APPLICATION DB LA CHIMIE AUX SCIENCES NATURELLES
La chimie fait connaître la composition des minéraux et des roches qui constituent le globe. C'est elle qui fait reconnaître les métaux utiles, quelles que soient les formes qu'ils revêtent par la combinaison ; elle les pénètre, les désagrège et nous en décèle la composition exacte. Elle a été et est encore aujourd'hui presque l'unique base sur laquelle on s'appuie pour les classer. Elle indique avec netteté la formation de certainn produits, et vient ainsi en aide aux spéculations des géologues. C'est par elle que l'on a pu juger que l'atmosphère avait dû contenir une quantité considérable d'acide carbonique i nue époque qui a de bef^\^coup précédé les dernières révolutions
APPLICATIONS BB 1,A GHIMIB* 333
dn globe. G^est la chimie qui dous dévoile la composition des eaux minérales, c'est par elle que nous avons pu avoir des idées nettes et précises sur la constitution de l'atmosphère et sur le rôle immense que Pair joue dans la végétation et la respiration.
La botanique a pu être éclairée par la chimie, c'est cette dernière science qui fixe la composition des tissus élémentaires et qui leur assigne souvent des caractères qui permettent de les distinguer avec facilité. C'est la chimie qui apprécie la nature des fécules, des gommes, des sucres, des résines, des sucs gommo-résinenx , des sucs laiteux , des cires végétales ; c'est par elle que l'on a pu isoler les principes médicamenteux ou vénéneux que certains végétaux renferment ; c'est sur les données qui en découlent que M. De Candolle a pu s'appuyer pour écrire sa théorie des propriétés des médicamens et même pour créer quelques nouvelles familles de végétaux.
La zoologie, comme la botanique, réclame le concours de la chimie, soit pour fixer la composition des tissus élémentaires^ soit pour étudier celle des fluides, tels que le sang , la bile, la lymphe, etc.
La physiologie , bien plus que toutes les autres parties des sciences naturelles , ayant les êtres organiques pour objet , a reçu de la chimie des notions sans lesquelles elle serait demeurée à jamais in^parfaite. C'est à cette science que Ton doit l'explication de la respiration et de la nutrition des végétaux; c^est elle qui nous révèle comment certains produits peuvent se former, comment plusieurs parties d'un même végétal, com« ment plusieurs végétaux voisins par leur organisation , peuvent renfermer un même produit, ou les modifications d'un même radical. L'huile d'amandes amères, l'amygdaline, l'acide benzoïque; les huiles volatiles, les camphres présentent des exemples curieux des modifications que la chimie est parvenue à saisir et à nous dévoiler.
C'est la chimie qui a expliqué le double phénomène de la respiration et de la chaleur animale ; c'est elle qui nous a dit comment le sang noir des veines était transformé en sang rouge artériel. C'est par ses efibrts incessans que l'on expliquera sans doute une grande prtie de la nutrition et du développement organique des animaux , les essais tentes dans cette direction étant déjà fort avancés.
334 kMWLÏQkTUmS DB hik QHIHIB*
APPLICATION DB LA CHIMIE AUX SGIBlfGBS MÉDICALES.
Les différentes branches dont se compose la médecine ont été considérablement éclairées par les lumières de la chimie ; mais il reste encore beaucoup plus à faire que Ton n'a fait jusqu'à présent* Ce n'est que depuis peu de temps que l'on s'est élancé dans cette T<He, et une ample moisson est offerte aux jeunes médecins laborieux qui ?oudront la parcourir; en même temps qu'ils acquerront de la célâbritëi ils rendront ser* vice à l'humanité.
Les différens produits morbides ont été soumis k quelque examen chimique , mais beaucoup moins qu'ils n'auraient dû Tétre j la médecine organique a produit à-peu-prës tout œ qu'elle pouvait produire par l'examen direct; la pathologie attend d'immenses perfecticmnemens du concours de l'examen microscopique et de la chimie.
Le diagnostic , le pronostic deviennent plus certains, lorsqu'ils peuvent emprunter quelques notions à la chimie ; c'est par elle que l'on reconnaît les qualités du sang, que l'on décèle les produits étrangers introduits dans les urines, que l'on distingue le pus du mucuSy etc.
La thérapeutique, plus que toutes les autres branches de la médecine, a été éclairée par la chimie. La découverte des principes médicamenteux des végétaux a permis d'isoler des médicamens tout ce qui, les rendant répugnant, nuisait i leur action et à l'étude de leurs propriétés*
C'est surtout dans le traitement des empoisonnonens que la chimie triomphe. Elle atteint le poison quelquefois jusque dans les parties les plus intimes de nos organes, et le plus souvent elle peut le rendre absolument inerte.
La pharmacie a été grandement simplifiée; les médicamens sont mieux préparés, plus actifs, d'un emploi {Jus sûi et d'une meilleure conservation que par le passé.
Cependant, il faut le dire, il y a quelquefois des erreurs commises : l'envie d'avoir des médicamens de mieux en mieux préparés a fait que souvent ils ont été considérablement altérés, et bien loin de valoir ceux que l'on avait voulu perfectionner. C'est ce qui arrive au kermès, dont la composition est loin d'être toujours la même, lorsqu'on le prépare par les divers procédés que l'on a successivement indiqués.
▲PPUCUTlOlfS DE LA OHIHIB. 335
APPLICATION DB LA GHIMIB A L'AGBIGULTUmB.
L'agriculture n'est pas sans emprunter des secours à la chimie^ et, aujourd'hui, l'agriculteur ëdairé éprouve le besoin d'interroger une science qui peut lui réyëler des secrets qu'une longue pratique et la tradition n'ont pu lui apprendre.
La chimie indique la nature du sol et des engrab, et elle permet ainsi d'y apporter les modifications convenables pour obtenir les résultats désirés; mais cest surtout dans l'exploitation industrielle des produits agricoles que l'agriculteur trouve à faire de nombreuses applications des connaissances chimiques. L'extraction de la fécule , la fabrication du sucre de fécule, celle du sucre de betterave, la fermentation,. la prépa* sation des eaux-de-vie, l'amélioratioù des vins communs , et bien d'autres arts encore , ont été fécondés par les connais-* sances chimiques.
APPLICATION DB LA CHUIIB AUX AILTS INDUSTEIELS.
