‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie; (volume 2)Chapitre 83 sur 95 · liS 2i7 1,4 l.i l»y · texte numérisé non relu

liS 2i7 1,4 l.i l»y

Oidooldef.

QJcnim. . . CaO. ^ CaO^ ... ;

ftronliiiBi . . SrO SrO^ ;' /

toiyn» . . BiO Ba02 . • .

Mwab . PbîO PbO 'PhiOA . . . PbOa. . . . . ! ! !

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btiiie. . , PIO PIO2 • .

îOadinm . . PdO • PaO? -

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. IrO . , . IraOs. IrOîi . . IrO^

. OaO . . . OsaOa. , . . . OsOj . . . 0^)4,

SnO . . . $0203 SdOs. . . . • TiOa .

Ce tabl^u donne la clef àû presque toute la notation Mes composés d origint anorganique ; car, en remplaçant Toxygène par les antres oxoides, on a des coai|)osé g coRuspondans qui existent presque toujours. On arrite «neore au même résultat jl|as remplaçant les oxoîdes par 1^ cbJoroides, équivalent peur équivalent. T^ Cependant quelques oxoîdes, et surtout les corps des autres classes, donnent plusieurs comnpsés qui ne sont point représentés dans la série de roxygénation; mais on peut être bien convaincu que cela est dû â une lacune de la science, qui disparaîtra par de nouvelles recherches. Seulement, il y a quelques composés qui seront toujours difficiles à obtenir, parce qu'ils ne peuvent exister dans les limites de température et de pression où nous vivons.

11 est facile de voir par ee tableau que tous les corps d*un même ordre donnent

naissance au même type de combinaison ; et , comme en outre il suffit de joindre

les symboles des acides à ceux des bases pour avoir ceux des sels , il ne faut

qn*un faible effort de mémoire pour retenir la notation d'une foule de formoies^

Bême très compliquées eu apparence.

L'oxygène et le soufre sont très répandus dans la nature» même i Tétat deli-

^vté, malgré leur aptitude à former des combinaisons. Le sélénium et le tellure

!|HLfort rares^ aussi ne sera-t-il donné qu'un aperçu de leur histoire.

« OXYCI^E.

L'oxygène a été étudié, p* 44i* T. I. 36

^ÙXtfiM»^

80UF&B. (l) ' ' ■ ' Stn aOo = i/J de volume.

Le soufre est connu dès la plus haute antiquité. G^est nn corps polymorphe dont l'élude offre le plus vif intérêt par la suite 4cles modifications que Ton peut lui faire subir. - Le^sonfre s^e rentontre à Tdtat de liberté dans la nature, en masses souvent considérables dans les environs des volcans en 'activité; comme'da'ns les éolfatàre's de la Sicile (a) et de la Goa- ^d^oupe. Ou Je .trouve encore en petits rognons covpacttset disséminé» dans le gypse , comme à la t^arrière du Camoens dans les environs dt Marseille.

• Le* soufre natif estj.aune ou rouge^ limpide ou opaque, fragile, à cassure vitreuse. Ilcrlstallise soiis la forme dominante d'un octaèdre symétrique ou. à, base rhombe, clivable pajrallèlement à ses .façes^ dont lea trois axes sont eBtre eox

. La soufre est ioluble dans le «ulfure de ccorbone et dans k «klofure de soufre; pur évaporation, k k températsree«£' nfiire ^ il. donne des cristaux appartenant au même type que !ç ^ sotifre naturel. Ce soufre possède d^ux axes de double réfractiou et son:poidfl spécifique est de a ^ i > '

> " Le «oufre entre en fusion à i lo* , et donne un liqaîdf Jaune et Kmpîde. Si aptes l'avoir fait fondre, on le laÎMC refroidir lentemeni;, il donne naissance à des cristaux qae Tofl

\t) te toâfr« atijourd'hni est tin corps d'une nature déterminée. Vci»\^^ éhlftiistes et pour les chimistes des siècles derniers, le soufre représeotalt ira pdj^cipe combustible et inflammable qtis l'on pensait entrer dans la coiaposi(M>^ corps combustibles.

(a) filaravigna, Mémoire pour servît à tftUtoire natttrelie de la 5&*,ftn»t i838,âQ^o,pag. 3i etsuiv.

90VWM. 663

obtient par dceaotatîon ayant que la masse soit enUèremen|. solidifiée. Ces cristaux sont des prismes obliquea à bases rbomr bes^ clivables parallèlement à lears faces.

Ce prisme est géométriquement incompatible avec la forme du soufre cristallisé à la température ordinaire , et donnç l'exemple d'un dimorpbisme parfait. Le soufre cristallisé par fusion est limpide. Lorsqu'il est récent , son poids spécifique est alors de 2,016. Dans le vide, il s^ conserye dans cet état; à l'air il devient peu-a-peu opaque ^ et son poids spécifique diminue jusqu'à i^gg* Alors ce soufre est fendillé, et doit son opacité à de l'air introduit daps les fissures exbtantes dans l'épaisseur des cristaux. Ce changement est dû à ce que les cris* taux de soufre obtenus par fusion ne pourraient demeurer stables qu'à la température où ils se produisent ; mais à une basse température y leurs molécules éprouvent un déplacement pour prendre une nouvelle position d'équilibre, et il en ré* suite sans aucun doute une augmentation de volume due aux fissures qui se produisent ; car alors les fragmens des cristaux prennent la forme de ceux que Ton obtient à la température ordinaire.

Si après avoir liquéfié le soufre, on continue à le chauffer, il devient souvent d'un rouge très foncé, et s'épaissit, peu-à-peu, de telle manière que vers 220^ il a acquis une telle viscosité que, si le vase qui le renferme n'est pas trop grand, on peut le renverser sans qu'il en coule une seule goutte. Au-dessus de cette température, le soufre devient peu-à*peu moins visqueux, et enfin il entre eu ébuHition à 4" 4^^", en donnant naissance à une vapeur jaune du poids spécifique de 6,65x.

Le soufre chauffé vers 3oo'', et coulé en filet dans une grande quantité deau froide, se prend en une masse molle, élastique, flexible et presque aussi extensible que le caoutchouc, dont le poids spécifique peut n'être que de 1,71 5.

On prétend que l'on peut prendre des empreintes avec le soufre mou ; mais c'est une grande erreur* Gela est absolur ment impossible.

Loraque l'on chauffe le soufre mou jusqae vers -j^ 98**, sa température s'élève rapidement jusqu'à -f- i lo», où elle demeure stationnaire pendant quelque temps pour redescendre ensuite à la température de la source chaleur, et il se change en soufre prismatique* Vers a(So", la température du soufre

564 OX0ÏDB8.

demeure encore statîonnaire et cela paraît dû à la clialeiir qui devient latente par la fusion du soufre mon qui a lien vers cette tempt-ralure. Lorsque le soufre est chauffé jnsqne vers son point d'â)ullition et qu on le laisse refroidir, la tempérar ture devient encore statîonnaire vers le même degré y par la chaleur abandonnée par le soufre liquide qui passe à Tétat mou.

Ampère a émis Topinion que la vapeur triple de soufre était celle de la modification molle de ce corps. M. Fran-kenheim, à qui l'on doit des , observations importantes sur Pisomérie, a renouvtilé cette opinion avec quelques preuTesà Tappui. Ce savant admet de plus que le soufre jaune a une vapeur particulière qui se produit sans ébuUition à une température rapprochée du point de fusion du soufre en prismes obliques. En poussant l'aHalogie encore plus loin, on pourrait dire qu*il existe une troisième sorte de vapeur de soufre correspondant à la modification tri-hortaxique.

Le soufre du commerce, qui a subi la fusion , tenu dans la main , fait entendre un craquement qui est dû i un clivage imparfait qui s'opère entre les plans déterminés par son changement d'état moléculaire , ce clivage étant déterminé par Télévation de température produite par l'action de la main.

L'équivalent du soufre est exactement le double de ceint de Tozygène ou aoo^ c'est au moins le nombre que l'on obtient en calculant des analyses de sulfate de chaux, faites par MM. O. L. Erdmann et R. F. Marchand {Ann^ de chim, et de phjrs.^ troisième série, tom. yiii, p. 1107).

La chaleur spécifique du soufre = o,i88o. Le poids moléculaire q%e l'on en déduit est égal à aoo ou à l'équivalent de ce €0rps, tandis que le poids moléculaire déduit du poids spécifique de sa vapeur est triple de celui-ci. Ce résultat remarquable indique que le soufre subit Tisomérie multiple en dûngeaut d'état.

Le soufre s'électrise négativement lorsqu'on le frotte avec un morceau de drap. En le frottant sur un corps rude, 'û répand une lumière bleuâtre dans l'obscurité.

Le soufre est inaltérable k l'air sec ou humide , ponfvu que la température ne soit pas trop élevée. Vers 4 à 5oo*, il prûd feu et brûle avec nue flamme bleue, en répandant une odeur auffonante due à la production de l'acide sulfureux parronion du soufre avec l'oxygène de l'air. A une température très éle-

SOUFAB. 565

vée, la flamme du sou&e est monochromatiqae de couleur jaune, selon M. Brewster.

L'eau ne l'altère point, l'aa^tate hydrique le transforme en sulfate hydrique en lui cédant de l'oxygène et de l'eau ; il décompose le sulfate hydrique à l'aide de la chaleur, en don* nant du gaz sulfureux qui se forme aux dépens des deux agens. »

Le chlore s'unit directement au soufre en produisant du chlonure de soufre. L'iode s'y unit par l'action de la chaleur. Fondu sous l'eau avec le phosphore, il donne du phosphure de soufre. lî s'unit aussi très facilement avec l'arsenic et l'antimoine.

 une température suffisamment élevée , il se combine violemment avec le cuivre, le plomb et le fer. Une plaque de fer. rouge peut être percée par un cylindre de soufre que Ton met en contact avec elle. La fonte est moins attaquée par le soufre que ne l'est le fer. Il réagit aussi sur largent et sur le platine.

A la température ordinaire, le soufre en poudre s'unit avec le mercure par la trituration.

Dans le commerce, le soufre se trouve sous deux états différens: en cônes allongés et tronqués, qui portent le nom de soufre en canon y et en poudre nommée fleur de soufre ou soufre sublimé. Dans les pharmacies, on trouve une troisième espèce de soufre en poudre, sous le nom de soufre précipité.

On obtient le soufre du commerce par la purification du soufre naturel ou par la distillation des pyrites (bi-sulfure de fer, Fe Sa). ^

On purifie le soufre natif par la fusion et la'décaiAtion, ou par la distillation. Ce dernier procédé l'emporte de beaucoup sur le premier*, car il permet d'obtenir tout le soufre contenu dans le soufre brut Dans les laboratoires cette opération peut être faite dans une cornue de grès, munie de son récipient ; dans les arts, l'opération se fait dans une chaudière de fonte, placée sur un fourneau et surmontée d'une voûte de brique, qui lui donne la forme d'une cornue. Cette espèce de cornue s'ouvre dans une chambre dont le plancher est incliné pour permettre l'écoulement du soufre fondu, et qui porte une soupape pour donner issue à l'air.

Si la distillatiou se fait lentement et si la température de la

568 ox{tfA«8«

ebattibre n'Atteint pas -f- tio*, qtti eA le point de fnâon du soufre , celui-ci se condense sous forme d'nne pondrt qui est la fleur de soufre. Si la température de la chambre dépasse 4* I lo®, le soufre entre en fusion, s'écoule vers la partie la plus déclive, et peut être obtenu au*debors par des roÛnetl en bois.

