‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 55 sur 102 · OBSBETATIOUS SUR LES APPLICATIONS DB LA CHIMIE · texte numérisé non relu

OBSBETATIOUS SUR LES APPLICATIONS DB LA CHIMIE

Bien des personnes se sont mëprbes sur la valcnr réelle des applications de la chimie; elles ont pense qn'il suffisait d'a« voir des connaissances chimiques pour entreprendre une fa* brication quelconque ; mais elles ont souvent été victimes de leur erreur. La chimie éclaire les procédés connus , elle en trouve même souvent de nouveaux; mais, pour arriver à la pratique, il faut une étude toute spéciale , dont les connaissances chimiques ne peuvent tenir lieu. Si l'on ajoute & cela que l'industrie est une chose fort compliquée qui réclame des connaissances administratives et commerciales, une grande ac^ tivité, une surveillance continue, beaucoup d'ordre et une grande économie, on se rendra facilement compte des déceptions de quelques individus plus entreprenans que sages et éclairés. Mais ce qui devra être évident pour tout le monde, c'est que, de deux industriels qui pratiquent le même art, ce^ lui qui aura des connaissances chimiques aura un grand àvan« tage sur celui qui ne les possédera pas, parce qu'il se rendra un compte exact de ses opérations, qu'il pourra y apporter la plus grande économie possible, et parce qu'il lui sera* souvent possible de trouver des perfectionnemens avantageux.

Tout ce que la chimie peut faire est bien loin d*être accompli. On ne saurait prévoir aujourd'hui jusqu'où plburront aller ses applications. Avant les travaux de Leblanc, de Bertbollet, de M. Chevreul, qui aurait pu se douter que d'immoiaes établissemens s'élèveraient pour fabriquer des sels de soude et de l'acide muriatique avec le sel marin, que le blanchtment des tissus se ferait économiquement et rapidement, que le suif serait transformé en une matière qui rivaliserait presque avec la cire pour l'éclairage?... Qui aurait osé penser que les cadavres des animaux, que l'on abandonnait & la corruption^ donneraient des produits utiles, et que l'on élèverait une espèce de monument pour les exploiter?... Qui aurait osé pré-» dire que l'on aurait extrait, des matières focales, un sel ammoniacal en tout semblable à celui que l'on faisait jadis venir à grands frais de l'Egypte.

Pour ce qui concerne les sciences médicales, il faudrait bien se garder de croire que l'on peut tout expliquer par la chimie. La médecine est une science complexe qui exige le

OBSI&TATlOirS. 33^

ooDooois de toutes les oonnaissanoes positif es pour en tirer quelles Inmières. Ce serait une absorditë de vouloir anjonrw drkoi créer une iaSrœhimie, oomme c'en serait une de vouloir être exdnsiyement humoriste ou solidUie. Afin de &ire bien comprendre ma pensée à cet égard , j'extrairai les passages soifans d'une th^ que j'ai soutenue, en iSSp, devant la Fa«. coltë de médecine de Paris*

« Les élémens matériels qui entrent dans la constitution des corps possèdent un certain nombre de propriétés qui ne les abandonnent jamais; mais, à mesure qn*ik s'unissent pour produira des êtres de plus en plus compliqués, de nouvelles propriétés apparaissent, soit qu'elles puissent être considérées comme les résultantes des forces diverses qni appartiennent aux élémens, soit qu'elles découlent naturellement du mode de leur combinaison. C'est ainsi que la pesanteur n'abandonne jamab les élémens chimiques dans tels composés qu'ik puissent entrer, que tous les corps sont pesans , que tous les corps peu- Tent être modifiés sous l'influence de l'électricité; mais que les corps vivans, seulement, sont modifiés sous l'influence d'àgens qui seraient sans influence sur les corps anorganiques; or, le corps de Fhomme étant formé d'élémens matériels, les organes qui le constituent se trouvent soumis à toutes les forces de la nature anorganique, et, de plus, à des forces par* ticnlièies qui ne se rencontrent que chez les êtres vivans«.^.»

« Les êtres vivans sont donc dans une condition toute par* tîcolière? — Oui, sans aucun doute. — U sont dans une période d^activité. Chaque partie de leur corps développe des forces qui les constituent dans un état tout particulier et qui repféiente la vie elle-même. — Empêcher ces forces de se développer, c'est anéantir la vie. Les modifier lorsqu'elles sont damr l'état naturel, c'est placer les êtres dans une condition pathologique. Les rétablir lorsqu'elles ont été modifiées, c'est ikire de la médecine. Oui, fovùt moi, les êtres vivans sont des êtres particuliers placés dans une condition dynamique* Si cette condition n'existait pas, à la forme près, on pourrait les oonibndre avec les corps bruts; c'est ce qui a lieu pour un cadavre. — Pour moi, l'homme est un être vivant placé au milieu de circonstances qui tendent à l'entretenir dans l'état dynamique où il se trouve , ou à modifier cet état de manière à le dé^cr de la condition normale. Pour moi, il y a des malaj T. I. aa

338 Amicàxum bi iia ohimib.

die* qui échtpptiont tODJoun au sca^l de l'autonûste) parce que Tanatomiste ne soumet plus l'homme à sou obsenration que lorsqu'il est retoucnié à la oonditiiou des corps anoi|{à« niques»

a J'ose espérer qu'après ce que je viens d'établir^ on ne pourra penser que j'admette que les phénomènes organiques soient des phénomènes mécaniques ^ parce que j'emploie le langage de la mécanique* Les forces sont des abstractions qui découlent immédiatement des fiûts et qui permettent de les envisager dans toute leur simplicité ^ de même que pour oalou^ 1er on £ait abstraOion des êtres qui sont numéréi afin de n'opérer que sur les nombres; de même que dans la géométrie, on considère des surfaces^ des lignes, des points, qui n'ont an* onne existence matérielle, mais qui sont des abstractions utiles qui permettent de découvrir et de démontrer une foule de vé* rites.

a De œ que l'on cmpkne la géométrie pour étudier la më* canique céleste^ cela ne veut pas dire que la mécanique soit de la géométrie^ de l'introduction, de la statique et de la méca«* mque dans l'étude des phénomènes organiques, on ne poum pas condnre non plus que l'on considère les èties vivans comme des automates. »

Les notions qui précèdent sont plus que suffisantes pour dé« montrer que la chimie est une àa sciences les plus fécondes en heureuseï applications et pour faire voir l'intérêt qui se mltadM à eon étade«

....—.-.»>«.■»— ■«■■■»■. tii^^ ■■.É^-.i--. i-tiinni,mt

La cbitnle, ayant son origine et son avenir dans l'expérimentation, est nne science essentiellement pratique. Ce n^est qu'en Se livrant à une suite d'opëtations que Ton peut prétendre Pétudier d'une manière fructueuse. Non-seiUement il faut voir et toucher les différens produits qu'elle a créés, mais il faut encore savoir les prëparer et les analyser. C'est à l'art de disposer des appareils, de diriger les opérations que l'on doit niM ibnle de découvertes utiles et de faits qui^ s'ils n'offient point d'application immédiate, servent à l'édificatioti di la science et ennoblissent l'espèce humaine.

