X. CàMoiMi, Caldva. — StrantiftBk — Btt|ini
Plomb.
«. n. ^- . ( Kalides Potassium. -^ Lithium. — AfflinoiiiaiD.
«. R4T101MS. \jf,arid^ Sodium.
\ Chrfuéêi, ... Or. — Mercure.
«m. Platloîd». K^'^T'" WWi™. — ««tiM.
( Oimiliw ahodinm. — Iridiun». i-^ Osmium.
zrr. SxâaaotDis. Étaîn. — TiUue.
Les avantages d'ane classification par séries naturelles sont immenses, malgré les imperfections qu'elle peut présenter. Tous les corps d'une même série se comportant à-peu*près de la même manière , on peut généraliser les faits , et Fhistoire d'un corps d'une série étant bien connue, celle des autres corps de la même série exige moins de travail. C'est ainsi que M. Gay-Lussac, ayant saisi l'affinité existante entre le chlore qui était connu et l'iode qu'il étudiait, a pu en développer l'histoire avec un rare bonheur. C'est ainsi que les mêmes principes, appliqués à la chimie oi^anique, ont conduit BfM. Dumas et Peligot à calquer l'histoire du méthyle sur celle de l'alcool, et celle du cinnamyle sur celle du benzoïle. Une fois qu'une analogie bien fondée a été reconnue, elle permet de prévoir les faits et de marcher avec quelque assurance dans des recherches que l'on ne pourrait quelquefois entreprendre faute de ce secours.
CLABSinCATIOn BBS COMPOSÉS BÉPINU.
Les principes généraux appliqués à ces sortes de dassifications ayant été exposés précédemment, ayant fait voir en outre Pinsuffisance des propriétés physiques et géométriques des oorpSy il ne nous reste plus qu'à nous occuper de l'application des connaissances chimiques. Pour rendre cette étude aussi facile que possible, nous supposerons d abord que nous avons affiiire à des composés ne renfermant que deux élémens'y tels que les oxydes, les sulfures, etc.
Dans une suite de composés binaires, il peut y avoir uii élément commun \ cet élément commun peut être pris oomnis déterminant un genre ^ et les élémens auxquels il se troii?^ oui déterminent les espèces. Ainsi , le soufre peut s'unir au feg^ au xînc, au cuivre , à l'argent, etc. On fait un geoff^ #«/•
3oO GLASSIFIGATIOIf.
fure qui se trouve caractérisé par la présence du soufre, et les espèces sont déterminées par les métaux, fer, zinc, etc. ; mais un métal peut aussi s'unir à des corps différens, tels que le
soufre, Toxygène, le chlore , sans cesser de former des
composés binaires , et le métal lui-même peut être employé pour déterminer le genre ; les espèces le sont alors par les corps non métalliques auxquels il se trouve uni. De là deux classifications distinctes : les chimistes ont généralement adopté la première, et les minéralogistes la seconde.
Lorsque l'on détruit les composés binaires par rélectricitc dynamique, les corps non métalliques sont électro-négatifs relativement aux métaux, et ceux-ci sont par conséquent positifs. £n se fondant sur ce fait général on dit que , dans le premier mode de classification qui vient d'être exposé, les genres sont déterminés par les élémens électro-négatifs , et que, dans la seconde classification, les genres sont déterminés par l'élément électro'positif. Ce qui vient d'être dit des composés binaires du premier ordre, peut être dit aussi des sels qui peuvent être considérés comme des composés binaires du second ordre. L'acide étant électro-négatif relativement aux bases, dans les circonslances indiquées précédemment, on prend l'un ou l'autre de ces élémens composés pour déterminer le genre.
La classification dans laquelle le genre est déterminé par l'élémeBt électro- positif a un avantage pratique bien évident , car elle réunit dans un seul genre tous les composés binaires ou salins d'un même métal. Aussi cette classification a-t-elle été adoptée par les minéralogistes et les métallurgistes, qui ont besoin de réunir dans un cadre étroit tous les produits qui renferment un métal utile; les minéralisateurs, tels que le soufire et l'arsenic, étant pour eux plus nuisibles qu'autrement. Le fabricant de produits chimiques trouve aussi un avantage immense dans une pareille classification; car elle réunit tous les corps qui peuvent être préparés les uns par les autres. Pour atteindre un but thérapeutique , cette sorte de classification doit encore être préférée ; car elle rassemble dans un même cadre des corps qui Jouissent de propriétés analogues ou semblables; comme tous les composés de cuivre, de mercure, de plomb, etc.
