‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 130 sur 299 · CHLORE · texte numérisé non relu

CHLORE

A quelque époque qu'on remonté dans l'histoire de la chimie appliquée à l'hydrologie, on voit toujours le chlore mentionné dans les analyses des eaux qui jaillissent du sol ou qui s'y épanchent. En ce moment encore on citerait difficilement une eau, tant douce que minérale, qui ne contint pas au moins des traces de ce métalloïde en combinaison avec les métaux alcalins ou terreux.

§ I". — Chlorures dans les eanx douces.

Non-seulement les eaux terrestres renferment du chlore combiné, mais encore on en retrouve dans l'eau qui, à Télat de vapeur, est répandue dans l'atmosphère. Malgré leur fixité apparente, les chlorures sodique et potassique sont entraînés par la vapeur aqueuse : personne n'ignore que sur les plages des mers l'atmosphère possède une saveur salée provenant principalement des chlorures.

Tous les chimistes qui se sont livrés à l'examen de l'eau de pluie y ont reconnu sans peine la présence des chlorures en quantité variable, suivant l'état de la température et la direction des vents Ainsi, en France, les vents de l'Ouest amènent plus de vapeur aqueuse saturée de chlorures que les vents du Nord.

Des expériences très-précises ont prouvé que la quantité de

Lefort, •*• édition. 25

efalorares alcaline contenue dans Teau de pluie était d'autant plus grande que Ton se rapprochait davantage des bords delà mer. