XI
— itrootique (strontianite)
117* Si
— barytique (wilhérile)
iiS* 5/
Solbte barytique (barylioe)
loi» 4a'
— plombique (augléute)
io3" 4a'
— itrontiqiie (célcstiDc)
Pour compléter ce qui est relatif à Tisomorphisme, il faudra prendre connaissance de Visomoi^hisme par substitution^ de Tisodynantie, des équivalent et de Vhétéromorphisme.
ISOMÉRIB.
En étudiant les corps avec attention, on en a trouvé qui, possédant une composition chimique identique, jouissaient de propriétés physiques ou chimiques dificrcutes. Ainsi Ton connaissait depuis bien des années le carbonate de chaux en cristaux appartenant au système ditriaxique, et en cristaux trihortaxiqa«s absolument incompatibles avec les prccédens, et pourtant Vexamen le plus apjirofondi n'a pu faire découvrir la moindre différence dans la proportion de ses élémcns. Dès i8a5, M. Faraday avait découvert plusieurs carbures d'hydrogène j vola-
d6 G058TiTQTimr ras corps.
tik on gazeux, dont les élëmens étaient rëunil dans le même rapport^ mais dont la condensation était fort différente, et il avait appelé l'attention des chimistes sur les corps qui se présentent dans une pareille condition (i). En i83i, à la suite d*un travail fort remarquable sur les acides tartrique et racénique, dont les composés salins se trouvent dans la même condition que le carbonate de chaux, M. Berzélius a de nouveau attiré Pattention sur les faits de cet ordre, et il les a généralisés sous le nom Xisomérie (a). Voici comment il s'exprime : « Sous la dénomination de corps isoniériqueSj je comprends (( donc ceux qui, avec une composition chimique semblable et <( un même poids atomique , possèdent des propriétés diffé- « rentes. Il y a encore une autre espèce de corps qui, avec la « même composition pour cent parties ont des poids atomiques « di£férens, pour la plupart multiples les uns des autres. »
Ainsi, dès l'origine de la découverte, les corps isomériques ont été divisés en deux groupes : dans l'un viennent se ranger tous les corps qui , ayant une même composition ultime et un même poids moléculaire, jouissent de propriétés différentes; dans l'autre, on trouve encore des corps qui ont une même composition ultime , mais qui ont des poids moléculaires différens. Dans ce dernier cas les poids sont toujours des multiples ou des sous-muItiplcs les uns des autres.
Peu de temps après l'observation de M. Berzélius, M. Dumas (3) a divisé le premier groupe des corps isomériques en corps dont les propriétés physiques seulement sont altérées, comme la densité , la dureté et la forme ^ ainsi que cela se présente chez le soufre et chez les oxydes qui prennent des propriétés nouvelles par l'action de la chaleur, et en corps qui jouissent de propriétés chimiques différentes , mais qui conservent toujours un même poids atomique, comme l'acide fulminique et l'acide cyanique , oomme l'acide tartrique et l'acide paratartrique.
Aujourd'hui, d'un commun accord, les chimistes donnent
(i) Jnn, de ck, et Jêvhjrt.^ t. uz, p. a 85.
(a) Isomérie Tient de (oç sembUble, et de Mi^H pirtie : parties semblables. Lai corps isomériques sont formés de parties semblables par îear nature cbimi<|ue. Voyet Jim, de ek, ei depkfs,, t. xtYr, p. iSS.
(9) itfwi. de Mme c« de physé^ue, U xvntg p. Sai.
le nom de polymorphiame (i)à la condition dans laquelle te trouvent les corps dn premier groupe, et Fon a spécialement résenré le nom d'isomérie pour les corps des autres groupes. Cette condition a d'abord ëté appelée dîmorphisme (21); mais ce nom quf était quelquefois insuffisant , comme pour les soufres et les carbones, a été remplacé par celui de polymorphisme qui convient mieux. Cependant il est encore employé lorsque Ton compare un corps dans deux ctats différens.
I^ns ses leçons sur la philosophie chimique , M. Dumas explique théoriquement la diflférence qui existe entre le polymorphisme et le premier degré de Tisomérie proprement dite. Voici comment il s'exprime t a Youleat-vous produire des corps « polymorphes, prenez des équivalens, c est-à-dire des molé« « cules composées complètes, et sans altérer chacune d'elles en « particulier , modifiezdediversesmanièresleur arrangement, « il en résultera différentes masses, qui constitueront autant « d'élémens différens du polymorphisme.
a Voulez- vous au contraire avoir des corps isomères ; « agissez sur les atomes élémentaires eux-mêmes, et groupez* « les diversement , de manière à former des corps dans cha* « cnn desquels les molécules composées soient le résultat d'un « arrangement différent de ces molécules élémentaires ^3). »
Cette opinion a été complètement adoptée par M. le baron Thenard dans son essai de philosophie chimique {Traité de chimie, t. t, p. 48i-48a).
