‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 11 sur 102 · RAPPORTS · texte numérisé non relu

RAPPORTS

A l'état ulida

Ar^udaflaMe

DIS raiBs

ou liqaida.

élMUque.

KOlicOL.

ia«l^ (0.

aa6

xq8

3io

za4o

44 GORSTITimON DBS CORPS.

ROMS Dn SUB8TA9CBS.

Mercure* • •

Cinabre

Proto-chlomre de mercure

Eau

Bi-chlorure de mercure. .

fii-iodure de mercure . . •

Iode

Arsenic

Chlorure phosphoreux . .

— arséoieux. . . .

Soufre

Bi-chlorure d'étaia. . . .

Chlorure de titane ....

Phosphore

Acide arséoieux. .....

L'ÎBomérie d'un même corps à des éUiis diffërens est remarquable en ce qu'elle présente une substance qui se combine avec elle-même; mais cela n*a rien qui doireëtonner; car on conçoit facilement que le rapprochement des molëdiles, lors du passage des fluides élastiques à l'état liquide ou à l'état solide, doit permettre à ces molécules de réagir les unes sur les autres et de déterminer ainsi de nouveaux états d équilibre par le partage ou la réunion des molécules.

On se rendra facilement compte aussi que, dans les réactions chimiques, les corps pourront donner lieu à des composés identiques quoi qu'ils aient été pris dans des états différenS) parce que la présence d'un agent chimique fait naître une nouvelle circonstance qui amène un partage déterminé.

Quelques expériences de M. Cagniard de La Tour tendent à faire penser que certains fluides élastiques peuvent éprouver l'isomérie multiple par l'action combinée de la chaleur et de la pression. Au moins, quelques corps volatils, tels que l'ai-* cool , l'éther hydrique , le sulfure du carbone et le naphle rectifiéi peuvent-ils, par une température suffisamment éleyée, être réduits en vapeur dans un espace double ou triple de celui qu'ils occupent à l'état liquide et sous une pression qui paraîtrait insuffisante si l'état moléculaire de la vapeur de ces

(i) Le nombre ia65 correspond au mercure liquide. {%) Le nombre 37,5 correspond à l*eau liquide.

isoMiBiB muvmiA, 45

corps était ce qu'il estbabituellement ; ainsi un volume d'ëther hydrique liquide étant réduit en Tapeur et soumis à une tem* pérature de iSo"* se dilaterait jusqu'à occuper Sap fois sou Tolume primitif , et pour le réduire à deux volumes, en admettant qu'il reçût la chaleur suflisante pour ne pas changer d'état, il faudrait une pression de i64 atmosphères; oepen* dant j le phénomène dont il est ici question peut se présenter à la température indiquée tous une pression de Zj atmosphères seulement.

Les faits de cet ordre semblent évidemment indiquer que plusieurs molécules se sont réunies pour n'en former qu'une seule. Toutefob cela n'est qu'une simple supposition qui a besoin de vérification.

En comprimant le gaz de l'huile , qui est un quadricarbore d'hydrogène , on observe un phénomène comparable à celui dont il vient d'être question ; car ce gaz, en se conden^ sant, donne naissance à des produits nouveaux. D*une autre part, en chaufËint le même gaz, ses molécules se divisent et il se change en simple bicarbure d'hydrogène.

DI. Le docteur Pront a publié en i8i5 et 1816 (i) un mémoire dans lequel il fait remarquer qu'il existe un rapport déterminé entre les poids spécifiques des gaz, et, partant de certaines considérations, il arrive à faire la même remarque pour les équivalens chimiques qu'il suppose réduits en fluides élastiques. Cela le conduit à penser que « les poids spécifiques de « tous les corps à l'état de fluide élastique, rapiH>rtcs à Thy- « drogène, peuvent être exprimés exactement par des nombres « entiers, dont le plus élevé qui est relatif à lor, serait aoo. )> On verra dans le tableau suivant qui est extrait des Arma les de chimie et de pkjrsique le rapprochement des nombres qui paraissent le mieux déterminés, à cela près que l'oxygène est supposé peser 100 au lieu de 10 qui se trouve inscrit dans ce tableau. '

(1) Jan, of philos,^ by D* Tbonuon. Voir an extrait de œ dau H depfysiq,, 1. 1^ p. 41 1*

46 oomriTUTiuH ras goaps.

n»^àHÈmhmm^ PaMtipéeiO^in. fMê été tl«Ml.

rHM wn •■■«■«■. 11i,droj4n«. « i. l'o^iènf .= loo.

