‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 46 sur 102 · THÉOEIB DIS RADICAUX COMPOSÉS · texte numérisé non relu

THÉOEIB DIS RADICAUX COMPOSÉS

M. Persos pense que les radicaux organiques sont des composes binaires dans lesquels les éqnivalens sont dans des rap^ ports simples, tels que 3 : 6 : 12, ou a : 4 : 8 ; 16 : 3a : 64 (i)* M. Laurent dit que <c toutes les combinaisons organiques déri?ent d'un radical fondamenial j qui souvent n'existe plus dans ces combinaisons, mais y est représente par un radical dérive renfermant autant d'ëquiyalens que lui », et il ajoute que, dans les carbures d'bydrogéne, les atoates de carbone font i ceux de l'bjdrogène : c i : i, : : 1 1 a, : « a : i, ; : 3 : 3, etc. (2)

M. Penoz ne dit point snr qooi il fonde son 4d>ser?ation ; mais il est éfident qu'elle résulte de la discussion des formules repràentant les composés organiques et de oe qu'il a rencontré les mêmes rapports dans plusieurs circonstattoes , qui se trou^^ raient en relation avec les proportions chimiquea.

M. Laurent a découvert sa tbéorie en se basant sur cette idée t que la natuTB emploie tovgoun les moyens les plus simples pour produire les effets^ mime les plus compliques.

M. Pcrsoz et M. Laurent sont les premiers chimistes qui aient formulé des idées générales relatives aux radicaux corn* posés, et je m'unis à eux pour soutenir ce qu'ils ont avancé, seulement après Ta voir modifié omvenablement.

Un radical , dctns son acception la plus générale^ doit être rtfréserué par uu type moléculaire, dans lequel on peut opérer des sutstituiions, et qui peut en outre se combiner directement avec d'autres molécules élémentaires ou composées.

L'idée d'un radical suppose une oomposition chimique déterminée, et^ par conséquent, la spécification des élémens qui le oonstituent. Si Ion veut qu'il en soit ainsi, on pourra spécifier ces élémens , qui sont le carbone et l'hydrogène, ou le carbone et l'axote, pour les radicaux organiques ; mais il vaut mieux ne point le faire, parce qne le radical peut n'avoir jamais existé, tandis que son type moléculaire existe nécessairement si l'on connaît une seule de ses combinidsons. En outre, il n'est pas douteux que plusieurs équiyalens du même type

(i) tiOnduetian àVâude delà chimie motéeutairetVnîSj 1839, p. 843, (») Tkbe ayant pour titra : Âsehtivhes sur éivtn mjûU de ehimit organise , et Aiut, de ch'an. et de pfyt. , !• 6I9 p. Z9i6«

aja THÉ0R1B8 CHIMIQUES.

pourraient être pris pour des radicaux dîffdrens, ce qui ne saurait être.

A ce que MM. Persoz et Laurent ont dit, j'ajouterai la preuve que les élémens des radicaux doivent être dans des rapports simples, tels que ceux qu'ils ont indiqués. Cette preuve est tirée de la symétrie dJes corps cristallisés et du rapport qui doit exister entre leur forme et le mode de groupement des élémens des radicaux. Un type moléculaire résultant dn groupement de ses élémens constitutifs tenus en équilibre dans l'espace, les types ou les molécules qui les repr^ntent donnant lieu à des cristaux parleur groupement, ces criaiaux étant r<%uliers ou symétriques , le groupement doit offrir nécessairement quelque cbosc de régulier ou de symétrique, et quelle que soit la relation existant entre ces types et les cristaux qu'ils forment , on ne peut nier qu'il y en ait une. Les élémens constitutifs des cristaux ou des molécules occupant des positions symétriques, en rapport avec les parties qui les constituent : angles, arêtes, faces j ces parties élant toujours dans des rapports simples, soit entre elles, soit les unes à l'égard des autres, il en résulte néoessaireuient que les élémens constitutifs des radicaux doivent être dans des rapports simples, du même ordre que ceux des élémens constitutifs des cristaux, (i)

Ces rapports sont , pour le système cubique : faces, angles, arêtes : : 6 : 8 : la. On trouvera facilement les rapports relatifs aux autres systèmes.

