‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie; (volume 2)Chapitre 57 sur 95 · NOMENCLATURE ET NOTATION · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE ET NOTATION

Les sciences se fécondent et se propagent par la communia cation de la pensëe. SaDS la merveilleuse invention qui nous permet de reprësenter nos idées, et de formuler les opérations de notre intelligence par des signes, les raisonnemens ne sao^ raient avoir aucune profondeur; toute analyse nous serait interdite, et la science acquise par chaque individu périrait avec lui sans qu'il^ait pu en doter ses semblables.

Lies signes que les hommes emploient pour communiquer entre eux sont mimiques^ parlés ou graphiques. Les signes re* présentant les idées et leur coml>inaison formulant la pensée, les sciences qui s'occupent de tant d'objets divers ont toujours un vocabulaire, et souvent, même, elles font usage de signes particuliers. La chimie , plus que toutes les autres sciences , fait usage de signes qui lui sont propres ; mais elle n'emploie que les signes parlés et les signes graphiques. Les signes parlés forment un système de langage que l'on nomme nomenclature; les signes graphiques représentent la notation chimique.

Pour que les signes soient aussi utiles que possible, il faut qu ils puissent représenter la pensée avec une exactitude parfaite ; car sans cette condition, de première nécessité , ils nuisent à la rectitude du jugement et rendent les communications peu intelligibles.

Lorsque les signes indiquent des êtres et des faits , ils peuvent toujours être bons, s'ils ne rappellent rien autre chose \ car il suffit qu'ils soient énoncés pour que Timagination oublie ce qu'ils sont pour ne plus s'occuper que de ce qu'ils représentent \ mab lorsque les signes sont combinés de manière à .formuler des hypothèses ou des conceptions spéculatives, il arrive une époque où ils deviennent erronés ou au moins insuffisans, parce qu'ils ne représentent plus ce qui est alors dans l'opinion générale. Ceci est malheureusement une condition indispensable de la perfectibilité des sciences^ car, tandis qu'elles font des progrès, les signes demeurent invariables et station-

3o6 SIGNES CHIMIQUBS.

naires. Il rësulte donc évidemment, de cet dtat de choses, que les signes , quels qu'ils soient , ayant pour but de formider notre pensëe, la représentent assez exactement à l'époque de * leur création; mais que bîcnlAt ils perdent de leur valeur, se trouvent arriérés , et finissent même quelquefois par devenir un obstacle au progrès. Il faut encore ajouter à cela que la mauvabe habitude qu'ont la plupart des hommes de recevoir ce qu'on leur donne sam l'examiner, fait qu'ils ont des choses d^s idées tout autres que celles qu'ils devraient avoir. Tous cei înoouvéniens sont inhérens aux signes chimiques, comme i tous ceux des autres sciences.

trOMSNGLA.T1J&B GHIMIQUB.

Avant l'établissement des académies , et avant la création des journaux scientifiques , les savans étaient obligés de voyager pour se perfectionner dans les sciences expérimentales. Les communications étaient difficiles, uue même substance était découverte par plusieurs individus à-la-fois , ou par plusieurs procédés difiérens, sans que l'on sût en reconnaître l'identité , et il résultait de là qu'elle recevait plusieurs noms. Il s'ensuivit une grande complication dans la synonymie. Uoxjrde de zinc se nommait tout à-Ia-fois/io/itpkoliXf nihil album^ lana philosophica ; le proto- chlorure de mercure avait reçu les noms de mercure doua:, de calomélas^ de précipité blanc, à^aquila alha, Ae panacée mercunelle, àe panacée universelle, etc. Le sulfate de potasse se nommait sel duobuB, arcanam dupUcaJtum et tarire vitriolé*

Il était bien désirable que les chimistes s'entendissent pour créer un langage plus convenable. Déjà quelques-uns d'entre eux, tels que Maoquer et Baume, avaient formé des vœux

G »ur la réalisation de ce projet, lorsqu'en 178a Guyton de orveau proposa, à l'Académie des sciences de Paris, un nouveau système de nomenclature , fondé sur la composition chimique des corps. Le projet de Guyton de Morveau ayant été pris en considération par l'Académie , nou sans beaucoup d'hésitation ou d'indifierence, cette société nomma une oom* mission composée de Lavoisier, de Fourcroy et de BerthoUet, qui s'adjoignirent Guyton. Ces quatre savans s'entendirent ensemble et même consultèrent tous ceux qui pouvaient les éclairer, et Lavoisier lut la première partie de leur trarail.

nOHSNCLATUEB. 807

le 18 avril 1787. Guy ton lut la seconile pen de jours après.

MOM HWni ilTlIBB OU T VUJIUUi MU.

Le système de nomenclature adopté par la commission de rÂcadémie des sciences était fondé sur un petit nombre de principes que Ton peut résumer ainsi :

I. La coif»s élémentaires recevront un seul nom. n. Les corps composés seront représentés par les noms des élémens entrant

dans leur composition.

m. Les corps composés seront toujours désignés par deux noms, quelque corn'»

pliquée que soit leur composition.