Ifjdrogène « t t9,5

Carbone « 6 75

Azote. •••••«. i4 >7^

Phosphore z4 Z7S

Oxygène iB 100

Soufre «••••.. 16 900

Galdom ao ab'o

Sodium . • a4 ^^^

Fer a8 35o

Zinc 3% 4oo

Chlore . « 36 4^0

Potassium 4o 5oo

Baryam «...*.« 7« 97^^

Iode ••«•••.• 114 i65o

Plus tard, M. Damas a publié un tableau dans lequel il â

rapproehë les corps qui ofmnt une relation simple entre leurs

poids moWculairei : le Toici tel qu'il Ta donne (1) :

filsmu!h «... t33o^4

1 «I. Palladium .«••«.. ^ • tSSif?

Osmium fsk44>a

Or. . • « « « » t942|0

Platine .«•<.....« td39,t Iridium • « . • * is33|a

Molybdène 4 . 598,5

x/a at. Tungstène Sgô^b

Cérium 574,7

i/ft at. Tantale (a) 576,8

Zino •«.••• 403»»

Yttrium 401,

t/ft at. Antimoine 4o3^

Tellure . « . 4oo^o

a at. Soufre • 402,3

Cobalt a68,f

Nickel 369,6

i/a at. Etain 867,6

n résulterait de l'ensemble de ces deux tableaux, qu il serait possible que les corps simples présentassent une sorte d'isomérie, et que la différence de leurs propriétés et de leurs poids moléculaires fût due à des modes particuliers d'arrangement et de condensation. Mais ces résultats ne peurent être adoptés sans discussion: ceux qui sont inscrits au tableau donné par le

(1) Leçons de philosophie chimique , p. 3 19. (a) Tantale est synonyme de colombium.

isoMims nvhrtPtt. 47

doctaur Profit ne sont point d^acoord avec les expériences les plus précises qne l'on ait pu faire jusqu'à présent. Ainsi, les proportions chimiques donnent ago y et non 3oo, pour le sodium; 3399 et non pas 35o, pour le fer, 490, et non 5oo, pour le potassium; liyg et non i55oy pour l'iode. Cependant, d'après kpoiJs spécifique de Facidecarbonique, onavaitporté le poids moléculaire chimique du carbone à 76,5, et, malgré cela , les Anglais qui rapportent ces sortes de poids à l'hydrogène, avaient toujours représenté ce corps par un nombre correspondaDtà75, qui est le multiple par 6 de Téquivalent de l'hydrogène, l'oxygène étant le terme de comparaison. Dans ces derniers temps, des expériences très précises, entreprises par MM. Dumas et Stass, ont établi le poids du carbone à 75, qui était le poids conservé parles Anglais et adopté par le docteur Prout«

Tout en admettant qxl'une seule matière a pu produire les divers élémens chimiques connus à cette époque, cette opinion ne vient point à Tappui de la pensée qui veut que les poids moléculaires soient des multiples les uns des autres par nn nombre entier; car, 11 est bien évident que Thydrogène est moléculaire, que son poids moléculaire déduit de son poids spé* cifique est la moitié de celui qui est adopté par le docteur Prout, et qu'il peut même se faire que ce soient les élémens constitutifs des molécules d'hydrogène qui se réunissent pour produire les antres corps, et non des molécules entières ; mais ces élémens ont un très faible poids , puisqu'en admettant que la molécule d'hydrogène soit divisible seulement par 6 , il n*est qu'égal i l'nnité dans le système qui prend l'oxygène =100 pour terme de comparaison. Gomme il est presque toujours possible de commettre une erreur égale à l'unité dans la détermination des poids moléculaires qui dépassent lOo; il en résulte que Fon ne doit pas corriger des nombres obtenus par l'expérience powr les faire coïncider avec le point de vue du docteur Prout. Seulement, si le carbone a un poids qui est exactement un multiple de celui de Thydrogène par 12, ou par 349 ou par 48, selon les considérations sur lesquelles on s'appuie, cela est une relation remarquable qu'il faut enregistrer, je le répète , parce qu elle coïncide avec le résultat de Texpérience, et non parce qu'elle la corrobore.

