‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 45 sur 102 · NOMS · texte numérisé non relu

NOMS

THiOBIB ATOHIQUS.

{i) POIDS DITS ATOMQPgS DÉDUITS DE (

Iode ... .

Phosphore , Aneuic. .

Tellure. . .

Argent. .

Antimoine Soufre. . . .

Fer ... .

Nickel . .

Cuivre • • Zinc . . .

Etiin. . • Platine. .

Or

Mercure. • Plomb . . ,

Aiote.

Hydrogène.

Oxygène.

Carbone. •

ta dentiié dei

ûuiém

ta ealoriei

ehinuquet.

Auiiqaw.

aox

aoi

is33

ia43

ia43

ia65

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 Tinspection de ce tableau, on voit que les trois moyens réunis : les proportions chimiques , la caloridtë spécifique et la densité desfluides élastiques, ne donnent pas une seule fois le même résultat ; mais que , dans tous les cas, il existe un rapport simple entre les nombres donnés par ces diverses méthodes. Quand on compare le résultat donné par la caloricité des corps i celui des proportions chimiques, on trouve cinq rapports différens pour vingt-et-un élémens chimiques seulement. En prenant pour unités les nombres donnés par les proportions chimiques , et en les comparant à ceux que donnent les capacités pour la chaleur, on trouve les rapports suivans : i : i/4 (iode, phosphore); i : i/a (argent, tellure, arsenic); i : 3/4 (hjdrogène, azote); i : i (antimoine, soufre, cuivre, nickel,

(i) Tous ces poids sont calculés sur ceux que donnent les proportions chimiq^iOy afin de les rendre plus comparables. Sans cela, les écarts dus à Texpérience oiMit empêché que Ton saisit facilement les fapporb des nombres donnés par ^ liais méthodes indiquées.

(3) Malgré l'accord qui semble régner entre les poids moléculaires des gu élé- Beataires^ déterminés par la caloricité spécifique, je doute de leur réalité : on ne unnit affirmer que Ton ait jusqu'à présent déterminé avec exactitude la caloriâlé *9^ô6tpft d'un gaz quelconque par rapport à l'eau.

968 THÉORIES CHlIlIQUfiS.

fer, zuiCy étain, platine, or, mercure, plomb); i : i j/2 (oxygène, bismuth ) ; i : a (carbone).

Le résultat obtenu par les poids spécifiques des fluides élastiifuesy comparé à celui des proportions chimiques, donne les rapports suivans : i : i/a (iode, brome , mercure, hydro* gène, azote, chlore); i : i (oi^ygène); i : a ( phosphore , arsenic); 1 ; 3 (soufre).

La discussion qui précède et les résuluis enregistrés dans le tableau précédent ne laissant pas le moindre doute que les corpuscules que Ton désignait sous le nom d'atomes ne soient dés masses susceptibles de division et qui se présentent le plus souyent à nous avec des poids multiples les uns des autres, selon le nombre des parties qui les forment. Cette manière d'enyisager les phénomènes conduit k une théorie plus large et plus en harmonie avec les faits acquis à la science.

Vers la fin de i833, j'ai publié une introduction k Tétnde de la chimie par la théorie atomique. En terminant cet ouvrage, j'ai annoncé que l'on cesserait prochainement de représenter la composition des corps «par la théorie des atomes; et qu on le ferait uniquement par la théorie des équivalens qui est purement expérimentale. Aujourd'hui les faiu sont accomplis ; presque tous les chimistes, poussés par la nécessité , ont adopté exdusivement la théorie des équiyaleni qui est plus large et plus convenable. Il ne faudrait point conclure des faits préc^dens que la théorie des atomes doive périr. Gela ne saurait être ; mais elle a grandement besoin d'être modifiée. En m'occupant de la théorie générale de la constitution des corps et de la chimie, je m'efforcerai de mettre la théorie corpusculaire au niveau des connaissances actuelles.

TRiOEIB .DBS aADICAUX COMPOSÉS.

Le mot radical a d*abord été employé, par les chimistes, comme synonyme d'élément chimique, mais d'une manière restreinte. Une s'appliquait qu'i l'élément spécial de certains acides j ainsi, le bore était le radical de l'acide boracique (borique); le chlore a été celui de l'acide muriatique (hydrochlorique). Plus tard, ce nom a été appliqué d'une manière très heureuse à des corps composés, jouant le rôle d*clémeus chimiques. Il y a donc aujourd'hui des radic4U2E élémentaires et des radicaux composés.