Le soufre fondu est moulé dans des tubes de b«ts modllés et It^gèrement coniques pour qu'on puisse l'en faire sortir facilement, & l'aide d'une cbeville, après sa solidification : ce soufre est le soufre en canon. ^

La distillation du soufre n'est point sans danger; car la fa* peur du soufre et l'air forment dans les premiers momens de l'opération un mélange explosible, malheurensemetit trop facile à enflammer. Aussi est-il indispensable de chauffer lentement dans le commencement de la distillation, et d*afoir soin que la chaudière soit bien pleine de soufre, afin qu'aucune de ses parties ne puisse atteindre la températare où œ corps pourrait prendre feu. Lorsque l'air est en partie expulsé de la chambre, on en ferme la soupape, et il n'y a plus de danger.

Le soufre s'extrait des pyrites en les distillant dans des cylindres de terre cuite ou de fonte, qui sont placés parallèlement et horizontalement, comme des cornues à gaz, dans on fourneau à réverbère, nommé galère. Le produit est recueilli dans des récipiens de terre cuite, dont le fond est percé et plonge dans l'eau.

On obtient ainsi facilement et à une température peu élevée environ le quart du soufre renfermé dans les pyrites, elles sont «alors amepées à l'état de sesqui- sulfure. On pourrait en obtenir la moitié du soufre, mais alors il faudrait chauffer plus fortement; elles fondraient, et l'on ne pourrait plus les extraire des cylindres. Le résidu de la dijjtillation des pyriter étant exposé à l'air, donne du sulfate de fer. ' Le soufre précipité se prépare en ajoutant du sulfate ou du chlorure hydrique dilué à une dissolution de polysulfîire de calcium ou de potassium, ou de sodium. Dans cette opération, un équivalent de soufre passe à l'état de sulfure hydrique qui se dégage, et le reste du soufre est précipité. Pour faire cette opération, il faut se placer sous une cheminée tirant bien, on en plein air, et éviter de respirer le gaz qui se dégage.

La fleur de soufre est toujours impiégnée d'adde suUii-

rem et par suite d'acide ftoUiirique; atmi est41 indispémàUe' dé bien la laver pour Fuflage médical iBteme.

Le soufre précipite est une poudre biancMtre , retenant du sulfure hjrdrique que l'on en peut cbasser par la fusion, selon M. H. Rose.

Le soufre et ses combinaisoiks Sont très etnployës en médfH dne. Il n'est point yénénewL , ses préparations et les eàux bu1«< fureuses qui le renferment, déterminent une congestion san** guine vers le cerveau. A l'extérieur, on en fait usage dans le traitement de plusieurs maladies de la peau et principalemecit> dans celui de la gale* Â Tintérieur, on le donne en opiat oU' en tablettes dans les mêmes maladies, et en général cpntre lec^ (tetarrhes chroniques. Le soufre précipité est plus aelif que la fleur de soufre, et devrait lui être préféré.

Le soufre est employé dans la fabrication de la poudre et des pièces d'artifice , dans celle de Tacide sulfurique , du gaz; Mlfiirevit qui nert au blanchiment, du sulfate de cuivre; pour* la sulfuration des allumettes. On en fait usage, oonjoiotement avec* le plomb pour sceller le fer dans la pierre. Seul, et lorsqu'il a été fondu vers iio<>, il sert pour prendre des em^^ preintes d'une finesse extrême i il faut dans i:e cas éviter de se servir de moules métalliques qu'il attaquerait ioaiuédiatemcuté

Composes de soufre et dthydrogene.

Les composés d'hydrogène et de soufre sont au nombre de. deux s le sulfure et le pqlysuljwe hydnques^ SH et S^o H. Le premier de ces corps est très employé dans les laboratoires de ohimie, le secofid est remarquable par son analogie avec le bioxyde d'hydrogène. ^

avufVBB vffBtti^iia.

Gaz hépatique^ hydrogène sulfuré, acide hydrosulfurique^ acide

sulfhydrique , gaz sulfliydrique , sulfure (Phydrogène , sulfide

hydrique.

SH =1 aia,5> = a toi.

Le sulfure hydrique a été découvert par Schçele : il est gazeux et incolore, son odeur est infecte et analogue à celle des œufs pourrU. Son poids spécifique égale 1,1912. Sous une piression d'eufiron 17 atmosphères, il e^t liquide à la tempe-

568 ozoïDBs.

rature de «f i6«9 aoa poids spëdfiqae eêt ah>rs d'aivirono^p. Il est très fluide et rëfracte la lumière plus fortement que Têtu.

Le sulfure hydrique gazeux est décompose par rétinoelle électrique et par une température élevée : l'hydrogène et le soufre se séparent. Le volume de l'hydrogène est égal à celiâ du gax composé. Mis en contact avec le chlore, la yapeur de brome ou celle d*iode, il est décomposé par l'union directe de ces corps avec Thydrogène, et le soufre se sépare. Mis en contact avec le plomb , le fer et Tétain, c'est le contraire qui arrive : ces métaux se combinent avec le soufre et l'hydrogène est mis en liberté. Chauffé dans une cloche courbe en présence du potassium, il se forme un sulfure double hydropotassique: aussi, dans cette expérience, une partie du gaz est décomposée et cède du soufre ou potassium, et une autre partie, égale à la première, se combine avec le sulfure formé. Le volume do gaz employé diminue donc, et Ton trouve après la réaction que le résidu gazeux contient un volume de gaz hydrogène égal au volume du gaz absorbé.

Le mercure décompose lentement le sulfure hydriquel k température* ordinaire.

Le sulfure hydôque brûle au contact de l'air lorsque l'on y met le feu , sa flamme est bleuâtre, il se produit alors de l'ean, du gaz sulfureux et un dépôt de soufre, qui se forme sur les parois de l'éprouvette qui le renferme. Ce gaz exige une fobet demi son volume d'oxygène pour brûler complètement; dans ce cas il ne se forme que de l'eau et du gaz sulfureux. A la température ordinaire, les deux gaz ne se réagissent pas s'ils sont secs. En présence de l'eau , il forme de l'eau , et dn soufre se dépose. Si Von verse de l'azotate hydrique dans un vase contenant du sulfure hydrique , on observe des vapean rutibntes, et il se fait un dépôt de soufre. Si Ton ferme le vaie avec le doigt, immédiatement après y avoir introduit l'aioUte hydrique, le mélange s'enflamme en faisant explosion.