IV. Lorsque deux corps se combineront en plusieurs proportions, les différens compotes qu'ils formeront seront distiognés par des terminnsons particulières, y. La nomenclature signalera autant que possible les propriétés fondamentales des corps.

Les règles qui viennent d'être exposées ont été suivies jusqu'à ce jour^ mais ce n'a pas été sans modification ni sans perfectionnement; aussi vont*eUes être développées, non point telles qu'elles l'ont d'abord été, mais telles qu'elles sont admises aujourd'hui par la plupart des chimistes.

Momenolatiife dat élémeiif ohimlques.

1^ Les noms des élémens chimiques doivent être courts, fa« ciles à prononcer et à faire entrer dans la composition des mots. Ils doivent être, autant que possible, insignifians. Les mots or, argent, cuivre, plomb, qui ne rappellent aucune autr« idée que celle des corps qu'ils indiquent, sont excellens.

Lorsque les noms des élémens chimiques sont significatifs, il faut qu'ils rappellent une propriété physique et jamais une propriété chimique. Les mots: chlore, brome et iode, sont excellens, parce qu'ils rappellent des couleurs et une odeur j^ parce que ces propriétés appartiennent aux corps eux-mêmes et qu'ils ne peuvent les perdre sans cesser d'être ce qu'ils sont. Le DQtot hydrogène , qui signifie générateur de Teau , est doublement mauvais, parce que le corps qu'il représente n'est pas plus le générateur de l'eau que l'oxygène, attendu qu'elle admet nécessairement ces deux corps dans sa composition, et parce qu'on ne peut le faire entrer dans la composition des mots sans laisser dans le doute de savoir s'il s'agit de l'hydrogène ou de l'eau. Le mpt oxygène, qui signifie générateur des

ao.

3o8 SIGNES CHIMIQUES.

acides, est encore mauvais, parce qu'un grand nombre d'acides iieradroeltent pas dans leur composition. Si ce mot n'était point passé dans les arts et même cbez le vulgaire, depuis plus de cinquante ans qu'il est connu, je proposerais de l'appeler Lcupésium, pour obvier aux inconvéniens qui viennent d'être signalés, et pour perpétuer le souvenir des travaux de Lavoisier. Mais cela ne pouvant être, il ne faut point s'altacber à l'étymologie du mot et ne pas lui reconnaître d'autre signification que celle des mots or, argent^ plomb, etc.

i dé» «oipf oompotéf .

La nomendature des corps composés étant continuée selon Tesprit qui en a établi les bases, doit remplir trois conditions principales : i^ faire connaître leur composition ; !k^ en indiquer les proportions autant que possible \ Z^ en signaler les principales propriétés cbimiques.

Toute la nomenclature des corps composés se rattacbe tacitement à une dassification déterminée, comme cela va devenir évident.

Les cbimistes supposent que les corps composés anorgaiiîques peuvent toujours être représentés par deux corps combinés directement, quelle que soit d^ailleurs leur composition. L'un des élémens, celui qui est électro-négatif, lorsque l'on détruit le composé dont il fait partie par l'électricité dynamique, reçoit une désinence particulière et forme un genre ; l'autre élément conserve généralement son nom, et détermine Tespèce. On le rend adjectif ou bien on le met au géniti/ avec la par.ticule de.

Les proportions sont indiquées par des terminaisons particulières, comme cela s'observe pour les acides, ou par des particules, telles que i/, iri^ àjrpo^ hyper ^ etc.

Envisagés sous le point de vue de leurs propriétés les plus essentielles , les corps composés peuvent être divisés en hases^ en acides, en corps neutres ou indifférens et en corps complexes. Toutes ces nuances peuvent être observées cbez les corps qui sont uniquement formés de deux élémens. Mais la nomenclature n'est point encore assez perfectionnée pour les distinguer d'une manière convenable.

£n créant la no.nendature des corps composés, il est probable que Guyton de Morveau n a pas eu d'autre intention

lCOMEirGLA.Tl}]lE. 3o9

que celle de faire Gonnaitre les matières que l'on employait pour les produire, mais que Lavoisier a eu la pensée â*atteindre un but plus ëlevé : il a sans doute voulu indiquer la constitution des corps.

Nous allons successivement examinei" la nomenclature des corps formés de deux élémens seulement, puis celle des corps d'une composition plus compliquée.

Nomenclature des composés formés de deux élémens.

La nomenclature de ces sortes de composés varie selon qu'ils contiennent de Toxygène ou qu'ils n'en contiennent pas , et selon quHIs sont acides ou qu'ils ne le sont point.

Oxydes. — Lorsqu'un composé binaire contient de l'oxygène, et n'est point un acide, on le nomme oxyde.

Les oxydes que l'oxygène peut former en s'unissant à diffé-

rens corps^ se distinguent en ajoutant au mot oxyde les noms

de ces corps au génitif. On dit ftinsi :

/fFer.