Si tons les élémens chimiques sont formés d'une seule ma^ tière toujours identique avec elle-même , mais arrangée de

48 GOKSTITUTIOir DBS CORPS.

diiïcrcntcs manières, on peut dire que cet arrangement n'a lieu que dans les molécules secondaires, et peut-être plus loin encore ; car le chlore , le br<)me et Tiode^ jouant exactement le même rôle dans les combinaisons, sont parfaitement isotomiques^ c'est-à-dire que leurs molécules sont formées d'un même nombre de groupes secondaires, qu'elles se divisent de la même manière dans les combinaisons , et que c'est dans les derniers groupes que doit avoir Keu l'arrangement qui dé* termine les différences qu'ils présentent.

L'observation des rapports qui existent entre les poids moléculaires chimiques, vient à l'appui des théories alchimiques qui admettent que les métaux peuvent être transmutés les uns dans les autres : il suffirait pour cela de modifier l'arrangement de leurs parties. Le fait ne parait pas impossible aujourd'hui. •

Héfomé dei faits relatifi à l'îtoméne.

AU premier aperçu l'isomérie est une chose simple et fiicile à étudier } car il n'y a rien de plus simple en effet que de se faire une idée de corps qui ont une même composition ultime, et qui jouissent cependant de propriétés différentes; mais lorsque l'on veut approfondir le sujet, lorsque Ton cherche à classer ces corps selon l'ordre de propriétés qui est altéré, il se présente immédiatement à l'observation une foule de cas particuliers offrant de telles différences, lorsque l'on vient à les comparer, que l'on ne sait comment les réunir, ni comment les distinguer. Ainsi, les différences des corps isomères portent tantôt sur leur poids moléculaire , tantôt sur leur forme, tantôt sur leur couleur, tantôt sur la manière dont ils se comportent dans les réactions chimiques ; mais il en est d*embarrassans et que l'on ne sait où classer, soit parce qu'ils présentent quelque complication, soit parce qu'ils sont étudiés d'une manière insuffisante.

Si l'on divise les corps isomères à /?ribr/, selon les idées que l'on peut se faire de la constitution des corp, on crée des groupes dont il n'existe pas d'exemples bien avérés. Si l'on forme les groupes en se fondant sur l'observation directe, on reste incomplet. C'est cependant ce dernier mode que j'ai préféré, afin d'éviter les détails nombreux, et prématurés peut* être, dans lesquels il aurait fallu entrer.

I80HÙ1B MVtTIFLE. 49

L'aisemble de ions les corps qni présentent un genre dH-somérie qaefeonqae, se trouve résumé dans le tableau suivant :

Corjupofymorpkiqueg,

1* Diaimett pmr la /orwÊë : SoQfr«,cirixiiies» pyrite et iperkise, fmfrm ôvydniés, eniTct sont-eoUoréi, inlftires d'argent» snlIereB de manguiiie, bî4odiircs de mercnre , acides anénieux , addes antiraonieuz , grenaU , idocraics , carbonates de cfaaiix » cwbonatcs de magnésie , carbonates de fer, carbonates de plomb, baryto-calcites , cbromate de plomb, nitrates de potasse, anilates de nickel , sulfates de aine , solbtes de magnésie , sélé« niâtes de iiBC, bi-snl&tes do potasses» b»-pbospliaies de sonde, léadhylites.

1* Diitûtcu par la eoaUur : lodnrcs jaune et ronge de mereure, sulfures noir et longe de mercure , oxydes de zinc blanc et jaune ,• sulfates sodiqoes bUnc et jaune, acides tantaliques blanc et jaune , acides bypo-axotlques*

3* Battîmes cm ùuliffùwu : Oxydes de cbrome, sesqui-oxydes de fer, ziqpAnes ,

ai aOnai : Hydrogènes pbospborés de la formnle Us P, acides arsènîenx, acides antiaionieux,bi«iodures de mercure, cyanogène et paracyanogène. (i)

Corps préseaiaat tUorniria simple,

i* Se eomhauaU dineigmaU et eommumqMomt des prapriéds âîjffirmaes aux

composés dont Us font partie : tes addes stanniques. 1* Disns lesquels ompeut opérer des suisHitttions sans qu*ils cessent (t appartenir

à an wdme type : Ttetntes et noènates « maintes et citrates , fulminates

etcjanales.

3* DonmnU Um à des réactions chimiques différenJtes : Formiate étbérique et

acétate métbyliqoe , alcool et étber métbylique , urée^ cyanale et cyanu-

rate d'ammoniaque.