Les applications de la chimie aux arts industriels sont si • nombreuses, que, pour en donner une idée, il suffira de dire que tous les arts industriels peuvent être partagés en arts mécaniques et en arts chimiques, et que la seule énumération de ces derniers serait déjà fort longue. Cependant on peut citer les principaux, tels que la fabrication des acides, des sels, des différentes sortes de chaux et de mortiers , l'extraction des métaux, la fabrication des alliages, des poteries, des verres, des émaux, des couleurs, des acides gras pour l'éclairage, des savons, la teinture, l'impression sui^ tissus , le blanchiment des tissus et de la pâte dont on fait le papier, les arts agricoles qui ont été cités dans l'article précédent, la tannerie, les produits chimiques et bien d'autres arts encore. Cette liste est pins que suffisante pour donner une idée de l'importance de la chimie, comme science de première nécessité pour ceux qui s'occupent des arts industriels, on peut même dire quels qu'ils soient; car il n'y a pas d'art purement mécanique, comme il n'y a pas d'art simplement chimique. Les filatures, qui paraissent n'avoir rien de commun avec la chimie, peuvent cependant en tirer de grands avantages pour régulariser ou pour modifier les matières qui servent pour parer les fils.
336 APPLICATIONS DB LA GHtMIB.
OBSBRYATIONS SUR LBS APPLIGATIOUS DB LA CHIMIE.
Bien des personnes se sont méprises sur la yaleur réelle des applications de la chimie; elles ont pensé qu'il suffisait d'avpir des connaissances chimiques pour entreprendre une fabrication quelconque; mais elles ont souvent été victimes de leur erreur. La chimie éclaire les procédés connus j elle en trouve même souvent de nouveaux ; mais, pour arriver à la pratique, il faut une étude toute spéciale , dont les connaissances chimiques ne peuvent tenir lieu. Si l'on ajoute à cela que l'industrie est une chose fort compliquée qui réclame des connaissances administratives et commerciales, une grande activité, une surveillance continue, beaucoup dWdre et une grande économie, on se rendra facilement compte des déceptions de quelques individus plus entreprenans que sages et éclairés. Mais ce qui devra être évident pour tout le monde, c'est que, de deux industriels qui pratiquent le même art, celui qui aura des connaissances chimiques aura un grand avantage sur celui qui ne les possédera pas, parce qu'il se rendra un compte exact de ses opérations, qu'il pourra y apporter la plus grande économie possible, et parce qu'il lui sera souvent possible de trouver des perfectionnemens avantageux.
Tout ce que la chimie peut faire est bien loin d*être accompli. On ne saurait prévoir aujourd'hui jusqu'où pourront aller ses applications. Avant les travaux de Leblanc, de Berthollet, de M. Chevreul, qui aurait pu se douter que d'immenses établissemens s'élèveraient pour fabriquer des sels de soude et de l'acide muriatique avec le sel marin, que le blanchiment des tissus se ferait économiquement et rapidement , qae le suif serait transformé en une matière qui rivaliserait presque avec la cire pour l'éclairage?*.. Qui aurait osé penser que les cadavres des animaux, que l'on abandonnait a la corruption, donneraient des produits utiles, et que l'on élèverait une espèce de monument pour les exploiter?... Qui aurait osé prédire que l'on aurait extrait, des matières fécales, un sel ammoniacal en tout semblable à celui que l'on faisait jadis venir à grands frais de l'Egypte.
Pour ce qui concerne les sciences médicales, il faudrait bien se garder de croire que l'on peut tout expliquer par la chimie. La médecine est une science complexe qui exige le
OBSBETATIOirS* 337
coaoonrs de toutes les connaissances positives pour en tirer ^elçpies lumières. Ce serait une absurdité de vouloir aujour- ^hui crëer une iaSrockimie, comme c'en serait unp de vouloir ttre exclusivement humoriste ou solidiste. Afin de &ire bien comprendre ma pensée à cet ^ard j j'extrairai les passages aoiyans d'une tbèse que j'ai soutenue, en iSSp, devant la Facilité de médecine de Paris.
« Les élémens matériels qui entrent dans la constitution des corps possèdent un certain nombre de propriétés qui ne les abandonnent jamais; maïs, à mesure qu'ils s'unissent pour produire des êtres de plus en plus compliqués, de nouvelles propriétés apparaissent, soit qu'elles puissent être considérées comme les résultantes des forces diverses qui appartiennent aux élémens, soit qu'elles découlent naturellement du mode de leur combinaison. C'est ainsi que la pesanteur n'abandonne jamais les élémens chimiques dans tels composés qu'ils puissent entrer, que tons les corps sont pesans , que tous les corps peuvent être modifiés sous l'influence de l'électricité; mais que les corps vivans, seulement, sont modifiés sous l'influence d'àgen) qui seraient sans influence sur les corps anorganiques ; or, le corps de Thomme étant formé d'élémens matériels, les organes qui le constituent se trouvent soumis à toutes les forces de la nature anorganique, et, de plus, à des forces particulières qui ne se rencontrent que chez les êtres vivans
« Les êtres vivans sont donc dans une condition toute particalière? — Oui, sans aucun doute. — Il sont dans une période d'activité. Chaque partie de leur corps développe des forces qui les constituent dans un état tout particulier et qui représente la vie elle-mêiçe. — Empêcher ces forces de se développer, c'est anéantir la vie. Les modifier lorsqu'elles sont dans l'état naturel , c'est placer les êtres dans une condition pathologique. Les rétablir lorsqu'elles ont été modifiées, c'est faire de la médecine. Oui, pour moi, les êtres vivans sont des êtres particuliers placés dans une condition dynamique. Si cette condition n'existait pas, à la forme près, on pourrait les confondre avec les corps bruts ; c'est ce qui a lieu pour un cadavre. — Pour moi, l'homme est un être vivant placé au milieu de circonstances qui tendent à l'entretenir dans l'état dynamique où il se trouve , ou à modifier cet état de manière à le dévier de la condition normale. Pour moi, il y a des mala- T. I. aa
333 AFPLIGAViOll M I*A GHIHIB.
dies qui ëihappecaiit tonjoun an sctlpel de FaiwlDiiiiste^ pafoe çne TaiiatomUte ne soumet ploi l'homme à son obserfatioii que lorsqu'il eM vetoumë à la condition des corps anotganiquei^
4( J'ose espérer qu'après ce que je Tiens d'ëlablir, on ne pourra penser que j'admette que les phénomènes organiquss soient des phénomènes mécaniques ^ parce que j'emploie le langage de la mécanique. Les forces sont des abstractions qui découlent immédiatement des faits et qui permettent de les envisager dans toute leur simplicité j de même que pour calculer on fait abstraction des êtres qui sont numérés afin de n'opérer que sur les tiombres; de même que dans la géométrie^ on considère des surfaces^ des lignes^ des pointa, qui n'ont aucune existence matérielle, mais qui sont ^ abstractions utiles qui permettent de découvrir et de démontrer une foule de tré* rites.