MM. Liebig et Woebler sont les premiers qui ont appelé l'attention sur les radicaux bypotbétiques. En étudiant Tbuile volatile d'amandes amères, ils ont vu qu'elle donnait lieu à une foule de produits, soit par substitution, soit par combinaison, et ils ont reconnu que tous ces produits dérivaient d'un composé fondamental , qu'ils ont nommé benzoïle. Depuis ce travail, éminemment digne de l'attention des cbimistes, MM. Dumas et Péligot ont fidt des observations analogues sur l'buile volatile de cannelle, et ils en ont déduit un radical bypotbétique, comme le précédent y qu'ils ont nommé cinnamyle. Ces ti'avaux ont donné l'éveil, et l'on a cbercbé à rapporter à des

(i) CeU« prapoiilion le troonra conûdérablcntDt défcloppée daoi k Stmifmê moiéculatre que je in« propoM d« publier.

THBOAIB DBS BADICAVX. ajS

ndicaïuL particuliers les âiffërentes séries de composés orgaoiqoes dérivés les uns des antres.

M. Liebig attache une telle importance à l'existence des radicaux, qu'il définit la chimie organique: la chimie des radicaitx composes y et qu'il classe les corps en groupes qui se rattachent à certains radicaux.

Yoid la liste et les formules des principaux radicaux admis par ce savant : (i)

Benxaile.

Salîcyle.

CiBoamyle. JEthyle. .

Acé^le. .

Méthyle.

Fonnyle. , Gélyle. .

'ABjle. . .

Glycéryle.

Bt Cm Hio O2

Sal Cm Hio O4

Cî C18H16O3

Af C4H10

Act C4 Hs

Me C2 H6

Fd C2 H2

Cf C32H66

Ayl Cio H33

Cl C6 lîu

La théorie générale des radicaux de M. Liebig est entièrement calquée sur celle de l'ammonium qui a été discutée précédemment. Elle a les mêmes avantages, et Ton peut lui faire les mêmes reproches. Ces radicaux représentent réellement des élémens métalliques et jouent des rôles analogues dans les combinaisons.

Après avoir dit mon opinion sur ces théories, d'autant plus Mies que leur auteur les a en grande partie édifiées sur les résultats de sa propre expérience , j'oserai faire les remarques suivantes :

Aucun des radicaux admis par M. Liebig ne présente la simplîcité voulue parles opinions qui ont été discutées précédemment... Tous ces radicaux, excepté le.salicyle, peuvent être ramènes par des considérations naturelles et fort simples, à des formules beaucoup moins compliquées et présentant des rapports prévus entre leurs élémens. C'est ce que je vais discuter successivement :

Le benzoïle C44 Hio Os, transformé en équivalens et en

réunissant l'oxygène à l'hydrogène, donne Cu Us Os. Si l'on

(i) DasB cei fonDulet, Toiygèiie étant loo, le carbone est 7$, et lliydro- T. I. 18

9^4 THÉORIES CHIMIQUES

substituait de rhydrogènc à Toxygène, on aurait Ca Hs + Hs = C{4 Ht. Le rapport du carbone & l'hydrogène est : : 3 : i. Le cinnamyle Cis His Oa, ou C«g Hu Oi,+ Ht devient en équîvalens et en retranchant Hs , comme on est autorisé i le faire par comparaison avec la théorie de raramonium ,

Cil Ht O9; Gis Hf Hs :=^ C\% H». Le rapport est encore de a t i.

Uœthyle C4 H10, en retranchant Hj , devient en équîvalens C4 Hi. Le rapport est de i : i.

Le méthyle Gs Hs^ par les mêmes raisons et de la marne manièrcy devient Ca Hs. Le rapport est encore de i : i ; maïs la condensation est une fois plus faible que celle de l'aethyle.

heformjrliB^ au lieu de Cs Hs, est réellement, «insi qUe ses composés rindiqueiit , iih équivalent de l'atide formique Cs Hs O3. La transformation en équiralcns donne Cs H** Ropport = 1:2.

Le céfyU Css Hgs , devient comme Taelhyle, Csa Hsi — Hi acs €tt Hss et Css Hsi eik équivalens. Le rapport est de i : i.