Le gaz sulfureux #t le sulfure hydrique ne réagissent point s'ils sont secs ; mais s'ils sont humides, ils donnent naissance à de l'eau, et du soufre se dépose. Le bi-oxyde d'azote et le sulfure hydrique réagissent lentement en donnant naissance à dasnl* fure ammonhydrique solide et à du protoxyde d'azote? Le soifure hydrique et le gaz ammoniac s'unissent directement en produisant tt|i ççmposé solide : sulfure ammonhydrique. Si Ton

SOUVES. 569

fait passer un courant de gaz sulfure hydrique sur la plupart des oxydes métalliques à une température suffisamment élevée^ même sur la chaux, il se forme de leau volatile et un sulfure fixe. Si le gaz traverse une dissolution d'hydrate de potasse ou de soude ou d'ammoniaque , il se forme un sulfure double hydro*métallique. Le sulfure hydrique à la température ordinaire ne décompose point les sels solubles notroïdiques ou calcoîdiques, excepté ceux de plomb j il ne décompose les sels zincique, manganique , ferrique , niccolique et oobaltique (x) qu'autant que leurs dissolutions sont parfaitement neutres j parce que les sulfures de ces métaux sont décomposés par les sels hydriques (acides). Il décompose les sels de cuivre y de plomb, de cadmium, d'argent, d'or et de mercure. En réagissant sur ces sortes de composés, il donne généralement lieu à un sulfure insoluble et à un sel hydrique. Aussi emploie-t-on œ procédé pour obtenir la plupart des sels hydriques que l'on nomme acides, en décomposant les sels plombiques. La décom* position a lieu, quoique ces sels soient généralement insolubles dans l'eau, pourvu qu'on les tienne en suspension dans ce liquide par l'agitation ; c'est ainsi que l'on obtient les phosphates Ihono et bi-hydriques, le malate hydrique, etc., etc.

L'eau dissout environ trois fois son volume de gaz sulfure l^drique à la température de -|" 10^. La dissolution est généralement trouble et se décom^iose assez rapidement, surtout au contact de Fair, dont l'oxygène s'empare de l'hydrogène du composé. Il se forme un dépôt blanc qui n*a point été examiné, et qui contient probablement de l'hydrogène comme le soufre précipité.

La dissolution du sulfure hydrique est très employée comme rëactif dans les laboratoires de chimie.

L'eau saturée de sel marin dissout beaucoup moins de sulfure hydrique que l'eau ordinaire; aussi peut-on s'en servir pour recueillir ce gaz, même de préférence au mercure qui le décompose lentement.

Le sulfure hydrique est un des gaz les plus vénéneux qui existent. Il résulte des expériences de MM. Thenard et Dupuytren qu'un verdier périt sur-le-champ lorsqu'on le plonge

(i) ttiat question ici de» seb de protoxyde «l 000 de pitroiyde, coamie Vut* diqnerût la nomendalure de Mt berxelius.

dbui§ tm air contenant i/iSoo* de son rdume de ce gas; qu'un cbîen de moyenne taille succombe dans un air qui en contient ijSoù^j et qu'il est prësumable qu*un cheral finirait par périr dans un air qui en contiendrait t/aoo**.

L'asphyxie des vidangeurs , connue sons le nom de plomb, est plutôt due au sulfure ammonhydrique qu'au snlfure hydrique } mais elle est terrible et présente les mêmes phcno* mènes. On peut remédier à l'une et i l'autre au moyen Ak chlore gazeux, mélë i l'air; mais il ne faut point perdre de tfemps , car l'action de ces poisons aériens est foudroyante. Le chlore détruit ces composés et soppose k leur action ultérieur, mais cette action est si subite qu'il ne doit point suffire de dé** truire le poison pour l'arrêter; car il doit eicister une lésion irréparable.

Préparation du suljhre hydrique. On obtient le sulfure hydrique en décomposant l'équi-sulfure de fer par le sulfate hydrique : il se produit du sulÊite ferrique et du sulfate hydrique pAr un double échange comme cette égalité l'indique :

Mzi 7HO 4 SFe = SOsi Fe O, 6U0 + SH,

On prépare le sulfure de fer en chauffant les pyrites Sansun creuset muni de son couvercle, ou en fondant ensemble quatre parties de soufre et sept parties de fer, ou bien encore en faisant un mélange de ces deux matières , l'humectant ayec de l'eaa pour en faire une pâte , attendant qu*il s'en dégage spontatiément du sulfure hydrique et y ajoutant le sulfate hydrique suffisamment dilué.

On obtient encore le sulfure hydrique , en décomposflttk sulfure d'antimoine en poudre fine par le chlorure hjdtimt : il se j^rodoit du chlorure hydro-antimonique et du gaz siiltiiie hydrique Sb Ss + 3 CIH donne Sb Cl$ + 3 SH, en ne tenant pas compte de l'excès de chlorure hydrique. Ce procédé ne vaut pas le précédent.

Quel que soit le procédé que l'on emploie , il est Indispensable de faire passer le gaz dans un flacon contenant de Veau pour le laver. Lorsqu'on veut l'obtenir en dissolution dans l'eau, on le fait passer dans un appareil de Woolf.

