THÉORIES CHIMIQUES
La cbintie j si féconde en phénomènes remarquables , a dû ouvrir un vaste champ aux spéculations ; aussi les théories tendant à les expliquer n'ont pas manqué de surgir. L'imagination , plus rapide que l'expérience j Va presque toujours devancée. On peut même dire que des théories chimiques ont précédé la chimie; car, avant d'avoir démontré la composition chimique des corps , on en avait soupçonné l'existence ; aussi ne faudra<t-il point s'étonner si Ton consacre ici un chapitré à la théorie chimique des anciens philosophes grecs, lorsqu'il a été reconnu que les Grecs ne connaissaient point la chimie*
De la nature même des théories , qui sont des monumcns élevés par l'intelligence humaine plutôt que la représentation précise et rigoureuse des êtres et des phénomènes , il résulte qu'elles doivent offiir peu de fixité^ aussi ne faudra-t-il point s'étonner de voir que des théories conçues d'une manière prématurée ont été détruites par des découvertes ultérieures pour ne plus reparaître. Les phénomènes chimiques ne sont point d^nne intelligence si facile que l'on puisse être assuré de les bien interpréter. Ils sont le résultat de l'action des parties les plus intimes des corps, de forces que nous ne pouvons que soupçonner : comment aurait-on pu, dès l'origine delà science, se rendre un compte exact de ces phénomènes , aujourd'hui même que l'on a peine à les comprendre ?
Cependant, parmi les faits du domaine de la chimie, il en est que l'expérience a expliqués d'une manière nette et pré* ose 3 telle est^ par exemple, la cause de l'augmentation du poids des métaux pendant leur calcination à l'air, qui a si longtemps occupé les chimistes. Si certaines théories sont aujourd'hui inébranlables , c'est qu'elles sont fondées sur l'expérimentation et sur l'observation directe des faits. Toutes celles qui ont dépassé les limites dans lesquelles se trouvent renfermés ces moyens d'interroger la nature9.ne peuvent être considérées que comme des efforts du génie de l'homn^e qui attendent la sanction expérimentale ou le néant
aaO THÉORIES CHIMIQUES.
Envisagées sous le poiqt de vue qui vient d'être exposé, les théories peuvent être partagées en deux ordres diiTérens : celles qui ne font qu'établir la relation naturelle des faits en les expliquant les uns par les autres , théories que l'on peut nommer phfsiques ou expérimentales^ et celles qui remontent à des démonstrations que l'on peut dire métaphysiques ou rationnelles ou spéculatives^ parce qu'elles vont au-delà de ce qui est appréciable à nos sens par le seul usage du raisonnement.
Les premières de ces théories sont indispensables , elles peuvent être rigoureusement exactes et parfaitement démontrées \ cependant elles peuvent aussi être fausses \ mais , dans ce cas , il arrive une époque où elles tombent par la force des choses pour ne plus se relever. Telle a été , par exemple , la théorie du phlogistique. Les théories du second ordre ne sont point aussi indispensables que les premières^ mais l'homme ne peut résister au désir de les créer ; son imagination, impatiente et toujours active, devance l'observation dont la marche trop lente ne peut lui suffire. Comparant tous les faits connus, et cherchant leur filiation, il remonte autant que possible à leur origine, et lorsque ses sens deviennent insuffisans, il cherche à déduire, des faits observés , la notion de ce qui ne peut être saisi par son investigation directe. C'est ainsi que l'on a imaginé les atomes qui échappent à l'observation d'aujourd'hui et que nous n'avons même nul espoir d'obser>'er jamais.
