation dnns un premier llacon renfermant de l'eau pure, puis dans un second contenant de l'eau alcalisée dont la température est maintenue entre 25 et 3o degrés; l'éther chlorhydrique se débarrasse par ce lavage de l'acide libre qu'il entraine toujours au sortir du flacon laveur. Ce produit, qui est gazeux à la température précédente, se rend dans un flacon refroidi par un mélange de glace et de sel dans lequel il se condense; on achève de le purifier en le rectifiant sur de la chaux ou sur de la magnésie.
CHLORURE D*ÉTHYLE. 187 § 11i8. Ainsi préparé, Téther chlorbydrique est un li<piide inco-
lore, d'une odeur aromatique pénétrante et légèrement alliacée. Suivant M. Thenard, sa densité sous forme liquide est de 0,874 à+ 5 degrés, la densité de sa vapeur est égale à a, 2 19; il bout à -4- 1% degrés sous la pression de Tatmosphère et brûle avec une flamme lumineuse bordée de vert. Une dissolution aqueuse de potasse ou de soude ne Tallère pas sensiblement ; une dissolution alcoolique'de ces bases Ualtère rapidement au contraire, surtout si l'on fait intervenir la chaleur. Lor>((u'il est bien pur, il n'agit pas sur une dissolution aqueuse da/.otale d'argent; il en de n>ème d'une dissolution alcoolique, bien que, dans ce cas, les deux produits, étant solubles dans le milieu qui les renferme, soient mélangés de la manière la plus intime. Si l'on introduit dans une éprouvette une dissolution d'azotate d*argent, puis quelques gram* mes d'éther chlorhydrique, et qu'on agite vivement le mélange, il ne se produit rien; approche-t-on de l'ouverture de Féprouvette un corps en ignition, Téther s'enflamme aussitôt, et si, après avoir couvert l'orifice de la cloche par un obturateur, on agite fortelueul le mélange, il se forme immédiatement un abondant précipité de chlorure d'argeut. Le chlore existe donc à i état latent
i38 CHLORURE D'ÊTUYLE.
dans ce produit à la manière du charbon dans les matières organiques, et il n'a pas moins fallu que la destruction du composé pour le mettre en évidence.
Lorsqu'on fail i)asser la vapeur d'éther chlorhydrique à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, il se décom^se en un mélange d'acide chlorhydrique et de gaz oléfiant.
Cette substance est absorbée par plusieurs chlorures anhydres et nbtamment par les perchlorures d'antimoine et d'étain» avec ]es(iuels elle forme des liquides fumants à Fair et décomposables par Feau. •
L'éther chlorhydrique dissout le soufre, le phosphore, les huiles grasses et volatiles, les résines et plusieurs autres substances d'origine organique.
Le chlore agit vivement sur Téther chlorhydrique, surtout à la lumière solaire ; dans ce cas, Faction est quelquefois tellement éner^ gique, que la matière s*enflamme et qu*on obtient un dépôt de charbon. Si, au contraire, .on opère à la lumière diffuse (fig, 260),
Faction se produit avec lenteur, et Fon peut au bout d'un certain temps faire intervenir la lumière solaire sans aucun inconvénient ;
il se forme dans cette réaction cinq produits successifs résultant de la substitution de i, de -2, de 3, de 4 et de 5 molécules de clilore à un nombi*e égal de molécules d'hydrogène. Leur compo-
BROMURE D'ÉTHYLE. . 139 sîtion est exprimée par les formules
C* Cl 4 volumes de vapeur.
CMî*Cl' j»