‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 44 sur 128 · CH*0«+KO, HO = C*H»0», K0+4H · texte numérisé non relu

CH*0«+KO, HO = C*H»0», K0+4H

L'alcool dissout les sulfures alcalins et terreux.

Les chlorures, bromures, iodures, etc., se dissolvent en général dans l'alcool et forment avec ce produit des combinaisons définies et cristallisées.

L'alcool forme avec plusieurs sels des combinaisons définies et cristallisables, présentant peu de stabilité pour la plupart et facilement décomposables par l'eau. L'alcool paraît jouer, dans ces composés, le rôle de l'eau de cristallisation.

Il dissout avec une grande facilité les résines, les éthers, les huiles grasses et volatiles, les alcaloïdes, et beaucoup d'acides organiques. On peut dire, en général, queTaloool est un excellent dissolvant pour les matières très-hydrogénées.

AQDE SULFOVINIQUE. Ëq. = 1675 ou 126.

§ an. Si l'on fait un mélange d'acide sulfurique au maximum de concentration et d'alcool anhydre, on observe un assez grand dégagement de chaleur. Si I on étend d'eau la liqueur refroidie, puis qu'on y ajoute du carbonate de baryte en poudre fine, du sulfate de baryte se dépose, tandis que l'eau retient en dissolu- ' tion un sel particulier formé par cette liase. La dissolution de ce sel, abandonnée à l'évaporation spontanée, le laisse déposer sous la forme de tables incolores d'une grande beauté. Cette dissolution, décomposée par une quantité convenable d'acide sulfurique, donne du sulfate de baryte qui se précipite, tandis que l'acide qui y existait primitivement demeure dissous.

La composition de cet acide est représentée par la formule

aSO», C*H*0-+-HO.

On le désigne sous le nom d'acide sulfoviniquc.

ACIDE SULFOVINIQUE. 1117

Il dérive naturellement de l'action de l'acide sulfurique sur l'alcool. £a effet, on a . *

. a(SO\ H0) + G'H'^0'=('2S0% C4f0, HOj + ailO,

Dans les sulfovi nattas, Téquivalent d'eau basique qui fait partie de Tacide est remplacé paria base du seU Ainsi le ^uli'ovinate de baryte est représenté par la formule

Ces sels peuvent encore être considérés comme des sulfates doubles à base métallique et du composé C*il*0. On peut alors les représenter au moyen de la formule

S0\ CH^O-hSOS MO.

L'acide sulfovinique concentré dans le vide sec se présente sous la forme d'un liquide sirupeux, incolore, dont la saveur est fort aigre. Il se dissout en toutes proportions dans l'alcool et dans l'eau. L'éther ne le dissout pas.

L'acide sulfovinique s'altère spontanément à la longue. La chaleur altère l'acide concentré, de l'éther se dégage, et Ton obtient de Tacide sulfurique étendu ; si Ton chauffe plus fortement, la matière se cbarbonne, et Von observe un dégagement de gaz oléfiant et d*aeide sulfureux.

L'acide sulfurique et l'acide azotique le décomposent à chaud. •

Les sulfovinates sont solubles dans l'eau ; frottés entre les doigts, ils produisent la sensation des substances grasses; ils présentent un aspect nacré. La distillation les détruit; il se dégage de l'eau, de l'acide carl)omque, du gaz oléfiant et de Facide sulfureux; il se condense en outre un liquide oléagineux de composition assez complexe, auquel on donne le nom d*huile ele vin pesante; la cornue retient un mélange de sulfate et de charbon. Distillés à l'état sec avec de l'hydrate de potasse, ils donnent de Talcool ; si l'on remplace la potasse par de l'acide sulfurique, on obtient un mélange d'alcool et d'éther. Leur solution aqueuse se décompose par l'ébullition. Il suffit, suivant M. Kolbe, d'ajouter à la liqueur un peu de potasse caustique pour empêcher cette décomposition de se produire.

ia8 ÂCIDB ISÊTHIONIQUE.