Le sulfure hjrdrique liquide s'cÂtient en Aiisant réagir Fan stnr l'autre du sulfure de fer et du ehorure hydrique d|p ^ appareil de Faraday ( V. p. 487 ).

liqueur de Lampadius, sulfure de carbone , sulfide carbonique^

Le polysulfure hydrique est un liquide plus ou moins visqueux dont I9 com|)osition n'est pas constante. L'analogie qu'il présente arec le bi-oxyde d'hydrogène pcrnet de penser qu'il a un* composition correspondante, que sa formule réelle est S2U1 mais qu'il jouit de la propriété de dissoudre du soufre) ce qui fail qu'il parait avoir une composition variable^ On l'obtient en versant une dissolution de polysulfure de calcium dans du chlorure hydrique du commerce , étendu de deux fois son poids d'eau; mais il résulte de l'observation précédente que, pour l'obtenir pur, il faudrait employer un bi-sulfure et non point un polysulfure. On aurait S3A + GIH = ClA + S^îH. L'opération ne pourrait point être faite d'une manière inverse, pai'ce que les polysulfures métalliques décomposent tout-à-coup le polysulfure hydrique, propriété dont ne jouit point le chlorure hydrique, selon les observations de M. le baron Thenard, qui a étudié ce corps d'une manière toute spéciale. »

Le palyiulfure hydrique est jaune-brun tirant sur le verd&tre. Son poids spécifique peut être de 1,769. H est encore liquide à — ao^^ et commence à se décomposer à la température de + 60 à + 70*, Ce corps ne peut èlre conservé, et s'altère peu-à-peu et ne laisse définitivement qu'un résidu de soufre. Il est combustible et biûle en donnant de l'eau et du gaz sulfureux. L'eau ne dissout point le polysulfure d'hydrogène ; agitée avec lui, elle devient laiteuse et le décompose; l'éther hydrique en opère la dissolution et donne des cristaux de soufre , par éivaporalion lente. Les sels hydriques (acidesj donnent de la stabilité à ce eon^ posé. Une foule d'autres corps, au oontnûre, le décomposent par leur simple eon* tact. Tels sont le charbon, le bi-oxjde de manganèse, la magnésie et la silice. La po» tasse et la soude, dissoutes par l'eau, en opèrent de même la décomposition. Le platine, l'or, l'iridium en poudre le décomposent aussi. Avec les oxydes d'or et d'argent, la réaction est si violente qu'il y a ignîtlon. Plnsieurasolfures, plu- .sieurs matières organiques, telles que le sucre, l'amidon, la fibrine^ la choir biii* onlaire décomposent aussi le polysulfure hydrique*

Ou fait l'onalyse du polysulfure hydrique en le décomposant par la chaleur. Pour cela on en met dans une am()oule que Ton introduit dans une éprouvette remplie de mercure, et que l*on chauffe ensuite avec un réchaud circulaire et concentrique.

AC8DB SULrO'CAABOmgVB (1).

Hjrdrure de soufre y polysulfure d'hydrogène. CS3 r= 475 =: a vohimes.

L*acide sulfb- carbonique a ^të découvert par L&mpadiuS| en 17969 en chauffant un mélange de pyrite (bi-sulfure de fer)

' (x) Ainsi nommé parce qu'il correspond à l'acide carbonique, quoiqu'en réalité il ne jouisse d'auctme propriété acide^ pas plus que t*acide carbonique liquide.

$79 QZOÏDBI*

et de charbon dans une cornue. Il obtint ainsi une liqueur à laquelle on donna son nom. Aujourd'hui on prépare ce compose en faisant réagir la vapeur de soufre sur le diarbon chaufFé au rouge. L'appareil dont on se sert dans les laboratoires est oon||K>sé d*un large tube de porcelaine placé dans un fourneau rectangulaire à réverbère. Par sa partie inférieure le tube de porcelaine s'adapte à un récipient plongé dans la glace. Sa partie supérieure reçoit un bouchon mobile que Ton retire à volonté pour introduire le soufre.

Lorsque le tube de porcelaine est rouge, on retire le bouchon, et Ton met du soufre dans le tube. Si cela est nécessaiie on le pousse en avant avec une baguette de verre. Le soufire fond, coule dans le tube, se réduit en vapeur et s'unit au charbon. Pour réussir il faut employer un excès de soufre.

Le produit condensé dans le récipient contient du soufre solide et du soufre dissous dans l'acide sulfo-carbonique ; aussi, est- il indispensable de distiller ce produit pour le purifier.

L'acide sulfo-carbonique ainsi obtenu est un liquide incolore, d'une odeur forte, désagréable, analc^ue à celle du raifort, d'une saveur chaude. U réfracte fortement la lumière, son indice de réfraction = i ,768, son pouvoir dispersif= o, 1 15. La différence entre l'indice de réfraction de ses rayons extrêmes est de 0,077. Son poids spécifique i,263. Il bout à 460,6, sons la pression de 760 '*^', et donne une vapeur dont le poids spécifique est de a, 67. Entre o^ et son point d'ébuUition, il se dilate d'environ o,o54« Ce corps est excessivement volatil, aussi le conserve-t-on sous l'eau dans des flacons parfaitement bouchés. En s'évaporant dans le vide, il produit un froid considérable; mais il ne se solidifie pas comme l'acide carbonique liquide. Il résiste à une température très élevée sans se dé-

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SOVPEE. 573

composer comme son mode de préparation Pindique. D est éminemment inflammable. Le soufre s*en empare facilement, et il jouit lui-même de la propriété de dissoudre du soufre; aussi peutH>n s'en servir pour obtenir de beaux cristatix de ce corps. Il s'unit avec le chlore et l'iode. Plusieurs métaux faciles à sulfurer le décomposent à une température élevée. Il se combine avec les sulfo-bases pour former des sels comparables aux carbonates, dans lesquels l'oxygène est remplacé par du soufre* Avec les oxides alcalins , il donne lieu à deux éqûivalens de aulfo-carbonate contre un équivalent d'oxy-carbonate : 3GSs-|* 3KO = 2 (CSsKO) -f êb% KO; cette réaction est fort lente. L'eau ne le dissout qu'en très faible proportion; mais il est soluble dans l'alcool, l'étber bydrique et les huiles volatiles. Propriétés qui le rapprochent de l'acide carbonique liquide.