Corps présentant tisomérie multiple,

I* Âpparîaumt à un type moïécuiaire semblable, mais non identique: Carbtires dliydrogène : CH , C) H9, G4 H4, Gie Hie ; Voléène Ce He, Véléèoe, C9 H9; 1ecîtrèneCsH4,letér6bèneGtoH8.

s* MétuUami de la oomUnaison dum mémo type moléculaire , qui rerient toujoun à un type déterminé dans les réactions chimiques : Presque tous les corps qui existent sous plusieurs états, teb que le soufre, le mercure, Tiode, etc.

3t Qui paraissent app€uienir à des types dif/érens .- Naphtaline et paranaphtaline.

K*Uomérie soupçonnée et non prouvée expérimentalement .«Celle que plusieurs élèmcns cbiBiqttes penvent présanter en les comperantles uns evec les autres.

Les modifications qui produisent Pisomérie me paraissent

(i) Pour être exact, il aurait plut6t fallu dire que le cyanogène et le pancjanogènè iTcxtrayaient d'une même combinaison, qui ttt la cyanure de mercure; «ûeela annlt canwtéffiié un groupe particulier que je n'ai pas jugé à propos <réMir.

So GOirsTniTTroii b« corps.

être deTéritables actions chimiqaes, quoiqu'il n'y ait quelquefois qu'un seul élément chimique qui réagisse sur lui-même; car tout cela résulte de systèmes moléculaires qui sont modifiésy et c'est l'étude même de ces modifications qui constitue la chimie. Pour les corps composés cela est de la plus grande éTidence) car, les molécules d'un de ces corps^ même sans changement dans leurs poids, subissent une modification isomérique, il sera évident alors qu'il se sera opéré une réaction entre les élémens des systèmes moléculaires, réaction qui aura pu les diviser» les réunir et les combiner dans un autre ordre, ou bien encore, les élémens d'un système auront pu passer dans un système voisin, et il aura pu s'opérer ainsi une j espèce d'échange ou cle substitution dont est résulté l'isomérie. De même, des astres qui présenteraient une grande excen* tricité , comme les comètes d'un système astronomique, pour- I raient passer dans un autre système si elles venaient à s'en rapprocher assez pout qu'il pût se les assimiler.

HBTiaOMOEFHISMBé I

Presque tous les corps qui peuvent être représentés par une formule chimique semblable ont été trouva cristallisés I sous les mêmes formes, cependant il y a enoore quelques eiceptions, et l'on conçoit que cela peut être, puisqu'un corps déterminé par sa composition chimique peut affecter plusieurs formes différentes*, mais , quand on connaît les formes qu'un corps peut affecter, on a tout lieu de soupçonner qu'elles se présenteront dans un autre corps qui est représenté par une formule semblable; ainsi on connaissait le carbonate de chaux sous la forme d'un rhomboèdre et sous celle d'un prisme droit à bases rhomboïdales, et l'on ne connaissait le carbonate de plomb et le carbonate de baryte que sous cette dernière forme seulement; mab on a vu récemment que le carbonate de |>lomb pouvait aussi cristalliser dans le système rhomboédri-* que, et l'on trouvera probablement quelque jour qu'il en est de même du carbonate de baryte. On pourrait citer beaucoup d'autres exemples à l'appui de celui-ci, comme ceux qui ont été offerts par le carbonate de fer et par le carbonate de magnésie, que l'on ne connaissait que Sous la forme rhomboédrique, comme le calcaire auquel ils ae rattachent par l'isomorphisme^ et que l'on connaît aujourd'hui sous la forme de ftkh