L'acide sulfovinique est le type d'une série d'acides désignés sous le nom d'acides viniques, qui sont constitués de la même manière, ainsi que nous aurons roccasîon de le constater dans le chapitre prochain, où nous passerons en revue les divers ho* mologues de Talcool.

ÂQDE ISÉTU10N1QU£. Ëq. = 1675 ou 129.

§ 1M2. A côté de lacide sulfovinique nous placerons une combinaison isomèi:e qu'on désigne sous le nom d'acide iséihiotrique»

Ce produit, qui prend naissance lorsqu'on fait bouillir avec dé Teau le sulfate de carbyle dont j*ai signalé la formation, § 337,

peut éi^alement s'obtenir par l'action prolongée de Tacide sulful ique sur l'alcool. On le trouve encore dans les résidus de la préparation de réther.

Pour obtenir cet acide en forte proportion,* on fait arriver avec précaution des vapeurs d'acide sulfurique anhydre dans de l'aicool absolu, maintenu dans un mélange de glace et de sel, de manière à obtenir un liquide jaunfttre et huileux. On ajoute alors de Teau, puis on fait bouillir pendant quelque temps. On sature enfin la liqueur par du carbonate de baryte.

L'isélhionate de baryte permet d'obtenir les autres iséthionates par double décomposition au moyen des sulfates solubles.

Quant à l'acide libre, on le prépare en décomposant avec précaution le sel de baryte par une dose convenable d'acide sulfurique étendu, filtrant la liqueur et évaporant d'abord à une douce chaleur, puis dans le vide au-dessus d*un vase contenant de Tacide sulfurique.

L'acide iséthionique est un li(iuidc Visqueux, très-acide, qui décompose le sel marin ainsi que les acétates. Il supporte une température de iSo degrés sans se décomposer, mais il noircit lorsqu'on le chauffe plus fortement. Il forme avec les différents oxydes des sels solubles et cristallisables.

Les iséthionates se distinguent des sulfovinates par une stabilité beaucoup plus grande. On peut en général les chaufl'er jusqu'à 100 degrés sans on opérer la décomposition.

Lorsqu'on fait fondre un iséthionale avec de Thydrate de po«

ÉTUER. 129

tasse, il se dégage de Thydrogène» et l'on obtient un mélange de carbonate, d*oxalate, de sulfate et de sulfite, dont la proportion varie suivant la température à laquelle on a porté le mélange des

matières réagissantes.

Le sel de potasse lunue des [)rismes rhomboïdaux (jiii se conservent parfaitement à i'air et qui sont inaltérables à la température de 35o degrés.

Le sel de baryte se présente sous la forme de prismes hexagones, anhydreà, qui fondent à 3ao degrés en un liquide incolore sans se décomposer. Une température plus élevée le détruit en dégageant un liquide d'une odeur pénétrante.

Le sel de cuivre forme des prismes dioils à base rhombe qui perdent environ 20 pour 100 d'eau de criâtaliisation à 140 degrés.

L'iséthionate d'ammoniaque afTecte la forme' d'octaèdres trèsbien définis qui conservent leur transparence dans le vide et n'éprouvent pas de perte à 120 degrés. Une température d'environ ' 23o degrés détermine la séparation de 2 équivalents d'eau ; le sel

ammoniacal ■ se transforme alors en amide iséthionique qui n est autre chose que la taurine,

ÊTHER. Ëq. = 925 ou 74 .

§ ili3. L'àction de l'acide sulfurique sur l'alcool ne se borne pas à la production de l'acide sulfovinique ; si l'on chauffe dans

une petite cornue de verre le mélange d'alcool et d'acide, celui-ci ne tarde pas à bouillir, et l'on observe que ce 'point d'ébullition s'élève graduellement. Quand il a atteint i3Gà 187 degrés, il reste stationnaire pendant un certain temps, il passe alors à la distillation de l'éther accompagné d'alcool et d'eau; on lave avec ce liquide le produit de la distillation pour enlever l'alcool, puis on le rectifie sur du chlorure de calcium au bain-marie.