a De ce que l'on emploie la géométrie pour étndi» la mécanique céleste, cela ne veut pas dire que la mécanique aoit de la géométrie; de l'introduction^ de la statique et de la mécanique dans l'étude des phénomènes organiques, on ne pounra pas conclure non jdus que l'on considère les êtres vivans comme desj^fiulomates. »
lies notions qui précèdent sont plus que suflbantes pour démontrer ^N|.M chimie est une des sciences les plus fécondes en heurêo^ applications et pour faire voir l'intérêt qui se rattache ason étude»
La cblmie, ayant son origine et son avenir dans Pexpéri* mentation, est une science essentiellement pratique. Ce n^est qu'en se livrant à une suite d'opérations que Ton peut prétendre l'étudier d'une manière fructueuse. Non-semement il faut voir et toucher les différens produits qu'elle a créés, mais il faut encore savoir les préparer et les analyser. C'est à l'art de disposer des appareils, de diriger les opérations que l'on doit une foule de découvertes utiles et de faits qui, s'ils n'offrent point d'application immédiate, servent à l'édification de la ècience et ennoblissent l'espèce humaine.
La pratique de la chimie, si compliquée qu'elle soit, repose sur un petit nombre d'opérations fondamentales que le chimiste modifie et combine selon les circonstances pour obtenir les effets voulus ; de même qu'un mécaniâen habile peut réunir de mille manières différentes les élémens des machines, afin d'obtenir ces effets merveilleux qui excitent notre admiration toutes les fois que nous en sommes témoins. ^v
Je vais m'efforcer de rassembler les préceptes généraux des opérations chimiques, et de les exposer d'une manière rapide afin d'initier à la pratique de la science.
Les opérations chimiques dépendent d'un emploi convenable de la chaleur, de l'électricité et de la lumière, dans le changement d'état que l'on fait éprouver aux corps, soit en les fondant, soit en les vaporisant, soit en les liquéfiant ou en les solidifiant; dans la cristallisation, l'extraction des gaz, la séparation des solides et des liquides. Elles résident encore, et d'nne manière toute spéciale, dans la réaction des corps les uns sur les autres.
CHALEUR XKPLOTéB COMMB JLGBlCr CHIMIQUE,
Pour déterminer on pour faciliter les opérations chimiques,
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34o ihtYJLTlOff DB LA TBMPt&ATURS.
on eit obligé de soumettre les corps à des températures qae ion élève plus ou moins on que Ton abaisse selon les circonstances. Pour obtenir ces divers résultats, on emploie des procédés très variés. Nous allons les passer en revue.
Les opérations de la chimie exigeant fort souvent TemploI d'une température élevée, les chimistes ont imaginé un grand nombre de modes de chauffage^ Ils les font varier selon qu'ils doivent obtenir une température plus ou moins élevée, plus ou moins soutenue, ou selon qu'ils doivent chauffer un endroit déterminé. Pour atteindre ces divers buts, ils font usage de fourneaux, de foires, de lampes à alcool et d'étuves.
Les fourneaux portatifs employés dans les laboratoires de chimie se réduisent à deux espèces principales : des fourneaux évaporatoires et des fourneaux à réverbère. Les fourneaux sont construits en terre cuite, réfractaire. En général , ils comprennent un /(^T^^r et un cendrier. Le cendrier a toqonrs une ouverture particulière que Ton peut fermer k volonté à l'aide d'une pièce déterre cuite, qui a été coupée dans la masse du fourneau avant de le faire cuire, et qui s*y ajuste parfaitement. Le foyer présente aussi une ouverture latérale quand les fourneaux atteignent une certaine dimension } mais ib n'en ont point lorsquHls sont trop petits. Cette ouverture sert pour alimenter le fourneau en y introduisant du combustible; il est convenable de la tenir fermée, car, sans cette précaution,il s'établit un courant d'air qui va d'avant en arrière et qui^ chauffant trop les vases dans cette direction, les expose à se rompre. Dans tous les cas, on doit chauffer le plus régulièrement possible. Les fourneaux possèdent en outre une grille qui sépare le foyer du cendrier. Cette grille se fait en terre cuite, mais elles se rompent avec facilité, et il est préférable de les avoir en fonte. Les fourneaux étant sujets à se fendre, il est convenable de les faire cercler en fer, si l'on veut les conserver.
Fourneaux épaporaioires.
Ils sont généralement évaiés Ters la partie supërieore, et
POURIfBAUX. BAinS. 34 1
portent en outre trois ëchancrures longitudinales dans Tintérieur du foyer, pour le passage de Tair lorscp'ils sont recouverts d'un vase.
Bains. — Lorscjue l'on ne veut pas dépasser une température déterminée, ou lorsque l'on veut obtenir une température long-temps soutenue , on se sert de bains dans lesquels on pipnge les vases à chauffer. Ces bains sont des vases dans lesquels on met de Feau, de l'huile ou du sable. De là le bain-marie , le bain d'huile et le bain de sable.
Bainr-maiie. — Le baîn-marie ou le bain d'eau consiste en un vase contenant de l'eau, dans lequel on plonge un deuxième vase qui renferme le produit à chauffer. Ce bain a l'avantage de ne pouvoir atteindre ime température au-delà de loo^. La vapeur d'eau qui s'échappe continuellement du bain pouvant être nuisible à l'opération, on peut l'éviter en opérant dans un vase qui ferme hermétiquement , mais dont le couvercle est peroé d'un trou auquel on ajoute un tube qui conduit la vapeur où l'on veut.
Bain de vapeur. — Au lieu de chauffer un vase par de l'eau bouillante, il est souvent préférable de le chauffer avec de la vapeur d'eau. Pour cela, on se sert d'un vase à doubles parois entre lesquelles on fait circuler de la vapeur. Par ce moyen, les matières qui plongent dans le bain étant renfermées dans un vase particulier, qui permet la circulation de l'air entre sts parois et celles du bain, atteignent difficilement la température de loo®; mais on a la certitude qu'elles ne la dépassent jamais.
Bcdn éPhuile. — Le baiu d'huile se dispose exactement comme le bain-marie. Il peut être chauffé facilement jusqu'à 3oo<*. Ce bain exige un thermomètre qui indique constamment la température à laquelle il se trouve.
Ce genre de bain a l'avantage de permettre de chauffer les corps à une température qui dépasse loo**, et de la mesurer exactement.