La pratique de la chimie, si compliquée qu'elle toit^ ftpMe sur un petit nombre d'opérations fondamentales que le «hl^ miste modifie et combine selon les circonstances pour obtenir les effets voulus ; de même qu un mécanicien habile peut téû* nir de mille manières différentes les élétnens des machines^ afin d'obtenir ces effets merveilleux qui excitent notre admi-^ latioo toutes les fois que nous en sommes témoins*

Je vais m'efforoer de rassembler les préceptes généraux des opérations chimiques^ et de les exposer d'une manière rapide afin d'initier à la pratique de la scienceé

Les opérations chimiques dépendent d'un emploi convé^ oable de la chaleur^ de l'électricité et de la lumière, dans le diangement d'état que l'on fait éprouver aux corps, soit en les fendant, soit en les vaporisant, soit en les liquéfiant ou en les solidifiant^ dans la cristallisation ^ l'extraction des gaz, la séparation des solides et des liquides. Elles résident encore, et d'une manière toute spéciale^ dans la réaction des corps les uns sur les autres.

CHALEIA SSPLOTÉB GOMHX AOERT CHIMIQUE.

Pour déterminer on pour faciliter les opérati<mi chimifpifes,

34o iLÉVATIOR DB LA TlMPiaATURl.

on est oblige de soumettre les corps^ à des températures que Ton élève plus ou moins ou que Ton abaisse selon les circonstances. Pour obtenir ces divers résultats, on emploie des procédés très variés. Nous allons les passer en revue.

Les opérations de la cbimie exigeant fort souvent Femploi d'une température élevée, les chimistes ont imaginé un grand nombre de modes de chauffage^» Ils les font varier selon qu'ils doivent obtenir une température plus ou moins élevée, plus ou moins soutenue, ou selon qu'ils doivent chauifer un endroit déterminé. Pour atteindre ces divers buts, ils font usage de fourneaux, de forges, de lampes à alcool et d'étuves.

Les fourneaux portatifs employés dans les laboratoires de chimie se réduisent à deux espèces principales : des fourneaux évaporatoires et des fourneaux & réverbère. Les fourneaux sont construits en terre cuite, réfractaire. En général , ils comprennent vai foyer et un cendrier. Le cendrier a toujours une ouverture particulière que Ton peut fermer & volonté à l'aide d'une pièce déterre cuite, qui a été coupée dans la masse du fourneau avant de le faire cuire, et qui s'y ajuste parfaitement. Le foyer présente aussi une ouverture latérale quand les fourneaux atteignent une certaine dimension^ mais ils n'en ont point lorsquHls sont trop petits. Cette ouverture sert pour alimenter le fourneau en y introduisant du combustible; il est convenable de la tenir fermée, car, sans cette précaution, il s'établit un courant d'air qui va d'avant en arrière et qui, chaufTanl trop les vases dans cette direction, les expose à se rompre. Dans tous les cas, on doit chauffer le plus régulièrement possible. Les fourneaux possèdent en outre une grille qui sépare le foyer du cendrier. Cette grille se fait en terre cuite , mais elles se rompent avec facilité, et il est préférable de les a^oir en fonte. Les fourneaux étant sujets à se fendre, il est csonTenable de les faire cercler en fer, si l'on veut les conserver.

fourneaux évaporatoires*

Os sont frénéralemeni évasés Ter» la partie supérieure , et

rouA«B4inc* — BAins. 34i

portent en outre trois échancrures longitudinales dans Tinté* rieur do foyer, pour le passage de l'air lorsqu'ils sont recouverts d'un vase.

Bains, — Lorsque Ton ne ^^^S^ KT^N^l ?eut pas dépasser une tem^përature déterminée, ou lorsque Ton veut obtenir une température long-temps soutenue, on se sert de bains dans lesquels on plonge les vases à chauffer. Ces bains sont des vases dans lesquels on met de Peau, de l'huile ou du sable. De là le bain-marte , le bain d'huile et le bain de sable.

Bain^marie. — Le bain-marie ou le bain d'eau consiste en un vase contenant de l'eau, dans lequel on plonge un deuxième vase qui renferme le produit à chauffer. Ce baiu a Tavantage de ne pouvoir atteindre une température au-delà de loo®. La Tapeur d'eau qui s'échappe continuellement du bain pouvant être nuisible à l'opération, on peut l'éviter en opérant dans un vase qui ferme hermétiquement , mais dont le couvercle est percé d'un trou auquel on ajoute un tube qui conduit la vapeur où l'on veut.

Bain de vapeur. — - Au Ueu de chauffer un vase par de l'eau bouillante, il est souvent pifférable de le chauffer avec de la vapeur d'eau. Pour cela, on se sert d'un vase à doubles parois entre lesquelles on fait circuler de la vapeur. Par ce moyen, les matières qui plongent dans le bain étant renfermées dans on vase particulier, qui permet la circulation de l'air entre ses parois et celles du bain, atteignent difficilement la température de loo^; mais on a la certitude qu'elles ne la dépassent jamais.

Bain JChuile, — Le baiu d'huile se dispose exactement comme le bain-marie. Il peut être chauffé facilement jusqu'à iwfi. Ce bain exige un thermomètre qui indique constamment la température à laquelle il se trouve.

Ce genre de bain a l'avantage de permettre de chauffer les corps à une température qui dépasse loo®, et de la mesurer exactement.

Baùi de sable. — Le bain de sable se prépare eu remplissant en partie une chaudière de grès ou de fonte avec du sable. On y plonge le vase qui renferme le produit sur lequel on opère. Ce bain a l'avantage de permettre d'obtenir une température

34^ ÉLÉTATIOll DB LA TBiPlfalATUllE.

infifrienre on rapërieure à celle du bain-marie, de cbanlhr très également et d'une manière soutenue. II est très employé dans les laboratoires de chimie.

Dans les laboratoires chauffés avec un poêle, on se procure un bain de sable économique en le recouvrant d'une planque de métal, à bords relevés, que l'on remplit de sable* Ce bain est chauffé par la chaleur du poêla et n'exige aucim soin.