inÉTteOMORpRism. 5 1

mes rhofdboldaux isomorphes avec l'arragonite qui est encore un carbonate de chaux; on connaissait le cuivre ozydulé Cn % 0, sous les formes du système cubique , et le cuivre sulfure Cn t S^ sous une forme du système rhomboëdrique. L'analogie des formules devait porter à penser que l'on rencontrerait ces deux corps sous la même forme: car il ëtait probable que le polymorphisme leur permettrait de se trouver dans la condi- * tien de Tisomorphisme , et Pou a , en effet , trouvé du cuivre oiydulé appartenant au système rhomboëdrique, et du cuivre sulfuré appartenant au système cubique , qui viennent com* pléter l'analogie que la similitude de leurs formules avait fait supposer» Il y ci donc entre les corps de formules semblables une relation qui permet de soupçonner Tisomorphisme et le poIynM>rphi8me : c'est cette relation que je désigne sous le nom dliétâromorphisme (i). Les corps isomorphes ont seulement une même constitution, indépendante de la nature des élëmens qu'ils contiennent et affectent la même former les corps polymorphes sont représentés par une même composition chimique et se présentent sous des formes différentes ; les corps hétéromorphes ont une même constitution chimique , indépendante de la nature de leurs élémens, et ils affectent des formes différentes. Ils donnent l'idée du polymorphisme considéré d'une manière plus étendue qu'il ne l'a été jusqu'à présent , c'est-àdire dans le corps de même formule seulement, au lieu de l'être dans lescsorpsde même composition chimique. En un mot, les corps hétéromorphes représentent le polymorphisme des corps isarithmiques. L'hétéromorphisme est du même ordre que l'isomorpbisme et lui est directement opposé , ils s'appliquent tous deux rigoureusement aux mêmes corps : l'un les rassemble ' par l'identité de la forme, l'autre les disjoint par la possibilité qu'ils ont d'affecter des formes différentes. L'isomorphisme fait soupçonner la possibilité de l'hétéromorphisme, et l'hétéromorphisme conduit à rechercher si Visomorphlsme n'existe pas, car il est un cas possible de la condition de l'hétéromorphisme. Enfin, pour être bien compris, je suppose que l'on découvre un nouveau corps de la formule C Os A , en consi* dérant l'ensemble du groupe que cette formule représente, et d'après les exemples précédens , l'hétéromorphisme conduira

(i)I>efiTKoc autre, tidtfk^ foiine. Possibilité d^affeoler des fonnetdifféreatM.

Sa COIfSTlTUTIOlC DES CORPS.

à signaler les formes des systèmes rhomboédrique et prisma* liquë à bases rhomboïdales.

On connaît aujourd'hui la braunUe ou le sesqui-oxyde de manganèse Mu s Os sous la forme d'un octaèdre à bases car* rëes, et Toligiste ou le sesqui-oxyde de fer Fes Os, sous des formes dériyées d'un rhomboèdre. Ces deux corps sont hëtécomorphes, et l'on a tout lieu d'espérer que l'on rencontrera la braunite sous la forme actuellement connue de l'oligiste, et que Ton trouvera celui-ci sous la forme de la braunite. L'hausmanite Mns O4 cristallise comme la braunite, en octaèdres à bases carrées, et l'oxyde noir de fer Fes O4 cristallise dans le système isoaxique. Ces deux corps sont dans le même cas que les précédens.

L'hétéromorphisme représente cette irrégularité apparente de deux corps de même formule, cristallisant cependant dans des systèmes difierens. Il la consacre cependant comme une chose vraie et qui se trouve dans les lois de la nature, car si le polymorphisme peut affecter un corps dont les élémens sont déterminés, k plus forte raison affectera-t-il des corps dont les élémens sont différens.

Causes de Phétéromorphisme. — L'hétéromorphisme a sa source dans les mêmes causes qui donnent naissance au polymorphisme, et, de plus, il y a la différence des élémens chimiques, qui fait que des formes différentes peuvent quelquefois ' être produites dans les mêmes circonstances, et que des fonnes semblables peuvent être produites dans des circonstances différentes.

On trouvera dans le tableau suivant une suite de faits qui démontrent cette proposition.

romifULis.

VOVI BKS SUBlTAaGli.

i»=S03, AO, SHOa.

••=:ï04, AO, 6HOa.'

SéléniatedemangaD. | ^ ^o

eaTÎron.

Sulfate de nangao Séléniate de zinc I , , . — decoWt H« 3o • *^ Snifate de fer. i

— decobah. JTemp. ordio.

Séléniaie de cobalt au-dessous de 10^ Sulfate du manganèse au-dessous de 5*

iSttlfatede zinc. j — de nickel. AinlesstisdeiS^i — de magnésie. I {

(Séléniate de âne. Au -dessous de} — . de magn. i5®. '

roRitis OMaar,

JCriiUas elinnitniei.

(Forme dn Mlttic 4a

) eui?r«).

Crfatti» dmlionaxlqttci.

(FoniM , du ralfatc d« fer).

Crinauz tribortaiiqiiM .

