‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 105 sur 299 · EAUX DE MINES · texte numérisé non relu

EAUX DE MINES

Les eaux de mines sont le résultat des infiltrations supérieures au travers de gisements de substances minérales et métalliques. Mais cette espèce de lixiviation ne se borne pas seulement à saturer l'eau des principes qu'elle trouve dans son passage, elle facilite encore les réactions des matières minérales soit par elles-mêmes, soit par l'air et les gaz que le liquide renfermait au départ ou qu'elle absorbe dans son parcours.

C'est assez dire que les eaux de mines ont toujours des rapports intimes avec les terrains d'où elles sourdent;. mais soumises plus ou moins directement à toutes les intempéries des saisons, leur température qui est généralement assez basse, est aussi variable que la quantité de matières minérales et autres qu'elles tiennent en dissolution.

Ces eaux sont parfois tellement saturées de substances minérales qu'elles recouvrent le sol avoisinant de dépôts composés le plus généralement de carbonate de chaux : on y retrouve aussi du sulfate de baryte, comme à Pont-Oibaud, du sulfate de chaux, de la silice, des carbonates et des oxydes de fer et de manganèse plus ou moins arsénifères, des sulfates de fer simples ou doubles (alun de mines, beurre de montagne).

Les eaux de mines qui émergent des terrains houillers ou

1. £. Miilon. Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, 1867- 1868, t. XIV, p. 369.

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tourbeux sont assez souvent saturées de pyrites métallifères, et de matières bitumineuses.

En France, le type le plus remarquable des eaux de mines se rencontre à Gransac, dans le département de TAveyron. Ces eaux jaillissent à travers le terrain houiUer et pyritique dont une partie se trouve en combustion permanente. Les deux montagnes d'où les eaux émergent, et qui bordent à droite et h gauche le ruisseau de l'Aune, représentent, l'une un volcan en activité, l'autre un volcan éteint. Parmi les produits salins, provenant de l'embrasement actuel des couches de houille mélangée de pyrites, et dans le voisinage desquelles les. eaux se minéralisent, on découvre de nombreuses efflorescences composées, d'après les analyses de M. Blondeau (de Rodez), de sulfates alcalins, terreux et métalliques ; de sulfure d'arsenic; de chlorhydrate et d'iodhydrate d'ammoniaque ; de soufre et, enfin, d'acide sulfurique libre. Au contraire, parmi les subs. tances qui ont subi jadis Faction de la chaleur, et qui représentent le sol d'un volcan éteint, on reconnaît encore des masses de grès, de schistes et d'argiles qui formaient autrefois le foyer ou le sol de la montagne brûlante, et qui ont pris l'aspect de calcédoines, de jaspes, de porcelaines, d'émaux, de verres, de briques et quelquefois même l'apparence oavemeuse des pierres volcaniques * .

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