La classification des corps composés réunis en genres par rélémenl électro-négatif, offige moins d'avanUges pratiqnesque
COMPOSAS dAfihis. Soi
la pr^oédente; mais elle atteint un degré plus ëlevë, en cela qu'elle rëunil souvent des composes qui ont la même constitulion : aÎDsi les sulfures dn cuivre et d'argent sont isomorphes; lessulbtes de plomb y de baryte, de strontiane, de chaux sont dans le même cas, et l'on peut encore en dire autant des carbonates de magnésie, de chaux, de fer, de zinc et de manganèse. La classification la plus générale et la plus précise que l'on puisse établir aujourd'hui , arriverait au même résultat, quoique fondée sur des principes différens. Seulement, la classification chimique ici exposée réunit des corps qui n'ont que des analogies chimiques et non point des analogies de constitution : elle place, les uns à côté des autres, plusieurs degrés d'oxydation ou de sulfuration , et plusieurs degrés de saturation des bases par les acides. Le protoxyde de nuDganèse n'a pas d'analogie de constitution avec le bi-oxyde; le pyrite magnétique n'en a pas avec le pyrite ordinaire; le diromate de potasse n'en a pas avec le bi-chromate , etc.
En outre des défauts qui viennent d*ètre signalés, les dassificatioDS chimiques ne sont fondées que sur une partie des éléinens d'un composé , et à ce titre un corps peut, toujours appartenir à deux classes. Cela conduit à admettre une classification qui réunisse les corps par l'ensemble de leur constitution; car cette classification est la seule qui conserve les analogies dans toute leur étendue.
Il y a déjà bien des années que j'ai songé à réaliser une patelle classification, en réunissant dans un vaste système tous les corps anorganiques , quelle que lut leur origine. J'ai fait rassembler tous les matériaux pour réaliser ce travail ; mais il présente des difficultés qui en, ont retardé la publication. Dans une thèse que j'ai soutenue le 20 mars iSig à la Faculté de niédecine , dans un concours où figuraient MM. Bouchardat , Bnssy et Dumas, j'ai exposé les principes fondamentaux de cette classification. Depuis celte époque, ces principes ont été développés avec beaucoup de sagacité par M. Dumas; mais les travaux qu'il a entrepris , et qu'il publie successivement, démontrent de plus en plus l'immense difficulté qu*il faut surluonter pour remplir une pareille tftche. Pour classer les corps CD se fondant sur leur constitution , il paraîtrait convenable de penser qu'il faut connaître cette constitution , et il faut SToûer que , malgré les travaux de tant d'illustres savans qui
3oa ^ GIiASSiriGATIOH,
s'oocupeni de diimie, on est encore dans le domaine de la spéculation* S il fallait attendre que l'oeuvre ftkt accompli) bien des siècles sans doute s'écouleraient encore, à moins qu'un nouyeau Newton ne nous expliquât la mécanique moléculaire.
Heurevusement la classification des types n'exige pas qu'on les connaisse positivement ; elle exige seulement que l'on sache rapporter à un même type, quel qu'il soit, tous les corps qui lui appartiennent» Cette tâche, quoique laborieuse, n'est point impossible à remplir.
Pour établir une pareille classification , il faudrait d'abord réunir ensemble les mêmes tjrpes numérique»^ et, pour les coordonner les uns à l'égard des autres , j'adopterais tout simplement l'ordre naturel des nombres: i, a, 3, 4 Après les
types numériques viendraient les types mécaniques y enfin les séries d'un même type , ou ses variétés ^ seraient déterminées par la nature chimique de leurs élémens. Dans une telle classification, je rejetterais sans égard tous les mots qui rappellent une filiation ou des classifications quelconques adq>tées antérieurement, Cela qu'espèce, genre, tribu, famille, etc., afin de lui laisser toute son originalité et toute sa valeur. Je me servirais des mots types, groupes, séries, ordre , qui les remplacent avantageusement. Car, j'ose le dire ici, j'ai l'espoir bien fondé que la classification des corps anorganiques, qni a toujours été calquée sur celle des corps organiques, arrivera la première à la perfection désirée , et servira à son tour de modèle pour classer les corps organiques.
Dans l'ordre des idées qui vient d'être exposé, les types numériques sont indiqués par Iss formules des corps i le type méea^ mquâ est reconnu à la forme qu!ils affectent^ et les yariétà des types sont déterminées par h nature chimique de leurs élé* mens* Si l'on appliquait cette manière de voir aux carbonates de la série de la chaux , par carbonate on entendrait le type numérique qui forme la série. Cette série serait divisée en deux groupes : dans l'un suaient réunis les carbonates ibomboédriques, et dans l'autre se trouveraient les carbonates prismatiques. Enfin les variétés de chaque groupe , que l'on nomme aujourd'hui des eapèces, seraient déterminées par la composition chimique, qui ne viendrait qu'en troisième ligne. Par ce mode de classification, le carisonate de fer rhomboédrique ou la sidérose se trouverait séparée du carbonate de fier pris-
matique ou l'iunkërite; il en serait de métne du calcaire et de rarragonite; mats la sidérose serait réunie au calcaire, et riun*' kërite à Tarragonite j car ces corps , pris en euiL-mètnes , présentent beaucoup plus d'analogie que lorsqu'on les réunit paf leur composition chimique, puisqu'ayant la même forme, ils doivent posséder les mômes propriétés optiques , le même mode d'élasticité, de dilatabilité par la chaleur, etc.