ISODYNAHIE. 53

Les cristaux de chacun de ces groupes sont isomorphes entre eux , mais ils ne se produisent pas exactement dans les mêmes circonstances de température. On conçoit facilement que des corps de natures différentes , pouvant éprouver les mêmes modifications , ne les éprouvent cependant point à la même température : ainsi le sulfate de manganèse et le séléniate de cobalt ne sont isomorphes que lorsqu'ils sont produits dans des circonstances différentes. Dans les mêmes circonstances , ils seraient hétéromorphes , et même plus encore , ils pourraient cristalliser avec une quantité d'eau différente , car la température a assez d'influencci non seulement pour modifier la constitution d'un corps, mais même pour en changer la composition»

HiTiaOTOMIB. HiriEAElTHMIB. HÉTÉ&OMÉ&IB.

La création de lliétéromorphisme, qui se trouve en opposition avec Tisomorphisme, portera sans doute k créer Thétérotomie, lliétérarithmie et l'hétéromérie qui sont la conséquence de l'isotomie , de Tisarithmie et de Tisomérie. Peut-être ces mots troaveront*ils leur emploi. Quoi qu'il en soit 9 ils représentent nettement certains jbits qui exigeraient des phrases entières pour être caractérisés. Ainsi , le formiate éthylique et l'acétate éthérique sont isomériques et isarithmiques ; mais ils sont hétérotomiques, parce qu'ils se divisent différemment sons l'influence des mêmes agens chimiques ; le sulfate de potasse et le sulfate d'ammoniaque sont isotomiques et isomorphes, mais ils sont hétérarithmiques; les corps isomorphes et les corps hétéromorphes sont hétéromériques.

L'étude complète des corps, sons les divers points de vue du nombre et de l'arrangement des parties qui les constituent , pourrait encore donner naissance i des conditions qui ne sont point comprises parmi celles qui précèdent j mais, ou bien elles sont sans importance réelle pour le moment , ou bien on manque d'exemples qui s'y rattachent; j'ai donc cm devoir me borqjer à exposer ce qu'il y a de plus important , pensant qu'il fallait attendre pour aller plus avant.

ISODYRAIIIB.

L'ordre et le type des molécules se trouvant déterminés par le nombre et l'arrangement de leurs parties conslituanUs, on

54 GOnSTITUTlOir DBS CORPS.

comprendra facilement que des corps de natures differàûes puissent jouer des rôles semblables dans la construction de ces espèces de systèmes mécaniques. C'est à ces corps jouissant d'une môme puissance que je donne le nom de corps isodyna-* miques (i) : ainsi , le fer et le calcium sont isodynamiques , parce qu'étant combinés à Tétat des carbonates , ils sont susceptibles de cristalliser dans les mômes systèmes, soitle rbom* boiédriquey soit le prismatique droit à bases rhomboïdales; car ces carbonates sont tous deux dimorpbiques. Le manganèse , le zinc, le cobalt et le cuivre, à l'état de sulfate ou de séléniate , sont encore parfaitement isodynamiques , parce qu'ils criatal-» lisent dans les mômes systèmes.

n faut remarquer que l'isodynamie des substances n^en-> traîne cependant point leur identité, et que l'égalité de leur puissance peut fort bien se manifester dans des circonstances distinctes; par exemple, ce n'est qu'à 5* de température, environ , que le sulfate de manganèse est isodynamique avec le sulfate de cuivre) au-dessous de cette température , il est isodynamique avec le sulfate de fer , et dans chacune de ces circonstances , ils déterminent le sel à cristalliser avec des quantités différentes d'eau.

L'isodynamie des substances est une des principales propriétés à constater; car c'est bien certainement sur elle qu'il est possible d'établir les rapprocbemens les mieux fondés. Si l'on déterminait avec exactitude dans quelles limites de température, de pression, etc., les corps peuvent se remplacer les uns par les autres , on aurait avancé considérablement la chimie ; car on aurait pour ainsi dire une mesure exacte de leur égalité de puissance, et l'on pourrait bien certainement alors appliquer les méthodes de calcul aux phénomènes chimiques.