Fourneaux à ré(ferbère.

Les foumeam à réverbère sont recouverts d'une espèce de dftme percé d'une ouverture au milieu pour le passage des produits de la combustion. Ce dAme a

Kur but de permettre d'entourer de feu bjet à chauffer. Les foumeaui à réverbère sont formés de trois pièces principales : une pièce inférieure qui est le fourneau proprement dit, uùe pièce annulaire que l'on nomme laioraioi99, et qui sert pour la rehausser, enfin le iv* cerbère ou la dôme qui se place sur le laboraÊoinu

Les fourneaux à réverbère sont destinés à des opérations qui exigent une température fort élevée. On y chauffe des creusets et des cornues. Pour laisser passer le col de ces dernières , il existe une échanorura hémicirculaire au. laboratoire et au dôme. Ces deux échancrures réunies forment une ouverture circulaire qui convient pour cet objet. Lorsque l'on chauffe des creusets, l'ouverture destinée au col d'une cornue sa bouche avec un tampon d argile cuite.

Lorsqu'on place un creuset dans un fourneau à réverbère, on le dépose sur un cylindre d'argtle nommé tourte ou/roiiia^',afln de le relever et de le maintenir au milieu da oombustiblf et dans la partie la pltis chaude du fourneau. Sans

fOVAjrsAuz. 948

cette préaatioii Pair froid, arriyant par la grille du emdrier, empêcherait le creuset d'atteindre une températiure niflisaiii» ment élevée à fa partie infërieure.

Lea comuea sont déposées sur deux tringles de fer qui entrent dans des éohancrurea du fourneau ; mais il est bien rare qne lea cornues soient proportionnées aux fourneaux, et Ton est soayent obligé de les maintenir suspendues par leur ool qui appuie sur l'échancrure du laboratoire.

On emploie le fourneau à réverbère avec avantage, lors mène que l'on n'a pas besoin d'une température très élevée ; mais lorsque Ton veut chauffer un yase dans toutes les directions. Cela est surtout convenable pour les sublimations dans des cornues, pour faire parvenir la matière volatile jusque dans leur ooL

Les fourneaux à réverbère sont aussi destinés i chauffer des substances renfermées dans des tubes.

Pour cela , on leur donne une forme prismatique rectangulaire, allongée, afin que le tube soit chauffé dans une éten* due snflisante. Ces fourneaux ne sont formés que de deux pièces : le fourneau proprement dit et le d6me.

Quand on veut chauffer un vase quelconque dans un fourneau à réverbère, il est convenable -de mettre le vase en place avant d'aUumer le feu, afin d'éviter de le faire casser en le soumettant trop brus» quemcnt à une température élevée , et lorsque celui-ci est en pleine activité, il faut l'entretenir constamment en évitant de jamais mettre du charbon froid eu contact avee le vase ou le tube quel qu'il àoit; car l'abaissement de température pro* dait par oe contact en déterminerait la rupture.

Lea fourneaux à réverbère peuvent être chauffés très économiquement avec du coke cassé en petits fragmens. Si le fourneau est d'une petite dimension, il est convenable d'y mêler du charbon de boia, afin que le feu puisse être entretenu* Dans l'intention d'obtenir un tirage convenable, on surmonte le dAme des fourneaux k réverbère avec un tuyau de tAle* Le courant qui s'établit permet d'obtenir une température excessivement élevée.

Dana lea laboratoires de chimie, on établit dea fonmeafts i

344 ÉLBYATIOV DB LA TIMPiRATmiB.

clemenre, que l'on constrnit avec des briques rëfnrctaires. Ces sortes de fourneaux présentent quelque analogie avec ceux des fondeurs de laiton. Ils se composent dW cendrier, d'un foyer et d*une cheminée, disposés comme la coupe ci-jointe Pin* dique. Pour que ces fourneaux fonctionnent bien , il faut que la section horizontale, passant par le cendrier et par le foyer, soit la même. Celle du foyer peut être plus grande à cause de l'espace occupé par le creuset. La cheminée est munie d'un registre qui permet d'en ré- , trécir l'ouverture à volonté, et le cendrier peut aussi être ouvert plus ou moins à l'aide d'une porte verticale à coulisse.

Ces sortes de fourneaux sont très convenables pour opérer la cémentation du fer, pour faire le potassium, pour essayer les minerais métalliques et principalement ceux de fer.

Les forges sont des fourneaux munis de souiBets pour activer la comhustion et déterminer une grande élévation de température. U y à deux sortes de forges : celles qui servent i chauffer des corps et celles qui servent à les faire entrer en fusion. Les premières forges, les seules dont se servent les foirerons, sont peu usitées dans les laboratoires; cependant elles peuvent rendre de grands services. En outre, elles sont très commodes pour allumer du charbon en quelques insians. U est inutile de décrire ces forges que l'on rencontre partout Les forges & fusion sont essentiellement composées d'un foyer et d'un soufflet. La forme du foyer est très variable $ mais elle peut être représentée par une caisse cylindrique ouverte en haut et fermée en bas. Dans cette espèce de caisse, le vent arrive par trob ouvertures latérales; s'il arrivait par une seule ouverture^ il faudrait qu'i^ vînt an-dessous d'une grille pefoée de

fOftGIS IT GHALUMBiLUl. 34S

troQS disposa pour le disperser d'une manière ëgale. La figure d-jointe en dira plus que toutes les descriptions.

Qq peut faire une excellente forge de fusion avec un grand creuset que Ton perce d'un trou destiné à recevoir la buse d'un soufflet; son couvercle , dans lequel on fore une grande quantité de petits trous, représente une grille qui sert de support et qui disperse le vent. Ces petites forges ont été imaginées par M. Barruel, qui était directeur des travaux chimiques de la Faculté de médecine de Paris. Le fer peut y entrer en fusion. On les rend encore plus avantageuses en les entourant avec les laboratoires de deux fourneaux à réverbère et en tassant de la cendre ordinaire entre le creuset et la paroi interne de ces fourneaux. Cette disposition s'oppose au refroidissement déterminé par Tair extérieur et par suite à la fracture du creuset. La figure suivante donnera une idée de cette disposition.