La méthode qui vient d'être exposée choquera sans doute plus d'un chimiste habitué à considérer la nature des corps comme étant la chose la plus fondamentale pour les classer } mais arec de la réflexion, ils verront que, par la méthode que j'ai trouvée et que je propose, il est^permis de généraliser beau** œup plus qu'avec toute autre, et cela est une preuve de sa ten* dance à la perfection.
Je ferai toiu mes efforts pour publier le travail que j'ai entrepris sur les classifications naturelles en général, et sut la classification des types en particulier. Toutefois , je ne Tadopterai point dans le courant de cet ouvrage, pour les raisons suivantes. Ce liyre étant exclusivement destiné à renseignement , je suivrai une méthode différente que j'emploie ooDstamment depuis plusieurs années pour mes leçons orales, et <pii m'a réussi.
Les méthodes philosophiques sont excellentes pour démontrer l«r8 analogies des corps en les réunissant de la manière la pins convenable, pour permettre de généraliser et même pour arriver à la connaissance de certaines lois; mais elles ne sont pas tonjoun les meilleures pour l'enseignement. Pai reconnu depuis long-tem^ que, pour être facilement compris d'auditeunccwnplétement étrangers à une science, il était convenable de prendre un point de départ dans les choses qui leur sont les plus £aimilières, et de leur donner, en très peu de temps, ane idée générale de l'ensemble de la science qu'ils étudient. Us rattachent £sN:ilement les notions qu'on leur donne à celles ^'tlsmit déjà, si vulgaires quelles soient; ils comprennent le but de la science ; leur imagination est satbfaite parce qu'ils suivent le développement des connaissances nouvelles qu'ils acqaiètent. C'est ainsi que, depuis long-temps, j'ai eu la pensée de commencer un cours de chimie par l'histoire de l'air et par celle de Peau, d'en extraire les élémeaa devant ceux qui apprennent, et de leur en faire connaître toutes les propriétés essentielles.
3o4 GLASSIFIGATlOIf.
J'ai VU avec plaisir que cette pensée avait éié réalisée très lienreiisement par M. Girardin, dans le cours de chimie qu'il fait aux ouvriers de la ville de Rouen. Celui qui a suivi une leçon ainsi faite, si peu intelligent qu'il soit, peut dire à ceux qui veulent lentendre : l'air que nous respirons est principalement formé par la réunion de deux airs particuliers que l'on a séparés sous mes yeux ; il y a un de ces airs qui brûle les corps beaucoup mieux que l'air ordinaire, et il y en a un autre dans lequel un corps enflammé s'éteint subitement; c'est ce dernier air qui diminue l'activité du premier, etc.
Cette méthode d'enseignement est bonne, excellente: cependant ce n'est point elle que je suis. Enseignant la chimie à des élèves ayant acquis un certain degré d'instruction et devant atteindre un degré plus élevé, je fais tous mes efforts pour donner des notions expérimentales de chimie générale dans un très petit nombre de leçons. Ces notions donnent la clef du reste du cours.
Pour atteindre un pareil but, après quelques notions générales, je fais l'histoire de trois corps gazeux pris dans diverses séries. Ces gaz sont l'oxygène , l'hydrogène et l'azote. Â mesure que l'histoire d'un corps est terminée, je fais connaître les divers composés qu'il forme avec les corps précédens. Ces trois corps suffisent pour faire connaître le rôle important que l'oxygène joue dans la nature ; l'histoire de l'eau ; pour démontrer expérimentalement les proportions déGnies en volumes et en poids, en combinant l'oxygène et l'hydrogène dans un endiomètre; pour donner une idée des proportions multiples ; faire connaître des oxydes, des acides, une base, <ft déGnir les sels. Après cela vient l'exposition de la nomenclature et de la notation, qui sont très faciles à comprendre , puisqu'elles sont alors appuyées sur des exemples connus.
Après cela vient le carbone et les composés qu'il forme avec l'oxygène et l'hydrogène, puis l'histoire de l'air atmosphérique. Enfin vient la série du soufre et les séries qui la suivent, qui f ont étudiées sans interruption. Arrivé à l'histoire des métaux, chacun d'eux peut alors être étudié complètement sous le rapport des divers composés naturels ou artificiels dont il fait partie.
SIGIŒS CHIMIQUES
OU