IsomorpUsme par substitution. — On a donné le nom d'isomorphes , non-seulement aux corps qui , ayant une môme constitution, affectent les mômes formes, mais encore à ceux qui se remplacent dans les combinaisons sans en modifier la forme: ainsi un carbonate contenant du carbone, de l'oxygène et un métal , on peut faire varier la nature de ce dernier corps sans détruire le type du carbonate , et tous les métaux ou tous

(i) De Ice< semblable, et de ^v«pLiç pubsanœ: même puiisance.

umiYirAMiK. 5S

lei oxidcs «{u'ikfonneiit sont oomiàétèê comme isomorplieèi^ pan» qn'îb peuvent se remplacer mninellemeat dans une molécule de carbonate d'une fox^me dëterinmëe.

Les carbonates magnéiique, calcique, fsrriqne, manganiqne et zincique , ainsi que les carbonates qtt'ils peuvent fer^ mer en s'unissant les uns avec les autres , cristallisent dans le système rhomboëdriqne^ mais dans tons ces carbonates, il n'y a que les métaux qui changent; tout le reste de la formule demeure invariable : ces métaux sont donçconsidéréâ cpmme étant îsomorpfares.

Ce genre d'ispmorphisme diffère de oesUii qui a été décrit précédemment: je le nommerai isomorpkismé par substitution. Il ne faut point les confondre avec Pîsodynamie : célle-d est à fisomorphisme par substitution ce que 1 hétcj:omprpbis9)e est il'isomorphisme direct. L'isomorphisme par aubstitution est donc moins général que l'isodynamie. Deos corps qttéPonconôdèie sow le point de v^e i^ l'isodynamie sgpit su^ptjibles des méme$ mpdifiçiktions, quelque nombreuses .^'eUes soienj^ loisqo'il^ entrent en combinaison j deux corps ifpiporplie^p«^ substitution smt.4epx corps susceptibles d'^&cter UMfçyrin? déterminée en se combinant de la même manière*

L'isomorphisme par substitution différant 4^ l'isomOfpbJAr me direct et se rapprochant beaucoup de l'idée que Ton, ^peut Attacher aux corps isodynamiquçs, d serait peujt<-ètre conve- Bsbb d». e«nserver ndîosiVemeBit le mot isodynamie pour représenter l'idée que l'on attache à ces corps; car les corps isodynamiques sont nécessairement isomorphes au moins dans ime drconstance déterminée, et les corps isomorphes sont ansÂnéofiBsaizemenl isodynamiqoea^seoiomettt, conme cela a été dit plus haut , l'isodynamia oom[H«nd toutes les circonstances dans lesquelles un corps peut être isomorphe aye<; un antre. •

L'isodjnamie peut se déduire, non-seûIement dé la tbone, inais aussi des proportions dans lesquelles les corps sont pbm- Wnés; ainsi, Tisodynamie du soufre et de l'oxygène pourrait se déduire des oxysels comparés aux sulfosels de même ordre, T^oid bien même ces corps ne poutrbiént être obtenus à l'état de cristaux; de même, l'isodynçimie du chlore et de Hiydro» S^e est parfaitement reconnue dans certains compos«^s d'origine organique, tels que les éthers ordinaires et 1»*

56 GORSTITUTI09 MBS COUPS.

éùïérs chlorures, ëtudiës par M. Malagati. Partant de là, pr-esque tous les corps, représeotés par une formule semblable, sont isodynamiques et peuvent u'étre point isomorphes.

Les groupes qui suivent réunissent les corps dont Tisodynamie est bien constatée :

X Ozygèkie, soufra, sélénium, t«lla|re.

3 (Uilore, brome, iodo» eyauogène. -^ Hydrogène.

3 Azote, phosphore, wsenic, antimomc, bismuth.

4 Bore , silicium.

5 Aluminium , glucynium.

6 Etain , titane.

7 Molybdène, toagMène.

8 Vanadium, chrome , manganèse, fer, nickel, cobalt,. cuivre.

9 Zioe, magnésium, calcium^ strontium, baryum , plomb. 10 Potassium, ammonium.

I z Sodium , argent.

.xa Argent, or, marcaf* . i3 nati|ie,paUadiuin«

Les corps d'un des groupes précédéns^ combinés de la même manière et en proportion semblable avec ceux d'un autre groupe, produisent des composés isodynamiqnés et même isomorphes si les circonstances le permettent. Il est encore des affinités qui ne sont point comprises dans ce tableau , ce sont les suivantes :

^^ ' 14 Fer, chrome, manganèse, aluminium, combinés à Tétat d*oiyde O3 A2 dans les alun» , les grenats, les pyroxènes , etc. x5 1)0 soufre, Je sélénium, le ehrome, le manganèse dans les acides de la

, formule O3 2, combinés avec les bases. 16 Le chlore, le brome, l'iode, le manganèse dans les acides de la formule , O7 X , combinés à Tétat salin.

