‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie; (volume 2)Chapitre 56 sur 95 · X. CauxSxims Calcium. — StrontiuiD. — Bvyam · texte numérisé non relu

X. CauxSxims Calcium. — StrontiuiD. — Bvyam

Plomb.

.p, •, ' iXalides Potassium. — Lithium. — Aiomoniam.

«. WaTEOID... \j^^^j^, S^j^^

\ Chryêuim. ... Or, — Mercure.

( Osmides Rhodium. — - Iridium. — Osmium.

SIV. Stasitoïbzs. Étain. — Titane.

Les avantages d'une classification par séries naturelles sont immenses^ maigre les imperfections qu'elle peut présenter. Tous les corps d^une même série se comportant à*peu-prës de la m6me manière , on peut généraliser les faits , et l'histoire d'un corps dWe série étant bien connue, celle des autres corps de la même série exige moins de travail. Cest ainsi que M. Gay-L«flsac, ayant saisi l'aflBnité existante entre le chlore qui était connu et l'iode qu'il étudiait, a pu en développer l'histoire avec un rare bonheur. C'est ainsi que les mêmes principes y appliqués k la chimie organique, ont conduit MM. Dumas et Peligot à calquer l'histoire du méthyle sur celle de Falcool, et celle du cinnamyle sur celle du benzoïle. Une fois qu'une analogie bien fondée a été reconnue, elle permet de prévoir les faits et de marcher avec quelque assurance dans des recherches que l'on ne pourrait quelquefois entreprendre faute de ce secours.

CLASSIVIGA'ÎION IMIS GOHFOSéS DBFIiriS.

Les principes généraux aj^liqués à ces sortes de classifications ayant été exposés précédemment, ayant fait voir en outre Pinsumsance des propriétés physiques et géométriques des corps, il ne nous reste plus qu'à nous occuper de l'application des connaissances chimiques. Pour rendre cette étude aussi facile que possible, nous supposerons d'abord que nous avons affaire à des composés ne renfermant que deux éléme^s , tels qae les oxydes, les sulfures, etc.

Dans une suite de composés binaires, il peut y av<]&r un élément commun ; cet élément commun peut être pris comme déterminant im genre , et les élémens auxquels il ae trouve uni déterminent les espèces. Ainsi , le soufre peut s'unir au fer^ au sine , au cuivre , à l'argent, etc* On fait un genre ^'

300 GLASSIPIGATIOir.

fure qui se trouve caractérise par la présence da soufre, et les espèces sont déterminées par les métaux^ fer, zinc, etc. \ mais un métal peut aussi s'unir i des corps différens, tels que le

soufre, Foxygène, le chlore , sans cesser de former des

composés binaires , et le métal lui-même peut être employé pour déterminer le genre \ les espèces le sont alors par les corps non métalliques auxquels il se trouve uni. De là deux classifications distinctes^ les chimistes ont généralement adopté la première, et les minéralogistes la seconde.

Lorsque l'on détruit les composés binaires par rélectricité dynamique, les corps non métalliques sont électro*négatifs relativement aux métaux, et ceux-ci sont par conséquent positifs. En se fondant sur ce fait général on dit que , dans le premier mode de classification qui vient d'être exposé, les genres sont déterminés par les élémens électro-négatifs , et que, dans la seconde classification, les genres sont déterminés par l'élément électro-positif. Ce qui vient d'être dit des composés binaires du premier ordre, peut être dit aussi des sels qui peuvent être considérés comme des composés binaires du second ordre. L'acide étant électro-négatif relativement aux bases, dans les circonstances indiquées précédemment, on prend l'un ou l'autre de ces élémens composés pour déterminer le genre.

La classification dans laquelle le genre est déterminé par l'élément électro- positif a un avantage pratique bien évident, car elle réunit dans un seul genre tous les composés binaires ou salins d'un même métal. Aussi cette classification a-t-elle été adoptée par les minéralogistes et les métallurgistes, qui ont besoin de réunir dans un cadre étroit tous les produits qui renferment un métal utile; les minéralisateurs, tels que le soufre et l'arsenic, étant pour eux plus nuisibles qu'autrement. Le fabricant de produits chimiques trouve aussi un avantage immense dans une pareille classification; car elle réunit tous les corps qui peuvent être préparés les uns par les autreâf. Pour atteindre un but thérapeutique, cette sorte cle classification doit encore être préférée ; car elle rassemble dans un même cadre des corps qui jouissent de propriétés analogues ou semblables; comme tous les composés de cuivre , de mercure , de plomb,' etc,

La dassificatioi^ (l^s corps composés réunis en genres par l'élément électrQ^négatif, offre moins d'avantages pratiques quç