Dans les sciences physiques, comme dans les sciences mathématiques , il arrive souvent que l'on fait abstraction des êtres matériels pour ne s'occuper que des phénomènes qu'ils présentent. Cela est possible, convenable même dans un grand nombre de circonstances^ mais l'habitude de considérer les phénomènes d'une manière abstraite a conduit souvent à les regarder comme ayant une existence matérielle. Ceci est une grave erreur qui a exercé une influence immense sur la marche des sciences et que l'on ne saurait détruire aujourd'hui qu'avec une peine extrême. Une fois cette notion ac-« quise, on ne se demandait plus si elle était exacte, on s'en servait comme d'une chose démontrée. C'est ainsi que l'on a admis l'existence matérielle du. calorique, de l'électricité et de la lumière. Aujourd'hui les physiciens sont dans une meilleure voie. Cependant bien des savans croyaient et croient encore démontrer la réalité de leur manière de voir, en s'ap-
THéOAIE DBS AlfCIBITS GRECS. 2^1
puyaDt sur des dcfinitions qu'ils ont faites eux-mêmes et qui, comme toutes les d^Gnitions appliquées aux sciences physiques, n'ont de valeur réelle que pour établir des sopliismes* C'est ainsi qne quelques-uns d'entre eux soutiennent encore que le calorique est corporel et matériel. Pour cela , ils se fondent sur la définition des corps telle qu'ils la comprennent : un corps est ce qui frappe nos sens ; or, le calorique frappe nos sens , puisqu'il peut nous réchauffer, nous brûler même ; donc il est corporel I Mais qui leur dit qu*ils ont convenablement défini les corps? Les images formées aux foyers conjugués des miroirs concaves, celles qui sont produites dans le phénomène du mirage frappent aussi nos sens , puisque nous les voyons; mais elles ne sont nullement matérielles, car elles ne sont point impénétrafbles. Quelques physiciens disent encore que les gaz sont formés par la réunion de la matière de la chaleur avec une autre matière, et que la preuve peut en être donnée par la compression qui dégage cette matière de la chaleur; mais ici n'est-ce point une hypothèse expliquée par elle- même?
La théorie qui précède est presque entièrement abandonnée aujourd'hui par les physiciens ; ils volent la cause de la chaleur dans les vibrations des molécules des corps. La lumière est également produite par les vibrations des molécules communiquées à un fluide particulier qu'ils ont Imaginé et qu'ils nomment éther; quant à l'électricité , ses théories sont vagues, on n'ose rien hasarder sur sa nature ; on peut dire cependant que les physiciens la considèrent plutôt comme ayant une existence matérielle que comme un simple phénomène. Les relations qui existent entre la chimie et la physique méritent que Ton s'occupe de théories de celte dernière science, et j'oserai hasarder d'exposer mon opinion lorsque je traiterai de h, théorie générale de la chimie. ^
Nous allons passer successivement en revue la théorie des Grecs, celle de Stahl, celle de Lavoisler, la théorie électro-chimique, la théorie atomique, celle des radicaux, celle des types, et, enfin, la théorie générale de la chimie.
THÉOaiB CHIMIQUE DES ÀNGIBIVS GRECS.
Il a déjà été dit plus haut corammt une théorie sur la composition des corps avait précédé la science. C'est une connais*
3ia THÉORtSS GRtMIQVSS.
sance répandue très rnlgairement, que les anciens Grecs reconnaissaient quatre ëlëmens, principes de toutes choses, qui entraient dans la constitution des corps. Ces élémens étaient : la terre, Teau, l'air et le feu.
Les Grecs avaient Tidée de Pindestructibilité de la matière sur laquelle reposent aujourd'hui toutes les doctrines fondamentales de la chimie. Les corps étaient des agrégats périssables qui avaient un commencement et une fin. Us avaient une idée assez nette de la synthèse et de l'analyse, c'est-à-dire de la combinaison des élémens pour former des corps mixtes, et de la destruction des mixtes pour retourner à leurs élémens.
Si Ton ne cherchait point à approfondir la théorie des élémens admise par les Grecs , ou la trouverait insuffisante ^ absurde même dans plusieurs circonstances , mais il ne faut point oublier que si les Grecs ont à peine expérimenté, qu'ils étaient habiles observateurs et logiciens profonds; qu'ils n'ont pu, comme nous, connaître les détails d'une théorie expérimentale ; mais qu'ils ont du la saisir dans son ensemble , à son origine et à sa terminaison.