FROPORTIOffS VONDéaALES DS8 PARTIBS GOII8TIT1JABTE8 " DES CORPS COMPOSÉS.

Indépendamment du nombre, de l'arrangement et de la nature, ({es parties constituantes des corps, on a aussi à considére;ç Um poids,'et cette notion ne peut être négligée qu'autant que l'on sait qu'il existe un rapport déterminé entre le nombre, la nature et le poids des parties constituantes. Ces rapports sont tels que, lorsque deux de ces quantités sont connues, on peut toujours en déduire la troisième.

Ce serait ici le lieu de développer tout ce qui a rapport aux proportions pondérales des coa]i>inaisons, mais cela nécessi-

P&OPOETIOKS VOBDBKALBS. Sj

tanl la discQSêion de plusieurs faits dont il ne sera question que dans la troisième partie de cette introduction , je serai oblige de ]« remettre après cette exposition. Pour le moment, je me bornerai à rassembler les principaux faits concernant cette nudére et k les exposer sous forme de propositions, sans indiquer comment cela peut être dëmontré ;

1* Tous les corps sont pesans ;

2«Le poids dés élëmens constitutifs des corps est indestructible et inaltérable, comme la matière qui les forme. Cette inaltérabilité est démontrée pr les réactions chimiques dans lesquelles il ne se crée point de matière et dans lesquelles il ne s'en détruit jamais ;

3« Le poids d'un «orps est égal à la somme des poids de ses parties constituantes, quelle que soit leur nature;

4* Chaque élément constitutif des systèmes moléculaires a 00 poids particulier qui lui est propre. Rarement deux élémens différens ont le même poids. Cependant le nickel et le cobalt ont le même poids moléculaire , et, par conséquent, leurs oxydes et leurs sels correspondans, c'e8t*è-dire de mêmes formules , ont aussi un même poids ;

5^ Le poids des élémens constitutifs des molécules sont quelquefois des multiples les uns des autres par un nombre entier. La particule d'hydrogène paraît être six fois moins pesante que celle du carbone, sept fob moins pesante que celle de l'azote, huit fois moins pesante que celle de l'oxygène et seize fois moins pesante que celle du soufre (Voyez Jsomén'e multiple )i

6° Des particules matérielles de masses fort inégales, c'està-dire de poids fort différens, peuvent jouer des rôles toutà-fait identiques dans la constitution des molécules. Cela est démontré par l'isomorphisme: ainsi, sans savoir quelle est la yëritable place que le calcium et le plomb occupent dans les molécules de leurs sulfates anhydres, on ne doute pas qu'ils en occupent une tout-à-fait identique, et cependant la particule de calcium ne pèse que a 56, tandis que celle du plomb pèse 1^94, c'est-à-dire qu'elle n'en est qu'environ les ^, et toutes deux cependant maintiennent le système en équilibre. Â peine l'énorme différence que l'on observe entre ces poids en amène-t-elle une dans la valeur des angles des cristaux qui sont formés pai* les corps auxquels ils appartiennent;

58 cofliTiTUTioN 0B8 cxnipf.

f Dana les mémea circonatanoes de température et de pression, les poids des fluides élastiques sous des Yolomes ^uxi» leurs poids spécifiques » ou les multiples, ou les soQS^multipIci de ces poids spécifiques par des uoôibres entiers, sont entre eux comme les masses qui jouent des rôles semblables dam U constitution des systèmes moléeulaùres* Par «semple, on volume de chlore, dont le poids serait égal i runitî, serait remplacé par un même volume de vupeur de brôim qui pèserait a^iSa, et par un ^l volume de vapeur d'iode, dont k poids serait 3,5 aa» Ces nombres aont entre eux comme les poids spécifiques de ces fluides âasliques« Le eblore, le brame et l'iode joueraient d'ailleurs exactement le mâme r6le dans les composés qu'ils concourraient à former et quel que soit Tordre auquel ces composés pounra^ient appartenue

Les rapports ne sont pas toujours aussi simples que œux qui viennent d'être indiqués; un volume d'oxygtee pesant k senût remplacé par i;3 de volunue de vapeur de soufre pesant a*

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