Lorsque Ton peut opérer sur de très petites quantités de matières que l'on désire soumettre à une température très élevée^ on iait usage d*un cbalumeau et d'une lampe ou d'une chandelle. Le chalumeau est un tube conique et recourbé. On y insuffle de l'air avec la bouche par Touverture la plus large; cet air sort k l'extrémité opposée par une très petite ouverture, et on le fait passer au travers de la flamme d'une lampe ou d'une chandeUe, il la dévie latéralement et donne ainsi naissance à

340 ihÈYAXlW 9M hh TVMFtaAWRB.

une flamme dont h température eat très élevée. Cette flaimiM est divisée en deia parties fort distinctes i uue, celle qui est i l'extrémité du dard» est rouge; l'autre, la moyenne, est bleuâtre» La première présente des matières combustibles complètement brûlées et même mêlées avec un excès d'air, venant de

Textérieur et entraîné par le courant au travers de la flamme, cette partie est oxydante; l'autre est formée de matières combustibles incomplètement brûlées, et jouit de la propriété de réduire les oxydes métalliques , c'est-à-dire d'en extraire les métaux.

Je me sers babituellement d'un chalumeau de verre fonné de deuxpièoei réunies par un boucbon. L'une est un tube recourbé et présentant un renflement pour recueillir l'humidité, provenant de l'haleine de celui qui souffle dans le chalumeau; l'autrci est un simple morceau de tube à thermomètre que l'on peut changer à volonté et dont l'ouverture est proportionnée aux besoins. Ce chalumeau , qui ne coûte que quelques centimes 9 est propre à tous les usages.

Les objets que l'on chauffe au chalumeau sont reçus sur des supports dont on fait varier la nature selon les besoins. On se sert de morceaux de charbon de tilleul , de lames et de fils de platine.

Les moroeaux de charbon de tilleul sont taillés en parallélipipèdes à l'aide d'une scie; on y oreuse quelquefois une fosie à l'aide de la pointe dHin couteau ou d'une fraise, dont en roule le manche entre les doigts. Cette fosse sert pour rete-

C1UI.1WK4V ▲ CU«« 14;

nir l'objet et ùit en même tevpi ToffiM d'up «rouiet. Dw« b mté du charbon, on ajoute quelquefois dea oa oalciuéa et put Trfriiés, après les avoir réduits en pâte avee un peu d'eau poOff ea faire une espèce de coupelle. Pour réduire des iulflirei» ou introduit aussi dans des cavités percées dans le cbarbou des fijUndres creux en papier à filtrer imbibé d'une dissfdution de carbonate de soude et desséché ensuite.

Les lames de platine doivent être linges d'un oeutimètre environ et asses minces pour ne point trop absorber de ohM leur. Elles servent pour opérer des frites et des QOmbiiuâsoiiSf on des réactions par fusion.

Les fils de platine sont pUés à nue extrémité que l'on svrou* dit pour en faire une espèce d'cail. Ils serrent pour easnyer les oxydes qui colorent le borax«

A laide du chalumeau, on peut déterminer U ftisiou d'une foule de oorpsj-on peut aussi osyder les métauXf griller les auLfnres et les arséniures, réduire des oxydes et des sulfures, opé^ ter des frites, des vitrifications, et en un mot faire toutes les opérations que l'on peut pratiquer & l'aide du feu dans un lalK)ratoire* Aussi oes opérations ne peuvent-elles être détaillésa ici, les essais au chalumeau appartenant plutAt à l'analyse ebimiques qu'aux autres genres de manipulations.

Il y a des essais au chalumeau qui exigent quelquefois que l'on souffle dans cet instrument pendant plusieurs minutes sans discontinuer, et ce résultat peut être obtenu avec asses de facilité à l'aide d'un artifice particulier. Cet artifice consiste à souffler avec les joues gonflées* Lorsqu'on opère ainsi, on peut respirer facilement : pendant l'inspiration , le voile du palais femie la bouche vers le pharynx, et l'élasticité des joues suffit alon pour comprimer l'air qu'elle contient et le faire écouler dans le chalumeau.

Les personnes qui ne pourraient réussir à respirer en souf*flant au travers d'un chalumeau, en se guidant d'après les remelgnemens qui viennent d'être donnés , et qui ne seraient point à même de consulter un chimiste , pourront s'adresser & des bijoutiers qui savent tous se servir de cet instrument.

Chahuiieaii à gas.

La pins haute température que l'hoiamo ait jamais^pa pv^

348 KLÉYATIOR DB LA TBlIPÉaATUEB.

duite a été dëterminée par la combustion d'un mélange gazeux formé de deux parties d'hydrogène et d'une partie d'oxygène en volume. On fait passer ce mélange par l'ouverture étroite d'un chalumeau et on Penflamme. La flamme obtenoe fond facilement le platine, le quarz et même l'alumine.

Le mélange indiqué ci-dessus étant explosif offre les plus grands dangers, car si l'inflammation peut s'étendre jusque dans le réservoir, il en résulte une forte détonation et la destruction de Tappareil. On ne pouvait éviter ces graves inconvéniens qu'en faisant passer le gaz avec une grande vitesse au travers d'un grand nombre de toiles métalliques à mailles très étroites; mais on a songé plus tard à séparer les gaz dans des récipiens particuliers et à ne les mêler que peu -à-peu à l'instant où ils doivent èlre brûlés.

Dans un laboratoire de chimie, on peut facilement remplacer le chalumeau à gaz par un courant d'oxygène que Ion fait passer au travers de la flamme d'une lampe à alcool, la tem- M^ — -^ IJI.IIIII1..J • .pérature que l'on obtient

y^f^^^^^^^MVm BLintA sui&t pour fondre

Tf::*:':' ~. * • -[-^^^^^^^J^ facilement le platine et

-->'^-'—^— ^:'^rj#\l__ même pour le faire brûler

n r ^^^'"^^^L ^^ scintillant Une vessie

^ — ..^j:, — I renfermée dans une boîte

de boissellerie , comprimée par un corps pesant et un tube à robinet , percé d'une ouverture étroite, suffisent pour monter cet appareil.

Les étuves des laboratoires de chimie sont des espèces de caisses que l'on entretient à une température déterminée, mais généralement peu élevée et dans lesquelles on place des corps que l'on veut soume;ttre à une température fixe , ou bien des Uquides que l'on veut évaporer. Il y a donc deux sortes d'étuves : les unes servent à chauffer;» les autres servent à évaporer ou à dessécher.

Les étuves à chauffer sont on ne peut plus simples. On peut les construire avec une caisse qui s'ouvre sur le devant comme une armoire. Cette caisse contient des tasseaux sur lesquels on pose des planches criblées de trous. Ces étuves peuvent être chauffées avec du poussier de charbon ou avec

des Teilleitses qae Ton place dans leur intérieur. En faisant f aiîer le nombre des Teilleoses et le diamètre âe leurs mèches, on obtient assez facilement une tempërature déterminée que i'on peut entretenir sans beaucoup de soins et à très peu de frais. Pour soustraire autant que possible l'ëtuve & Tinfluence de la température ambiante , on peut la faire i parois doubles et distantes l'une de l'autre de a à 3 centimètres. On peut même faire que Tair échauffe de l'étuve circule entre ces deux enveloppes.