THÉORIB DBS RADICAUX COMPOSÉS. 269

M. Gay-Lussac est le premier qui ait signale Texistetice d'nn radical compose. Ce radical est le cyanogène. Depuis que oe corps estconnu, les chimistes ont fait bien des tentatives pour isoler les radicaux d'une foule de combinaisons ; mais CCS tentatives ont presque toujours ëchouë , et si les radicaux l'accroissent en nombre, c'est qu'on les admet théoriquement et comme résultat d'une pure spéculation.

Le cyanogène est un véritable radical ; on l'isole, on le corn* bine, et, bien plus, quoique composé, il vient se ranger tout nalnrdlement dans la série des chloroïdes.

L'existence d'un radical composé est donc une chose assulée, puisque Ton en connaît un. On peut donc être persuadé que la nature emploie de pareils moyens pour arriver à ses fios. Biais quels sont les principes sur lesquels on peut s'appuyer pour reconnaître les parties d'un composé qui reprîésentent son radical, lorsque l'on n'a point encore pu Tisoier? On n'a point de règles sûres pour obtenir un pareil résultat; aussi les chimistes admettent-ils des composés différens les uns des autres pour représenter les radicaux d'une même série, tandis qu'il est évident qu'il ne peut y en avoir qu'un seuL Par exemple, les combinaisons ammoniacales renferment bien certainement un radical composé , puisqu'elles sont isomocphes avec les combinaisons potassiques; mais quel est ce radical? Les uns veulent que ce soit l'ammoniaque Âz H,, que fon connaît parfaitement à l'état d'isolement; les autres veulent que ce soit le composé hypothétique As Ha , parce que c^est ce qui représente le potassium avec lequel il est parfaitement isomorphe par substitution. C'est ce composé que l'on nomme ammonium. Dans l'état actuel de la chimie, il est impossible déjuger cette question d'une manière assurée. Cependant, puisque les sels ammoniacaux sont isomorphes avec les sels potassiques, puisque les radicaux sont appelés à jouer le rôle de oorpa élémentaires^ il est probable que Âx Ha est bien le radical die ces composés, puisqu'il est isodynamique avec le potattiam. Cependant, encore, on peut se faire ces questions : Llsomorphisme des sels ammoniacaux et des sels potassiques n'est-il point accidentel? Les sels ammoniacaux ne sont*îls pas des composés d'^un ordre tout particulier, que l'on a tort de comparer aux sels métalliques f... et le potassium lui-même ne serait-il point un corps composé renfermant de l'hydrogène

îkyO THBORIBS CHIHIQUSS.

et deux Tolumes pour nn cquivalentr? Si cette dernière supposition (?tait fondée, les sels potassiques seraient comparables aux sels an^moniacaux sous tous les points de vue, et l'ammoniaque serait le radical de ces derniers sels; car elle deviendrait comparable au radical du potassium. Bien des chimistes se réyolteront à cette dernière pensëe, eh bien! je ne crains pas de l'avouer, il m'est préférable d'admettre que le potassium est composé , plutôt que de croire à l'existence de certains radicaux , tel queVéthylcj par exemple. On saura bientôt pourquoi.

On se dira sans doute, mais puisque Ton ne sait point distinguer les radicauxi à quoi bon s en occuper? ne vaut-il pas mieux attendre que leur théorie se développeul'elle-mème plutôt que de créer des êtres hypothétiques? Cela pourrait être*, mais quand on voit une foule de corps différens offrir une relation de composition et se transformer les uns dans les autres dans un grand nombre de réactions remarquables, le chimiste qui a trouvé ces corps, qui a opéré ces prodiges de transmutation, ne peut faire autrement que de se demander : quel est donc le lien qui réunit tous ces composés? quel est donc le molécule type qui se combine ou qui se dédouble pour les produire?..* Il y a donc là un radical que l'on cherche malgré soi, et si Ion n'avait quelque idée à poursuivre, à circonscrire, à démontrer, il serait impossible d'entreprendre des travaux qui n'auraient d'autre attrait que la difficulté de lexpérimentation; difficultés qui finissent par devenir nulles ou banales à force de se représenter.

Malgré ce qui vient d'être dit, il est un fait qui insinuerait quelque doute sur la liaison que l'on observe entre tous les produit^^ dérivés d'un même radical j c'est qu un même corps peut dériver de plusieurs radicaux différens. Par exemple, les produits de Téthyle donnent naissance à des produits de l'acétyle } les composés de la série du méthyle produisent des composes de la série du fonnyle. Gela tient évidemment à des rapports non encore signalés qui existent entre ces radicaux , rapports que l'on n'a pu saisir, parce que Ton admet pour radicaux des corps qui n'en sont point, comme je m'efforcerai de le démontrer bientôt. Ces corps sont généralement produits par le dédoublement des radicaux et par des substitu* tions opérées dans leur intérieur.

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