Bain de sable. — Le bain de sable se prépare en remplissant en partie une chaudière de grès ou de fonte avec du sable. On y plonge le vase qui renferme le produit sur lequel on opère. Ce bain a l'avantage de permettre d'obtenir une température
34s ÉLÉYATIOV DB LA TUnEATURB.
inférieure ou supérieure à celle du bain-marie^ de cbauffer très également et d'une manière soute* nue. Il est très employé dans^les labora-* toires de chimie.
Dans les laboratoires chauffés aTec un poèle^ on se procure un bain de sable économique en le recouvrant d'une pla* que de métal, à bords relevés, que Ton remplit de sable* Ce bain est chauffé par la chaleur du poêle et n'exige aucun soin.
Fourneaux à réverbère.
Les fourneaux à réverbère sont recouverts d'une espèce de dème percé d'une ouverture au milieu pour le passage des produiu de la combustion. Ce dôme a pour but de permettre d'entourer de fea l'objet à chauffer* Les fourneaux à réverbère sont formés de trois pièces principales : une pièce inférieure qui est le fourneau proprement dit, une pièoe annulaire que l'on nomme laboratoire y cft qui sert pour le rehausser, enfin le nr^ vetbèrt ou le dim» qui se place sur le laboraîom^
Les fourneaux à réverbère sont des* tinés à des opérations qui exigent une température fort élevée. On y chauffe dei __,^__ creusets et des cornues. Pour laisser
passer le col de ces dernières, il existe uneéchancrure hémi* eircubire au kboratoire el au dôme* Ces deux échancmies réunies forment une ouverture circulaire qui convient pour cet objet. Lorsque l'on chauffe des creuseU, l'ouverture destinée au col d'une cornue se bouche avec un Umpon d*aigile cuite.
Lorsqu'on place un creuset dans un fourneau à réveriière, ou le dépose sur un cylindre d'argile nommé tomrte imfiomi^, afin de le relever et de le nuitntenir au milieu du comr bustible et dans la partie la plus chaude du fourneau» Sans
rotExsAU. S43
cette prÀsantion Pair froid, arrivant pat la grille du eendrierj» empécheniit le crenaet d'atteindre une tempëratore snflBsam* ment élerée à aa partie inférieure.
Les cornues sont déposées sur deux tringles de fer qui «titrent dans des échancrures du fourneau ; mais il est bien rare que les cornues soient proportionnées aux fourneaux, et Ton est souvent obligé de les maintenir suspendues par leur ool qui appuie sur i'échancrure du laboratoire.
On emploie le fourneau à réverbère avec avantage , lors même que l'on n'a pas besoin d'une température très élevée j mais lorsque l'on veut cbauffer un vase dans toutes les directions. Cela est surtout convenable pour les sublimations dans des cornues, pour &ire parvenir la matière volatile jusque dans leur col.
Les fourneaux à réverbère sont aussi destinés à chauffer des substances renfermées dans des tubes. Pour cela , on leur donne une forme prismatique rectangulaire, allongée, afin que le tube soit chauffé dans une étendue suffisante. Ces fourneaux ne sont formés que de deux pièces : le fourneau proprement dit et le dôme.
Quand on veut chauffer un vase quelconque dans un fourneau à réverbère, il est convenable de mettre le vase en place avant d'allumer le feu, afin d'éviter de le faire casser en le soumettant trop brusquement à une température élevée , et lorsque celui-ci est en pleine activité, il faut l'entretenir constamiùent en évitant de jamais mettre du charbon froid en contact avec le vase ou le tube quel qu'il soit^ car l'abaissement de température produit par ce contact en déterminerait la rupture.
Les fourneaux à réverbère peuvent être chauffés très économiquement avec du coke cassé en petits fragmens« Si le fourneau est d'une petite dimension, il est convenable d'y mêler du diarbon de bois, afin que le feu puisse être entretenu* Dans Eintention d'obtenir un tirage convenable | on surmonte le dAme des fourneaux à réverbère avec un tuyau de t6le. Le courant qui s'établit permet d'obtenir une température excessivement élevée.
Dans les lab(»atoires de chimie, on établit AtB foumeatix i
ÈhàyJLTlOV DE LA TSMPÉBATU&B.
demeure y que l'on construit avec des briques rëfractaires. Ces sortes de fourneaux présentent quelque analogie avec ceux des fondeurs de laiton. Ils se composent d un cendrier, d'un foyer et d*une cheminée, disposés comme la coupe ci-jointe l'indique. Pour que ces fourneaux fonctionnent bien , il faut que la section horizontale, passant par le cendrier et par le foyer, soit la même. Celle ilu foyer peut être plus grande à cause de Fespace occupé par le creuset. La cheminée est munie d'un registre qui permet d'en.ré- 4 trécir l'ouverture à volonté, et le cendrier . peut aussi être ouvert plus ou moins i I » l'aide d'ime porte verticale à coulisse. Ces sortes de fourneaux sont très convenables pour opérer la cémentation iu fer, pour faire le potassium, pour essayer les minerais métalliques et principalement ceux de fer.
Les forges sont des fourneaux munis de soufflets pour activer la combustion et déterminer une grande élévation de température. Il y a deux sortes de forges : celles qui servent à chauffer des corps et celles qui servent à les faire entrer en fusion. Les premières forges, les seules dont se servent les forgerons, sont peu usitées dans les laboratoires; cependant elles peuvent rendre de grands services. En outre , elles sont très commodes pour allumer du charbon en quelques instans. Il est inutile de décrire ces forges que l'on rencontre partout Les forges à fusion sont essentiellement composées d'un foyer et d'un soufflet. La forme du foyer est très variable ; mais elle peut être représentée par une caisse cylindrique ouverte en haut et fermée en bas. Dans cette espèce de caisse, le vent arrive par trois ouvertures latérales; s'il arrivait par une seule ouverture, il faudrait qu'il vint au-dessous d'une grille percée de
VOEGBS BT GHALUMSAUX. 345
troQS disposes pour le disperser d'une manière ëgale. La figure ci-jointe en dira plus que toutes les descriptions.
On peut faire une excellente forge de fusion ayec un grand creuset que l'on perce d'un trou destine à recevoir la buse d'un soujQet^ son couvercle, dans lequel on fore une grande quantité de petits trous, représente ime grille qui sert de support et qui disperse le vent. Ces petites forges ont été imaginées par M. Barruel, qui était directeur des travaux chimiques de la Faculté de médecine de Paris. Le fer peut y entrer en fusion. On les rend encore plus avantageuses en les entou* rant avec les laboratoires de deux fourneaux à réverbère et en tassant de la cendre ordinaire entre le creuset et la paroi interne de ces fourneaux. Cette disposition s'oppose au refroidissement déterminé par l'air extérieur et par suite à la fracture du creuset. La figure suivante donnera une idée de cette disposition*
CAialniiieaii.