Lorsqu'on examine les faits àpriori^ cette distinction parait convenable , cependant lorsqu'on en fait l'objet d'une étude approfondie, on ne peut l'admettre ni sans réserves, ni sans modifications. En effet, pour qu'elle fût complètement admissible , il faudrait d'abord qu'elle fût parfaitement enharmonie avec les faits , et que , ensuite , la théorie admise pour Texpli* qoer, s'y prètftt entièrement : c'est ce qui paraît ne point être.
En procédant à l'examen des faits , on trouve le bisulfure de fer qui fournit un exemple si remarquable de diroorphisme : Ton, la pyrite j cristallise dans le système isoaxique; lautre ,
(1) Poljmorphbme ^ient de IIoX^ plusienn, et de Mo^ forme: corps qui alfecte plusieors formes, (a) De A(c deux, et de Mop^ forme: corps qoi affecte deux formes. (3) lê^iu mr hphîhtopkiê tkimipie, p. Si 7b
a8 coKSTXTUTioir dbs corps.
la speriise y cxutBiWise daDS le système trihortaxiqne , et l'on peut ajouter que la densité de la première est plus grande que celle de la seconde-, mais ces corps ne jouissent pas seulement de propriétés physiques différentes : la sperkise, soumise à Taotion de l'air humide, se transforme facilement en sulfate de fer ; la pyrite , au contraire , est fort lentement altérée dans les mêmes circonstances, et si Ion s'en rapporte aux éludes miné* ralogiques, elle se transforme définitivement en limonUe ou hydrate de sesqui-oxide de fer en perdant complètement le soufre qu'elle contient. Les fers bisulfures sont*ils simplement polymorphes ou sont-ils isomères ? En prenant les exemples mêmes choisis par M* Dumas qui dte les oxydes modifiés par la chaleur, peut- on admettre exclusivement qu'ils soient polymorphes? On sait que les propriétés chimiques du bioxyde d'étain offrent assez de différence dans cette circonstance pour que Fun joue le rôle d'un acide et l'autre celui d'une base !
M. Berzélius avait distingué les corps polymorphes des corps isomériques , en ce que ceux-ci conservent leurs propriétés dans les réactions chimiques, tandis que les autres les perdcBt; mais cela est du à une circonstance qui permet d'en rendre un compte facile: si les corps polymorphes sont détruits parles réactions chimiques, c'est que ces réactions les font passer dans d'antres types; tandis que les tartrates et les paratartrates, par exemple, conserrent leurs types en s'unissant à de nouveaux corps simplement par substitution. Cela tient à ce que l'on considère comme des acides des corps qui ont une constitution saline. Ainsi, l'acide tartrique et les tartrates appartiennent au même type, l'acide paratartrique et les paratartrates appartiennent à un autre type qui est le même pour eux tous. Mais que l'on agisse sur ces corps à l'aide d'agens qui peuvent les détruire, et ils àxmncnifinalementXes mêmes produits, parce qu'ils ont une même composition élémentaire.
Comme on le voit, les faits ne se prêtent pas i l'adoption de la théorie aussi facilement qu'on pourrait le penser; mais cela ne veut point dire que la distinction théorique soit toutà-fait mal fondée, il en résulte seulement qu'il est difficile de dire si des corps sont simplement polymor|)hcs ou isomères.
On comprend facilement que le polymorphisme puisse être dûi la modification de l'arrangement moléculaire} mais je ne puis admettre que cetlç modification ait lieu sans que les
I80MÉEXB* ^9
molécolcs eUes-mèmes soient modifiées. En effet, la symétrie des criataax est dne à celle des molëcnlcs, et si ceux-là ont une forme déterminée, c'est que la condition première de cette forme se trouve dans celles-ci. Reste à savoir mainte-* nant si des molécules , d*nne nature déterminée, peuvent se grouper de divcrsl-s manières sans se modifier, cela n*est pas probable. La relation de symétrie des molécules et des cristaux, consiste en ce qu'ils ont des axes de mêmes natures, et que les axes des molécules, à quelque ordre qu'ils apparlien* nent, sont parallèles aux axes correspondans des cristaux^ on se trouvent dans leur continuité. Cette loi de symétrie est indiquée par les phénomènes optiques.
Les phénomènes de double réfraction et de polarisation sont enchaînés avec la forme des corps, ainsi que cela est démontré, notamment par les travaux de M. Brewster ; mais ces pfaénomè« nés sont moléculaires, parce que les axes de double réfraction et de polarisation sont simplement parallèles aux axes des cristaux et se iretrouvent dans tous les points ou l'observation peut être faite. Cette relation remarquable indique évidemment le parallélisme des axes des molécules avec ceux des cristaux. Ainsi le* axes des molécules sont nécessairement parallèles à ceux des cnstojux qtiellss constituent. Reste maintenant & savoir si des axes secondaires peuvent devenir des axes principaux. Cela ne peut- être admis qu'autant que la relation des axes des molécules se tronve changée soit dans le rapport de leur dimension, soit dans leur incidence relative; car, ce qui a été dit pour un axe principal peut être dit également pour tous les autres axes, et ceci est une conséquepce exacte et rigoureuse de la symétrie des cristaux; ainsi, dans un cristal cubique si les axes hexaédriques sont parallèles, il en découle nécessairement que les axes octaédriques et les axes dodécaédriques le sont aussi. Il résulte donc de cette observation que la forme des cristaux ne peut changer^ quelque sorte d'axe que ton prenne pour axe principal^ sans que les molécules elles-mêmes éprouvent une modification.