1 Cuivre.

OxYde de \ Zinc.

I Plomb.

Phosphore

On désigne sous le nom H oxydes basiques ^ ceux qui peuvent s'unir aux acides pour former des sels 5 tels sont les oxydes de potassium, de sodium, de zinc, etc. Les oxydes indifférens sont ceux qui ne s'unissent point aux acides; tels sont le bi- . oxide de manganèse et le bi-oxyde de baryum.

Lorsque l'oxygène s'unit en plusieurs proportions avec un même corps, on distingue les divers oxydes qu'il forme à l'aide de particules latines qui indiquent le rapport de l'oxygène qu'ils renferment à celui du protoxyde, pour une même quaivtîté de corps électro-positif. Le premier oxyde se désigne par • proto; les antres, par sesqui^ bi, tri, qui veulent diri> une fois' et demi, deux fois, trois fois. En disant sesqui-oxyde de fer, on exprime que l'oxyde dont il s'agit contient une fois et demi autant d'oxygène que le protoxyde, évidemment pour la mênie quantité de fer. Le Li-oxyde de manganèse contient deux fois autant d'oxygène que le protoxyde 5 le tri-oxyde d'or en renferme trois fois autant que le priMoxyde de ce métal, (i)

(i) On se serl quelquefois de la couleur des oxydes pour les distinguer, et cett»

3lO 8IG1IB8 CHIMIQUES.

Composes formés par Vanion des métalloïdes entre eux ou avec les métaux, — Lorsque c'est un métalloïde autre que l'oxygène qui s'unit à un métal, on le termine en ure en le contractant convenablement, et on y ajoute le nom du métal comme pour les osydes. Les différens degrés des combinaisons d'un même corps s'expriment aussi comme s'il s'agissait des oxydes. On a donc des :

Proto ( Sulfure

Sesqiti I ChkirafB

Bi I Aiséoiure

Tri ( Autîmoniure

de divers métaux ou mélalloïdes.

Acides. ^- Les acides sont des corps qui peuvent s'unir aux bases pour former des sels. Bien des acides contiennent de l'oxygène, on les nomme oxacides ^ ceux qui contiennent de Fhydrogène se nomment hydr acides. Enfin, il y a des acides qui ne contiennent ni oxygène, ni hydrogène; mais qui peuvent renfermer du soufre, ou du chlore , etc. : on les nomme des suif acides^ des chloracides^ etc.

On confond aujourd'hui sous le nom d'acides un grand nonibre de corps qui n'en sont point. Ces prétendus addes scmt de véritables sels et des acides doubles , c'est-à-dire des acides qui donnent naissance à deux ordreo de sels, en l'unissant aux bases* Tou;s les acides unis à l'eau, tels que les prétendus acides chlorique, hyper-chlorique, hypo-sulfurique, sulfurique concentré, azotique..., et presque la totalité des acides organiques, sont des composés salins; c'est4-dire qu'ils renferment les élémens d'un acide et ceux d'une base, qui est représentée par de l'eau... J'appliquerai la nomenclature des sels à tous ces prétendus acides.

A. Oxacides. — > Le mot acide sert de nom générique pour tous les eorps qui s'unissent avec les bases pour former des sels. L'espèce de l'acide est désignée par le nom du radical qai entre dans sa composition. On termine ce radical en eux ou eu

nonenclatare est bonne. On dit oxyde rouge de mercure, oxyde noir de fer, oxyde puce de plomb , etc. On s*est servi des particules grecques proto , deuto^ trito, etc, , pour exprimer le rang des oxydes selon les quaiilités d'oxygène quib renfermaient , mais ce mode de nomenclature est mauvais, parce que la découverte d*un oxyde iotermédiaire d*un métal ayant déjà plusieurs oxydes amenait une grande confusion.

. KOMSnCLÂTURB* 3tt

îqmj selon cpi'fl est ttni à des proportions relativemetit faibles on fortes d'oxygène. Ainsi, le soufre donne deux acides principaux avec l'oxygène, le moins oxygéné se nomme acide ; i^/fureuxj le plus oxygéné se nommé acide sulfurique. On forme ainsi les noms de plusieurs acides^ tels sont les suivans :

«aUbr teUnr azot

Acide l P^o'P^o' \ f»*iod

Depuis la création de la nomenclature précédente , on a trouvé beaucoup d'acides inférieurs , intermédiaires ou supérieurs aux prëoédens par la quantité d'oxygène qu'ib renferment ; ainsi, l'on connaît un acide moins oxygéné ^e l'acide sulfureux, un adde plus oxygéné que ce dernier acide^ mais moins oxygéné que l'acide sidfnrique, et un àctde plus oxygéné que l'acide chloriqne. Pour distinguer ces acides 9 on se sert des particules hypo et hjrper qui veulent dire au-dessous et ovdessus. Le premier acide se nomme kfpo-sulfureux ; le second, kjrpo-^ulfimque^ et le troisième, acide kfper'^lorique.