Lorsque l'on peut opérer sur de très petites quantités de matières que l'on désire soumettre à une température très élevée, on fait usage d'un chalumeau et d'une lampe ou d'ime chandelle. Le chalumeau est un tube conique et recourbé*. On y in^ sufHe de l'air avec la bouche par l'ouverture la plus large; cet air sort à l'extrémité opposée par une très petite ouverture, et on le fait passer au travers de la flamme d'une lampe ou d'une chandelle, il la dévie latéralement et donne ainsi naissance à
346 ÉLÉVATIOdEf DB hà, TBWÉaATOEB.
une flamine dont la tempërature est tris âerée. Cette flamme est divisée en deux parties fort distinctes : one^ celle qui est à Pextrémitë du dard^ est ronge; Tautre, la moyenne, est bleuâtre* La première présente des matières combustibles complètement brûlées et même mêlées avec un excès d'air, venant de
rextérieur et entraîné par le courant au travers de k flamme, cette partie est oijdante; l'autre est formée de matières combustibles incomplètement brûlées, et jouit de la propriété de réduire les oxydes métalliques , c'est-à-dire d'en extraire les métaux.
Je me sers habituellement d'un chalumeau de verre formé de deuxpièoei lémiies par un bouchon. L'une est un tube recourbé et pr&entant un renflement pour recueillir î'humidité, provenant de l'haleine de celui qui souffle dans le chalumeau; l'autre, est un simple morceau de tube à thermomètre que l'on peut changer à volonté et dont l'ouverture est proportionnée aux besoins. Ce chalumeau , qui ne coûte que quelques centimes , est propre à tous les usages.
Les objets que l'on chauffe au chalumeau sont reçus sur des supports dont on fait varier la nature selon les besoins. On se sert de morceaux de charbon de tilleul, de lames et de fils de platine.
Les morceaux de charbon de tilleul sont taillés en parallé- Hpipèdes à l'aide d'une sde; on y creuse quelquefois une fosse à l'aide de la pointe dNm couteau ou d'ime fraise, dont on roule lemanche entre les doigts. Cette fosse sert pour rete-
air Tobjet et fait en mênid templ loffioe d'un cremet. Dana Ja cavitë du charbon, on ajoute quelquefoia dea oa calcines et put Yériséêj après les avoir réduits en pâte avec un peu d'eau pour en faire une espèce de coupelle. Pour réduire des sulfureSi ou introduit aussi dans des cavités percées dans le cbarbon deê cylindres creux en papier à filtrer imbibé d'une dissolution de carbcaiate de soude et desséché ensuite.
Les lames de platine doivent être larges d'un oentimètra environ et assez minces pour ne point trop absorber de oba«* kun Elles servent pour opérer des frites et des oombinaisonai on des réactions par fusion*
Les fils de platine sont plies à une extrânité que l'on arroa* dit pour en faire une espèce d'€9il« Qs aertent pour essayer les oxydes qui colorent le borax»
A laide du chalumeau^ on peut déterminer la fusion d'une foule de corps; on peut aussi oxyder les métaux, griller lel sul^ fures et les arséniures, réduire dea oxydes et des sulfures, opé^ rer des frites, des vitrifications, et en un mot faire toutes les opérations que l'on peut pratiquer à Taide du feu dans un la* boratoire* Ausai «s opérations ne peuvent-elles être détaU*léea ici, les essais au chalumeau appartenant plutôt à l'analyse chimiques qu'aux autres genres de manipulations.
Il y a des essais au chalumeau qui exigent quelquefois que l'on souffle dans cet instrument pendant plusietws minutes sans discontinuer, et ce résultat peut être obtenu avecassexde facilité à l'aide d'un artifice particulier. Cet artifice consiste à souffler avec les joues gonflées« Lorsqu'on opère ainsi, on peut respirer facilement : pendant l'inspiration , le voile du palais ferme la bouche vers le pharynx, et l'élasticité des joues suffit alors pour comprimer l'air qu'elle contient et le faire écouler dans le chalumeau.
Les personnes qui ne pourraient réussir i respirer en souf*fiant au travers d'un chalumeau, en se guidant d'après les renseîgnemens qui viennent d'être donnés , et qui ne seraient point à même de consulter un chimiste , pourront s'adresser à des bijoutiers qui savent tous se servir de cet instrument.
Chafamieau à ga.
La plm haute température que l'homme ait Jamais pu pro-
348 ÉLÉVATIOir DE LA TSM^ÉaATUAE.
duire a ëtë dëterminëe par la oombnstion d'un mélange gazeux formé de deux parties d'hydrogène et d'une partie d'oxygène en volume. On fait passer ce mélange par l'ouverture étroite d'un chalumeau et on l'enflamme. La flamme obtenue fond facilement le platine, le quarz et même l'alumine.
Le mélange indiqué ci-dessus étant explosif offre les plus grands dangers , car si l'inflammation peut s'étendre jusque dans le réservoir, il en résulte une forte détonation et la destruction de Tappareil. On ne pouvait éviter ces graves inconvéniens qu'en faisant passer le gaz avec ime grande vitesse an travers d'un grand nombre de toiles métalliques à mailles très étroites; mais on a songé plus tard à séparer les gaz dans des récipiens particuliers et à ne les mêler que peu-à-peu à l'instant où ils doivent èlre brûlés.
Dans un laboratoire de chimie, on peut facilement remplacer le chalumeau à gaz par un courant d'oxygène que Ton fait passer au travers de la flamme d'une lampe à alcool, la température que l'on obtient ainsi suffit pour fondre facilement le platine et même pour le faire brûler en scintillant Une vessie renfermée dans une boîte de boissellerie , comprimée par un corps pesant et un tube â robinet , percé d'une ouverture étroite, suffisent pour monter cet appareil.
Les étuves des laboratoires de chimie sont des espèces de caisses que l'on entretient à une température déterminée, mais généralement peu élevée et dans lesquelles on place des corps que l'on veut soumettre à une température fixe , ou bien des liquides' que l'on veut évaporer. Il y a donc deux sortes d'étuves : les unes servent à chaufier, les autres servent à évaporer ou à dessécher.
Les étuves à chauffer sont on ne peut plus simples. Ou peut les construire avec une caisse qui s'ouvre sur le devant comme une armoire. Cette caisse contient des tasseaux sur lesquels on pose des planches criblées de trous. Ces étuves peuvent être chauffées avec du poussier de charbon ou avec
des TeîUeiises que 1 on place dans leur intérieur. En faisant Tarier le nombre des Teillenses et le diamètre de leurs mèches,on obtient assez facilement une température déterminée que Ton peut entretenir sans beaucoup de soins et à très peu de frais. Pour soustraire autant que possible Pétuve & Tinfluence de la température ambiante , on peut la faire i parois doubles et distantes l'une de l'autre de a & 3 centimètres. On peut même faire que Tair échauffé de l'étuve circule entre ces deux enveloppes.