Cependant il y a un cas particulier relatif an groupement des molécules octaédriques à axes inégaux qui permet de penser que des molécules identiques peuvent se grouper de deux manières différentes. En effet, soit la projection horizontale d'une molécule octaédrique du système rhombiqoc
3o CONSTITUTIOU DIS CORPS.
oa trihortiixiqite ayant un axe normal au plan de projection } cette mollëcule donne alors un rhombc, et l'on voit que plusieurs de ces rhombes peuvent se grouper de deux manières différentes en conservant le parallélisme de leurs axes, comme cela est indique dans les figures suivantes :
Les deux autres projections normales aux deux autres axes des cristaux octaédriques donneraient naissance à des figures du même ordre : or, dans ces deux au, les cristaux appartiens drdient encore au même systèmcy seulement le premier groupement donnerait naissance à des cristaux prismatiques clivables parallèlement aux pans d'un prisme rectangulaire, et, le second, donnerait des cristaux clivables parallèleftient aux faces d'un octaèdre symétrique. J'ajouterai pourtant que Tëquilibre qui résulte de ce dernier genre de groupement me patatt le seul possible.
Quelle est donc l'altération qui produit les corps polymor^» pbes et dans quelles limiter cette altération se trouve*t-eUe renfermée ?... C'est une solution que l'on est en droit d'ea«« pérer , mais que l'on ne saurait aujourd'hui donner avec as* iurance. Toutefois , il pourrait bien se faire que le polymor* pbisme ne fût qu'un cas particulier de l'isomérie.
Les modifications que les molécules peuvent éprouver sont assez considérables s elles portent sur le nombre et la position relative de leurs élémens. L'isomérie peut même se faire sentir jusque dans les molécules secondaires et sans doute encore au- At\L D'une autre part , les molécules peuvent se diviser ou se réunir en totalité ou en partie. Dans le premier genre d'isoméfie, le nombre des molécules est conservé , dans le second il est changé.
Je ne rechercherai point ici quelles peuvent être les modifi-cations qui produisent l'isomérie , je ferai seulement observer que, dans le polymorphisme bien constaté, il parait jr auoir conservation du type moléculaire^ et simplement variation daoa la reklion des axes des molécules; que, dans Tisomérie sans
iioMte». 3f
cbangement dans le nombre des molécules , le type molécalaire n'est pas le même , c'est-à-dire que les ëlëmens des sys^ tèmesmolëculaires ont cbangë de nombre ou de position, ou de Tun et de Tantre à-la-foi^. Etque* dans risomérie avec cbangement dans le poids ou dans lie nombre des molëcnles, ce qui conduit au même résultat, il peut se présenter plusieurs cas diffé» rens : un dans le<piel le type moléculaire est semblablci comme dans les carbures d'bydrogène : C H/ Ca H a, C 4 H 4, Cie H is { on autre dans lequel il peut y avoir une relation de types qui fait cpe les systèmes moléculaires qui en dérivent reviennent faci« lementautype primitif; c'est ce genre d'isomériequiappar» tient généralement aux corps qui cbangent d'état : ainsi, la vapeur de mercure est hémi-moléculaire relativement au mei^ cure Uquide, et la vapeur de soufre est tri-moléculaire relati* vement au soufre solide; c est-à^ire qu une molécule de mer* cure liquide se partage en deux en passant à l'état de vapeur^ et que trois molécules de soufre solide , au contraire, se réa« Hissent pour former une molécule de vapeur. Le radical de l'a« cide citrique, qui subit tant de modifications dans seacon^* Baisons, appartient probablement à ce groupe. Il y a enfin ua troisième cas dans lequel les molécules paraissent n'avoir qu'une relation de poids indépendamment des antres condî* tkms de 1 uomérie » comme oeUes de la naf^taline et celles de la paranaphtaline.
Il serait sans doute convenable de désigner les difi*érens cas de polymorphisme etd'isomérie par des noms particuliers, soit collectifs, soit spécifiques 5 mais il suflStde lea avoir signalés aux savass^ lea noms viendront à mesure que des travaux en eugenmtla création. Toutefois, en attendant, je conserverai le nom d'isooiérie pour tous lea cas dans lesquels les corps ^ ayait use même composition ultime , ont cependant des pro* priélés distinctes, k quelque ordre que ces propriétés apparu tiennent, et l'isomérie sera divisée en trois parties principales^ i cela est indiqué au tableau suivant :
Polygffhbaie. Conservitîoa du typeaM^écolâirs» modtflcalioiM dans le» propriétét appareatMk natarcs combinés J Isomérie simple. Types moléculaires difTérens ayant na dans le même j même poids#
rappart pond^ f Isomém nalli* Poids ndécalaires mvltiplei e« lal. \ pie. Bukiples lea ont des attUtfk
3 a COHSTITtTION DfiS GOEPS.