Les étuves i évaporer ou & dessécher ressemblent au précédentes ; mais elles doivent avoir en outre plusieurs ouvertures 'our déterminer un courant d*air qui entraîne Tair humide qu'elles contiennent , afin de favoriser Tévaporation. Cette sorte d'étnve peut être chauffée facilement avec nn quinquet à double courant. On doit à H. d'Ârcet une étuve de ce genre. Pour pro* fiter de toute la chaleur développée , il est convenable de renfermer le quinquet dans une case séparée de la botte supérieure par une cloison percée d'un trou pour en laisser passer le verre. Cette disposition permet de toucher au quinquet sans ouvrir l'étuve proprement dite. Comme il importe beaucoup que l'on connaisse exactement la température d'une étuve, il est bon qu^une de ^es parois soit en partie vi* trée , afin de pouvoir consulter deux thermomètres , dont l'un doit être placé i sa partie inférieure et l'autre à sa partie supérieure. Deux thermomètres sont nécessaires, car on observe souvent une grande différence de température entre le haut et le bas de l'étuye. La figure ci-jointe fera comprendre la disposition de cette étuve.

Ces procédés sont toujours fondés sur le changement d'éut des corps, soit sur la fusion des corps solides, soit sur la vaporisation des liquides.

3S0 ABA188BHBKT DB bft «KfiBATUIlB.

PMT obtenir Uile tempëntilre fiite el «h méiM tanpt plm bute qne la tempëralure ordmairei OU emploie avec avantage la fusion de la glace on de la neige. Tant qu'elles fondent leur températitre demeure constante ^ et c'est même cette tempera-* tnre qni sert pont déterminer le aéro du thermomitre centigriide.

On petit obtenir des températures beaucoup plus basset en mélangeant de la glaoe pulvérisée Ott de la neige avec des sels ou avec des acides susceptibles de s'unir à l'eau : la réaction qui a lieti détermine la fusion rapide de la gUoe^ et de là un abais* sèment plus ou moins considérable de température.

Les matières qui entrent dans la composition des mélanges réfrigératts doivent être très finement pulvérisées ^ les sels susceptibles d^hydration doivent être hydratés^ la température de chaque matière doit être aussi basse que possible ) car l'effet de la réaction sera d'autant plus grand que le point de départ sera à une température moins élevée* Enfin^ le mélange devra être fait le plus rapidement possible*

On trouvera dans le tableau suivant plusieurs recettes de mélanges réfrigérans i

MéiàHgès réfiigéraHs tùntehant Je la glace pilée <m de ta neige.

Matlèrei employée!. AbMiwiDeni de lempérmare.

SfLi.'.:*//.'/.:::: î 5: }*.»»*-. 7-77.

ÏS'^ :::::::: : : \ 5: } ^- *'•" » -•«•

CUoniM de ealdam lijrdrili. « ^ P* ^ dd o** à a^* iï d^d.eilciaml.:rdr.té. . J p. j j. 4.. 4 ^ 53. 35. Add6Nlr«irk|MdUu4. , p. 1 de^e-Ofii-Si».

. nMS^ #••• ip*3

l«de^,.lfarique dilué. ... . .0 p. j de 55.55 j çg.33.

Adde azotique dilué et neigie. ..... de — 17" 77 à — 43<^33.

Acide lulftiriqQe étendu. .... i p.

Irf. * • * ♦ . t p. l de ^ «3*33 à «^ 4>'' ê«. Neige s p.

lÊÈLàMU Atvài«laAlrt« 35i

I Mb diiaouê dans des sddes <m tiiênid shnpiemetit dissous dans Teaii peuteût donner atissi^ éts ttiëlàliges rëfUgë^ ransy on en troayera plusieurs exemples dans le tableau suivant:

de4- xooà— ia»a9.

MatièKt cmplojéet. AMmamit d« imyinivra*

Chlorliydraté d^ammoniaque. . S p.

Âiotate de potaoe 5 p.

Eau «..•.... x6 p.

Axotate d'ammoniaqae x p.

Caii>oiiAte de soade i p. } de + xo" à — i3^ S8.

laa « « • • • • t p.

de+ xo*à— iS'SS.

chlorhydrate d'aaimoniaqoe. • 5 p.

.Azotate de potasse 5 p.

Salkle de soude. • S p«

Eau x6 p.

Pfaospliatedeioude 9 p.

Adde azotique éteodu d*eaa. • 4 p. )

Sul&te de soude cristallisé*. • • <) p. )

Azotate d'ammoniaque. 5 p. | de -f- lo» i -^ xo*.

Atida azotique dilué 4 P- )

FlMsphata de soude. 9P«lj • «^

Acide aioUque dilué. * . * . , 4 p. f « + xo» à — ii««x.

Salfiato de soude crisUUisé. . . • 6 p. |

Chlorhydrate d'ammoniaque. • 4 P« ( j 1 ^ ,. -

Azotate dépotasse. ..:.. . ^ p. *»+ «^^ — '<*•««•

Acide azotique éteado 4P-'

SoUata de souda eristallisé. .,9p.?., « .

Aàda azotique étendu. ... « » J. i de+ 10 à — t6*ix.

Sol&la de sonde cristallisé» • . 5 p. î .^ , . . ^. Adde sulfurique étendu 4 p. 5 de+ xo» à — iS*ix.

Solfiite de soude cristallisé. .. # 8 p. > ^^ . „. ^

Adde dklorhydriqua. . ; . . . 5 p. J "* + '® * "* *^ 77*

Les mâanf^es les plus âvantageuz par le fort alMiissement ie température cpi'ils produisent et pât le peu de Talenr des matî&es qu'Us exigent sont évidemment ceux qui sont faits arec la glace et Tacide sulfurique dilue, ou bien atec le suliate de soude hydraté et les acides dilués.

L'action qui s*ezerce entre les métaux qui s'allient peut sQssi déterminer un abaissement de température. Dôbereiner s fait ▼DÎT que 207 parties de plomb, 1 18 p. d'étain, 084 p. de bismuth et 1617 p. de mercure, étant mêlées ensemble passent de + 17 à — tif.

3Sl BMVLOI BB L'iLBGTEIGlTÉ.

Les corps en se vaporisant produisent aussi un abaissement de température très considérable, voy. p. 170.

ÉLBGTEIGiTi BMPLOTÉB GOHMB AGBKT GHIMIQUB.