UémrU C10 Hii ^^ Ht «ES Gis Hso ) 6t en équivalens Cit Hit* Rapport tvB I 1 1.

Le glycéryle C« Hu 9 dériva réellement 1 ainsi que tous ^s composés l'indiquent) de CeHis^ équivalent de la glycérine Ce Ht Os , en équivalens. Le rapport est ici de i : a,

Vàcitjrh n'existe peut-être point , puisque l'acide acétique peut être produit par l'oxydation directe de l'alcool.

En rapprochant les formules des radicaux admis par M. Liebig de celles qui viennent d'être discutées, on aurait :

Beiutoïle

Cinnamyle. ....

JËûyfit

Mélhjle

Formyle

Cétyle

Amyle

Glycéryle

Le benzoïle, l'amyle et même le cinnamyle, ne paraissent pas, au premier aperçu, présenter la symétrie voulue par les

(0 Le radical de Péiher est peut-être Ca Ha répété deux foia; car Féther est plutôt de ratcool combiné A?ec du bi-carbure d'hydrogène, que de Talcool 1 de l'eau, comme on Ta supposé généralement.

Ci4 Hio Oa

. . . ou

Ci4H7

CigHiaOa

. . . ou

U Hio. .

. . ou

CaH6. . .

. . ou

CaH2

CaHa. .

. . . ou

CaH4

Csa U66.

. . ou

C$a Haa

CioHat. .

. . ou

Cia H,o

C6 Hu. .

. . ou

THÉOHIB OIS RA11ICA.VX. ftjS

formes cristallines ; mais ce sont des radicaux complexes. Cm Ht vient de Cg H* + Ce Hs-, Cio Hio vient de Ci H4 + C«H«, et C18 H9 vient de C«9 H« + C« H5. Toutes ces combinaisons sont possibles, selon les lois de la statique moléculaire.

Ces radicaux complexes de'montrent comment , par des altérations peu profondes y il peut arriver qu'on obtienne des corps appartenant à deux types diffërens. Ces exemples peuvent encore démontrer comment une même série de composés peut dériver de radicaux complexes différens, puisque le benzoïle et le cinnamyle donnent tous deux Cs Hs.

La benzine, dérivée du benzoïle et représentée par Cis He 9 multiple de Ce Hs par a , prouve ce qui vient d'être dit. Il est on ne peut plus probable que la série du einnamyie donnera un jour naissance à un corps semblable.

Que penser de ces faits? Faut -il en conclure que l'une des deux théories soit fausse ?... je ne le pense pas. Mon opinion est qu'elles sont vraies toutes les deux. La théorie de M. Liebig, au moins dans la plupart des cas, si ce n*est dans tous, établit des radicaux entièrement comparables aux métaux. La théorie que j'ai défendue porte à soupçonner que les métaux sont composés, et je crois cette manière de voir aussi bien fondée que celle de Lavoisier qui pensait que les terres et les* alcalis pouvaient bien être des oxydes métalliques. Souhaitons un nouveau Davy qui résolve cette question. L'hydrogène serait le lien qui enchaînerait les parties constituantes des métaux. Si l'on pouvait briser ce lien , elles pourraient sans doute prendre de nouveaux arrangemens, et la transmutation métallique serait opérée, (i)

L*étude des radicaux conduit donc à cette déduction qui nVst démentie par rien : les corps élémentaires sont probablement composés^ puisque de^ corps, dont la composition est parfaitement démontrée f sont appelés à jouer le même rôle qu'eux dans les combinaison^.

(i) n résulte, de fétude des philosophes alchimiques, qa*ttn des élémens pria* dpMx de ti poudre deproJtcHon existe daas Pair. Selon H. Janiry, cet étèmeat aoiit Tozygèoe. L'oxyi^ène, employé conTenablcQieat , sendi donc l'ageot qui pourrait an jour nous reproduire les prodiges de rakhimie.

M, Javary a dqà obtenu des résultats si curieux ot si dignes d'intérêt, en suivant le» indications des akhimittes, que j'ai quelque espoir de Voir réussir ropératioo du grand oen?re.

%y6 THtOBIU GHIllIQimS.

