‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 128 sur 299 · Hermann. Journal de j)harmaci9 et de chimie^ 1842, t. I · texte numérisé non relu

Hermann. Journal de j)harmaci9 et de chimie^ 1842, t. I

2. Robert Baosen. Méthodes gatométriques, p. 208. Paris, 1858.

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affleurait Si aiic hauteur au-dessus du niveau dé la mer où la pression atmosphérique moyenne n'équivaut qu'aux deux tiers de !a haxrteur barométrique moyenne, sa t-eneur en acide carbonique ne serait égale qu'aux deux tiers -des wombrœ qae nous venons de cîter.

« Il en résulte qu'on i^eut augmenter considérablement la teneur en gax d'une eau minérale acidulé, saturée par Facide carbonique pur, en augmentant la profondeur du bassm d'encatesement de la source, et partant, la hauteur de la colonne d'eau qui repose sur Porifice d'afflteurement, c'est-à-dire sur Torifice d'où Teau jaillit du sol. Si, par exemple, la hauteur de la colonne d*eau qui repose au-dessus de Torifice d'affteurement de la source est égale à 3" ,5, Teau pourra contenir, à ren<iroit où elle jaillit du sol, un tiers d'acide carbonique de plus que n'indiquent les nombres précédemment cités. A mesure que l'eau monte à la surface et que la pression diminue, elle abandonne, il est vrai, une partie du gaï qu'elle tient endiBsolution, mais Téquilibre statique qui s'établit conformément à la loi d'absorption exige un temps assez long pour se produire. C'est ainsi que la source de Pierre, à Petersthal^ dans la forêt Noire, qui est saturée de ga"z carbonique chimiquement pur et dont la température est de •10',S, contient à la surface , à 0",735 de pression barométrique , Ï^ÏOcc, 4 d'acide carbonique par litre, tan(Ss qtfeîle ne devrait en contenir à cette pression que 1133«*,t! conformément au coefficient d'abtîorption de Tacide carbonique à 10* ,3. Ueau puisée au niveau du bassin est donc sursaturée d'acide carbonique. ^

Dans les eaux dont nous nous occupons maintenant, Tacide carbonique est l'agent qui tient en combinaison et en dissolution les oxydes alcalins, terreux et métalliques, c'est-à-dire à l'état de bicarbonates.

On remarque que ce sont les eaux les plus chargées d'acide carbonique qui jaillissent avec le plus de force de leurs griffons naturels, sauf cependant les Geysers de l'Islande, tn arrivant sur le sol, et par suite de la diminution de pression, le gaz se répand dans l'atmosphère en quanlilé variable, selon la température et le débit de la souroe. On sait que Darcet a proposé autrefois d'utiliser le gaz carbonique qui se dégage des

ACIO£ CÉJLBOHIQVK ET CAftBOXAT£S ^^

sources «Le Vichy poor ssdurer Ja carbonate jafiulxa de fioude et en obtenir du bicarbonate.

Dans les eaux minérales peu acidulés, Tacide carbonique libre se dégage sous la forme de bulles gazeusçs par internûttehce seulement. D'autres fois, le dégagement se fait sans intermptioD, et enfin, si la proportion est plus gr^de, on vcdt le gaz former avec Teau une véritable gerbe qai ^'élève quelquefois à plusieurs décimètres au-dessus du niveau des réservoirs.

U est rare que ie sol d'où jaillissent les eaux chargées d'acide carbonique libre, ne donne lieu qu'à une seule source. Le plus ordinairement on en rencontre plusieprâ auires, d'un débit plus ou oaoins grand et qui semblent toutes avoir la même origine. Quoique provenant d'une même nappe ^ du moin& c'est ainsi qu'on le suppose, toutes les eaux de ces sources ne renferment pas une dose égale d'acide carbonique. Gomme leur température est la plus souvent variable, on remarque que ce sont les moîQs chaudes qui sont les plus riches eai acide carbonique, et cependant la somme et la nature des prindpes minéraUsateurs varient peu.

Les bases qui, dans les eaux minérales, saturent l'acide carbonique sont, d'après la grande majorité des analystes, la soude, la potasse, la chaux, la magnésie, la strontiane, la baryte et les oxydes de fer et de manganèse. M. Hermann admet que dans toutes les eaux qui soordent des terrains modernes, l'acide carbonique doit être représenté à l'état de carbonate d'ammooiaque. Plus une eau est chargée de potasse et de soude, moins Taeide carbonique tend à s'en éliminer, c'est ce qui explique la longue conservation des eaux bicarbonatées so^ diques (Vichy).

La présence de Tacide carbonique libre dans une eau minérale s'accuse par la saveur aigrelette qu'il communique au palais; par lactioa sur le papier de tournesol, qui est sensiblement rougi; par le dégagement gazeux qui se produit lorsqu'on agite vivement le vase dans lequel on a placé l'eau, ou bien encore lorsqu'on chauffe cdJe-ci à une température modérée. Les carbonates s'y reconnaissent par les acides, qui donnent lieu à un dégagement de gaz carbonique. Voilà pour les caractères les plus essentiels des eau;x de cette çatégoriet et ils sont d'autant

plus prononcés que la proportion d'acide carbonique et des bicarbonates est plus grande.

§ III. — Acide carbonique et carbonates dans l'ean de mer.

Comme toutes les eaux qui ont le contact direct de Tair atmosphérique , Veau des mers contient de Tacide carbonique libre et combiné qui lui est oiTert par les fleuves, sous les deux états que nous venons de nommer.

Si on compare la proportion d'acide carbonique libre renfermé dans Teau des rivières et des fleuves avec celle de l'eau de la mer, on trouve des différences très-grandes. M. Morren, qui s'est livré à une étude attentive de la composition des gaz dissous dans ces deux variétés d'eau, a trouvé que dans l'eau de la mer puisée sur les côtes de Saint- Malo,. la quantité d'acide carbonique libre s'élevait de 9 à 10 p. 100, tandis que les analystes en signalent seulement 2 à 4 p. 100 dans les eaux douces ^ Ce résultat a lieu de surprendre lorsqu'on sait que le gaz carbonique est plus soluble dans l'eau distillée ou à peine chargée de principes flxes que dans l'eau tenant en dissolution du sel marin.

Comparée aux eaux minérales proprement dites, la proportion de Tacide carbonique libre de l'eau de la mer se rapproche seulement des eaux chlorurées; pour toutes les autres, on observe les plus grandes variations.

M. Péligot suppose que la quantité de gaz carbonique augmente à mesure que Veau est située à une plus grande profondeur; d'où il conclut que les mers doivent en renfermer des quantités prodigieuses. M. Darondeau, analysant de Peau du golfe du Bengale, a en effet indiqué que, puisée à la surface, l'eau en contenait 13, 9 p. 100 par litre, et à 200 brasses 58 pour 100. Nous devons ajouter cependant que les observations de MM. Péligot et Darondeau ne s'accordent guère avec celles d*Âimé qui, ainsi que nous Tavons dit plus haut, a montré que le volume des gaz dissous dans l'eau de la Méditerranée diminue à mesure qu'on va la chercher plus au fond.

Les eaux des mers sont, de toutes les eaux, celles qui con-

1. Morren. Annalet de chimie ei de phynque, 1844, t. XII, p. 5.

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