CARBONE
Oiainant, noir de fumée pur, cliarboa pur, charbon métallique, graphjte*
Le €:arboue est un élément chimique qui se présente à nous
5o8 HYDR0L0B8.
Les diatnam naturels sont rugueux et ont leurs faces courbes; mais ils sont cli?ables parallèlement aux faces de roctaëdre régulier , et lorsqu'en proGlant de cette circonstance , on les a débarrassés de leur croûte , ils sont ordinairement limpides et incolores. Cependant ils peuvent ôtre ambra, couleur souci, roses, bleuâtres, enfumes et même tout-A-&it noirs. On a même vu des diamans à moitié limpides et k moitié noirs. Ce qui démontre par analogie la relation du diamant avec le char* bon. Les teintes jaunes et enfumées du diamant paraissent dues à du charbon. Au moins ce corps peut-il communiquer ces teintes au verre, lorsqu'on les fond ensemble.
L'indice de réfraction du diamant est très considérable , il s'élève jusqu'à a,439 et n'est surpassé que par ceux du réal^ar et de lanathase. Son pouvoir dispersif est de o,o38. Le diamant doit, sans aucun doute , une grande partie de son éclat à la puissance avec laquelle il réfracte la lumière. Il .est lumineux par insolation^ c'est-à-dire qu'après avoir été exposé au soleil, il brille dans l'obscurité. Le poids spécifique du diamant est assez considérable et varie de 3,5o à 3,53. Sa cha* leur spécifique varie de o, 14600 à 0,14809, selon M. V. Regnault.
Réactions chimiques. — Le diamant est inattaquable par la plupart des corps. Il peut supporter la température la plus élevée sans fondre, lorsqu'on le chauffe à l'abri du contact de lair. Cette expérience peut être faite en le plaçant au milieu d'un creuset rempli de noir de fumée fortement tassé. Les académiciens de Florence ont chauffé ie diamant au contact de l'air, sous une cloche de verre, à l'aide d'un miroir ardent. Ils ont vu quHls parvenaient à le consumer. Lavoisier a vu plus tard qu'il se produisait du gaz carbonique. Le diamant, chauffé dans l'oxygène, brûle avec assez de facilité pour qu'une fois embrasé , il continue à brûler si l'on cesse de le chauffer. Usages. — Le diamant est taillé pour la bijouterie et sert en outre pour couper le verre et pour écrire dessus.
Les principales formes que l'on donne par la taille au diamant en Europe sont celles en brillant et en rose. Le brillant
est un diamant d'une épais* scur assez considérable que l'on dresse en table k sa partie supérieure et que l'on
CàABONB. 5o9
forme en cutané à sa partie infërienre. Ces diânians jouissent d'ttn grand éclat et se montent à jour.
Les roses sont des diamans d'une faible épaisseur que l'on taille plates en dessous et que Ton recouvre d*une multitude de petites facettes triangulaires. Ces dia* mans se montent sur une lame métalli* que blanche et polie. Us ont moins d'ëdat que les brillans , ne donnent pas ' les couleurs de l'iris et ne font, pour ainsi dire, que réfléchir la lumière*
Lorsque l'on achète des brillans , il est convenable de les^ faire démonter; car on en fait quelquefois avec une table en diamant et une culasse en cristal de roche»
Il est sans doute inutile de dire qu'à surfaces et limpidités ^les,un brillant a beaucoup plus de valeur qu'une rose, parce qu'il a plus d'épaisseur, et que celles-ci sont d'autant plus recherchées qu'elles sont plus convexes.
IjCs diamans à couper le verre se font avec des cristaux plats, présentant des arêtes déclives et des faces courbes. Cette forme leur permet de couper le verre en agissant comme un coin. Un fragment de diamant présentant une pointe sans arête, raie facilement le verre sans le couper. Les diamans montés pour écrire sur le verre portent le nom de plumes de diamant.
Valeur des diamans.^^ Les diamans se vendent au poids. L'unité de poids, qui sert pour déterminer leur valeur, est le karat , qui correspond à 4 gfains anciens poids , environ o,gr.aia. Le prix du karat pour les diamans qui n'atteignent point ce poids, varie depuis loo jusqu'à 3oo francs, selon leur grosseur, leur limpidité, etc. Au-dessus du poids d'un karat , le prix des diamans croît comme le carré de leur poids multiplié par le prix du karat ordinaire (i).