LOTÉB WÙUm, WàIMM

■VB LU OOBM.

vftLBonianÉ

L'électricité est quelquefois employée simplement pour enflammer un mélange gazeux contenu dans un vase complètement fermé. D^antres fois , on fait usage d'une multitude d'étincelles pour déterminer une réaction. D'autres fois encore, on fait usage de l'électricité dynamique pour analyser on pour extraire des produits.

Lorsque l'on a besoin d'enflammer un mélange gazeux, on fait usage d'un instrument renommé eiuUomètre. (i)

Les eudiomètres sont variables sous le rapport de leur construction ^ mais , en général , ils sont formés d'un tube de verre fort épais, ayant une extrémité ouverte et Tautre fermée. L'extrémité ouverte sert pour l'introduction et la sortie du gaz, elle demeure constamment plongée dans le liquide , eau ou mercure, sur lequel on fait l'expérience. L'autre extrémité est traversée par deux tiges métalliques , laiton, acier ou platine, selon que l'on opère sur l'eau, sur le mercure ou sur des gaz attaquant l'acier. Ces deux tiges communiquent audehors et sont dans le tube à une certaine distance l'une de l'autre. Si l'on tient Tune de ces tiges avec les doigts, m on si l'on y attache une chaîne que l'on

) il ^^'^ plonger dans le liquide de la cuve ,

oJ ^1 ^^ '^ ^^^^ approche le plateau collecteur

/ ^^ d'un électrophore, chargé d'électricité,

près de l'autre tige, une étincelle a lieu dans l'intérieur du tube entre les conducteurs interrompus, et peut mettre le feu à un mélange gazeux. En attachant une chaîne à l'une des |iges , la mettant en contact avec Tarmure extérieure d'une

(k) Eodîomàtre ▼icnl du grec et teat dire meiare de k porelé de ranr.

KUDIOHÉTUS. 353

bouteille deLeyde chargée et faisant commiuiiqaerraniiure interne de cette bouteille, avec la deuxième tige, une étincelle traverse encore l'eudiomètre et peut enflanuner un mélange gaieux.

Quelquefois il n'y a qu'une seule tige manie d'un bouton i l'extérieur, qui traverse l'eudiomètre dans sa partie supérieure. Le deuxième conducteur consiste en nu fil métallique, plié en hélice et ^ terminé par une petite boule. Ce fil est introduit dans l'eudiomètre après le mélange gazeux, et Ton a soin que la boule soit à une distance d'environ Oy'^S da conducteur supérieur.

Au lieu d'un fil en hélice, on peut prendre un gros fil de mëtal courbé en anneau à la partie supérieure et traversant un bouchon fortement conique et entaillé sur le cAté.

Le bouchon se fixe légèrement dans la partie inférieure de Tendiomètre , et on Ty maintient sous le liquide â l'aide de la main. Lors de la combustion du gax, le bouchon est repoussé, mais par la rentrée subite du liquide, il se remet en place et fait l'office d'une soucoupe. En approchant le plateau col- ^*^ lecteur d'un électrophore , du bouton supérieur de l'eudiomètre, l'étincelle a lieu dans l'intérieur de l'instrument et le gaz est enflaumié. Si l'on se servait d'une bouteille de Leyde, il faudrait que l'armure, tenue dans la main de Topérateur, communiquât par une chaîne ou par un fil métallique avec le liquide de la cuve; sans cette précaution , la combnstion du gaz n'aurait point lieu ou l'opârateur recevrait une commotion électrique.

On trouvera à l'artide Eau les détails de la manipulation relative à l'emploi de l'eudiomètre.

Yolta a imaginé un eudiomètre plus compliqué que les pre'c^ens, en ce qu'il possède deux robinets et en ce qu'il es! surmonté d'un tube gradué dans lequel on peut faire passer les T. 1. a3

EMPLOI DB t'ÉLËCTElCITB.

gaz pour les mesurer ; mais cet instrufnent plus dispendieux qae les précëdens n'est réellement utile que pour renseignement et non pour des recherches particulières.

Appareil pour faire réagir une longue série d'étincelles électriques sur les gaz.

Pour £aire cette opération , on se sert de l'eudiomètre ordinaire. Seulement, on fait communiquer une des tiges qui le traversent avec le conducteur d'une machine électrique, tandis que l'autre communique ^vec le liquide de la cuve sur laquelle on opère, par le moyen d'une chaîne de métal. En tournant le plateau de la machine, on obtient des étincelles chaque fois que la tension de l'électricité développée le permet. La figure suivante fera facilement comprendre la disposition de cet appareil.

C'est & l'aide d'un appareil de cette nature que l'on décompose le gaz ammoniac*

' nnnot nm vàiMrgEiorrê oTHAMiQua vovs

LES COBM.

L^électricité dynamique est employée par les chimistes pour décomposer l'eau, les oxydes et les sels métalliques, pour donner naissance à quelques oxydes et à une hydrure et de plus à une foule de produits lorsqu^on emploie les appareils à faihle tension, tels que ceux imaginés par M. Becquerel.

Dans tous les cas, on interpose la substance à décomposer entre les fils conducteurs d une pile en activité. On a soin que les fils ne se touchent point et qu'ils ne soient point à une trop grande distance l'un de l'autre, dans la crainte que le courant électrique ne soit interrompu.

Le procédé reçoit des modifications selon que les produits

DÉGOMPOsiTtdA » ^bk^ktMit MSi^ Composés. ^SS

dé TipêMim «ont pitéùt ou solides. Qùd^tiêt ëtéttliléll shf^ fiiont pour faire comprendre cette opëratiod.

^éeÉmpeiili>B 4e Veêxàé

L'eaa est tablée avec nn peu d'àci Je azotique et ^lac^è Aàtts nn vase dont le £mmI «st traTentf ptr detm fik de platine ou d'or, communiquant avec les pftles d'une pile ; chaque fil ttt introduit dans une petite dochet fêiivérsëe et contenant lé taaéme liqtiide que le vase. L'oxygène et l'hydrogine, brôvenant de la iécôfnpodtiôti de Teàil, ée ren-| dent, le premier au pÂlé po*>

sîtif , le second ati bôle nëga-

tif. Où peut alofs les mesurer è( d|>pr^cier leui* ùattttë pàt lëk moyens Cônvèiiableà(V. Êau).

9ébtMʧmMoû été vxjdm aloalîm.

I^our décomposer la cliauit, la baryte on la strontiane, on tes taille en cOupellei très minces dans lesquelles on verse du mercure. La coupelle est placée sur une phque de cUitfe rouge communiquant avec le fil positif de la pile, et l'on fait oomffloniquer le fil négatif de la bile avec le mercure : le métal se réduit et s'amalgame } l'oxygène abandonne le composé pout s'anir au cuivre.