COMPOSÉS DÉFISIS. 3oi

la précédente; mais elle atteint un degré plus élevé , en cela qu'elle réunit souvent des composés qui ont la même constitu* lion : ainsi les sulfures de cuivre et d'argent sont isomorphes; les sulfates de plomb , de baryte, de strontiane, de chaux sont dans le même cas, et l'on peut encore en dire autant des carbonates de magnésie, de chaux, de fer, de zinc et de manganèse. La classification la plus générale et la plus précise que l'on puisse établir aujourd'hui , arriverait au même résultat, quoique fondée sur des principes diiférens. Seulement, la classification chimique ici exposée réunit des coips qui n'ont que des analogies chimiques et non point des anaJogies de constitution : elle place, les uns à côté des autres, plusieurs degrés d'oxydation ou de sulfuration , et plusieurs degrés de saturation des bases par les acides. Le protoxyde de manganèse n'a pas d'analogie de constitution avec le bi*oxyde; le pyrite magnétique n'en a pas avec le pyrite ordinaire; le chromate de potasse n'en a pas avec le bi-chromate , etc.

En outre des défauts qui viennent d^ètre signalés, les classifications chimiques ne sont fondées que sur une partie des élé* mens d'un composé , et à ce titre un corps peut toujours appartenir à deux classes. Gela conduit à admettre une classification qui réunisse les corps par l'ensemble de leur constitution; eair cette classification est la seule qui conserve les analogies dans toute leur étendue.

Il y a déjà bien des années que j'ai songé à réaliser une pareille classification , en réunissant dans un vaste système tous les corps anorganiques , quelle que fut leur origine. J'ai fait rassembler tous les matériaux pour réaliser ce travail; mais il présente des difficultés qui en ont retardé la publication. Dans une thèse que j'ai soutenue le ao mars iS3g à la Faculté de médecine , dans un coDCours où figuraient MM. Bouchardat , Bassy et Dumas, j'ai exposé les principes fondamentaux de cette classification. Depuis cette époque, ces principes ont été développés avec beaucoup de sagacité par M. Dumas ; mais les travaux qu'il a entrepris , et qu'il publie successivement , démontrent de plus en plus l'immense difficulté qu*il faut surmonter pour remplir une pareille tâche. Pour classer les corps en se fondant sur leur constitution , il paraîtrait convenable de penser qu'il faut connaître cette constitution, et il faut avouer que , malgré les travaux de tant d'illustres savans qui

s'oocapent de chimie , on est encore dans le domaine de la spécalation. S'il fallait attendre qne l'craTre fut accompli, bieo des siècles sans doute s'ëcouleraient encore, à moins qu'un nouveau Newton ne nous expliquât la mécanique moléculaire.

Heureusement la classification des types n'exige pas qu'on les connaisse positivement ; elle exige seulement que Ton sache rapporter à un même type, quel qu'il soit, tous les corp qui lui appartiennent* Celte tache, quoique laborieuse, n'est point impossible à remplir.

Pour établir une pareille classification , il faudrait d'abord réunir ensemble les mêmes types numériques j et, pour les coordonner les uns à l'égard des autres , j'adopterais tout simplement l'ordre naturel des nombres: i, a, 3, 4 Après les

type» numériques viendraient les types mécaniques ^ enfin les séries d'un même type , ou ses variétés^ seraient déterminées par la nature chimique de leurs élémens. Dans une telle classification, je rejetterais sans égard tous les mots qui rappellent une filiation ou des classifications quelconques adoptées antérieurement, tels qu'espèce, genre, tribu, famille, etc.*, afin de lui laisser toute son originalité et toute sa valeur. Je me servirais des mots types, groupes, séries, ordre, qui les remplacent avantageusement. Car, j'ose le dire ici, j'ai l'espoir bien fondé que la classification des corps anorganiques, qui a toujours été calquée sur celle des corps organiques, arrivera la première à la perfection désirée , et servira à son tour de modèle pour classer les corps organiques.

Dans l'ordre des idées qui vient d'être exposé, les types numériques sorA indiqués par les formules des corps; le type mécanique est reconnu à la forme qu*ils ciffecterUy et les variétés des types sont déterminées par la nature chimique de leurs élémens. Si l'on appliquait cette manière de voir aux carbonates de la série de la chaux , par carbonate on entendrait le type numérique qui forme la série. Cette série serait divisée en deux groupes : dans l'un seraient réunis les carbonates rhomboédriques, et dans l'autre se trouveraient les carbonates prismatiques. Enfin les variétés de chaque groupe , que l'on nomme aujourd'hui des espèces, seraient déterminées par la composition chimique, qui ne viendrait qu'en troisième ligne. Par xx mode de classification, le carbonate de fer rhomboédrique ou la sidérose se trouverait séparée du carbonate de fer pris-

GOHPOBjÉs DÉvims. 3o3

matiqife ou l'iunkërite; il en «eratt de mêîne du calcaire et de Tarragonite; mais la sidérose serait rdunie au calcaire, et Tiunkérite à Parragonite ; car ces corps , pris en eux-mêmes , prësentenl beaucoup plus d'analogie que lorsqu'on les rëunit par leur composition chimique, puisqtfayant la même forme, ils doivent posséder les mômes propriétés optiques , le même mode d'élasticité, de dilatabilité par la chaleur, etc.