Xsahmb dcf Mwps poljinofplw0«
Les corps polymorpbes ne sont point seulement modifiés dans leur fonne, comme leur nom l'indique , ils le sont aussi dans leurs propriétés optiques, ainsi que cela devait être nécessairement, puisque cet ordre de propriétés est enchaîné à la forme des corps: ainsi donc, la chaux carbonatée, quand elle appartient au système ditriaxique , possède la double réfraction à un seul axe , et quand elle appartient au sjrstème trihortaxique , elle possède deux axes de double réfraction, comme cela a lieu pour tous les cristaux du même système. En général , le poids spécifique et la dureté "subissent aussi des modifications : le calcaire rbomboédrique est moins dense et moins dur que l'arragonite. La caloricité spécifique des corps polymorphes est généralement plus faible dans ceux qui ont une densité plus considérable. Ils peuvent aussi ofirir des différences dans la manière dont ils se comportent avec les agens chimiques , mais en général ces différences portent plutôt sur Tintensité de l'action que sur sa nature : Toxyde de chrome calciné devient inattaquable par les acides pi en est de même pour le sesqui-oxyde de fer , mais à un moindre degré. Cette différence dans l'intensité de l'action des agens chimiques peut indiquer une différence de structure , mais il ne faut cependant point y attacher mie trop grande valeur, car il suffit que les particules d'un corps soient plus rapprochées pour que ce corps cède plus difficilement aux agens chimiques; il suffit même qu'un corps soit dans un état électrique semblable i celui de l'agent que l'on met en contact avec lui, pour que Tao» tion chimique devienne nulle ou presque nulle : l'acier peut être inattaqué par Tazotate hydrique dilué , mais il suffit ^e le mettre en contact avec un morceau de cuivre quelconque, pour qu'à l'instant même l'action s'exerce avec énergie ^ le zinc pur , coulé récemment dans l'eau, est de même presque inattaquable par le sulfate hydrique dilué. Quelquefois pourtant l'action chimique a complètement changé de nature chez les corps polymorphes , comme cela a lieu pour les bisulfures de fer et pour les bioxydes d'étain. Il pourrait bien se faire encore que les oxydes de chrome et de fer ne présentassent point le dimorphisme , et que les différences que Ion observe dans
POLTMOEPH18HB. 33
rintaiâtë de l'action chimiqae , fassent dues à ce qu on Ie3 compare à Tétat d'hydrate et k l'état anhydre.
Lorsque les corps ne cristallisent point, il peut donc y avoir d'antres propriété que la forme, qui peuvent mettre sur la voie du polymorphisme.
Indépendamment des deux formes que le soufre peut affecter, on le trouve encore amorphe, mou et d'un poids spécifique beaucoup plus faible que celui du soufre cristallisé. Le bisulfure de mercure , préparé par la trituration du soufre avec le mercare,est noir ; le même sulfure, préparé parla sublimation ou par voie humide, est d'une couleur rouge vif et constitue alors le vermillon même. Il est éminemment probable que le soufre mou et le sulfure noir de mercure, quoique ne cristallisant pas, sont dans des états moléculaires particuliers. // résulte de cet ordre défaits que le poltmoephishb, malgré son étjrmologie^ se rapporte tout aussi bien à la forme moléculaire^ qu^aux formes obsert^ables ; sans cela , il faudrait un autre nom pour généraliser cette différence d'état dans lequel les corps peuvent se pràenter. Onaproposé d'établir un groupe de corps amorphes; mais ces corps sans formes déterminables se rapportent au polymorphisme d'après l'idée générale que l'on eu a , et c'est la signification trop précise du mot polymorphisme qui a pu faire naître lldée de créer un pareil groupe. Il ne me parait point convenable de l'adopter.
Polymorphisme produit par une variation de température^-^ M. Mitscherlich , à qui l'on doit une suite de recherches si remarquables sur la constitution des corps , a été jusqu'à rechercher quelle pouvait être la source du polymorphisme. L'étude approfondie des propriétés du soufre lui a permis d'é» lacider beaucoup cette importante question. Il a vu que la seule variation de la température , toutes les autres circonstances restant les mêmes, suffisait pour que les corps fussent modifiés de manière à se présenter sous des aspects difiifrens: ainsi le soufre cristallisé naturellement, tel qu'on le trouve aux environs des volcans en activité , et le soufre que l'on fait cristalliser à la température ordinaire après l'avoir dissous dans le sulfide carbonique , se présentent sous forme d'octaèdres symétriques plus ou moins modifiés ; tandis que les cristaux obtenus vers i lo, pendant la solidification du soufre en fusion, dérivent d'un prisme oblique & bases rhomboïdales, géomc*.