Le charbon restant dans le tube de porcelaine après la préparation de l'acide sulfo-carbonique est altéré. Il paraît représenter un composé de carbone et de soufre, dont ce dernier corps ne peut être cliassé par la chaleur; mais que l'on retrouve à l'état de sulfate potassique en calcinant ce, produit avec l'azotate potassique.

Dans la préparation de l'acide sulfo-carbonique, on obtient encore un produit gazeux, non condensable enUquide à o*^ brûlant avec une flamme J>leue, en produisant du gaz sulfureux et du gaz carbonique, qui paraît être un ^mposé particulier. Peut-être ce composé correspond-il à l'oxide de carbone, et a-t-il pour formule CS ?

Composés de soufre et JCoxygine.

Les compotes de soufre et d'oxygène sont assex nombrei» aujourd'hui ; HoSa tous n*ent pas la même importance : on peut les représenter par Ja notation suivante :

S2O2 acide hyposulfureux.

S O2 — sulfureux.

82O5 — byposulforiqae.

SsOs — sulfhyposulfuriqoe* S4OS — hyposulfurique bi-mllaré.

S O3 — sulfurique.

Parmi ces corps, il n'y a que Tadde sulfureux et l'aeide snlfuriqoequi aient été obtenus aubydres, tous tes autres ne sont connus qu'à Tétat salin, combinés avec Veau ou avec d'autres bases.

574 oxoSoss»

Gaz sulfureux.

A la tempënitnre ordinaire, lacicle stilfureux est nu gaz incolore y doné d'une odeur sufibcante. Il irrite fortement les Toies aërienae8..Gctte odeur est connue de tout le monde ; car elle est celle du soufire en combustion. Le poids spécifique dé ce gax = â,234- Son Indice de réfraction = i»ooo665, selon Dulong. ^

Le gaz sulfureux bien sec peut être liquéfié , en le faisant

EBsser dans un tube recour- ^, plongeant dans un mélange réfrigérant , formé de deux parties déglace et d'une partie de sel marin.

L'acide sulfureux liquide boiit à — lo**^ son poids spéclfiquei=:i,4^« Il se volatilise avec une telle rapidité qu^il produit un abaissement de température de -(- io« à — Çj* datis Taîr, et à — 68" dans le vide (Bussy, Annales de chimie et de physique ^ tome xxvi,page Ô3). Le gaz sulfureux résiste à une température très élevée sans se décomposer. II rougit la teinture de tournesol, et la décolore ensuite. Le charbon et Phydrogéne peuvent le décomposer à la température rouge. Le fer et le zinc, en présence de Peau, Vabsoïbent compléte^^^ent en donnant naissance à UA hyposnlfite et à un sulfite. L'eau en dissout trente-sept fois son volume à -}- 20* ^t à 76*" de pression barométrique. La potasse et la soude caustiques Tabsorbent avec une grande facilité. II décompose le carbonate de potasse et de soude dissous , qu'il change d'abord en bi-carbonates, puis en sulfites et en bl-hyposulfîtes. Mis en contact avec le sulfure hydrique 9 ils se décomposent mutuellement et assez rapidement 9 s'ils sont humides.

Préparation. On prépare le gaz sulfureux y en faisant réagir le sulfate monohydrique sur le cuivre ou le mercure , à une leiupén^uive omvenablement élevée.

Il faut, peur cette préparation ^ environ parties égales de

sulfate et de mercure,. oi| trois parties de sulfate pour uue de cuÎY^erLes u^atières sont introduites dans une fiole munie d'u;i tube propre à recui^illir les gaz^ et chauffées à l'aide d'un petit fourneau à main. Le g^ doit être recueilli sur un bain 4^ mercure

L*équation de cette réaction est :

a (SO4H) + A =: SO4A + aHO + SÙ%.

Lorsqu'on veut obt^mir le gaz sulfureux disSous dans Teafi, tt faut avoir soin de le faire passer dans un prBmier flacon , eonteuant un peu d'éau pour le d^arrasser des nîatières ï&angères qn.'il pourrait contenir* On peni» au reste 9 faire u«age «If an appareil de Woolf*

Lorsque l'on ne tient point à avoir du gaz sulfureux pur, on peut l'obtenir en faisant réagir le sulfate hydrique sur le charbon ou la sciure de boia. On le prépare encore très facile hmux en brûlant simplement le soufre au contact de l'iSr^ mais.

576 OXOÏDB8.

dans ce cas 9 on ne peut le recuetlUr : on ne pent que le faire réagir directement sur le corps que l'on met en contact avec lui. Usages. Le gaz sulfureux est employé en médecine centre plusieurs maladies de la 'peau. On en fait généralement usage dans un appareil i bains de vapeur, en ayant le plus grand soin qu'il ne puisse s échapper du cÂté de la tête, à cause des accidens qui en résulteraient. Il sert , en outre , pour .blanchir la soie, les plumes , la laine , la baudruche ,. les vieux chapeaux de paille, et pour enlever les taches produites par les Cruits rooges sur le linge.

Il existe deux espèces de sulfites , les sulfites neotfes et les bi-sulfites. Les premiers ont pour formule générale SOsA = SOi , AO ; les seconds sont rej^résentés par S%0%à ^2 (SOs), AO. Il serait très possible qu'il n'y eût qu'une seule espèce de sulfites , appartenant à la même formule , que ces sels fussent copul^b et que le» prétendus bi-aolfites continssent un équivalent d'eau faisant fonction de base; mais oeci n'est qu'une opinion qui a besoin de la sanction expMmentale. On aurait SfOt , a AO ou 3iOi , AO , HO.

Les sulfites de potasse et de soude sontsçlubles dans Peau; les sulfites de chaux, de strontiai^ et de baigrte y sont an contraire insolubles *, mais se dissolvent dan^ un excès d'acide. Cette réaction confirme l'opinion émise précédemment.

Les sulfites de potasse fm de soude, dissous dans l'eau et feaus en ébuUition avec du soufre en poudre , se changent esliyposulfites : SOj ,40 + S = SjOa , AO.