L'éther peut s'obtenir d'une manière continue en faisant usage d'un appareil qui se compose : 1° d'un grand ballon de verre ( fig, ^58) qu'on cliai;fîe au mouMi d'une laiiipt^ i\ alcool ou, ce qui vaut mieux encore, que Ton enterre dans un bain de sable jusqu'à la hauteur où le liquide doit s'élever dans le ballon ; 2" d'une allonge égilement en verre; 3^ d'un ballon dans lequel se rend l'ex-

i3o ÉTllER.

trémité de l'allonge, celle-ci s'engageant dans un manchoD qui fait

Flg tSS.

l'office de réfrigérant. Â la tubulure de la cornue se trouve adapté, par rintermédiaire d'un bouchon, un tube dont l'une des extré- • mités effilée en pointe plonge dans le liquide, tandis que l'autre, munie d'un entonnoir, peut recevoir Talcool d'un flacon disposé au-dessus de la cortiue, et muni à sa partie inférieure d'un robinet qui permet de faire écouler l'alcool du flacon dans la cornue. L'appareil étant ainsi disposé, la cornue renfermant le mélange d'alcool et d'acide sulfuriquo dans les proportions de 70 parties d'alcool à 3'2 pour 100 parties d'acide sulfurique concentré, on chauffe le bain de sable de manière à porter le liquide à l'ébullition, on ouvre ensuite le 'robinet du flacon contenant l'alcool, et l'on fait arriver incessamment dans la cornue ce liquide sous forme de filet

ÉTH£R. i3i

très-mince, de manière à remplacer, pendant toute la durée de ropération, la portion du produit qui passe à la distillation. Un

thermomètre placé au milieu du liquide permet d'évaluer la température, qui doit être maintenue coustanimont entre i35 et I {o degrés pour que ropération puisse marcher d'une manière normale.

L'éther qu'on recueille est mêlé d'eau, d'alcool, d'une petite quantité d'un liquide huileux qu'on désigne sous le nom û*huile douce de vin, et d'acide sulfureux. On le fait digérer pendant vingt-quatre heures avec une dissolution de potasse caustique, en ayant soin d'agiter de temps en temps la liqueur, afin d'en bien mêler toutes les parties. L'éther vient surnager la liqueur alcaline, on le soutire avec une pipette, on le lave à l'eau pure, on le fait digérer sur du chlorure de calcium, puis on le rectifie une ou deux fois sur de la chaux vive. On obtient ainsi de l'éther parfaitement pur.

§ 1114. On attribue la découverte de l'éther à Yalenus Gordus,

qui paraît l'avoir décrit vers i54o. Beaucoup de chimistes se sont occupés de l'étude de ce corps depuis le comnienreniont de ce siècle, et c'est aux travaux d'Hennel, de Boullay, de Gay- Lussac, do Dumas, de Liebig et de Williamson qu'on doit des notions précises sur son mode de formation et sa composition chi*' mique.

L'éther pur est un liquide très-mobile, d'une odeur forte et pénétrante; sa saveur, d'abord brûlante, laisse dans la bouche un sentiment de fraîcheur : il bout à 35 degrés. Sa densité est de 0,73 à 11 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 2,565. C'est un corps très-combustible; répandu à l'état de vapeur dans un flacon contenant de l'oxygène, il forme des mélanges qui détonent violemment par l'approche d'un corps en ignition. U suit de là qu'il faut apporter le plus grand soin dans le maniement de l'éther lorsqu'on opère dans une pièce où se trouvent des matières en combustion.

L'éther se mélange à ralcool en toutes proportions; 9 parties d'eau dissolvent i partie d étlier.

Lorsqu'on le mélange avec son volume d'acide sulfurique concentré, le liquide s'échauffe notablement. Si l'on ajoute de i'eau, tout se dissout, et la liqueur ne contient que de l'adde sulfovinique.

i3'2 ÉTHEU.

Le chlore, en agissant sur Féther, donne une série der produits dérivés par substitution, dont la compo9ition peut être exprimée par les formules

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