On a ainsi les acides :

Hypo

sntfarenx.

sulfîirique.

phosphoreux.

antiiDooique.

ehloreta.

Au lieu à^hfper^ on emploie quelquefois per^ tiré du latin , ou hepta^ tiré du grec, et qui teut dire sept; car chacun de ces acides contient sept éqilivalett* d'oxygène.

i Hyper vit Hepta

chlorique.

bromique.

iodiqiie.

manganique.

B. Hydracides. — L'hydrc^ène uni avec les chloroïdes ou les OKoïdes, donne naissance à des composa que l'on a nommés des

3ia 8IGHBS CHIMIQUES.

hydracides. Leur nom se formait .en ajoutant le nom du radical à celui de l'hydrogène, et Ton disait :

sulfariqne.

fluorique.

M. le baron Thenafd a fait observer que, pour être conséquent avec les principes de la nomenclature, il fallait former le genre de ces acides avec l'élément négatif entrant dans leur composition , et désigner l'espèce par Tbydrogène , de telle manière que les noms précédens devinssent :

▲dde

suif .

cblor f

fluor

J'ai déjà eu l'occasion de démontrer que les hydracides ne sont point des acides, mais des composés comparables aux composés binaires ordinaires. Lorsquecesprétendushydracides réa* gissent sur un métal, l'hydrogène s^n va et le métal prend sa place. L'hydracide n'entre dooc point en entier dans la composition du.composé qu'il concourt à former. Lorsqu'un bydracide est mis en pr^ence d'un oxyde, il se forme toujours de l'eau et un composé binaire tout- à-fait semblable à celui que son radical formerait en s'unissant directement avec le métal de l'oxyde; ainsi, les prétendus acides sulfhydrique, chlorhydrique, etc., donnent des sulfures et des chlorures dans les circonstances précédentes.

J'assimilerai la nomenclature des hydracides à celle des composés binaires non oxygénés et non acides, cela sera fait de la manière suivante :

sulfhydrique = ralfare tellurhydrique zr^teUarure Aqde { chlorhydrique = chlorure brôhydrique = br^ure iodhydrique = îodure

hydrique.

Les hydracides peuvent s'unir directement et en entier avec des composés binaires renfermant le même radical qu'eux ; ainsi , lacide sulfhydrique s'unit au sulfure de sodium ou au sulfure de potassium ; l'acide chlorhydrique s'unit au trichlorure d or, au bi-c^lpru^e d'étain , etc. Ces composés se

KOMBIVGLATURE. 3l3

nomment des suif hydrates de sulfures , des chlorhydrates de chlorures^ etc.

Je considërerai ces composés comme des siilfaresdoables ou comilie des chlorures doubles , ce sont des composés dans lesquels les hydraddes jouent le rôle d'une acide ou celui d'une base, selon les circonstances.

Les bydracides s'unissent aussi directement à l'ammoniaque. 11 est probable que, dans cette circonstance, ils se comportent exactement comme dans le cas précédent; mais en adoptant la théorie de Vammomum^ dont il, sera questioti plus loin, ces composés sont assimilés aux composés binaires , et , par exemple, le chlorhydrate d^ammoniaque devient du chlorure d^ammonium, puisque l'on fait rentrer l'hydrogène de l'acide dans le radical ammonium.

G. Acides non qxygénés et non hydrogénés, — Les oxoïdes et les chloroïdes, en s'unissant à différeus corps, peuvent donner naissance à des acides tout aussi bien que l'oxygène, et quelquefois même, d'une manière plus remarquable. Lorsque les composés correspondent aux acides oxygénés , on les désigne toujours sous le nom généri(|ue ^acide^ et on leur applique les conditions de la nomenclature des oxacides, en ayant soin de faire prccciler le nom spécifique de l'acide, du nom contracté du corps qui remplace Toxygène -, ainsi, on a l'acide chloro-sulfnrique, l'acide sulfo-molybdique, etc. Il y a de ces acides à radical métallique que l'on ne distingue généralement point en France des composés binaires ordinaires et qui suivent la même nomenclature; c'est ainsi que l'on a du tri-oxyde d'or, du bi-oxyde d'étain, etc. Ces composés sont des acides, et les composés correspondans, formés avec les autres oxoïdes ou avec les chloroïdes, sont encore dea acides que l'on devrait astreindre à la même nomenclature que les acides de ce groupe, et l'on devrait dire par conséquent acide chlofo-aurique^ acide chloro-stannique.

M. Berzélius applique à ces composés une nomenclature analogue à celle des corps formés de deux élémens non acides, seulement au lieu de la terminaison en ure, il adopte celle en iVafe. La nomenclature précédente me parait préférable , en ce qu'elle généralise davantage.