Ainsi la théorie de Taethyle, soutenue par M. Liehig, et la théorie des hydrates de carbures d'hydrogène, soutenue par M. Dumas, sont vraies toutes les deux. C'est ainsi que se termine la dispute de ces savans.

THteaiB DBS TTFBS.

L'étude qui a été faite précédemment du polymorphisme nous démontre qu'un nombre déterminé d*atomes, on de mo* lécules d'un ordre inférieur, peut se grouper de différentes manières, et donner ainsi naissance à des corps distincts, mais qui peuvent quelquefois être convertis facilement les uns dans les autres , comme cela peut être observé pour le bi-iodure et le bi-chlorure de. mercure.

Le nombre des parties élémentaires des molécules peut donc caractériser une espèce de tjrpe. Si l'on fait intervenir l'arrangement de ces parties, on aura affaire k un type d'un ordre qui lui est véritablement inférieur.

Ainsi, dans le premier cas, on verra un nombre déterminé de corpuscules prêt i prendre tous les arrangemens possibles selon les conditions d'équilibre qu'on lui présentera. Dans le second cas, les conditions d'équilibre seront déterminées et il en résultera un arrangement également déterminé.

Le premier genre de type pourrait être, & juste dtre^ nommé type numérique f mais on lui a donné le nom de tjrpe chimique : le second genre, représentant un système mécanique déterminé, peut recevoir le nom de type mécanique*

On sait très bien, au reste, que l'on pourrait changer la nature des élémens d*un type numérique ou d'un type mécanique, sans qu'ils cessassent d'appartenir au même genre, paisque les types sont uniquement fondés sur le nombre et l'arrangement de leurs parties.

Tout nous porte à penser que le nombre des types moléculaires n'est pas très considérable et que la nature produit Pimmensc variété de corps définis que nous connaissons en remplaçant les élémens de ces types les uns par les autres.

Les exemples relatifs aux types sont aussi nombreux que les composés chimiques; car tout corps qui a une composition définie, ou qui peut affecter une forme par la cristaUisation ^ appartient à un type.

THBOAIB BB8 TTPB8. ^JJ

Toot oe cpi noua entoure nous rëvèie la notion des types molécnlaires, la méditation comme l'observation des faits j cependant ridée d'un type moléculaire ne s'est introduite que fort tard dans la science.

Eo cherchant à classer les corps en définis, je m'aperçus, 3 j a d^à bien des années, que la nature chimique des élémens ne pouvait servir à établir une classification convenable ; or il suffit qu'un corps renferme deux élémens, pour que l'on poisse le mettre dans deux classes. Ainsi, la galène des minéxalogistes, ou le plomb sulfuré, peut être mise parmi les sul- Anes ou panni les composés plombifères. Je me demandai sion, n'ya-t-il donc point une classification qui range les eorps par l'ensemble de leur composition , et non par la nature de quelques-uns des élémens quils renferment Pet, analysant la constitution des corps, je tîs qne l'on ayait à considérer le nombre, l'arrangement et la nature de leurs parties , et que chacune de ces conditions devait Être prise dans l'ordre même où elles sont indiquées, le nombre dominant l'arrangement, et celui*ci devant passer avant la nature des parties oQDstituantes des corps. Le nombre des parties élémentaires des moléctiles, indiqué par le rapport des équivalens entrant dans leur formule, caractérisait un ordre de corps, le plus élevé de tons; puis l'arrangement venait ensuite, et enfin la nature diimique qui donnait naissance aux espèces. Dès-lors, l'idée du type moléculaire me fut révélée tout entière, avec sa valeur réelle et les difficultés qui lui sont inhérentes. Dès i835, tons les matériaux propres à fonder une classification générale des corps inorganiques étaient rassemblés 3 mais, entrevoyant d'immenses difficultés, ce n'est qu'an mois de mars i838 que j'ai donné une idée de la classification des types , dans une thèse qne j'ai soutenue à la Faculté de médecine. Depuis cette époque, M. Regnault a publié des travaux remarquables dans lôquels il a appelé l'attention des chimistes sur les types mécaniques, et M. Dumas, quelque temps après, a développé, • avec le talent qu'on lui connaît, la théorie des types chimiques. Ces aavans n'ayant pas indiqué nettement queue peut être la diffifrcnce qui existe entre un type mécanique et un type chiadqoe, je vais m'efibrcer de la démontrer.

lypei chimiques et types mécaniques. — Les types chipenvent être déterminés expérimentalement; nous

dSo THBOaiBS GHIMIQUSS.

vel équivalent d'une base quelconque ?••• La question est réellement diffidleàjuger.