Dans les mêmes circonstances, le hi-sulfite de soude se * change en suif hyposulfate ; mais l'équation de cette réaction ne peut être donnée, parce qu'elle est inconnue.

Les sulfites ont pour caractère principal de faire effervescence avec l'acide sulfurique , s'ils ne sont point trop éteodos d'eau, et de donner du gaz sulfureux, reconnaissable i son odeur, sans dépôt de soufi^e^

Adoa snmiçmi.

Adde sulfurique anfyflre*

SO3 = Soo = ft volâmes.

L'acide sulfurique proprement dit a été connu des anciens

80UFBB% §77

chimistes, mais c'est & M. Btissy que Ton doit sa dëtermination exacte et l'examen de ses propriétés. Lorsque Ton chauffe de l'acide sulfurique de Nordhausen dans une cornue dont le col est effilé et se rend dans un récipient , il se dégage une vapeur que Ton condense par un mélange réfrigérant. Cette vapeur condensée est l'acide anhydre.

L'acide sulfurique est solide jusqu'à -|- a5^, où il entre en fusion ; il s'évapore immédiatement en répandant des vapeurs épaisses et très irritantes, sans passer par l'état liquide, tant la tension de la vapeur est considérable. Il ne peut être liquéfié que sous une pression plus grande que celle de l'atmosphère , ce que l'on obtient facilement par la tension de sa propre vapeur, en scellant à la lampe le vase qui le renferme. Son poids spécifique est de 1,97 à -|- 20^ environ ^ il réfracte fortement la lumière : le poids spécifique de sa vapeur = 3. Cet acide attire puissamment l'humidilé de l'atmosphère, et s*y combine en devenant beaucoup plus fixe. Mis en contact avec l'eau, il s'y unit si énergiquement , que la température s'élève assez pour qu'il fasse entendre un bruit semblable à celui que produirait un fer rouge. Il noircit rapidement les matières végétales qu'il semble charbonner. Lorsque l'on fait passer sa vapeur sur de la baryte caustique chatdTée légèrement, il s y unit entièrement avec élévation de température et apparition de lumière, et donne du sulfate de baryte sans qu'il se forme d'autres produits. Il dissout le soufre en donnant des composés bruns, verts ou bleus qui n'ont pas été étudiés; il dissout l'indigo avec facilité et lui communique nne teinte bronzée.

L'acide sulfurique correspond exactement par sa composition aux acides séié* nîque^ tellurique, vanadique^ chromlque, molybdique^ tungstique, manganique et ferrique ; mais plusieurs de ces acides ne peuvent être obtenus qu*à Tctat de comlunaison saline.

5«r8 ^ OX0ÏDB8.

L'acîde tulfurique correspond à des composés équifalens dais lesq|iids une pra»

portion (l'oxygène te trouve remplacée par une proportion de chlore, ou par om proportion d'iode. Ces composés sont les acides chloro-sulfuriqne et hJo-sulfviqtu.

JLûiàë ehlato-inilariiiiM.

SOaCi = 84a>6 = a Tolumes.

M. Regnault a obtenu cet acide en faisant réagir l'un sur Fautre du chlore sec et du gaz oléfiant, provenant d'un mélange d'une partie d'alcool et de 6 parti» de sulfate hydrique concentré; mais, plus tard, il a pu l'obtenir par la réaction directe du gaz sulfureux et du chlore secs, sons l'influence d'une lumière très intease. L'acide chlorosulfurique est liquide, il possède une odeur tîtc et suffocante, sn poids spécifique = i,659 à + ao**, son point d'ébullition est vers + 77*. Le poids spécifique de sa vapeur a été trouvé de 4,665. Le calcul indique 4,65. Il r^le de là qu'un volume de vapeur de cet acide est formé par la combinaison directe de z volifme de gaz sulfureux et de i volume de chlore, condensés en z seul voIobc.

L'acide chlorosulfurique se décompose rapidement au contact de l'eaU| et w change en sulfate et en chlorure hydriques.*

SOÏâ + aHO = SO4H + ClH.

Le baryte et la chaux anhydres sont sans action sur l'acide chlaroauUdriqiK^ qai peut être distillé sur ces substances bien sèches. Cependant ces bases devienacat incandescentes quand on les projette dans la vapeur de ce composé. Avec raaaioniaqtte, il donne du chlorure ammonique et de la suliamide :

SOjta + aA^s =: CIAZH4 + SOi^AzHs.

Il agit vivement sur l'alcool et sur l'esprit de bois, il agît plus lentement mr Téther hydrique^ et paraît ne point agir sur i'éther méthylique. Dn reste, edacide ne forme point dé composés salins.

Acide îodo-salfarîq[iia«

so5L

< M. Playftiir a obtenu un composé analogue à la liqueur chloro-suf furiqoe de M. Regnault, en distillant un mélange de i proportion de sulfite de plomb et de a poportions d'iode, ou bien en faisant passer un courant de gaz salfareos dsai de riode dissous dans l'esprit de bois. Ce composé est liquide, très dense^ cl tf décompose au contact de l'eau «

vitriols , couperoses , aluns

Les sulfates peuvent être représentes par diverses fonnnfcs équivalentes. Dans la théorie de Lavoisier, ils sont îoTm'Spx la réunion directe de Tacide sulfurique avec une base. Dans les stdfates neutres , Toxygëne de 1 acide est à cehi ^ ^

aouvax. 679

baie :t3: i. Lesoiydes de la formule AO donnent les for^ mules SO^^ AO, les oxydes AflOs donnent (SOs)s, A^Os. Cette dernière formate peut être représentée ainsi : SOj^ j

A a -x-O. On peut aussi regarder les sulfates comme étant formés

par la réunion d'un radical SO4 avec un métal, ce qui donne

SOiA et (S04)3aA; mais cette hypothèse ne permet point

de formuler le bi-sulfate de potasse avec le même l'adical , car

(S05)aAO = S04, SOs, A. Comme on ne connaît réellement

point la constitution des corps ^ les sulfates 6t les bi-sulfateâ

pourraient être représentés par les formules suivantes : SQiA et

A SsO«A, = 3 (SOs a y ), et SsOtA.