D. Acides complexes, — Plusieurs composés que l'on désigne soas le nom d'^qdç en France donnent naissance à deux ordres

3t4 SI6RB8 CHIMIQUES.

de sels, lorsqu'on les unit avec une base: ainsi, le prétendu acide kjrpo -azotique , mis en présence de la potasse, se dédouble et produit de l'azotate et de l'azotite de potasse. Aussi cela porte-t-'il plusieurs chimistes, et entre autres M. Mitscberllcb, à considérer ce corps comme étant produit par la réunion de Pacide azotique et de l'acide azoteux. Il n'y a que la série des cUoroïdes et celle des azotoïdes qui donnent de tels acides , se rapportant tous à la formule générale XOi* Ce sont les acides hypo-azotique, hypo-pbospborique, antimonieux et l'oxyde de chlore. Je pense qu'en suivant le système de nomenclature adopté jusqu'à ce jour, on pourrait donner i ces corps des noms qui rappelleraient qu ils peuvent £tre représentés par des acides composés, dont l'un terminé en eux et l'autre en ique; pour cela on les terminerait en osique^ et l'on dirait :

Ia2otosî({ue = aci^e hypo-azotique.

phosphororique = acide bypo-phosphnriqiie.

antimoiio8i<{ne = acide antimonieiix.

. chlorosique = oxyde de chlore.

Nomenclature des composés salins.

Les sels étant généralement produits par la réunion directe des acides et des bases, et de plus , étant considérés par la plupart des chimistes comme des composés dans lesquels ces sortes d'élémens composés conservent \t\XT prédisposition^ oa leur applique une nomenclature analogue i celle des compos^és formés de deux élémens seulement, quoiqu'en réalité ils en contiennent toujours au moins trois (i). Le nom de l'acide détermine le genre, et le nom de la base détermine celui de l'espèce. La terminaison des acides en ique est changée en ate, celle des acides en eua est changée en ite, et Ton y ajoute le nom de la base, en l'adjectivan t ou bien en le mettant au génitif avec la particule de. Dans quelques cas , on opère une contraction dans le nom de l'acide pour l'abréger et le rendre plus agréable à Toreille; ainsi, suffitrique fait sul/ate, ci pkosphorique fait phosphaie.

(r) Certains eoropoeés iodifférens ne renfermant que deux élémens pounaiait fort bieu avoir une constitution semblable à crlle df certains sels neutres : les binsul fores de fer 82 Fe, et le bi-oxyde de manganèse Oa Mn» étant doublés,MoBfieraient des formules analogues à celles des sulfates a S«t Fe :=: S3 Fe, SFe et 9 O2 Mn z=: O3 Mn, OMn z= mauganate de manganèse.

N OMSNGLATUEB* 3 1 5

Les exemples suivans suffiront pour donner une idëe de la noDiendature des sels dans les cas les plus ordinaires :

Suif I

^ET*^ I *t^ \ ^^ po<u>^ à^ sonde, d*aiiiiDoiiiaqtie, de baryte,

l^r ) \ ^•rgent, de ploinb^ elc., on

f potassique, sodiqae, ammonique^ iwrytiqae, ar-

HypenDangim i j gcntique, ploinbiqiie.

Hyperchlor

Lorsque l'on dit sulfate, nitrate, chlorate d'aj^ent, de

plomb, etc., onsous-entend sulfate, nitrate, chlorate. •• d'oxyde d'argent, d'oxyde de plomb, etc«, puisque ce sont des oxydes et non point des métaux qui s'unissent aux acides. La potasse, la solide, la baryte, etc., ëtant des oxydes, n'exigent point de restriction de cet ordre.

Les sels, qui renferment pltis qu'un ëquiraletit d'acide pour un ëquiyalent de base, so«t nommés teù acides; les sels qui contiennent au contraire plus qu'un équivalent de base pour un équivalent d'acide , sont nommés sels basiques. On applique à ces sels la nomenclature des composés formés de deux élémens pour désigner les proportions d'acide et de base qui entrent dans leur constitution. II y a donc des sesqid-'Sels, des bi'Sels, des sels sesqui^iasiques, des sels blbasiquesy etc.

On a ainsi du bi-chromate et du bisulfate dépotasse. Les composés minéraux nous offrent très peu d'exemples de sels basiques et encore ceux qui portent ce nom sont- ils souvent des seuls neutres dans lesquels l'eau remplit les fonctions d'une base.

Les sels basiques à difFérens degrés sont souvent des sels fort différens et qui mériteraient des noms spéciaux. L'acide phosphorique combiné avec une, deux ou trois molécules de base, constitue des sels d'ordres tout particuliers que Ton nomme méta-phosphates , pyro-phosphates et phosphates {V. l'art. &/, page 78).

Parmi les composés d'origine organique, on admet un grand nombre d'acides; mais ces composés, à Texception d'un très petit nombre , tels que le tannin et l'acide pyro-gallique , ont une constitution tout- à -fait saline et renfemjient de l'eau qui remplit les fonctions d'une base; les prétendus acides oxalique, citrique, tartrique, etc., n'ont jamais été obtenus à

3l6 eiGKES CHIMIQUES.

Félat libre. On ne connaît donc que les types oxalale y citrate et tartrate, et non point les acides oxalique , citrique et tartrique.