Le plus fort diamant connu est celui du Grand-Mogol , il pèse 279,^-5. Celui de l'empereur de Russie vient aprè^, et pèse 195 karats. Celui de l'empereur d'Autriche ])è$e I09,^''*5. Le plus fort diamant de la couronne de France pi^ic i36 ka-
(1) Le mot karat vient de kuaray qui ett le nom indiw d« !• |ltine d*iine légamineuse nommée eiythrina comUodendntm par Linné. Ofttto grilne, pesant 1 4 graittSy remplit TuMge des poidb daui \m lieux où elle w trunre.
5l2 BTDROÏDBS.
0,24x5 pour la chaleur spéciGque du charbon de bois traité par les acides et fortement calcine. Le charbon conserve la structure organique du bois dont il provient; aussi Ton a des charbons denses et des charbons légers, selon que les bob qui les ont produits étaient denses ou poreux.
Le charbon se prépare en chauffant le bois sans le brûler : il abandonne ainsi beaucoup de matières volatiles, mais il retient les parties fixes. Dans les forêts , on met le bois en tas coniques que l'on recouvre de gazons et de terre pour diml* nuer l'accès de l'air, et l'on y met le feu par le milieu. De cette manière, tous les produits volatils sont perdus; mais il existe aujourd'hui beaucoup d'usines dans lesquelles on distille le bois pour recueillir ces produits qui consistent en acide acétique, en esprit de bois, en kréosote, en goudron, etc.
Charbon animal. — Lorsque l'on chauffe les matières animales dans des vases distillaloires, on obtient des produits volatils, parmi lesquels il existe beaucoup de carbonate d'ammoniaque, une huile empyreumalique infecte et des gaz combustibles. Le résidu fixe de l'opération est du charbou animal. Cette opération se fait aujourd'hui sur une immense échelle pour les besoins des fabriques de sucre indigène et des raffineries.
Le charbon animal se fait avec les os, il donne en moyenne 0,66 de produit, et il renferme une quantité considérable de matières terreuses, formées principalement de beaucoup de phosphate calcique et de moins de carbonate de la même base.
En traitant le charbon d'os par du chlorure hydrique très dilué, on parvient à lui enlever les sels calcaires quHl renferme *, mais ce n'est qu'avec une extrême difficulté. Le r&idu charbonneux après avoir été calciné a une chaleur spécifique de 0,26085, selon M. Regnault.
Coke.-^ Le coke est un charbon brillant, préparé en chauffant fortement la houille. Il contient toujours des matières incombustibles qui peuvent s'élever de o,025 à o,i.
^/if^/zc/7a.— L'anthracite est un charbon naturel qui provient sans doute de la distillation de la houille ou de matières organiques altérées sous unç très forte pression. C'est une matière noire ou métalloïde, fragile, possédant une cassure brillante, dont le poids spécifique varie de i,5à x,8, etdontia chaleur spécifique est de 0,201 après une forte calciuatioo. Ce
GA&BOlfE» Sl3
eotnbastible donne de Oyo3 à 0,06 de rësido par la oombustion. Il i'allitme difficilement ; mais une fois embrasé, il oonti- ODC à brûler dans un fourneau tirant bien. Depuis quelques années on Ta employé en Angleterre pour la préparation des fontes, et Ton s'en est parfaitement bien trouvé. On le ren-^ contre dans la nature depuis les terrains de transition, jusqu'à la partie supérieure des terrains ooUtiques. Il en existe en France dans beaucoup de localités, et l'on trouTerait sans doute de l'avantage à en faire usage.
Orapbîle.
Plombagine y mine de plomb. <— Le grapbite est une substance solide, grise, possédant Téclat métallique, douce au toucher, salissant les doigts et laissant une trace sur le papier. Cette substance étant employée à faire les crayons est connue de tout le monde. Pendant long-temps on a cru qu'elle était composée de fer et de carbone en proportions mal déCnies; mais il est bien évident aujourd'hui que c'est ordinairement un simple mélange de pyrite et d'un carbone particulier. Quelquefois même le carbone existe tout-à-fait pur. Le poids spécifique du graphite varie de a^oS à 2,4^, M. Regnault a trouvé la chaleur spécifique de 0,20187 par la méthode des mélanges ; je l'ai trouvée de 0,1659 P^^ ^^ méthode du refroidissement, en opérant sur du graphite purifiée par des traitemens successifs par le carbonate de soude à une température élevée et par l'eau régale. Ainsi obtenu, le graphite était une poudre noire dont le poids spécifique était extrêmement rapproché de celui du noir de fumée ou de 1,7807 à 9^8.
