RÉACTIONS CHIMIQUES
propre* Maïs les faits ne paraissent point se passer ainsi t quand les corps se combinent j leurs molécules se divisent généralement, de telle manière qu'une molécule d*acide carbonique et une molécule de cbaux donnent deux molécules de carbonate de cette base. Si donc on décompose ce carbonate par la chaleur^ il en faut deux molécules pour reconstituer une molécule d'acide carbonique, et une molécule de chaux. En examinant tous les faits qui se sont présentés k moi avec le plus de soin possible, je n'en ai ps trouvé un seul qui se rattachât au mode de division moléculaire indiqué dans ce paragraphe. Cependant il en existe très probablement, ou bien on en trouvera par la suite.
Diuxiàm ooHDmo*.
Réaction des élemens et un système moléculaire sur les éUmens dHun autre système moléculaire qui lui est identique.
Premier cas. — • Plusieurs molécules identiques ou constituant un corps défini et déterminé peuvent se réunir en totalité ou en partie, mais toujours dans des rapports simples, de manière à produire de nouvelles molécules donnant à l'analyse ultime les mêmes résultats que celles qui leur ont donné naissance ; mais ayant un poidis différent. Ce genre de réaction produit l'isomérie multiple.
Deuxième cas. — Plusieurs molécules de même nature, ou appartenant à un corps déterminé , peuvent réagir les unes sur les autres de manière à donner de nouveaux produits de natute et de poids différens. Cette réaction a principalement lieu sous l'influence de la chaleur, de l'éleotricité ou des agens catalytiques, et elle se présente très souvent. La décomposition des oxydes, des sulfures, des carbonates, des azotates, des chlorates, des acides organiques, etc., par la chaleur, est dans ce cas.
La réaction dont il est ici question peut se subdiviser en plusieurs groupes, selon qu'une partie des molécules produites est en même nombre que celles qui leur ont donné naissance, et selon que le nombre est différent et qu'il a fallu la réaction de deux, de trois, de quatre, ou d'un plus grand uombrç encore de systèmes moléculaires, pour la produire.
RiACTiOHa GHIMIQUIS. 65
TEoisiàm covDtnos.
Réaction entre des systèmes moléculaires de natures différentes.
Cette troisième condition, dans laquelle des corps de natures différentes réagissent les uns sur les autres, est la condition la plus ordinaire des réactions chimiques. C'est â elle que se rattache l'action réciproque des corps qui a été considérée jusqu'à présent comme constituant la chimie à elle seule. EQe présente trois cas principaux qui se subdivisent eux-mêmes en plusieurs cas secondaires.
Premier cas. — Des molécules de natures différentes réagissent les unes sur les autres, et leurs élémens s'unissent dans des rapports définis , de manière à produire des molécules d'une composition moins simple que celles qui leur ont donné naissance. C'est ce genre d'union, qui a lieu par la réaction même des élémens des molécules, que l'on nomme combinaison chimique.
Le chlore, Toxygène, le soufre, mis en contact avec les métaux à des températures variées, les acides et les oxydes mis en présence , nous offrent des exemples nombreux de la combinaison chimique.
Deuxième cas. — • Une molécule composée d'élémens dif» férens , mise en présence de molécules d'une autre nature , éprouve une division par laquelle elle se trouve transformée en molécules d'un ordre nouveau. Ce mode d'action , qui a toujours pour but de diviser les corps composés en corps d'une nature plus simple, se rattache essentiellement à Va* nalyse chimique, (i)
En faisant agir le chlore ou Viode sur le sulfure hydrique, ces corps s'unissent k Fh^drogène et le soufre est mis en liberté. En faisant réagir l'axotate hydrique et un métal , tel que le mercure ou l'argent , il se produit du bi-oxyde d'azote qui se forme aux dépens de l'axotate. En mettant en contact du potassium et de l'eau , celle-ci est décomposée et de Hiydroî^ne se dégage.
(i) La partie pratique de la chimie que Ton nomme aussi analyse et qui a pout bat de détenuiner la composition chimique des corps, ne fait pas seulement usage du oMyen indiqué dans ce para^phe. £ile emploie tous les moyens possibles # méiDe la synthèse , pounru qu'elle atteigne le but qu'elle se propose.
66 RiêActroirs ghiviquês.
Il suffira d'un peu de réflexion pour voir que ce mode d*ac* tion a toujours lieu en même temps que le précédent, qu'il peut en être de même à l'égard du suivant, et que souvent ils peuvent ayoir lieu tous trois ensemble.
Troisième ca^«— -Des molécules d'un ordre déterminé étant mises en présence de molécules d une nature différente, ihais qui peuvent être du même ordre^ perdent une partie de leurs ëlémens qui se trouvent remplacés par ceux de ces dernières mcdécules, de telle manière que le plus souvent leur type est conservé malgré le changement survenu dans leur composition chimique. Ge genre de réaction dans lequel une partie des élémens d'une molécule se trouve remplacée par des élémMis d'une autre nature sans changement du type de la molécule ainsi modifiée ^ porte le nom àe substitution. Le remplacement de lor par le mercure, de l'argent par le cuivre, du cuivre pef le fer» du plomb par le £inc, dans les sels métalliques j deThydrogène par le chlore, dans les carbures d'hydrogène 9 dane les éthers, ou par le potassium comme dans l'eau, donnent des exemples nombreux de substitution. Ce genre de réaction eet très important et sera étudié avec plus de détail un peu plus loin*
Tous les faits relatifs aux réactions chimiques se rapportent à quatre modes principaux : la permutation ou la transpaskionf la combinaison ou la synthèse j Yanaljrse et la siêhtitsKtioHê Chacun de ces genres d'action mérite un examen particnlieri Pour en faciliter l'exposition l'analyse sera placée avant Ift combinaison.