Les étuves à évaporer on & dessécher ressemblent au précédentes ; mais elles doivent avoir en outre plusieurs ouvertures *^our déterminer un courant d'air qui en- ^ traîne Pair humide qu'elles contiennent , afin de favoriser Tévaporation. Cette sorte d'étnve peut être chauffée facilement avec un quinquet à double courant. On doit a M. d'Arcet une étuve de ce genre. Pour profiter de toute la chaleur développée , il est convenable de renfermer le quinquet dans une case séparée de la botte supérieure par une cloison percée d'un trou pour en laisser passer le yerré. Cette disposition permet de toucher au quinquet sans ouvrir Pétuve proprement dite. Gomme il importe beaucoup que l'on connaisse exactement la température d'une étùve, il est bon qu'une de ses parois soit en partie vitrée y afin de pouvoir consulter deux thermomètres , dont l'un doit être placé & sa partie inférieure et l'autre à sa partie supérieure. Deux thermomètres sont nécessaires, car on observe souvent une grande différence de température entre le haut et le bas de l'étuye. La figure ci-jointe fera comprendre la disposition de cette étuve. |
Ces procédés sont toujours fondés sur le changement d'état des corps, soit sur la fusion des corps solides, soit sur la vaporisation des liquides.
3S0 ABAISSBMKTT DB »ft fntPémATOBB.
Pour détenir tmm tempënUire fixe el en aiAist tmpiplai biiie qat la tempénlare ordiiuirei on emploM a^eo avantage k fttfion de la glaoe on de la neige. Tant qu*ettei fondent leur température demeure conelante > et c'eet même cette tempérip tnre qni sert ponr déterminer le aéfo du thermomitre oenti' grade*
On peut obtenir des températures beaucoup plue baiiei ea mélangeant de la glace pulyàrisée onde la neige avecdeiielioa aTec des acides susceptibles de s'imir à Teau : la réaction qui t lien détermine la fusion rapide de la glace, et de là uo abais- •ement plus ou moins considérable de température.
Les matières <{ui entrent dans la composition desmâtogea réfrigérans doivent être très finement pulvériaées^ les sels soiceptibles d'bydration doivent être bydratés, la tempéntaieile chaque matière doit être aussi basse que possible; car Teffet •de la réaction sera d'autant plus grand que le point de départ sera à une température moins âevée. Enfin, le mélange dem être fait le plus rapidement possible.
On trouvera dans le tableau suivant plusieurs recettes de mélanges réfrigérans:
U^éUfges réjrigàwu eontmant de la glace piUe ou Je la neige, lUlièttt coiployécfc AbakMOMDl de itnpénisft.
iïS^ri.:::::::::: îj}*— »7-77à.«-5$.
CUorare de etleinm Indmi. , 3 p. ) j. . i. » Il«i|«. . . . . ip. î «"«o'»»?"??.
Sï5r!*r?1°!".''!^: : î 5: } <•— «7»77*-5r«.
neiie. I p. } de — io-i-SfJI.
Ifeige. 3 p 3 de o * — •» 33. ,
Acide azotique dilué et neige. de — 17^77 à — 43<»33.
Acide snlfiiriqae étendu i p.
— eartiqm id, ^ P- } de^ a3*3S à — 48*SS-
Neige a p.
m<nMi«Aiiti 35i
rfcuii III 1 80b dÎMoiis dftni dei wièm xm même itinplettieiit diflsons dans Teati peuveiit donner aussi des mélanges réfngë* rans, on en trouTerarplosieurs exemples dans le tableau suivant:
Matières employéet.
Chlorhydrate d'ammoniaque.
Azotate de potane
Sau
Azotate d'ammoniaque.
Carbonate de soude. . .
Ean
Aflotate d'ammoniaque.
Chlorhydrate d'ammoniaque.
Azoïate de potaue
Sulfate de soude
Eau
Piiosphate de soude
Azotate d^ammonlaqiM» • • • é Acide azotique étendu d*eau. •
Solfiite de soude cristallisé. . . •
Azotate d'ammoniaque.
Adde azotique dilué
Phosphate de soude.
Adde azotique dilué. • • « • •
Sulfiste de sonde cristaUîsé. • . • Chlorilydrate d'ammoniaque. •
Azotate de potasse
Acide azotique étendu
Sdfiita de sonde cristallisé, « , Acide azotique étendu. • • • •
SoUate de soude cristallisé. • ; Acide snifurique étendu.^. • • »
Snl&te de sonde cristaliisé. • . • Acîde ehlorhydriqne. . : . . .
fl p.
AbaiMWNnt dt Mnpémon.
de -|- lo^» i — 19* 19.
de+to«à — |3*88.
} de4-io*é—i5*55.
de+ lo'à— 15*55.
de^ti*à-*«*tf.
de .{- loo à -* xo*.
J de-|- lo**!.- ti^fi.
I ée-f- to^à«« to*aa.
\ de+io*à — i60ix.
l de+ fo'^à^k id*n.
\ de-^- xooi-« «7*77.
Les mâanges les pliu avantageux par le fort abaissement de température cpi'ils produisent et par le peu de valeur des matières qu'ils exigent sont évidemment ceux qui sont faits avec la glaoe et Facide sulfurique dilué, on bien avec le sulfate de sonde hydraté et les acides dilués.
UaOion qui a*exeroe entre les métaux qtii s'allient peut aussi déterminer un abaissement de température. Dobereiner a fait voir que 207 parties de plomb, i x8 p. d'étain, a84 p* de bismuth et 1617 p. de mercure, étant mêlées ensemble passent de ^ 17 à — lO^
3Sa BM»LOI BB L^iLBGTaiGlTi,
Lef cofjpê en se vaporisant produisent aussi un abaissement de température très considérable, voy. p. 170.
iLBGT&lGiTi EMPLOYÉE COHUE AGBKT CHIMIQUE.
L'électricité est quelquefois employée simplement pour enflammer un mélange gazeux contenu dans un vase complètement fermé. D'autres fois , on fait usage d'une multitude d'étincelles pour déterminer une réaction. D'autres fois encore, on £iit usage de l'électricité dyna&ique pour analyser ou pour extraire des produits.