Lie graphite existe dans les terrains cristallisés et dans les parties les pltis anciennes des terrains de transition. On le rencontre dans une foule de localités en France, en Corse, en Allemagne, en Espagne ; mais le plus pur et le meilleur pour la fabrication des bons crayons est celui de Barrowdale eu Cumberland. Le graphite est aussi employé pour adoucir le frottement des machines de bois qui se renfleraient si on les enduisait avec des corps gras, pour donner de l'éclat à la tôle et à la fonte, et pour faire des creusets réfractaircs. Des creusets de cette nature sont employés à l'Hôtel des monnaies de Paris pour fonner l'alliage d'or et de cuivre des pièces de vingt et de c|iurante francs.
rr. u 33
Sl4 HTOAOÏDtS.
CkartéM wuitaihidique. ^ Ce charbon est gris et ponMe VMbX métalliqae. Il ne aalit point les doigts et ne laisse pmnt d0 traof sur le papier comme le graphite. J'ai trouve son poids spëdfiqne de a,o8o à -f ^^^j ^^ ^ chaleur spëôfiqne de o,i865 par la mëthode du refroidissement (i). M.RegnauIt Ti tranvée de o,do36 pr la mëthode des mâanges. Ce chailx» se ftttme dans les eonines à gas de réclairage, soit par des ca^ haies d'hydrogène <]m abandonnent une partie de leur carbone en touchant les parois des cornues, dont la tesnpëratvre est trop élevi^e, soit par la distillation de la suie en fusion.
En faisant passer de la «vapeur d'essence de térébenthine dans un tube de verre fortement chauffé, on obtient une eonehe de charbon qui possède l'éclat métallique.
Le charbon métalloïdique n'a aucun ussge , seulement on peut s appuyer sur son existence pour démontrer qu'il n'y a pmnt de différences bien trandiées entre les métaux et les métalloïdes.
Usage des charbons.
Excepté le graphite et le charbon métalloïdîque, tons la charbons sont employés comme combustible; mais, indépendamment de cet usage , les charbons provenant de la distillation des matières organiques, telles que les diverses espèces de bois et les os des mammifères, possèdent des propriétés toutes particulières et fort remarquables : ils absorbent les gaz avec une grande énergie, et se combinent avec les matières colo-* rantes qulls enlèvent à ta plupart des liquides. L'absorption des gaz a été surtout observée au moyen du charbon de bois, et a fait le sujet d'un mémoire remarquable de M. Th. de Saussure : ce sont les charbons d'os qui sont préférés pour réagir sur les matières colorantes.
L'absorption des gaz par le charbon est soumise à plusiears conditions qui la modifient d'une manière fort remarquable : elle n'a point lieu si la température est trop élevée; elle paraît proportionnelle à la pression ; elle dépend du nombre et du diamètre des pores : plus ceux*ci sont nombreux
(>) Le f^arboii aar leqnd fai opéré M UîsHÛt pn le SMiifidre rèsidii par la ■ilmitioii dans roxygèae.
OàAScmfl. Si5
et petits, phiê ralMorpliim est gtioide; mais elle dépend, en ontre, de k nature des ga« qui paraissent posséder cbacan on coefficient particulier. Il résulte de cesôbsenratidns que les cliarbons des bois denses sont les plus propres à l'absorption des ga£. Voici les résultats obtenus par M. Th. de Satissure, en opënni sur àvk charbon de bois« Une mesure de ce charbon absolue:
mesures
de ga2 ammoniac.
àê gaz clilonire hydriqoei
de gdt adde sulfureux.
de gtf sulfure hydrique.
de protoxyJe d*azote.
de gaz carbonique.
de bi-carbure d*hydrogène.
d'otyde de carbone.
tfwygène.
d'oiota.
d*hydrogène.
M. G. Rouppe dé Rotterdam avait déjà constaté le fait remarquable que le charbon pouvait déterminer la combinaisoâ de gaz qui, sans cela,seraient demeurés inactifs en présence l'un de Pautre. Résultat remarquable qui parâtt dû à Pextrème con* densation qu'ils éprouvent {jinn, de Ch.j tom.xxxii^ pag. 3).
n n'y a pas que les charbons qui absorbent les gaz, tous les corps poreux paraissent dans le même cas \ mais ils agissent avec des intensités différentes, selon leur nature et selon celle des gaz sur lesquels ils agissent.