Pour les anciens philosophes grecs , la terre , que nous ne devons pas considérer comme notre globe, mais comme la matière qui le constitue , représentait l'élément général qui forme les mixtes inorganiques. Cela ne pouvait être autre^ meut, puisque les philosophes grecs n'admettaient que quatre élémens et qu'ils reconnaissaient des corps mixtes; il fallait nécessairement que Félément terrestre donnât naissance aux corps inorganiques, en faisant intervenir peut-être le principe du feu. Les végétaux fixés sur le sol lui enlevaient des particules minérales; ils ne pouvaient croître sans le concours de l'air et de la chaleur, et les Grecs admettaient que la terre , l'eau, l'air et le feu entraient dans leur composition, parce qu'ils puisaient réellement leurs alimens , si l'on peut s'exprimer ainsi , dans ces élémens. Les animaux vivent de végétaux ou se dévorent mutuellement, ils ont besoin d'eau, d'air et de chaleur. Les animaux devaient donc être formés des mêmes élémens que les végétaux, mais combinés en d*autrès proportions et d'une manière différente. Enfin, si l'on détruit les matières organiques par la chaleur, on obtient une espèce d'analyse qui démontre ce que l'on avait trouvé par Tobservation : la combustion représente le feu qui retourne à
l'espace; des gaz on esprits, de l'eau s'iîcbappent aussi, et il reste enfin une matière terreuse qui est la cendre, et c'est sans doute ici le cas de faire remarquer que, comme les Grecs devaient admettre plusieurs mixtes terrestres , ils devaient aussi avoir différens composés aqueux ou liquides. Par la synthèse logique et par l'analyse chimique, les Grecs trouvaient donc que les êtres organiques étaient formés par le concours et la réunion des quatre élémens. Cela est démontré par une foule de passages tirés des auteurs gtecs, tels qu'Ânaxitnenès et Ânaxago^ ras. Le premier de ces philosophes disait : « Tout vient de lair et tout y retourne. » Ânatagoras dit bien positivement que nos aiimens renferment nécessairement les mêmes élémens que notre corps. Il est bi^ évident qu'il ne s'agît ici que des corps organiques, puisque les Grecs pensaient que les élémens ne pouvaient être transformés les uns dans les autres. C'est au moins ce que Platon pensait d'une manière bien formelle, et il donnait, pour cause de l'immutabilité des élémens, la forme qu'il leur reconnaissait. Ce philosophe pensait que les parties éMmentaires de la terre étaient cubiques, que celles de Teau étaient îcosaédriques, celles de l'air octaédriques, et qu'enfin celles du feu avaient une forme pyramidale. Il est probable que cette forme se rapportait au tétraèdre; car on ne peut s'empêcher de remarquer que Platon avait adopté , pour formes des élémens, celtes des solides réguliers des géomètres, moins le dodécaèdre pentagonal ; c'est-à-dire le tétraèdre , le cube , Toctaèdre et l'icosaèdre. (i)
Aux quatre élémens généralement reconnus par les philosophes grecs , Âristo^e ajoutait l'éther, plus fluide et plus mobile que le feu même. C'est cet éther sans doute qui a traversé les siècles et se retrouve aujourd'hui dans les théories de la lu-
(i) BI. liœfer, daos son Biitoire de la chimie, p. SS, cite an passage de Platon foi semble coDtredire ee qui vient d'être avancé. Dans ce paseafe, il est dit que l'eau, oa se oondeosant^ m change en pierre ou en terre ; que la terre, dissonle et décomposée, s^évapore en air, elc« Je pense qu'il faut interpréter ce passage d'une manière beaucoup plus générale : par Tétat de pierre, il faut entendre l'état solide; par air, celai de vapeur ; et dire, Teau eu se condensant devient solide comme les fiisrres; les vapeurs en se condensant deviennent Ifqaidles, etc. Il est probable que par la condenaationt Platon a dd eniendre aussi celle qnl t lieu par la combinaifon chimi<|ue; car, c^est sinsi que des liquides et des floîdes éltttiquii peuvent devenir Bolides en concourant à la nutrition dea êtres organiques.