Les sulfates neutres calcoïdiques sont anhydres et cristallisent en prismes rhomboïdaux ; le dimorphisme du chromate de plonib indique bien certainement que ces sulfates peu«* vent aussi affecter la forme de prismes obliques, mais cette forme n'a point encore été observée. Le sulfate de potasse est également anhydre, et présente un défaut de symétrie des plus extraordinaires; le sulfate de soude et le sulfate d'argent peuvent être obtenus anhydres, et cristallisent en octaèdres symétriques ^ le sulfate calcique peut exister avec a équivalens deau; le sulfiite de cadmium en contient 4; 1^ sulfate de cuivre et le aulfate de manganèse vers -(- ^9^ cristallisent avec 5 équivalens d'eau, et affectent les formes du système triclinaxique^ le sulfate de fer, le sulfate de cobalt et le sulfate de manganèse au-dessus de -|- 5,^ contiennent 6 équivalens d*eau, et cristallisent en prisme^ clinhortaxiques j les sulfates de zinc et de magnésie en contiennent 7, et sont polymorphes dans des limites de température très resserrées; le sulfate de soude ordinaire contient 10 équivalens d'eau. Les sulfates hydriques sont nombreux , il y en a au moins 6 qui contiennent successivement i , a , 3, 4» S et 6 équivalens d'eau, ainsi que cela est démontré par les limites dans lesquelles il se développe de la chaleur par l'union directe de leau et de l'aoide sulfurique» Les sul- . fates à différentes bases contenant des quantités d'eau souvent fort différentes, cela tenant à la nature des bases, pu plutôt à celle des métaux qu'elles contiennent , qui nécessite un état particulier d'équilibre dans des cii^onstances pour ainsi dire

580 OXOÏOB8.

identiques , un même sulfate pouvant prendre des quantilés variables d'eau selon la température , il est probable qu'une seule base pourrait , dans des circonstances convenables, donner des sels avec i, a, 3..«.. zo ëquivalens d'eau. Les sulfates calcique, strontique, barjtique, plombique, lithique, potassique et sodlque résistent à une température très élevée sans se décomposer^ les autres sulfates se décomposent à des tem« pératures variables, en donnant des produits également Tariables; les sulfates calcoïdiques sont peu ou point solnbles dans Veau; les sulfates barjtique et plombique sont ceux qui sont le moins solubles dans ce liquide.

Les sulfates solubles sont reconnaissables à ce qu ils donneiit par un sel bary tique lorsqu'ils sont dissous dans Peau, un précipité blanc insoluble de sulfate barytique. Ce précipite est même insoluble dans l'azotate bjdrique bouillant; recueilli et chaufié avec du charbon dan» un creuset brasqoé et fermé; il donne un résidu de sulfure de baryum , soluble dans l'eao, et dévelôppapt l'odeur d'œufs pourris lorsqu'on l'applique snr la langue. Sa dissolution donne du gaz sulfure hydrique par l'addition du chlorure hydrique, et un dépôt de soufre, par celle de l'acide azotosique ou du chlore.

,ftiillkttt hydrîqoes.

Ainsi que cela a été dît précédemment, il existe plostears sulfates hydriques; il ser^ d'abord question ici du sulfate monohydrique.

SuLFAts MONOHTDEIQUE. — Huile de vitriol^ adde vitnoliquej acide sulfurique , adde sulfurique concetUré. SO4H = SOs,HO = 6i2,5. Au ix" siècle, le sulfate hydrique était oonna de Géber et de Rhazis , qui l'obtenaient par la distilUtion do vitriol vert (sulfate de fer).

Le sulfate monohydrique est un liquide viscpicux, ioco* lore, dont le poids spécifique r=z i,845; sa chaleur spécifique = 0,349, ^^^^^ M^« ^e 1a I^ive et Marcet, il se solidifie à — 34*, et donne des cristaux prismatiques qui paraissent appartenir au système trihortaxique ; chauffé , il n'entre ea ébuUition qu'à -f 3a6<> sous la pression de l'atmosphère. 0 adhère fortement aux vases qui le contiennent, et donne iien i\ des soubresauts qui rendent sa distillatipu fort difficile eMrés dangereuse; aussi ne doit on b tenter que dans de petites

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cornues, et encore faut-il y ajouter des spirales de fil de platine qui rompent la coucbe de liquide et empêchent les soubresauts. Le sulfate monohydrique est fortement hygroscopique 9 et ne donne pas sensiblement de vapeurs dans le vide; aussi remploie -t- on fréquemment dans les laboratoires de chimie pour dessécher des substances sous le récipient de la machine pneumatique.

Lorsque le sulfate hydrique s'unit avec l'eau, il se développe beaucoup de chaleur (Y. p. 169), avec la glace en poudre , ou plutôt avec la neige , il donne lieu à un abaissement ou à une élévation de température , selon les proportions : I partie de neige et 4 parties de sulfate mono-hydrique à 6^ donnent une température de -f- 100", tandis que 4 parties de neige et i partie de sulfate hydrique donnent lieu à un abaissement de température de — ao* (voyez l'explication de ces phénomènes , page 17a ).

Le sulfate monohydrique est très caustique et détruit les matières organiques avec une facilité extrême , en donnant lieu à un produit noir qui a l'aspect du charbon; cependant il dissout la matière colorante de Tindigo, sans en détruire la couleur. Lorsqu'il se dissout dans une grande quantité d*eau , il a une saveur franchement acide : il est inodore et rougit fortement la teinture de tournesol ; il n'en faut qu'une très faible quantité pour produire cet effet.

Lorsque Von fait passer la vapeur du sulfate hydrique dans un tube de porcelaine chauffé au rouge, ce sulfate se décompose en eau , en oxygène et en gaz sulfureux.

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