Quelquefois plusieurs sels peuvent se réunir et cristalliser ensemble : la nature nous en offre un grand nombre d'exemples dans les silicates; les divers aluns sont tous formés de deux sels réunis de cette manière* Dans ces sortes de composés l'acide est souvent commun aux deux^els, ou bien, la base est la même, et il y a deux acides différens. Dans le premier cas, on exprime le genre de l'acide et l'on y joint les noms des deux bases, on dit, par exemple, sulfate d alumine et depotasse, au lieu de dire alun de potasse. Cette nomenclature, qui n'est applicable qu'à un très petit nombre de corps^ est vicieuse ; elle ne se rapporte pas aux principes généraux qui veulent que les noms des corps soient toujours réunis deux ensemble \ aussi ne s'en sert-on pliia aujourd'hui.

Nomenclature des composés organiques*

.Les composés d'origine organique ne sont soumis à aucun principe de nomenclalure qui offre quelque chose de précis et de bien arrêté ^ à mesure de leurs découvertes , les chimistes leur donnent des noms nouveaux appropriés à leu^s idées. Je vais 'm'cfforcer de rassembler les quelques notions cparses qui servent de guide pour les cas nouveaux y rentrant dans ceux qui sont connus. Les notions générales se rapportentaux acides, aux sek, aux bases organiques, aux corps neutres, aux radicaux et aux corps dérivés les uns des autres.

Acides d^origine organique, «i— II a déjà été question de la nomenclature de ces sortes de produits; ce sont généralement des composés salins dans lesquels l'eau ou ses élémens jouent le rôle de base. A ce titre , il n'y a qu'un nombre très limité d'acides organiques, le tannin, l'acide pyro-gallique , sont de véritables acides, paice qu'ils s'unissent directement aux bases; mais «1 n'y a ni mcide tartrique, ni cudde citrique^ ni acide acéiî^^ que , ni acide chloraoétique, ni acide oxalique, etc., etc. •

Je nommerai ces composes tartrate hydrique, citrate ky^ drique, acétate hydrique, chloracétate hydrique, oxalate kjr^ driquey etc. Les élémens de l'eau pouvant s'unir en diverses proportions avec les radicaux de ces prétendus acides, cela XK).i|s dpnnera des composés, mono'hjrdriquesj bi- hydriques, tri^

IfOMBSCLATUafi. 3i7

kxdnques...poljr'hfdnques; composés (\ui correspondent à des

sels jnono'basiqussj ii -basiques ^ tri- basiques poljr- basiques.

Quelquefois le radical de Tacide pourra être répété une fois et demi, deux fois... pour une même quantité d'eau , comme cela a lieu pour Tacide citrique cristallisé à diverses tempéra* tures et ei&euri, alors nous aurons un sesqui-citrate mono-hydrique^ un sesqui-cltrate di-hydriqhe. Selon la manière d'envisager les sels, il pourrait y avoir des hémi-dlrates mono-basiques qui correspondraient à des sesqui-citraies tri-basiques.

Les acides végétaux pourront saturer une, deux, trois molécules de bases. M. Liebig les a distingués sous les noms d'à-cides mono-basiques, bi-basiques et tri-basiques. L'acide para* tartrique est mono-basique , il ne pe«t former de sel a deux bases comme l'acide tartrique qui est bi-basique; l'acide méco^ nique est tri-basique. L*acide oxalique peut être mono-basique ^ bi'basique et tri-basique; l'acide acétique est dans le même cas. Il ne faut point oublier que, tous ces prétendus acides sont des composés salins , et que l'acide tartrique doit élre nommé tartrate bi-hydnque; l'acide méconique , méconate tri-hydrique , etc.

Alcalis organiques, — Sous l'influence de la végétation , la nature produit des composés qui jouissent de la propriété de s'unir aux acides et de cristalliser avec eux ; cela fait qu'on les nomme alcaloïdes^ pour exprimer leur analogie avec les alca* lis. Les noms des alcaloïdes se tirent généralement de leur origine ou de leurs principales propriétés^ on les fait ordinairement avec ceux des végétaux qui les produisent, et dans tous les cas on les termine par la particule ine; ainsi, on dit : quinine^ dnchonine, strychnine^ brucine, etc.

La particule ine ne distingue pas sufEsamment les alcaloïdes^ car des corps qui n'appartiennent point à cet ordre ont été terminés de la même manière. On dit : lactine^pour sucre de lait; indigotine^ carminé^ carthamine^ oléine^ stéarine^ etc.

Composés neutres. — Il n'y a aucune règle pour désigner les composés neutres, si ce n'est lorsqu'ils dérivent de quelques radicaux dont on fire leurs noms. ,

Radicaux. — Les noms des radicaux se forment arbitrairement, mais autant que possible on les tire de quelque composé connu qui offre quelque relation avec eux, et on les termine en gkne ou enyle. La première terminaison vient de ycvva«>} j'en-

3l8 SIGVBS CHIMIQUES.

gendre^ la seconde vient de xîhi, principe. On dit : cyanogène, aetbyle, méthyle, benzoïle (pour benzoyle), etc.