Lorsque l'on a besoin d'enflammer un mélange gazeux, on fait usage d'un instrument renommé eudiomètre. (1)
Les eudiomëtres sont variables sous le rapport de leur construction; mais, en général, ils sont formés d'un tube de verre fort épais, ayant une extrémité ouverte et l'autre fermée. L'extrémité ouverte sert pour l'introduction et la sortie du gaz, elle demeure constamment plongée dans le liquide , eau ou mercure, sur lequel on fait l'expérience. L'autre extrémité est traversée par deux tiges métalliques , laiton^ acier ou platine, selon que Ton opère sur l'eau, sur le mercure ou sur des gaz attaquant l'acier. Ces deux tiges communiquent audehors et sont dans le tube à une certaine distance l'une de l'autre. Si l'on tient l'une de ces tiges avec les doigts, ou si l'on y attache une chaîne que l'on fait plonger dans le liquide de la cuve , et si l'on approche le plateau collectear d*un électrophore, chargé d'électricité, près de l'autre tige , une étincelle a lieu dans l'intérieur dn tube entre les conducteurs interrompus, et peut mettre le feu à un mélange gazeux. En attachant une chaîne à l'une des tiges , la mettant en contact avec l'armure extérieure d'nne
(i) Eudionèlre irîenl du grec et vent dire nietare de b pueCé de l'iir*
iroioHàTEvs. 3B3
bouteille de Leyde chargée et faisant oommuniqiierrariiiure Jn».
terne de cette bouteille, avec la deuxième
tige, une étincelle traverse encore l'eu-
diomètre et peut enflammer un mélange
gazeux.
Quelquefois il n'y a qu'une seule tige munie d'un bouton à l'extérieur j qui traverse l'eudiomëtre dans sa partie supérieure. Le deuxième conducteur consiste en un fil métallique, plié en hélice et terminé par une petite boule. Ce fil est * introduit dans l'eudiomètre après le mélange gaxeux, et Ion a soin que la boule «oit k une distance . d'environ o,*"5 • du conducteur supérieur.
Au lieu d'un fil en hélice, on peut prendre un gros fil de métal courbé en anneau à la partie supérieure et traversant un boudbon fortement oopique et entaillé sur le côté.
Le bouchon se fixe légèrement dans la partie inférieure de l'eudiomètre , et on Ty maintient sous le liquide à l'aide de la main. Lors de la combustion du gaz , le bouchon est repoussé, mais par la rentrée subite du liquide, il se re- * met en place et fait l'office d'une sou- A
coupe. En approchant le plateau col- ^
lecteur d'un électrophore , du bouton supérieur de l'eudiomètre, l'étincelle a lieu dans l'intérieur de l'instrument et le gaz est enflammé. Si l'on se servait d'une bouteille de Leyde, il faudrait que l'armure, tenue dans la main de l'opérateur, communiquât par une chaîne ou par un fil métallique avec le liquide de la cuve; sans cette précaution , la combustion du gaz n'aurait point lieu ou l'opérateur recevrait une commotion éléfctrique.
On trouvera k l'artide Eau les détails de la manipulation relative à l'emploi de l'eudiomètre.
Yolta a imaginé un eudiomètre plus compliqué que les précédens, en ce qu'il possède deux robinets et en ce qu'il est surmonté d'un tube gradué dans lequel on peut faire passer les
3S4 BMPLOI BB t'ÉbKTmiGITli.
pM pMV kê mmbieti mab cet inBCmment phB diapendittx qae les prëcëdens n'est rëellemeut utile que pour Pen^ignèment et non pour des recherches particulières.
jtppëreil pour faire réagir une longue série iï étincelle* électriques sur les gaz.
Pour bim cette opération , on se sert de l'eudiomètre ordinaire. Seulement, on fait communiquer une des tiges qui le traversent avec le conducteur d'tine machine électrique, tandis que Fautre communique avec le liquide de la cuve sur laquelle on opère, par le moyen d'une chaîne de mëtal. En tournant le plateau de la machine, on obtient des étincelles chaque fois que la tension de l'électricité développée le permet. La figure suivante fera facilement comprendre la disposition de cet appareil.
C'est à l'aide d'un appareil de cette nature que l'on décompose le gaz ammoniac.
OTWAMIQVS
L'âectricité dynamique est employée par les chimistes pour d^tomposer l'eau, les oxydes et les sels métalliques, pouf ooimer naissance à quelques oxydes et à une hydrure et de pltts à une foule de produits lorsqu'on emploie les appareib à wble tension, tels que ceux imaginés par M. Becquerel.
Dans tous les cas, on interpose la substsmce i décomposer entre les fils conducteurs d'une pile en activité. On a soin que les fils ne se touchent point et qu'ils ne soient point i une. trop grande distance l'un de l'autre, dans la crainte que le courant électrique ne soit interrompu.
Le procédé reçoit des modifications selon que les produits
DÉCOMPOSITlOir n VMM^TtON MW COMPOSlis. tfl
de rapémkm mit gasen ou «olides. Qaekpm exenplei ittf* fiiont pour faire comprendre cette opération.
D^oaiwnKMÎIîou de Tean*
L'eau est mtiée arec un peu d'acide atotïque et pkc^ ^ans un vase dont le fond est traversé par <leQZ £ls de platine ou d'or, communiquant avec les pAles d'une pile; chaque fil «t introduit dans une petite
oloc^er renyersée et conte- \\ /#ll • ••
Mint le même liquide que le vase. L'oxygène et l'hyJrogène, provenant de la déeopsaposidon de l'eau, se rendent. Je premier au pôle po*
sitif , le second au p61e nt-ga- ^ .-
ti£ On peut alors les mesurer et apprécier ie«r naKum ptr las convenables (Y. fou).
âm aajâm aloalnif .
Pour décomposer la chaux, la baryte ou la strontiane^ on les t»!le en coupelles très minces dans lesqueUes on verse du mercure. La coupelle est placée sur une ]^que de cuivre rouge communiquant avec le fil positif de la pile, et l'on fait communiquer le fil négatif de la pile avec le^nercure : le métal se réduit et s'amalgame*, Foxygène abandonne Je composé pour i^unir au cuivre.
On réussit mieux si fon fait une houillie très épaisse avec l'hydrate d'un de ces alcalis , si l'on met cette bouillie dans une coupe de cuivre rouge et si Ion verse un peu de mercure sur la bouillie. En faisant communiquer les pôles de la pile , comme dans l'expérience précédente, l'amalgame ae produil avec facilité.
yryfciliîaii 4ê§ im^étÊ d^rtiiàit t â^mnmc , et de llqranire de oe dernier iHémiemU
Si Ton attache uti morceau d'antimoine ou d'arsenic & ufi fil métallique communiquant avec le p61e positif d'une pile, et si l'on plonge ce morceau de métal dans de Peau acidulée . tfu mfime temps que l'on y plonge aussi le fil communiquant
356 BMFM)! DB l'ÉLBCTEICITÉ.
avec le pôle nëgftlif, l'oxygène de Teau décompoiée s'unît avec le métal employé. ^
Si Tarsenic est atUché au fil communiquant avec le pôle négatif de la pUe, «u lieu de se combiner avec Toxygène, il s'unit avec l'hydrogène et il se forme un hydrure.