Selon les opinions de M. Perses, la complication serait encdre plus grande; car Tadde sulfurique étant formé par la réunion directe de l'acide sulfureux et de l'oxygène , l'acide sulfurique monohydraté serait : SOs, O, HO. Un carbonate serait CO, O, AO. K p. 99.

M. Dumas, en se fondant sur ce que la volatilité des corps va en diminuant à mesure qu'ils se combinent à un plus grand nombre d*atomes d'oxygène, est conduite des idées du même genre , mais encore bien plus compliquées* Ce savant voit dans l'acide tartrique de l'acide oxalique et de l'acide acétique ; mais, de plus, il pense qu'un équivalent d'hydrogène de l'acide acétique est remplacé par un équivalent de Cs Os, qu'il dé^ signe sous le nom de radical oMUque* L'acide tartrique supposé anhydre, tel qu'il se trouve dans l'émédqne desséché , ou Cs Ht Os , devient :

C2 03,C4 { HaCCîOa) } Oj Si l'acide est hydraté , il devient :

HO, C2 O3; { H2 (C2 O2) j o, 3 HO.

Si de pareilles observations sont fondées , il me semble désirable que l'on invente un nouveau langage chimique, et que l'on crée un système de notation plus parfait que celui que nous possédons; car ceux que Ion emploie ordinairement vont présenter une complication inextricable et seront plus nuisibles qu'utiles. U faudra abandonner la nomenclature chi* mique comme les minéralogistes l'ont fait avec raison.

Si l'on se fonde uniquement sur les réactions chimiques pour déterminer la constitution des corps , je pense que l'on ne pourra y parvenir qu'en surmontant des difficulté extrêmes. L'emploi de la chaleur seule donne déjà lieu à des phénomènes si variés, que l'on ne peut rien en déduire de certain; mais si l'on fait intervenir en outre des agens chimiques, les réactions seront encore plus compliquées et la solution du pro«* blême deviendra plus difficile.

Pour donner une idée de cette complication et de aoa peu de fondement, il n'y a qu'à chercher quelques exemples mime fort simples en apparence*

THiOEIK DB8 TTPB8. a8l

1® Les azotates de baryte et de plomb sont isomorpbes dans tonte racoeption dn mot, et ont par oonsÀjuent la même con* ititotion. Si on les chauffe, ils donnent des produits différens : le premier abandonne de l'oxygène et laisse pour résidu- un composé éyidemment moins oiygéné ; le second se partage en OKjgène, en acide azotosique et oxyde de plomb.

L'azotate de baryte devrait donc être représenté par une formule différente de celle de l'azotate de plomb.

a* Quatre équivalens d'azotate hydrique sont décomposés par trois équivalens d'un métal ^fer, zinc, cuivre, mercure , aigenty etc.), en abandonnant du bi-oxyde d'azote. Si cette réaction pouvait donner la constitution de l'acide azotique et des azotates, ils auraient pour formule :

iAzOa ) As } Os.

Hs )

Dans ce dernier cas, on rencontrerait ceite particularité sin* guliére, qu'un acide aurait k même constitution que les sels auxquels il peut donner naissance.

3^ Le sulfate polyhydrique abandonne de l'hydrogène par "^ le zinc ou le fer. S'il est monohydrique, il donne, par les mêmes métaux , mab à une température suffisamment élevée , un sulfate et de l'acide sulfureux.

Une molécule de métal décomposant deux molécules de sulfate hydrique, en chassant une molécule d'acide sulfureux, faut-il admettre que le métal s'est simplement substitué à ce dernier acide? Dans ce cas, le sulfate monohydrique serait représenté par cette formule :

SOs, {f^ \ 0,aHO.