Noms dérivés. — Chacun ëtant libre de faire comme bon lui semble, lorsqu'il s'agit de créer un nom, se fonde sur une analogie (|uelconque; quelquefois on a retourne un mot pour donner son nom , ainsi modifié, à l'un de ses dérivés : avec gallique, on a fait ellagique. Quelquefois on a renversé les syllabes : avec mécorUque^ on a fait coménique^ avec aconitique^ on a fait itaconique. On a aussi employé la particule nieto, tirée du grec, pour indiquer une relation prochaine ; c'est ainsi que Pon a designé le produit noir de la distillation des acides gallique ou tannique, sous le nom d'acide méta-gallique.

Pour exprimer que des corps ont été obtenus par le feu, on les fait précéder de /^^. De ]ky pjrro-galliqiie, ppv-muciquej pyro-mécomque^ etc.

Pour les corps isomériques, on a employé la particule /^ara; on a Vaciiie tartrique et Vacide para-tartrique.

Pour une série de dérivés d*unmème radical, M. Laurent a empipyé la suite ordinaire des voyelles a, e, i,o, u; dans les terminaisons , il a fait les noms : pjrrène (radical), pyrénase^ pyrénèse^ chloropyrerUse y bromopyrénose.

M. Baup a eniployé les consonnes dans Tordre de Talphabet pour atteindre le même but, il a fait les acides citri&tque et citric/que, dérivés de l'acide citrique {Ann. de ch, et de pfys.y t. ï, p. 189).

Ol^Uons wmtre la nomenolatiire.

La nomenclature , telle qu'elle est instituée et avec tous les perfectionnemens qu'on y a introduits , présente encore des inconvéniens assez graves. Les composés oxygénés se trouvent . distingués de tous les autres par des terminaisons particulières, et cela vient rompre l'harmonie qui semble devoir exister entre tous les composés correspondans du même ordre. Tous les composés équivalens ne portent pas des noms semblables : on appelle protoxyde de cuivre un composé de la formule OCui, tandis que tous les autres protoxydes ont^ our formule OA. Ou donne le nom d'acide à des corps qui n'en sont point , tels que les sels hydriques, par exemple.

Les inconvéniens précédens soi^t faibles en réalité, et il est on ne peut plus facile de les corriger, et c^est ce que je me

ROllENGIiATtTEB. 3ig

propose défaire; mais il en est d'autres biea plus graves : la nomenclature n'est que très difficilement applicable aux composés dans lesquels il y a des substitutions partielles opérées par des corps isodynamiques.

Lorsque l'on veut l'appliquer k des corps d'une constitution un peu compliquée, au lieu d'un nom on a une phrase tout entière et Ton est forcé d'y renoncer* Les différens silicates naturels nç peuvent être désignés d'une manière convenable . dans le système de nomenclature chimique de Guyton et de Lavoisier ; aussi les minéralogistes ont-ils été contraints d'y renoncer et de donner un nom à chaque espèce minérale. Ceci était évidemment le parti le plus sage à prendre, vu le petit nombre de ces espèces, (i)

La nomenclature a quelquefois été appliquée à tort à des composés auxquels elle ne convenait pas : c'est ainsi que l'on a donné le nqm de sulftire de potassium au foie de soufre qui est un mélange de polysulfure de potassium et de sulfosulfate de potasse. En général, toute substance dont les éicmens ne sont pas combinés en proportions fixes ne doit pas recevoir l'application de la nomenclatuire.

Verfeetionneineiu probolilM de la nonweiatiife.

Une nomenclature quelconque étant toujours en rapport avec les idées que l'on a des corps et de leur classification méthodique , les idées étant considérablement modifiées depuis la création de la nomenclature guytonienne , la classification des élémens et des composés chimiques ayant une grande tendance vers un but plus élevé que celui que se proposaient d^tteindre Guyton et Lavoisier, il est évident que la nomenclature devra être profondément modifiée. On ne peut dire aujourd'hui ce qu'elle sera dans un siècle } mais on peut prévoir jusqu'à un certain point ce qu'elle sera dans dix ans. De jeunes savans adopteront nos idées, les élaboreront et la révolution sera opérée.

La difficulté que l'on éprouve, pour représenter la composition des corps par un système de nomenclature quelconque, fait désespérer de pouvoir jamais y parvenir d'une manière convenable. Si l'on joint à cela que la constitution des corps doit

( I ) n y a tout au plus huit cents espèces minérales bien earactérisées. Ce nombre est de beaaooup inférieur à celui des genits des végétaux ou des animaux.

3aO StÛNSS CHtMIQUES.

passer avant leur composition ultime, la difficulté devienclra encore plus grande ; car la constitution est toujours plus ou moins problématique, et, malgré son identité toujours parfaite pour un corps dëtermind , on la fait varier selon des opinions plus ou moins éloignées de la vérité.