Appareils éledriflioef de M. Beoqoerd.
Au lieu de piles à forte lension, comme les précédentes, on peut employer des piles excessivement faibles que Ton fait réagir pendant un temps très long. M. Becquerel a fait usage de ces sortes d'appareils et a obtenu plusieurs corps d'une difficile réduction (f^. p. ipï)*
Les appareils imaginés par M. Becquerel peuvent beaucoup varier par la disposition qu'on leur donne ; mais, dans le fond^ ils sont toiis établis sur les mêmes principes.
Pour se procurer une pile à très faible tension et fonctionnant pendant plusieurs mois, on prend deux vases ^aux, des verres à boire, par exemple j dans l'un on met de l'adde nitrique dilué, et dans l'autre, une dissolution de potasse, (b - réunit ensuite les deux verres an
moyen d'un tube de vene plié en U et rempli d'argile humectée avec une dissolution de sel marin et renversé. Dans chaque verre, on plonge ensuite une lame de .1^ .1^^ ^ ,u,p^ platine, après laquelle se trouve
fixé un fil du même métal. Les deux fils libres ainsi disposés sont les réophores de l'appareil et peuvent déterminer des réactions chimiques.
Un tube plié en U , dans le milieu duquel on tasse de l'a- ~ miante, est aussi très propre i former
un couple électro -chimique ri l'on verse dans chacune des branches des dissolutions salines difi^érentes, et si on les fait communiquer par un arc métal- ^...^ lique. •
En employant un sel de cuivre, d'un cote, et une dissolution de chlorure de sodium ou.de chlorure d'ammonium, de l'autre côté , et en faisant usage d'un arc métallique en cuivre, en argent, en plomb, etc., on obtient des composa
kWPAMMSLB BB M. UCQUUIL. 357
doubles (ozjchlomres?) à base de sodium, d^ammoniiim et dn métêl employa pour faire l'arc mëtallique.
Si an lieu d'amiante on tasse de l'argile au milieu du tube, on peut encore obtenir des effe)s ëlectriques en mettant des dissolutions salines diffërentes dans chaque branche du tube* De l'h^posulfite de potasse, de l'azotate d'argent et un fil de ce métal, donnent finalement des cristaux octaédriques de sulfure d'argent.
L'appareil précédent peut encore être modifié. Au lieu d'un tube phé en U , on peut prendre deux tubes que l'on bouche à une extrémité ayec de l'argile, et que l'on plonge dans un même vase contenant de l'eau. Chaque tube reçoit une dissolution saline différente, et on les fait communiquer par des lames et des fib métalliques.
En'faisant varier les dissolutions salines, M. Becquerel a pu obtenir des corps d'une très difficile réduction, tels que le fer, le zirconium, le glucynium, Valuminium et le titane. Mais ces corps n^ont pas toujours été obtenus à l'état de pureté; il fallait souvent ajouter des composés facilement réductibles pour en obtenir la séparation. C'est ainsi que la présence d'un sel de fer était nécessaire pour extraire le zirconium.
Une éprouvette ou un simple tube fermé à une extrémité, an fond duquel on introduit du bi-ozyde de cuivre sur lequel on Terse une dissolution d'azotate de cuivre, donne des cristaux de protoxyde de cuivre , si l'on y plonge une lame de ce métal. Avec de la litharge , de l'acétate tribasique (^e plomb *ei une lame de plomb, on obtient des cristaux de protoxyde de plomb en dodé* caèdres à faces pentagonales ou en filamens soyeux (i).
On a déjà vu, p. iQin çommeht un métal peut être précipité par une lame de même nature plongée dans des disso« lutions superposées.
Plusieurs métaux en contact avec du charbon , introduits
{i)Cm
loyeux ne toot-ib pas de l^aoéute fébasique de plomb?
368 «MfMi n ii'iuQniQivÉ.
damimUib«eiiU et pLoDgésdans un acide dilué i sont alte* qués et peurent donner .des composes (jui ne se formeniait point Sans la présence du charbon. Une lame d^argeut, du cbaidioià et du ehkwure bjd^que, donnant du chlorure d'a^ gent cristallisé.
Afipsfefl àa doelear Bird.
Le docteur Bird a construit un appareil à faible tenôon (]ui lui a permis d'obtenir à l'état de pureté lebore» le silidnm ^. et le potassium. Cet appa-
reil, comparé à ceux da M. Becquerel, estdonhle^ il se compose essendelUmeat de deux parties : une pte« mière» uniquement destinée au développement de Téleotricité^ unesecondeidtttinée à la formation des prodoits en même temps toatefoii qu'il s'y développe sus» de l'électricité. La figu« cicontre, extraite du IraiU A <;A«iw;sdeM.B.Ksneipeat
donner nne idée de cet appareil.
A est un cylindre de verre d'environ %o centimètres de lon( et de 5 centimètres de diamètre. B est un autre cylindre plv étroit fermé à sa partie inférieure par un diaphragme de pUu« de Paris, de a centimètres d'épaisseur. D et£ sont des cjlin* dres dispolés comme les précédens , mais plus petits* C est une lame de cuivre roulée en spirale qui communique par sa fil G de même nature, avec une plaque de sine amalgamé poa" géant dans le cylindre D. Z est une lame de zinc roulée enspirale comme la précédente et conlmnniquant par le fil H, avec ao^ lame de platine plongeant dans le cylindre E. Dans le î^ B, on introduit une dissolution de sulfate de cuivre et dans le vase A une dissolution de sel niarin. Ces deux dissolutioitf traversent lentement le diaphragme de plâtre et développait de l'électricité en réagissant Tune sur l'autre. Le vase D doit contenir une dissolution de sel marin, et le vase E la ëssoh" tion du mrp$ que l'on vent obtenir.
Fusion m» GOEPS* i§g
ABACTIOX DE LA LUKIÈAE SUa LES GOEPS*
On ne poMède aucun proeédé ponr faire réagir la liilmAiip sur les corps, on sait seulement qu'il y a une foule d'e^ipérieîioes très curieuses à tenter, en cherchant comment sea aetién se trouve modifiée par sa transmission au travers de veif es diffiiremment colorés et de liquides de diverses natoves.