Si les réactions chimiques })ouvaient faire connaître la constitution réelle des corps, il faudrait de préférence adopter la théorie de M. Persoz, qui veut que les corps soient constitués exactement comme leur formation l'indique. C'est-à-dire que la constitution des corps nous serait révélée par leur ferma* tion ; mais quelle ne saurait l'être par leur destruction. Encore fattt-il dire que l'opinion de M. Persoz ne peut être soutenue sans que l'on n'y puisse faire de graves objections ; car plusieax9 corps peuvent être produits de plusieurs manières fort

a8a THB0R1B8 GH1HIQIJB8.

distinctes , et^ malgré cela, être parfaitement identiques. Dans ces circonstances , on deyrait adopter plusieurs constitutions différentes pour un même corps, et cela est impossible. Par exemple, le sulfate plombique se produit en oiygënvit le sulfure plombique , en combinant le bi-ozyde de plomb avec l'acide sulfureuxi et en combinant le protoiyde de plomb avec lacide sulfurique. Ces trois modes de combinaisons conduisent aux constitutions suivantes :

SPb, O4 SO2, Pb02 S Os, PbO

Il est pourtant possible qu'aucune d'elles ne soit vraie. Les principes mêmes de M. Persoz donneraient S Oi , O, Pb O.

En attendant que l'on détermine la constitution exacte de CCS sortes de composés, je pense toujours, comme je l'ai publié eu i833, quil est sage d'adopter une formule qui n'indique rien autre chose que ce qui est incontestable^ c'està-dire, une formule qui ne représente que le rapport pondéral des élémens des corps composés-, car les formules rationnelles que Ton a crues les mieux fondées se sont détruites d'elles-mêmes par des expériences ultérieures ou par des spéculations plus profondes. Enfin pourquoi les molécules salines, une fois formées, ne représenteraient-elles point un ensemble où l'on ne saurait retrou* ver les élémens qui la constituent, sous la forme qu'ils avaient avant de se combiner?... Toutefois cette opinion, qui est vraie dans un grand nombre de circonstances, ne saurait être soute* nue dans tous les cas. L'examen le plus approfondi de la constitution des corps et des réactions chimiques conduit à cette pensée : les réactions chimiques n'indiquent pas toujours la constitution des corps, mais elle l'indique quelquefois. U y a des corps qui se combinent sans laisser aucune trace de prédisposition dans les composés qu'ils forment j il y en a , aa contraire, qui conservent leur type moléculaire dans les oombinaisons , oellcs-ci se faisant quelquefois par une véritable pénétration des systèmes mécaniques.

Toutes les discussions précédentes sont utiles pour la diattnction des radicaux; mais, heureusement, elles ne le sont point pour reconnaître les différens ordres de types molecttlaircf. Lea corps , dans lesquels on peut opérer des substitua

TiiioAiB GBsiiLài.». a83

lioDf d'ëlémeiu ModyBamiques, sans qu'ik cMMnt d'élra représentés par une même formule, à cela près de la natnre de ces mêmes ëlémens , appartiennent à un tyj>e numérique de- Unninç} une suite de corps isomorphes appartient & un même type mécanique.

TSÉOaiS aiHSAALS DS LA GOHSTITUTIOlf DBS GOaPS IT BB LA OHIMIB.

Donner une théorie générale de la chimie tst aujourd'hui one diose impossible ; les différentes théories partielles qui composent celte science ne sont point encore assez bien circonscrites ni asse» solidement établies. Cependant il y a quelque avantage à les réunir pour faire un tout aussi homogène que possible; car elles laisseront voir les lacunes è remplir, et l'on peut aussi dire, les doubles emplois.

Une théorie générale de la chimie doit nécessairement être appuyée-iur des documens tirés de la ooustitution la plus intime des corps et sur leurs propriété les plus essentielles. Aussi est-il impossible de tenter une pareiUe entreprise, sans empiéter beaucoup sur la physique générale. Une telle théorie ne peut qu'être purement spéculative j maift} si elle est bien iaite, elle doit conduire facilement à tous les faits obseryés, sans jamais rencontrer rien qui lui soit contradictoire. On ne saurait avoir la prétention de créer une pareille théorie, le ginie le plus vaste et le plus profond ne pourrait l'embrasser dans son ensemble, sans laisser quelque cAté faible que Ton ne manquerait pas d'attaquer. Aussi, u'osai-je hasarder d'exposer ici quelques notions générales qu'en les soumettant au jugement des savans, non conune une chose arrêtée et immuable, mais comme le produit de quelques méditations qui pourront ilre fécondées avec le secours de leurs lumières.