84 GONSTlTCTiOll M0 00&P8.
Iriqtieiiieiit incompatible atec la totmë du soufre cristallisa k la température oràiiiaire« (t)
L'acide anënieui, le bi«cblonire et le bi-iodnre de mercure ae présentent aussi sous des formes incompatibles, selon qu'on les fait cristalliser à des températures différentes i k la temp^ imtait ordinaire ^ l'acide arsénieux se présente sotts forme d'octaèdres symétriques ) lorsqu'il a été cristallisé par sublimation, il est en octaèdres réguliers. Dans les mêmes circonstances, le bî-eUofure et le bi-iodure de mercure sont en prismes droits rbombûïdaui ou en octaèdres à bases rectangulaires.
Le acMdbe cristallisé par fusion, l'acide arsénieux et le bl-iodurt de mercure, cristallisés par sublimation, et lé phosphore réonument fendu, sont d'abord transparens ; mais^lorsqu'on les OQiisetre, ils deviennent peu-i-peu opaques , et sont amenés ainsi à la atrocture quHls affectent à la température ordinaire. Ceci cet démontré par l'obserration microscopique du soufre, et par l'opacité que prennent ses cristaux, opacité qui est due k une multitude de fissures dans lesquelles l'air vient s'interposer, et s'oppose à la transmission de la lumière* Le phosphore limpide et incolore devient peu>à-peu blanc et opaque par une modification du même genre. Les couleurs du bi-iodure de mercure démontrent aussi ce fait de la manière la plus évidente : préparé à la température ordinaire, il est rouge; cristallisé par la sublimation, il est jaune. Ces derniers cristaux abandonnés à eux-mêmes ou soumis à une simple trituration raprennent la couleur rouge.
Si l'on chauffe lentement du soufre jusqu'à le mettre en fusion, il est jaune, limpide et très fluide aussitôt qu'il a atteint cet état. Si on le chauffe davantage, sa fluidité diminue peuà»peu, jusqu'au point de ne plus couler qu'avec difficulté vers la température de 220^ k a6o^; si à cette époque on le fait tomber dans l'eau, il y conserve de la transparence, une otmaistance molle, et possède en outre une élasticité assex grande pour qu'on puisse l'allonger en fils qui reviennent sur etiX'*mémes, lorsqu'on cesse de les tirer, comme cela aurait lieu pour du caoutchouc. Si on continue à chauffer le soufre, sa viscosité diminue, et il finit par entrer en ébullition.
(0 ^inn. de chimie t de phrs., t. jxvr, p. 204.
potTiioiimsifi. 3S
Le aoofre moti^ prépare comme !l vieut d'être dit, revient pett4-peu à T^^tat de soufre dur, identique avec celui qui a éié prépré à la température ordinaire. Si on le chauffe lente*^ ment, de manière à ce qu'il le soit paiement dans toute sou épaisseur, on trouve que, vers la température de ioo«, il devient subitement solide.
L'arragonite est au calcaire, ce que le soufre prismatique est tu soufre octaédrique; mais le calcaire présente cela de plus que le soufre, qu'il paraît pouvoir se former & des températures as^ ses distantes Tune de l'autre pour qu'il eiiste en dessous et eu dessus des limites dans lesquelles se trouve renfermée l'existence de l'arragonite. Celle-ci offre une ferme transitoire qui ne peut se produire que dans un espace de température de too & 4oo^ enviroUé Quand des cristaux de carbonate de cbaUx prennent naissance à la température ordinaire ^ comme cela s'observe dans la formation des stalactites par là décomposition spontanée du bicarbonate de chaux, ou en fai^» sant réagir lentement la vapeur du sesquicarbonate d'ammo-* nisque sur le chlorure de calcium en dissolution^ 11 présente Ul structure cristalline rhomboédrique} quand on fondlemémtf sel par la chaleur, sous une pression suffisante pour qu'il ne se décompose pas, il présente encore la même structure. Lorsque le carbonate de chaux cristallise dans l'eau bouillante^ les cristaux que l'on obtient possèdent la forme del'arrag<mite« D*un« ntre part, si l'on chauffe Tarragonite à une température voi* sine du rouge, mais bien inférieure à celle à laquelle elle se* rsit décomposée, elle se détruit subitement, et si l'on examiui» au microscope les petits fragmens qui r^ttltetit de sa destruC'* tien, on trouve qu'ils ont la forme rhomboédriqucé
Les cristaux d'arragonite ne peuvent donc exister qu'entre deux limites de température assez rapprochées, et nous of<* frent, partout où ils se trouvent, une notation (hcrmométri* que que la nature nous a laissée pour juger la température des roches qui Tavoisinaient lors de sa formation.
Il fiiut pourtant ajouter à la comparaison de Tarragonite avec , les autres corps polymorphes qui ont été formés dans des circonstances semblables à celles où elle paraît avoir pris naissance, qu'elle se conserve parfaitement à la température ordinaire sans se détruire, et même sans perdre sa transpareaoe; circonstance que ceux-là n'ont point encore présentée.