M. Mitscherlich vient de publier des observations intéressantés sur l'absorption des gaz par les corps poreux, il rattache ces faits à divers phénomènes cataly tiques, et il émet en outre l'opinion que M. BerzéKns avait tout autant de raison de rapporter ees phéncwènes à une force panrtioaUèrey que Ton pect en avoir pour rapporter les faits ordinaires de la chimie à Yaffiniié {Aniu tie ehim* et dephyiique^ V série, tom« vii, p« 1 5). Pour nioi qui oonsidère l'affinité chimique comme le résultat de }'a<:tion de plusieurs forées et de plosiâiirs conditions particulières, je rapporte les phénomènes de contact à la même force qui détermine la cohérence des parties des. corps, qui donne lieu aux phénomènes ^adhésion et de capillarité. V^ p. 216 et surtout 198.
On profite de Vaction du charboft sur \^ i^az pour désinfec-r
5l8 HTDAOÏDBS.
Il brûle avec nue flamme bleue caractéristiqiie et ne peat entretenir la combustion. Mélangé avec de Fozygëne et enflammé par l'étincelle électrique, il en prend la moitié de son volume . et se trouve transformé en gaz acide carbonique qui occupe le même volume que lui. Sous Tinfluence de la lumière solaire, il absorbe un volume de chlore égal au sien, et se transforme en gaz acide cUoro'Carbonique.
L'oxyde de carbone réduit la plupart des oxydes métalliques à une température élevée et joue un très grand rôle dans l'extraction du fer. Il se produit par la combustion incomplète du charbon et rend l'air irrespirable, attendu quil est très vénéneux lorsqu'il est introduit dans léb poumons.
Préparation. — L'oxyde de carbone se produit lorsque l'acide carbonique est fortement chauffé en présence du charbon ou en présence du fer. Dans le premier cas, il prend autant de carbone qu'il en contient pour devenir oxyde de carbone; dans le second, il perd la moitié de son oxygène. Cette opération peut se réaliser facilement en chauffant des fragmens de marbre ou de craie avec du charbon pulvérisé ou avec du fer dans une conme de grès.
Ce n'est que lorsque la cornue est bien rouge que l'oxyde de carbone a une pureté suflSsante : au commencement de l'opération, il contient beaucoup d'acide carbonique. Avec le carbonate de baryte lopération est plus sûre, mais elle coule plus cher.
On obtient eneore l'oxyde de carbone, en suivant le procédé de Pricsiley, ou en chauffant l'oxalate trihydrique avec le sulfate monohydrique. En opérant sur le mercure, on obtient volumes égaux d'oxyde de carbone et d'acide carbonique. On absorbe oe dernier gaz par la potawe çt Toxyde de G«riM>ne restant est parfiiitenient pur. ^
CAABOIIS. ^ig
omàmçfÊMé
Cî O3.
Ce composé n'existe point à l'état de liberté, on ne le connaît qu'en combinaison avec les bases salifiables. Le corps que Ton nomme ordinairement acide oxaUqu^ est Voxalaie trihydriqm^
OZALATB TBZHTDBIQUB BT OZALSTB ■OVOHTIiaigira.
Acide oxalique^ acide de V oseille.
C2 Os, 3H0 =? 787,5 «t C2 Osf HO = 56a,5.
L^oxalate trîhydrique est solide, il existe en cristaux à quatre pans indéterminés; mais paraissant appartenir au cinquième système cristallin. Sa saveur est fortement acide, et il rougit le tournesol lorsqu'il est dissous dans l'eau. Mis en con« tact avec Teau, il se brise et fait entendre un pétillement palv ticulier. Ce phénomène est sans doute dû à ce que, par l'action de l'eau, les parties externes des cristaux se dilatent plus que les parties internes qui sont forcées de se séparer. Versé dans l'eau de cbaux, il y fait naître un précipité qu'il ne peut redissoudre quand on l'ajoute en excès, mais que le chlorure et TazoUte hydriques peuvent faire disparaître. Chauffé ayecménagement dans un bain d'huile, il fond vers i4o'', et de i5oà 270 il se décompose en donnant pour produit de Toxalate monohydrique, de l'eau, de l'oxyde de carbone et de Tacide carbonique. Plus l'opération est lente et moins la température est élevée, plus on obtient d'oxalate monohydrique. Si Ton chauffait trop fortement, tout se transformerait en eati, en oxyde de carbone et acide carbonique, comme cette égalité l'indique :
Ca O3, 3H0 = 3HO + œ + CO2.