Si Ton suppose la matière formée d'atomei» et lea alomea doués d'un certain aoiabre de propriétés, tilles que l'éieodue, rimpénélrabililé absolue, ralinction mutuelle et la mobilité, on peut armer à reconstituer la cbiaie telle qa*eUc a été donnée par l'analyse.

Le» atooies possèdent sans doute plusieurs sortes de mouvement : un mouvement lie translation, un mouveoient vibratoire ou ondulatoire et un mouvement de rotation. Pour les éludes chimiques, on n*a à considérer que les deui deralèrea espèces de mouvcmeus, le premier étant fort douleu, mais n'élanl eependant point impossible.

U% BKylécules doivent posséder aussi, pav suite dumoastaMM vibnlsii«-4)F

^84 TRS0&IB8 GHIMIQUBS.

atones, oo iiiMf«ai€iit «liematif de oonlracUon el de diUution qneces der-

Diert ne peuvent préseoter.

11 but admettre encore que, non-seulement la matière s*attire à tontes aortes de

distances, mais que son mouvement tend continuellement à se mettre en équl*

libre avec celui des corps ambians et cela aussi, à toutes sortes de distanoeS|

avec plus ou moins d'eflkacilé, selon certaines lois. Le mouvement des atomes est impérissable. Sa quantité totale peut être fort

inégalement répartie dans l'univers; mais elle est toujours la mèaM.. Les forces attractives n*exerceut une influence marquée qu*à de très petites distances; les mouveoiens divers des molécules et de leurs élémens peuvent se

propager à de beaucoup plus grandes distances. La propagation du mouvement des corpuscules se fait sans intermédiaire , de

même que la pesanteur n*a pas besoin de Tintervention d'un fluide pour e&er«

cer son action.

Le contact est toujours plus efficace que Pinfluence h distance pour établir Té-

quilibre des divers mouvemens corpuicttlaires. En dehors des atomes se trouve l'espace, libre, illimité et péoétrable dans toos

les sens.

Plusieurs atomes peuvent se réunir en raison des forces qui leur sont propres,

et constituer ainsi un système moléculaire. Un système molécubire doit offrir de la régularité ou une espèce de synélfîe;

car il n'y a que ceux qui présentent cette condition qui peuvent exister.

Cred ezplîqae les proportîoift définies dot eomhmntson» et Im ImnBe

des erîstauz.

Les systèmes moléculaires sout moins nombreux qu'on ne pourrait le penser au

premier aper^. Il est possible de dire combien il y en a, au moins pour les

corps cristallisables, en se fondant sur les relations qui doivent exister catre

eux et les formes des cristaux.

L'équilibre des élémens des systèmes moléculaires est déterminé par les foroiea

qui leur sont propres et par celles des corps environnans.

eoninent les eosps ne penvent exister ^'entre i

pressîoa et de tempéteture.

Tous les mouvemens leodenl a l'équilibre général , on an moins à réqnilibre

des systèmes drcouscrits, lorsque l'on prend les précautions néœisnres pour

se mettre à l'abri des influences extérieures : comme cela se foit avec de la

glace pour la chaleur, et avec des corps résineux ou vitreux pour l'électriciir. Kn admettant quUl y a une relation de forme entre celles des moléenlee et eellcs

des cristaux , le système d'Ampère parait bien fondé, quant à la oooditîoa

géométrique; mais il faut reconnaître aujourd'hui qu'il est inswfRsnnt,

comme ne convenant qu'à une partie des foils. (i) Les'parties élémentaires des molécules ne doivent point être néoessairemeiit formées par des atomes, mais bien déjà par des groupes moléculaires (V, p. a t).

Otite condition ne s'oppose nullement à la symétrie des molécules. ; de l'isodyMniet de [ e, et perflsei de <

$. (fr) ▼. ^mu^eàMi., Usc,p.43»

mêfmwmiifÊÊ

Uê nolécttlet pcnveni te dîiûer en w combioaiiff, ou w pénétrer dSrectewent

et sans se dUiser.