38 GOirSTITVTlON PBS QOEPS.
indiquer quUl s'opère une modification dans la constitution mécanique des systèmes moléculaires de ces corps.
Si Ton dissout l'acide arsénieux octaédrique dans le clilorure hydrique, et si l'on entretient la dissolution à une température d'environ 5oo, elle paraît lumineuse pendant un temps assez considérable, et, quand ce phénomène a cessé, tout l'acide arsénieux octaédrique se trouve changé en acide arsénieûx symétrique. La lumière est sans doute encore ici développée par la réaction moléculaire qui produit le change* ment d'une forme dans une autre, (i)
TAMXJULV
Carbooei
driquM.
t j Grapbyla Khonboèdn.
I CbarboD Amorphe.
/ Soufre nalofel oq OeUèdra fjmèlrif Mi
SM«-«l7dedeaaiT. O Gs <|« . . .
SoQMvlL "de fuiv. 8CU2. -
S«M mir. d'wgeiM. S Ag 3 • . .
8»]farademBg«a. 6 Ma. . . .
Si-atlonire oe mer* m \w CBi* L.I Hg . , . .
Bi-io4aie de aier- t Va «lire * **8« • • • '
Acide titflni<|iie . . Ti O2 • . . • Si-inlAm de fer. . Ss Fe • « , .
Aeide •rténieux. . O3 As. . , .
Aeide amimoaicai. O3 Sb. . . ,
Carbooete eeleaire. C O2, Ca O. , Carbonate mané. ^^ ^ •* ^
riea 777 CO2, MaO
Carbooaie de fr, . C O21 Fe O .
Carbon, de plomb. C O2, PbO .
ChrenaaLdo plomb. O Og,' Pb O.
Atotate depotane. AzOs^ KO .
erisiallûé à la lem-
pér. ordioaire. , , Soufre erbuUiiépar Prime oblique rfaonboldal.
foaioa. ......
Hou Amoipbe.
ZifnéUiie Snlime iioaxi(|iie.
— Bbombeèdre de 99* it*.
— Oelaèdre r^ulier.
Chaikouoe Prbme hegaèdre.
Aii^row. Crleiani iaeatiqnaïf
— Bbomboèdi«.
^ . . . . ^ Cube.
— Bbomboèdre.
SnbUané Syalèmo rbonfctfno.
CrietatUté par duao- Oclaèdret leoUogulairea.
Jaune ou aublimè. . SjMène rfaombiqae. Bou|e ou prép. ils OotaHrea ieeian|«lairf««
lemp. ordinaire. .
luUiile Prinnef i baiei carrti».
Brookiie Lamea rbomboidaki-
Pjrite S^ème iioasiqao bfaaiidri-
que.
SpeiUeo ...... Sjitèiiie boHeiJquo.
Sublimé .,.».. Ootaédre relier.
Ctiaialliaé â la (era- OotaAdre •jmétriqve.
p4r. ordinaire. . .
— • Priame rfcomboldal.
— Oetaédre réfulier.
Calcaire Bbomboèdre.
Arrafonite . , . « . Priamea rbomboidops. Giebertite. .... Bbomboèdre.
~ Priamoa Hiombeidnia.
Sidérofe Bboaaboèdre.
Jankèriie. Priamw rbonboidaus.
— ..... Bbomboèdre.
Cém»e (Bcudam). . Prisme rbombohhl.
Croooiie Priamea obtiq. itomb,
~~ Priamei i bama earréoa.
— ..... Priame rbomb. droit dn lia*
aa'(LéT,.} ~- Bbomb. de io6« 56*.
(0 H. Rose, Journal tU pharmacie, t. *xu, p. aoo.
MUHtelB MWU.
{BaO Sr O . . . . , CaO !
B3 Of» Aa . . , . .
fcJt d. «nDéâe. SO3, Ma O, 7HO , , ,
8dbi.dt due. , . 50s, Zn O, , HO . . . S«IÙI.*>eid.SOs, HiO, 7 HO . • ,
MWMieiâe. . SOs, Za G, 7 HO . . .
r?d-.tr*T.(«>8)5.KO,HO. . ..
Croeoli» Vrimu droit i
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fdoeran ..... . PrfflBM earri^
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Criitallili de »5l' $7itènM hévripritwftîqo». »o- i«M, ....
Comme le mUmo ComoM 1« nllhte é» magn.
. , f PrimM rimmb. droit de f i*
. Prtime i kpww euréet.
. ArtaMifcMb.drtli.
eil
. OetMwv ejmMHflse*
On peut joindre k ce tableau le pbosphove blane et le phosphore limpide, l'oxjde rouge de mercure ei sa modification noire, quelques antimoniates, la zirc6ne, l*oxyde de dirome, le sesqui-oxyde de fer, le cymogèna et le para-cyanogène, et enfin les hydrogènes phosphores, inflammable et non inflammable, de la formule Hs P.