aai THÉORIE» GHIMIQUBSé
miërey soupçonnées par Descartes, admises par. Huyghens, Euler, Fresnel, etc.
 la théorie qui précède , il faut ajouter que c*est au génie de Leucippe, qui vivail dans le cinquième siècle qui a précédé Fère vulgaire, que Ton doit la conception des atomes qui servent aujourd'hui de base aux théories spéculatives les plus profondes. Cette théorie a été développée par les Grecs d^une manière beaucoup plus complète qu'elle ne Test de nos jours; c'est ainsi qu'Épicure l'appliqua même à la formation des êtres organiques. Le poème de Lucrèce est là pour témoigner de l'immense importance qui lui était attribuée.
La constitution des corps ayant été étudiée sous le point de vue de la théorie corpusculaire , devant résumer cette théorie dans un article spécial , nous ne nous en occuperons point icL
Dans le court expo3é qui vient d*ètre fait des théones des Grecs, nous n'avons dû voir que le fond des choses et passer sous silence une foule de modifications qu'il aurait fallu y rapporter si l'on avait du tenir compte des opinions particulières à chaque philosophe ou savant ^ n>ais pénétré de la pensée que les observations de tant d^hommes laborieux €1 profonds ne pouvaient être absurdes, me plaçant dans la volu qu'ils avaient ouverte , j'ai plutôt cherché à faire une juste applica* tion de leurs connaissances et à trouver le lien qui existe entre leurs écrits et la nature qu'ils observèrent, qu'à m'atfacher à la traduction liUiTale de leurs écrits qu'il n'est pas permis de comprendre sans s'être identifié scientifiquement avec eux.
THEOaiE DE STAHL.
Depuis Torigine des sciences expérimentales dans l'Europe occidentale, c^est-à-dire depuis le conmiencement du treizième siècle, bien des théories ont pris naissance. Ces théories avaient principalement pour but d'expliquer la formation des métaux et la composition des mixtes organiques. Elles ont varié à mesure que les idées dominantes des siècles venaient se remplacer les unes par les autres ; aussi sont-elles empreintes successivement d'idées alchymiques , cabalistiques ou astrolo* giques. Elles ne sont point dénuées d'intérêt , comme se rattachant à l'histoire des vicissitudes et des progrès de l'intelligence humaine; mais elles ont trop peu de rapport avec les
THÉOltlB DB STAHL. t^ïftS
connaissances positÎYes de notre époque pour être exposées ici. On pourrait également passer sous silence la théorie de StaM,- puisqu'elle est fausse ; maïs elle servira de point de dépairt pour mieux apprécier les travaux de notre époque et pour donner un exemple de Tinfluence fâcheuse que peut exercer une mauvaise théorie, quand on veut s'obstiner à la soutenir, plnt6t qu'à faire table rase pour édifier de nouveau.
Geoi^es-Emest Stahl, qui vécut de 1660 à 1734, admit l'existence d'un principe inflammable, auquel il donne le nom de phiogistique (i). Il crut que ce principe existait dans les métaux, dans le soufre, dans le charbon, dan^ les huiles et en général dans toutes les matières combustibles. Et c'est à l'aide de ce fluide insaisissable, invisible, que nul n'avait isolé, que ce chimiste expliquait les principaux phénomènes de cette science. Si l'on calcinait un métal pour le réduire en chaux (oxyde métallique), il n'arrivait à ce dernier état qu'après avoir perdu son phiogistique. Si l'on calcinait ensuite cette chaux avec du charbon ou un autre corps combustible, elle reprenait le phiogistique qu'elle avait perdu et retournait à l'état métallique. Selon Stahl, les métaux étaient donc composés d'une chaux et de phiogistique. Cette explication aurait pu paraître plausible, si des faits bien constatés n'en démontraient la fausseté : depuis un grand nombre de siècles, on savait que les métaux augmentent de poids pendant la calcination , et Stahl lui-même ne l'ignorait pas, comme ses écrits l'attestent. Combien de travaux ont été entrepris ! combien d'hypothèses mal fondées ont été imaginées pour démontrer la réalité de celte prétendue théorie !