On réussit mieux si l'on fait uiié bouillie très épaisse avec l'hydrate d'un de ces alcalis , si l'on met cette bouillie dan& une coupe de cuivf e rouge et si Ion verse un peu de mercure sur la bouillie. En faisant communiquer les pôles de la pile , comme dans ^expérience précédente, l'amalgame se produit avec facilité. ^

Wt^têm^km été otf&ê» d^êiMÈbAé èl d*Akiemo, et ée Tliyânire de oe dernier éUan&àl,

Si Ton attache un motceau d'antimoine ou d'arsenic i un m métallique communiquant avec le pôle positif d*une pile, et si Pon plonge ce morceau de métal dans de l^eau acidulée, en m&ne temps que l'on y plonge ansqi le fil communiquant

356 BilPLOI DB L'ÉLVGTaiGITÉ.

avec le p6le négatif, l'oxygène de Teau décomposée s'unit avec le métal employé.

Si l'arsenic est attaché au fil communiquant avec le pôle négatif de la pile, au lieu de se combiner avec Tozygène, il s'unit avec l'hydrogène et il se forme un hydrure.

Jipparaïf eM0UM|ii6f «b ib* saoqnara*

Au lien de piles à forte tension, comme les précédentes, on peut employer des piles excessivement faibles que Ton fait réagir pendant un temps très long. M. Becquerel a fait usage de ces sortes d'appareils et a obtenu plusieurs corps d'une dif* ficileréduction(^. p. 191)*

Les appareils imaginés par M. Becquerel peuvent beaucoup varier par la disposition qu'on leur donne ; mais, dans le fond, ik sont tous établis sur les mêmes principes.

Pour se procurer une pile à très faible tension et fonctionnant pendant plusieurs mois, on prend deux vases égaux, des verres à boire, par exemple; dans l'un on met de l'adde nitrique dilué , et dans l'autre, une dissolution de potasse. On ~ réunit ensuite les deux verres an

moyen d'un tube de verre pli^ en U et rempli d*argile humectée avec une dissolution de sel marin et renversé. Dans chaque verre, on plonge ensuite une lame de __ platine, après laquelle se trouve

fixé un fil du même métal. Les deux fils libres ainsi disposés •ont les réophores de l'appareil et peuvent déterminer des réactions chimiques.

Un tube plié en U, dans le milieu duquel on tasse de la- ~ miante, est aussi très propre à former

un couple électro •chimique si l'on verse dans chacune des branches des dissolutions salines difiïérentes, et si on les fait communiquer par un arc métallique.

En employant un sel de cuivre, d'un côté, et une disso* lution de chlorure de sodium ou de chlorure d'ammonium, de l'autre côté , et en faisant usage d'un arc métallique en cuivre, en argent, en plomb, etc., on obtient des composés

APPAREILS DB H. BBCQUEaSL. 35^

doubles (oxycUonires?) à base de sodium, d'ammoninm et da mëtal employé pour faire l'arc métallique.

Si au lieu d'amiante on tasse de l'argile au milieu du tube, on peut encore obtenir des effets électriques en mettant des dissolutions salines différentes dans chaque branche du tube. De l'hyposulfite de potasse, de l'azotate d'argent et un fil de ce méul, donnent finalement des cristaux octaédriques de sulfore d'argent.

L'appareil précédent peut encore être modifié. Au lieu d'un tube plié en U , on peut prendre deux tubes que l'on bouche à une extrémité avec de l'argile, et que l'on plonge dans un même vase contenant de l'eau. Chaque tube reçoit une dissolution saline différente , et on les fait communiquer par des lames et des fils métalliques.

En faisant varier les dissolutions salines, M. Becquerel a pu obtenir des corps d'une très difficile réduction, tels que le fer, le zirconium, le. glucynium, Taluminium et le titane. Mab ces corps liront pas toujours été obtenus à l'état de pureté*, il fallait souvent ajouter des composés facilement réductibles pour en obtenir la séparation. C'est ainsi que la présence d'un sel de fer était nécessaire pour extraire le zirconium.

Une éprouvette ou un simple tube fermé à une extrémité, au fond duquel on introduit du bi-oxyde de cuivre sur lequel on verse une dissolution d'azotate de cuivre, donne des cris* taux de protoxyde de cuivre , si l'on y plonge une lame de ce métal. Avec de la litharge , de l'acétate tribasique de plomb ei une lame de plomb, on obtient des cris- ri

taux de protoxyde de plomb en dodé> caèdres à faces pentagonales ou en filamens soyeux (i).

On a déjà vu , p. 194 ^ comment un métal peut être précipité par une lame de même nature plongée dans des disso* btions superposées.

Plusieurs métaux en contact avec du charbon , introduits

(t) te fila—»* ioyeiUL ne sool-ils pas de l^aoétate sébasique de plomb ?

dam UA tybfi ep U et plpqg^^ (Ups ^n ^cidç clUué i MU\t Mbqués et peuvent donner des cqmpoqé^ qui pe ^e formeir^qit pgiot 9An$ U présence du ab^rbon. Une lame d'argent, du f^barbon et du çhlprure hydrique, dçonent du ddorure d'w^ g^nt cri$t§Uiaé,

▲pparall âm doolfi» BM*

Le docteur Bird a construit un appareil à faible tensioq qui lui a permis d'obtenir à Tétat de pureté le bore, le silicium

et le potassiuin. Cet appareil , comparé k ceux dç M. Becquerel I est double^ il sç compose essentiellement \ de deux parties: une première, uniquement destinée au développement de Télectricitéj une seconde, destinée à 1^ formation des produits en même temps toutefois qu'il s\ développe aussi de l'électncité. L^ figure cicoptre, ejctraite du Jmité de Chimie de M, R, ÏLane| peut donner une idée dç cet appareil*

A eçt un c^lindfQ dç verre d'envirpn ao centimètres de long et de 5 centimètres dç; di^p^^trç, B est un autrp cylindre plus étroit fermé à sa partie inférieure par W» diaphragme de plâtre de ^^arî^j de a centimètres d'épaii^eur, D etE sont deç cylindres disposés comme Iç* p(5cédensi , mais plus petits, Q est une lame de cuivre roulée en spirale qui coinmunique par un fil G de inème nature, avep une plaque de zinc amalgamé plongeant danf le cylindre D. Z est une lame de zinc roulée en spirale comme la précédente et conimuniqnant par le fil H , avec pue lame de platine plongeant dans le cylindre E, Dans le vase B, on introduit une dissplutipn de sulfate de cuivre et dans la vase 4 nne dissolution de sel marin. Ces deu^ dis^dutiona traversent lentement le diaphragme de plâtre et développent de Télectricité en réagissant lune sur l'autre. Le vase D doit contenir une dissolution de sel marin, et le vas» E la dissolution du çQTp? quç l'on vftut obtenir.