Les corps qui présentent Visomérie simple ne sont point sans analogie avec les corps pdymorphei» CoauHie eux, iU oBt im méoM poids moléculaire et une même composition nltiiM^ oonme eux ils peuvent aussi présenter des différences dans l'ememble de leurs propriétés physiques ; mai$ Um 0n Hffimnl meniUOemmt par la manàre dont leun moléçulêi s$ dmsent miê Vmfimnee des mêmes agens chimiques. Cependioit, conme c'est eette différence qui les caractérise esseaticUeiiieiitt il peut «irifer qu'ils se prései^ient i nous avec des pn^rîétés dont reniemble offre peu de différences. Tels sont le fonniate élhérîque et l'acétate méthylique; ces deux composés peureni (tre représentés par la fbrmuiLe Ce EU Oa ; mais si l'on vient aies mettre eu ocmtact avec l'hydrate de potasse, le premier te partage de manière k produire du formiate potassique et de l'alcool; le second donne de l'acétate potassique et de Pesprit de bois.
Presque tous les diimistes, et M. Dumas en particulier, ont pensé que ces réactions fusaient connaître la véritable consti*tnliou de ces sortes de oovps, et qu'ils devaient par cela mémm être considérés, ruB.oouuMe du Coraiiate d'éther hydrique, «C
40 GORSTITUTION DBS GOEPS*
l'autre, comme de l'acëtate dV'ther mëtbylique (i). Cette opinion peut être la représentation exacte de la vëritë •, mais la seule chose que Ton puisse rigoureusement conclure de cette réaction, c'est que ces corps ont une constitution moléculaire dififérente, et cela suffit pour en établir l'isomérie.
Xe formiate éthérique et l'acétate méthylique ont cela de singulier qu'ayant une constitution moléculaire différente, ils présentent une suite de propriétés qui offrent'à peine les plus légères différences. Indépendamment de leur composition ultime et de leur poids moléculaire qui sont les mêmes, leur densité à l'état liquide , celle de leur vapeur, et leur point d'ébuUition, sont presque identiques.
Les corps connus qui se rapportent à ce groupe sont très peu nombreux, ils se trouvent réunis dans le tableau suivant :
p iT rk ( Acétate méthylique.
L6 ne 04 I ponni^te étbérique.
d Az2 H4 O2
C2 Ha o
Urée.
Cyanarate ammonique.
Cyanate ammonique, hydraté.
Alcool.
Ether méthylique.
Les corps isomériques qui appartiennent à ce groupe sont des corps réellement distincts, les différences que présente leur état moléculaire devraient les faire considérer comme étant absolument indépendans les uns des autres. En d'autres termes, si l'on pouvait déterminer rigoureusement la constitution moléculaire des corps, et si l'on établissait une classification fondée sur cette connaissance, les corps de ce groupe se trouveraient fort éloignés les uns des autres; cela deviendra peut-être plus sensible si l'on considère que, malgré l'identité de composition cbimique de l'alcool et de l'éther d'esprit de bois ou éther métbylique, l'alcool a beaucoup plus d'analogie avec l'esprit de bois lui-même dont l'éther méthylique dérive, qu'avec ce même éther, quoiqu'ils aient une composition en
(i) Il temblerait, d'après la réaction précédente, que l'acétate méthylique et le formiate éthcrlque contiendraient de l*alcool et de Tesprit de bois tout formés; mais il a élé démontré que ces corps ne prennent naissance qu'en s'emparant de Teau d'hydralalion de Talcali employé |iour les décomposer. C'est cette eau qui entre dans les produits de la réaction et modifie leur eoinpoiition.
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apparence fort diffi^nte, et cela, sans aucun doute, parce qtt*Us ont une constitution moléculaire semblable , sinon identique.
La remarque qui précède peut encore servir pour établir que ce nest point la composition chimique des corps qui occupe le premier rang lorsqu'il s'agit de les classer, mais que c'est bien leur constitution.
On rapporte encore habituellement à l'isomérie simple ou proprement dite quelques cas qui appartiennent plutôt au polymorphisme; mais qui, cependant, ontune manière d'être tonte particulière qui les distingue jusqu'à un certain point des corps polymorphes. Les corps qui font partie de ce groupe sont formés de molécules que les chimistes considèrent comme salines, et dans l'intérieur desquelles on peut opérer des substitutions basiques ou métalliques. Ces corps sont réunis dans le tableau suivant :
g> n » f\ A I TâTlralcs.
r V i^ A f Malates.
L4 M2 OSA I Qoelcpies cttnlM.