Je ne sais si je me trompe , mais je pense plus que jamais que la chimie est absolument insuffisante pour déterminer la constitution des corps* Elle fournit bien certainement un des principaux élémens de cette détermination ; mab elle a des limites qu'elle ne peut franchir, comme toutes les autres sciences, et il est sage de n^exiger de l'une d'elles que ce qu'elle peut donner.

Pour établir un bon système de nomenclature, il faudrait le fonder sur les types moléculaires , et pour cela il faudrait que ces types fussent connus, et la statique doit s'adjoindre à la chimie et aux autres sciences pour les déterminer. Les types étant connus, on pourrait suivre Tordre indiqué à Tartide Classification^ s'y astreindre et tâcher d'exprimer par des mots ce qu'elle représente, en mettant en première ligue la condition numérique, puis la condition de l'arrangement, puis en- Gn la nature chimique des élémens.

]>e pouvant tout représenter par des mots, voici comment je pense que l'on pourrait établir un système de nomenclature. Chaque type numérique recevrait un nom insigniGant ou pubé dans l'histoire dun des composés qu'il fournit. Ce nom se rapporterait simplement à une formule générale qui pourrait mâme varier par la suite sans que le nom du type dût changer pourcela. L'habitude de la chimieauraitbientôtidentifié la formule du type avec son nom, et l'on aurait ainsi un même nom pour les corps qui présentent le plus d'analogie. Par exemple, ^Fj représente un type numérique appartenant à un grand nombre de composés chimiques. Ces composés peuvent être ainsi représentés :

kx

Hj

Kj

Sb

Clî

Brs

Oj

Tous les corps pris dans une même série verticale peoveat

KOMEAGLATUEE. 321

se remplacer les uns par les autres, de telle manière que ceux qui sont inscrits au tableau précédent peuvent ainsi donner naissance à près d'une trentaine de composés diiférens. Cette série renfermant l'ammoniaque qui est un composé très connu, on pourrait l'appeler série des ammonides. Pour représenter les dérivés des ammonides, on composerait les mots de la manière suivante :

Azammonide Phospbammooide Arsénammonide Slibiammonnide

Hydrique y Kalique, Sodique^ Chlorique, Bromique, lodique, Oxyqae^ Sulfique.

Comme les ammonides peuvent se combiner avec d'autres composés appartenant & des types difFérens, tels que les cblo- . rures, les iodures, etc., les combinaisons qui en résulteraient pourraient è Ire appelées ammonifères et ammonacees.

Lies chlorures deviendraient des chlorides^ et l'on aurait ainsi des cklorides ammonîfèresy et en particulier des chlorides am^ moniques*

On ne peut éviter de donner un nom à chaque sorte de type moléculaire, la nomenclature prend peu-à-peu cette direction, etFon s'en trouve parfaitement bien. On a beaucoup d'avantage à dire alun, plutôt que sulfate d'alumine et de potasse hydraté. Le mot alun rappelle plus d'idées que la phrase chimique, il indique en im mot tout ce que le souvenir d'un homme instruit peut donner sur Talun , c'est-à-dire de quoi parler pendant plus d'une heure.

On dit alun potassique^ alun ammoniqucy etc. L'acide sulfuriqae n'étant point nécessaire pour faire des aluns, on pourrait avoir d'autres composés de cette nature où cet acide serait remplacé par d'autres acides de même formule (i). On aurait donc des sidfalunides j des sélénalunides y des chromalunides ^ etc. On pourrait par des combinaisons du même genre exprimer les noms des sesqui-oxydes compris dans ces composés*

Je ne m'étendrai pas davantage sur cette nomenclature qui a besoin d'être encore élaborée pour devenir complète, et pour laquelle le concours de plusieurs savans d'opinions différentes

(i) J'ai essayé de faire des ahins avec Tacide chrômique jouant le r6Ie de Tacide sulfarique, et je n'ai point réussi. Cependant la chose doit étreposnble. T. I. 21

3aSI SIOHBS CHIMIQUES.

serait néceasaire, pourvu toutefois qu'on laissât un seul homme libre de faire comme bon lui semblerait après chaque discussion, afin que le même ordre et le même système régnassent partout.

Les faits particuliers de la chimie devenant tous les jouis de plus en plus nombreux, il est de toute nécessité d*adopter un système de langage aussi général que possible; car sans cela cette science deviendra bientôt inabordable. C'est dans cet esprit que j^ai donné aux. diverses séries des élémens chimiques des noms qui pussent facilement entrer dans la composition ^es mots *y car on peut quelquefois généraliser un fait et le rapportera une série tout entière. C'est ainsi que depuis bien des années que j'enseigne la chimie en suivant l'ordre des élémens classés le plus naturellement possible , que je dis des chloroïduresj des oxoïdures , etc. , qui représentent d'un seul mot les composés que le chlore^ le brome ^ Viode et lo cyanogène peuvent former 9 ou ceux dans lesquels entre ut V oxygène j\t soufre j le sélénium ou le tellure.

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