L'oxalate trihydrique existe naturellement dans les poils du cicer arietinum, L. L'acide oxalique proprement dit existe combiné avec la potasse ou la chaux dans plusieurs parties des plantes de la famille des polygonées, avec la potasse seulement dans les axalis.
Caractères des oxakues. — Les oxalates , chauffés avec le sulfate hydrique , donnent généralement de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone à volumes égaux que l'on sépare par une dissolution de potasse caustique. Les oxalates solublea
donnent nu précipité blanc très insoloble dans l'ean, par les sels calcaires dissous. Le précipité est de l'oxalate hydro-calcique qui, étant chauffé dans un petit creuset fermée ne laisse rien autre chose qu'un résidu de chaux caustique de saveur nrineuse et rougissant le papier de curcuma humide. En chauffant les oxalates, on obtient des produits différens, selon la nature des bases et selon qu'elles retiennent l'acide carbonique ou l'oxygène à une température élevée. Les principales réactions de ce genre sont indiquées dans les équations suivantes:
Ca O3, KO ou Na O :^ CO + CO2, + KO ou Na O C2 O3, Ca O = CO + CO2 + Ca O
a(C2 O3, Pb O) = CO + 3C02 + Pb^ O
Ca Os, Ag O = aC02 + Ag.
Préparation de PoxaUUe trihydrique. — L'oxalate trlbydrique peut être obtenu des sels naturels qui contiennent Tacide oxalique y ou bien, on peut le préparer en décomposant la plupart des matières organiques, non azotées par l'azotate hydrique. L'acide oxalique peut encore se produire , selon la remarque de M. Gay-Lussac, en chauffant l'hydrate potassique avec quelques matières organiques. Le second procédé est le seul usité. Il consiste à chauffer légèrement l'azotate hydrique avec du sucre ou de la mélasse ou de la fécule. La réaction est vive, les corps mis en présence se décomposent mutuellement. On observe des vapeurs d'acide azotosique; de l'acide carbonique, de la vapeur d'eau et de l'azotate hydrique non décomposé se dégagent. Pour ne point perdre ce dernier corps, oa opère dans un appareil distillatoire , composé d*une cornue , d'une allonge et d'un ballon.
L'acide oxalique cristallise dans la cornue en incolores, après le refroidissement de Tappareil.
prismes L'azotate hy<
GiLRllORB. 521
dbîqne distille peut être reversé sur la matière organique pour en compléter la transformation.
Usages. — L'oxalate trihydrique est employé dans les laboratoires de chimie et dans l'impression en couleur des tissus ; à une dose de 20 à 3o grammes, il est yénéneux pour l'homme.
Gaz , air fixe j acide aérien^ acide méphitique^ acide crayei^. CO2 = 27$ = a volumes.
L'acide carbonique est le premier gaz différant de l'air dont l'existence ait été constatée. Elle a été signalée par Van- Helmont \ Haies et Black reconnurent la propriété qu'il possède de se combiner avec les bases. Lavoisier fit connaître sa composition. MM. Dumas et Stass la déterminèrent avec une grande précision.
L'acide carbonique existe dans la nature libre ou combiné : libre, il se trouve dans l'atmosphère où il entre pour environ nn demi-millième, dans les cratères de certains volcans, dans des grottes voisines des volcans en activité, dans les eaux dites gazeuses; à Tétat de combinaison, il fait partie des carbonates et notamment de celui de chaux qui entre pour une quan* tité très considérable dans la masse des terrains stratifiés.
L'acide carbonique joue un rôle immense dans la nature : aon existence est indispensable à celle des végétaux , il est un des produits de la combustion et il est exhalé dans la respira* tion des animaux aériens.
Le gaz carbonique est incolore et inodore, comme la plupart des autres gaz; son poids spécifique est de i,Sa45; son indice de réfraction est de i,ooo449« Ce gaz n'est poirit combustible et n'entretient pas la combustion. Il se distingue du gaz azote par sa solubilité dans l'eau qui peut en prendre un îolume égal au sien sous la pression de o^'j6 et à la température ordinaire \ en outre il communique une couleur vineuse i la teinture de tournesol, et fait naître un précipité dans l'eau de chaux. Ce préci|)ité peut se dissoudre dans un excès de cet acide.