Chacun des genres de combinaison qui se trouvent inscrits dans ce tableau a probablement une constitution qui lui est pro{He et qui l'accompagne dans toutes les combinaisons qu*il peut former par substitution. Ainsi tous les tartrates du même ordre, c'est-à-dire contenant des bases isarithmiques, auraient la même constitution, et cela est évidemment prouvé par les réactions chimiques qui permettent de les transformer les uns dans les autres, et les différences physiques que les tartrates pourraient présenter les uns à Tégard des autres, seraient de l'ordre du polymorphisme. Seulement le polymorphisme ne s'appliquerait point à des corps ayant la même composition chimique, mais bien à des corps ayant la même constitution : c'est ce que plus loin, on trouvera sous le nom à*héiéwmorphisme. Lorsque l'on compare un tartrate avec un paratartrate, ou un malate avec un citrate de même base, il y a dimorphtsme ; mais ici le dimorphisme est dû bien évidem^ ment à une différence dans la constitution des molécules, différence qui est probablemept due elle-même à ce que les
4a GCUfSTITUTlOff PW COEP8.
parties conatituanies des molécules n'oocupent pas la mémo position dans chacun des types mécaniques»
C'est sans doute à risomërie qu'il faut rattacher les godhposés qui sont formés par le hi«ozyde d'étain obtenu, soit en faisant réagir Tacide azotique sur l'étain^ soit en décomposant le chlorure stannique par un alcali ; car ces composés qui pa-* raissent identiques, quant à leur composition, renferment cependant Tacide stannique ou le bi*Okide d'ctain dans des états particuliers, puisqu'on peut les en extraire dans des états diffiSrc'ns en faisant usage des mêmes moyens* Quant aux deux corps, pris isolément, ils offrent sans doute une diiEérence plus grande que celle qui produit ordinairement le dimorpbisme i car il est probable que ces corps n'appartiennent pas au même type moléculaire*
Kramfm deg eorpi préfenlaitl rîsomérie iiiiiltqpl«.
Dans l'isomérie multiple, comme dans les autres genres d'isomérie, la composition ultime est la même; mais les poids moléculaires sont différens et se sont présentés jusqu'à présent dans des rapports assez simples. Malgré la différence des poids moléculaires, les corps appartenant à ce groupe se transforment quelquefois si facilement les uns dans les autres qu'ils paraissent être une même substance simplement modifiée, tandis qu'il en est qui sont si loin de présenter de (elles analogies qu'ils paraissent être des corps réellement distincts. Des con* sidérations de cette nature permettent de les diviser en quatre groupes principaux.
I. Dans le premier groupe viendront se ranger des corps qui, malgré la différence de leurs poids moléculaires paraîtront cependant appartenir à des types semblables (i|. Ces corps sont les carbures d'hydrogène C H, C% Hs, G4 H4, C46 H^t; Toléène Ce Hs, l'éléène C« H»; le citrène C5 H4, et le térébène Cio Hs.
La similitude des types auxquels appartiennent ces coprs est fondée sur la manière dont ils se comportent dans les com»
(t) Le mot ttmblMe «rt prit ici dtni Taceeplion que lai donnent les géomètres, il est dlsIiiiGt dn mot identi^nB. 11 indique «ne simple nlation et non |ioinl ridnitité.
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binaûons chimiques. U est éminemment probable qu'ils sont isotomiques et que la condensation a li«u dans les molécules teeondaires. C'est cette condition qui fait, par exemple, que le r61e dynamique du carbure d'bydrogène Cs Hs est le même que celui du carbure C46 Hu dans les vjil^m^ moléculaires dont ils font partie.
Cette observation qui me paraît bien fondée est la démonstra^ tionlaplus évidente de V existence des molécules de plusieurs ordres dans un même système moléculaire.
II. Si Ton admet, comme cela est très vraisemblable , que, sous des volumes égaux et dans les psèm^s circonstmoef de preuion et de température, les fluides élastiques contiennent sensiblement un même nombre de molécules, il est facile d'en déduire les poids relatifs de ces dernières, car il en découle qu'ils sont dans les mêmes rapports que les densités de ces fluider. D'une autre part, si l'on considère que la caloridté spécifique des corps est en raison inyerse de leur poids mo» lécnlaire, on a un antre moyen de déterminer le poids de moléonles dans na état quelconque* Si l'on compare les résuk Uts donnés par oes deux méthodes , en opérant toutefois sur des corps pris dans des états différens , soit solides , liquides oui l'état de vapeurs , on trouve qu'ils ne sont point identi-* qnes , mais que les poids obtenus sont toujours dans des rapports siniples« Il résulte évidemment de cette comparaison , ou que les deux méthodes ne donnent pas les résultats que l'on avait supposés , on que les molécules des corps se divisent ou s'unissent quand ils changent d'état. Cette dernière supposition est plus probable que la première. H résulte donc de cette observation que les modifications que les corps subissent en changeant d'état appartiennent à l'isomérie, et, dès i833, Ampère et moi nous l'avons signalée en même temps et cha* cnn de notre c6té (i).
fai réuni dans le tableau suiyant quelques exemples remar* qnables de ce genre d'isomérie :
(t) imtfwiuetiûH à PékU i^ le ehimiet p. 3S.^ Même êeientifyn€ ieimtridk^ 1840, p. z85.
POIDS MOLicULAlRU