Boyle explique l'augmentation de poids des métaux pendant la calcination par la pesanteur du feu qui s'y combine.
Le R. P. Béraut, qui a remporté im prix au jugement, de l'Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, pour une dissertation sur cette matière, veut que l'accroissement de poids soit dû à des corps étrangers répandus dans l'air , qui s'unissent aux métaux. Gellert veut que les chaux métalliques soient formées par l'union d'un acide avec un métal , et que leur réduction se fasse principalement par le
(i) Dtt grec <p>.«^ia7^C, inflammoble.
iS
aa6 THÉoaiBs ghimiquss.
dégagement de cet acide. Meyer admet re^iistence d^un aci-^ dum ou d'un causticum pingue avec lequel il pen^e rësoudre les difficultés léguées par la théorie du phlogistique ! Gu^ton- MorveaUy l'inventeur de la nomenclature moderne) veut que le phlogistique soit tellement léger qu'il ne puisse peser dans l'air, et que le poids des métaux doit par cela même augmenter lorsqu'il les abandonne 1 Priestlejr^ que l'on pourrait dire le pèr^ de la chimie pneumatique , lui qui npus apprenait à recueillir et à séparer les gaz, i riestley prend part à U lutte et veut démontrer la réalité du phlogistique. L'ingénieux Scb^^ie admet aussi la théorie du phlogistique , mais ses expériencea sont si simples^ si précises, «i belles , que la théorie demeure pâle et inutile vis-à-vis d'elles. Kirwan fît enfin un dernier efibrt pour défendre cette théorie \ cela ne l'empêcha point de succomber sous les preuves expérimentales qui fur^snt données par notre illustre Lavoisier.
Croirait-on que depuis dix-huit siècles, Heraclite avait écrit que l'air est nécessaire pour entretenir le feu, que Geber, au XIX* siècle, indiquanettement l'augmentation de poids du plomb et de l'étain dans la calcinatioo, et l'attribua à la fixation d'un esprit aérien ! Croirait-on que Je^m Rey avait fait imprimer, en i63o, des essais par lesquels il avait démontré expérimentalement et avec une rare sagacité que c'est l'air qui s'unit aux mé^ taux et en augmente le poids pendant la calcination I Croira-ton que Morveau lui-même savait que les métaux n'étaient point transformés en chaux lorsqu'on les chauffait sans le contact de l'air, et que la vérité a eu tant de peine i se faire connaître!
Quand, jetant un regard sur l'histoire des sciences, on considère de pareils faits, on peut se demander si les théories purement rationnelles n'ont pas été plus nuisibles qu'utiles , si les recherches qu'elles ont fait naître pisuvent compenser les siècles de ténèbres dans lesquels elles ont enseveli la vérité. C'est alors que nous avons peine à nous interroger dans la crainte d'avoir à renoncer à des idées que nous chérissons, parce que l'habitude nous les a identifiées; c'est alors que le doute pénètre dans notre pensée et que nous avons & nous demander si toutes ces théories spéculatives, qui ont été édifiées avec tant àê soin et de peines, ne sont point des entraves pour la science; si elles ne nous abusent point, et si toutes ces combinaisons, toutes ces spéculations ne sont point des illusions fantastiques
THtoK» OB UiTO]8IBft. ùlày
qui noua tiensent lieu de la vëriCé et nous empêchent de la trouver. C^est pëoétré de cette pensée que Ton se sent le cou* rage de secouer la poussière des préjugés et de saper l'édifice yénéré.
Lorsque l'on songe à la théorie du phlogistique , on trouve qu'elle est intimement liée avec les théories qui l'ont précédée, et que Stahl ne l'a créée que pour lea concilier avec les faits modernes. C'est parce qu'il n'a pas su ae soustraire aux habi« tudes qu'il avait contractées dans le cours de ses études, qu'il nous a légué ce fléau, qui a paraljsé la science pendant plus d'une demi-siècle.