La méthode qui vient d'être exposée choquera sans doute plus d'un chimiste habitué à considérer la nature des corps comme étant la chose la plus ftmdamenule pour les classer 5 mais avec de la réflexion, ils verroni que, par la méthode que j'ai trouvée et que je propose, il est permis de généraliser beaucoup plus qu'avec toute autre, et cela est une preuve de sa tendance à la perfection.

Je ferai tous mes efforts pour publier le travail que j'aî entrepris sur les classifications naturelles en général, et sur la classification des types en particulier. Toutefois , je ne l'adopterai point dans le courant de cet ouvrage, pour les raisons suivantes. Ce livre étant exclusivement destiné à l'enseignement , je suivrai ime méthode différente que j'emploie constamment depuis plusieurs années pour mes leçons orales, et qui m'a réussi.

Les méthodes philosophiques sont excellentes pour démontrer les analogies des corps en les réunissant de la manière la plus convenable, pour permettre de généraliser et même pour arriver à la connaissance de certaines lois; mais elles ne sont pas toujours les meilleures pour l'enseignement. J'ai reconnu depuis long-temps que, pour être facilement compris d'auditeurs complètement étrangers à une science, il était convenable de prendre un point de départ dans les choses qui leur sont les plus familières, et de leur donner, en très peu de temptf, une idée générale de l'ensemble de la science qu'ils étudient. Ils rattachent &cilement les notions qu'on leur donne à celles qu'ils ont déjà, si vulgaires quelles soient; ils comprennent le but de la science^ leujr imagination est satisfaite parce qu'ils suivent le développement des connaissances nouvelles qu'ils acquièrent. C'est ainsi que, depuis long-temps, j'ai eu la pensée de commencer un cours de chimie par l'histoire de l'air et par ceUe de Teau, d'en extraire les élémens devant ceux qui apprennent, et de leur en faire connaître toutes les propriétés essentielles.

3o4 GtÀSSIFIGATKON.

J'ai VU arec plaisir que cette pensive avait éié réalisé^ très heureusement par M. Girardin , dans le cours de chimie qu'il fait aux ouvriers de la ville de Rouen. Celui qui a suivi une leçon ainsi faite, si peu intelligent qu*il soit, peut dire à ceux qui veulent lentendre : Pair que nous respirons est principale* ment forme par la réunion de deux airs particuliers que Ton a sëparâ sous mes yeux ; il y a un de ces airs qui brûle les corps beaucoup mieux que l'air ordinaire, et il y en a un antre dans lequel un corps enflamme s'éteint subitement; c'est ce dernier air qui diminue l'activité du premier, etc.

Cette méthode d'enseignement est bonne, excellente: cependant ce n'est point elle que je sub. Enseignant la chimie k des élèves ayant acqub un certain degré d'instruction et devant atteindre un degré plus élevé, je fais tous mes efforts pour donner des notions expérimentales de chimie générale dans un très petit nombre de leçons. Ces notions donnent la clef du reste du cours.

Pour atteindre un pareil but , après quelques notions générales, je fais l'histoire de trois corps gazeux pris dans diverses séries. Ces gaz sont l'oxygène , l'hydrogène et l'azoté. A mesure que l'histoire d un corps est terminée, je fais connaître les divers composés qu'il forme avec les corps précédens. Ces trois corps suffisent pour faire connattre le rôle important que l'oxygène joue dans la nature ; l'histoire de l'eau ; pour démontrer expérimentalement les proportions définies en volumes et en poids, en combinant l'oxygène et l'hydrogène dans un eudiomëtre; pour donner une idée des proportions multiples ^ faire connattre des oxydes, des acides, une base, et définir les sels. Après cela vient l'exposition de la nomenclature et de la notation, qui sont très faciles à comprendre , puisqu'elles sont alors appuyées sur des exemples connus.

Après cela vient le carbone et les composés qu'il forme avec l'oxygène et l'hydrogène , puis l'histoire de l'air atmosphérique. Enfin vient la série du soufre et les séries qui la suivent, qui font étudiées sans interruption. Arrivé à l'histoire des métaux , chacun d'eux peut alors être étudié complètement sous le rapport des divers composés naturels ou artificiels dont il fait partie*

Page 1