Acide carbonique liquide, — Le gaz carbonique peut supporter la température la plus élevée sans s'altérer; mais lorsqu'on le refroidit et qu'on le comprime en même temps, on
5a a HTDROÏDBS.
peat le liquéfier. L'action d'une forte preaaion suflEit même seule pour donner ce rc^ultat.
Dans ces dernières années, M. Thilorier est parvenu k liquéfier et même à solidifier le gaz carbonique sur une asse^ grande échelle.
L'acide carbonique liquide est incolore, immiscible à l'eau; mais soluble en toutes proportions dans l'alcool, dans l'étber , dans le naphte, dans l'essence de térébenthine et dans le carbure de soufre. A o°, ce liquide a une tension de 36 atmosphères^ à 4- 3o**, cette tension s'élève jusqu'à yZ atmosphères. Les changemens de volume qui surviennent dans ce liquide par des variations de température sont éminemment remarquables; c'est le corps qui se dilate le plus de tousoeux qui aont connus , les gaz mêmes se dilatent moins que lui : de o** à -{- 3o°, son volume augmente de o,4S ou d'un peu moins que de la moitié. Par la même raison, son poids spécifique est extrêmement variable : de — ao* à -}- 3o^, il passe de 0,90 à 0,60; à la température o!*, il est de 0,8 3». Ce liquide, que l'on ne peut contenir que dana des tubes très épais et hermëliquement scellés, présente des modifications remarquables dans sa dilatation apparente, selon que l'espace libre qui existe aiideasos de lui est plus ou moins grand. Si, à 0% le liquide n'occupe que le tiers du tube qui le contient, son volume diminuera en le chauffant, pair la quaiÈitité de gaz qui sera nécessaire pour saturer l'espace libre au-dessus du liquide. Si, à 0% le liquide occupe lea deux tiers de la capacité du tube, sa dilatation paraîtra normale et le tube sera rempli de liquide à ^ 3o». A o^, la quantité de liquide réduit en vapeur et saturant l'espace libre, est de 1/12^ de celle que contiendrait cet espace; à -[- 3o«, cette quantité de liquide serait égale au tiers de l'espace où existe le gaz; c'est-à-dire quun volume déterminé de liquide, à *[- 3o% peut exister à l'état de fluide élastique dans un espace trois fois plus grand à la même température et sous la pression de 78 atmosphères.
Les résultats qui viennent d'être énumérés sont éminemment remarquaÛes, et d'autant plus dignes d'intérêt, qu'ils n'ont pu être obtenus qu'en surmontant des difficultés presque insurmontables.
L^acide carboMque liquide ne possède aucune des propriétés àu acides^ A parait plmàl se rapprocher des huiles vola-
gauboks. 5a3
tlles) dans tous les cas, il présente la plus grande analogie ayec le sulfure de carbone ou acide sulfo^arbonique.
Acide carbonique solide, — En injectant de l'acide carbonique liquide dans une boite dis^ JS^ tu *
coïdale B, au moyen d'un tube  et par un point de sa përiphérie, une partie de ce liquide passe subitemenl à IVtat de fluide élas-^ tique et sort par des ouvertures ktërales ménagées dans les parois de la boite y tandis qu'une autre partie se oonoràte par l'abaissement considérable de température qui a lieu dans cette circonstance. Cet abaissement est évalue à environ — loo^, et se trouve dû & la chaleur que le fluide élastique absorbe et rend latente pour exister. De telle manière que la chaleur totale du liquide se trouve inégalement partagée entre le solide qui en retient fort peu et le fluide élastique qui en prend beaucoup (i).
L'acide carbonique solide est sous forme de flocons blancs, ayant l'apparence de la neige , exposés à Pair ils s'évaporent lentement ; placés sur la main , ils se meuvent comme étant soulevés par le fluide élastique qui se développe , ainsi que cela s'observe pour les liquides vaporisables que l'on met en contact avec des corps dont la température est sufibamment élevjée.
Préparation du gaz carbonique. ^^ On obtient le gaz carbonique en faisant réagir un sel hydrique sur un carbonate 3 on emploie de préférence le chlorure hydrique et le carbonate calcique que Ton met en présence de l'eau. Pour cela on fait usage de l'appareil ci-joint.
L'action du chlorure hydrique sur le carbonate cal-
Ci) Si l'oa désigne par /la cbaletir conlenue dans le liquide^ par s celle contenue dans !• solide, et par g celle contenue dans le fluide élastique^ on a /= ^ + «.