Les éléaeiis setondairei des nolécoles peuTent se substituer les nus ans anlret , sans cbaofcr le t jpe de la molécule, s*ib sont isodynamîques. Ooei eapliyw h wArtiftioa t l'iswnorpMiMa.

•M— t aoat «a hannoBÎe «voe feOiéoriodM

•t «voe eoDe due typMf oDce démoDtveat qao eoa donc

•béonos sont poanUcs, et qvo l'ono d'elfes B*eftt powt TMie à fn-

•lafMii de Pnvlre.

Chanfler un corps, €*est augmenter son mouvement corpusculaire en fiûsanl un

emprunt à d'autres corps, toujours par la tendance à l'équilibre. En augmentant le mouTcment des élémens des molécules^ on pent détruire Téqmlibre «{ui les consliluait en systèmes définis, et donner naissance à des non* veaui systèmes également définis. U nature des corps iietii u*étre point changée par cette eipèce de réaction ; car il peut n*y avoir qu'une simple division on une simple réunion. La nature des corps peut être changée si les élé- Bsena des molécules se réunissent dans de nouveaux rapports. Dans tons lea cas, Im nooveacz systèmes exigent des quantités de mouvement toutes partîcolicKS pour exister, et alors ne peuvent relounier à Véiat prioiiiif sans reslilner le mouvement qu'ils ont reçu. Ooei est en barmome avee le dMa- («flMSit d'état dos oorps , les dialeors latentes et les déeomposîtîoaa par la elMlevr.

Lorsqaa des nnas moléculaires, ou deux corps, se touchent, il se fait nnerépai^ titioB inégule d'un oidre particulier de mouvement corpusculaire. Le diangement qui s'opère ainsi peut aller josqu a dclniire l'équilibre des systèmes moléculaires. Ba là las pbénoDiènes de eoBtaet et la eatalytîe. Lonqise Ton met en présence des molécules diffcreotes, soit sous le rapport du nombre de leurs parti«| ou de ramngement de ces parties, ou de leur nature, si elles sont mobiles , leur* élémens conserveront rarement l'équilibre q«i lea enchaîne et tendront à donner naissance à de nouveaux systèmes ■olécnlaires. Gala est an hamumîa avao las réactions obûnîqoas. Dans une aaoléenle composée, des élémens de même nature peuvent ne pm occnpcr des positions syméiriqum. Si on cherche i Im rempUcer par d'autm LHwMnt isÏMlynamiqucs, ceux qui occupent des positions identiques abandasmcront la molécule dans les mêmes circonstances. Cenx qui occupent des i différentes ne seront dépbwés que dans des conditions différentes.

dans las réaetîoBs dn shlare sor las (

Sa dnna nne molécule régulière, contenant plusieurs élémens idmitiquas de natara et de position, on vient à en remplacer seulement une partie, h réguhrité de la molécule sera détruite, et elle passera dans un nouveau système cristallograpbîqoe, sans changer de type. Si U molécule était simplement syaséUsque, la symétrie sera modifiée , et die prétentera une variation dans la mpport des dimensicms de ses axes, si elle n'en éprouve un dans m forme

286 THÉOUIËS ClItMIQtJES.

un eutie dans lé systèdie rliomlx>^<lnque, un octaèdre à base carrée dam un oetaèdfe tymétrique, etc.

On comprendra encore que les élémens constilulifs d*ane molécule doivent présenter un équilibre d'autant plus stable qu'ils sont moins nombreux , et eela rend compte, Jmqa'à un eertaîn point, an peu de stafcîlîté des eoan-> pof éf organicpiei qvi nous donnent , sani contvedit , l'exemple de la pins grande oomplîoatîon.

Pour compléter la théorie qui tient d*éhre exposée, fl faudrait encore ajouter ce qui est relatif aux phénomènes optiques, à \k chaleur dégagée dans les réactions chimiques, et à réleetro-chimie. Les notions de ees deux demien ordres ayant été exposées (p. i5g et suiv.), il est inntile de les rapporter ici. Quant à xe qui est rdatif à la lumière, cela élaat entièrement du domaine de la physique, ne pent trouver place dans un livre uniquement «oujacréà la chimie.

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