FUSION DBS CORPS. 35^

K8 ACTION DE LA LUMIÂKB SVa LES CORPS.

On ne possède ancnn procédé pour faire réagir la llUnièie sur les corps, on sait seulement qu'il y a une foule d'expérienoes très curieuses k tenter, en cherchant comment son action. se trouve modifiée par sa transmission au travers de vene« di£Ei$remment colorés et de liquides de diverses natures.

DE LA FUSIOTT.

La fusion ou la liquéfaction des corps est une opération que l'on pratique par des moyens très varia))les, selon que l'on opère sur des corps plus ou moins fusibles, plus ou moins altérables par la chaleur, ou par l'air, ou par le charbon, ou par les gaz de la combustion du charbon.

Fanon des corps non «liéraUcs par ]m ehaloor et par l'a».

Les corps qui se rapportent à ce mode d'opération sont fort peu nombreux, ils n'exigent au reste aucune espèce de précai^ tien; tels sont lor et Targent. Ce dernier métal absorbant oepei|dant l'oxygène de l'air à une température élevée, le perdai^t par le refroidissement, et prenant en outre beaucoup de retraite exige qu'on le laisse refroidir très lentement et dans un yase couvert , s'il a été fortement chauffé. Sans cette précaution^ une partie du métal serait projetée hors du vase* H y a des métaux qui sont à peine altérables par l'air, à la température & laquelle ils entrent en fusion, et qui sont fortement attaqués par l'oxygène de l'air, si la température devient plus élevée : tels sont l'antimoine, le zinc, le plomb, l'étain, le bismuth. Ceux-là exigent qu'on évite de les trop chauffer et que l'opération se termine rapidement.

n faudrait encore user de la même précaution pour les corps volatils, afin d'en perdre le moins possible. Cette précaution est nécessaire pour le cadmium.

Loa corps altérables par la chaleur exigent les plus grandes précautions. S'ils sont fusibles au-dessons de -|- ïPQ^t on peut les fondre au bain-marie; ^'ib sont inuniscibles à l'eaa amuoe les corps gras^ on peut; io^« leur ajouter de Veau pouf Id fw4rc« Put le refroidissement, ils se «éparei^t de Yew

36o pvsioK.

qu ils surnagent; soit à l'ëtat liquide, comme les huiles, les diverses variétés d'oléines et Tacide oléique ; soit à l'état solide, par le refroidissement, comme les graisses, les suifs, les cires et la plupart des acides gras.

Si le corps doit être chauffé à une température inférieure & 3oo» pour être mis en fusion, on peut employer un bain d'huile. Ce bain a l'avantage de permettre de déterminer avec exactitude la température à laquelle on opère en y plongeant un thermomètre.

Les alliages renfermant des métaux volatils, comme le laiton composé de cuivre et de zinc, doivent être chauffés pendant le moins de temps possible et n'atteindre que la température voulue*

Fomm dei oorpi allérablef par l'aîr.

Les procédés que l'on emploie pour fondre les corps i l'abri de Vair, sont excessivement variés. Tantôt on les fond au milieu d'un liquide , tantôt on les enloure d'une poudre qui les prot^e en produisant un effet contraire à celui de l'air , tantôt on les fond dans une matière fusible qui se liquéfie et les prot^e à la manière d'un liquide.

Le potassium, altérable par l'air et par l'eau, se fond sous le naphte; le phosphore est fondu sous l'eau. Plusieurs corps altérsd>les par l'air peuvent aussi être fondus dans des cornues après les avoir recouverts d'un liquide qui ne puisse exercer d'action chimique sur eux, comme le naphle cité plus haut. Les corps qui exigent une température élevée sont fondus dans des creusets. Les creusets sont des vases de terre cuite, réfractaire, qui résistent au feu de forge.

Pour que l'air ne puisse altérer les substances qu'ils contiennent, on emploie plusieurs moyens. Si la température que doit supporter le creuset n'est pas très élevée , on peut le réunir avec son couvercle à l'aide d'un lutai^eux; mais s'il doit supporter une température élevée, il faut en dresT ser les bords en l'usant sur une pierre unie, avec du sable et de l'eau ; le couvercle s'y applique alors assez bien pour s'opposer à la circulation de l'air. Quelquefois on fait usage de crenseta

DISTILLATIOn. 36l

Irasqués^ comme s'il s'agissait d'une réduction. On brasque les creusets en les enduisant intërieurement avec une pâte ferme, formée de charbon pulvérise et d'un peu d'eau gommée. Quelquefois la substance est simplement recouverte de poudre de charbon.

i dei corps aHérablei par le «hailM»,

11 y a des corps qui s'unissent avec le carbone à une tem« pérature élevée et qui ne peuvent par cons&juent être chauffés dans le charbon sans s'altérer; tel est le fer qui se transforme successivement en acier et en fonte, et tels sont probablement le manganèse, le cobalt, le nickel et le chrome. On ne peut éviter l'emploi 'du charbon qu'en ajustant, aussi bien que possible, un couvercle sur un creuset dont les bords sont dressés, et en recouvrant la matière avec du verre pilé. Le verre entre en fiision, recouvre la substance i fondre, et la protège contre l'action de l'air. Si la substance & fondre est en quantité assez considérable, et si le creuset ferme bien, on peut éviter l'emploi du verre. «

Les creusets sont toujours un peu perméables aux gaz, et pour éviter l'influence des gaz provenant de la combustion da charbon, on renferme la substance dans un double cren* set, encore ce moyen ne réussit-il qu'imparfaitement, et s'oppose-1- il à ce que l'on atteigne une température très élevée, si le fourneau ou la forge dont on dispose ne sont pas de très grande dimension.

UquélÎMlioD d«f eorpt très vol«lî]t.

L'iode est tellement volatil qu'il passe directement de l'état solide à l'état de vapeur, si l'on n'a pas le soin de le tasser fortement dans le vase où on veut le fondre. L'arsenic ne pouvant entrer en fusion sous la pression de l'atmosphère, ne peut être fondu que dans un vase fermé et très résistant. Un tabe de verre épais, et soudé aux deux extrémités après y avoir introduit l'arsenic, peut servir pour cette expérience $ la seule vapeur de l'arsenic peut suffire pour le fidre entrer en fusion, si le tube est chauffé de toutes parts.

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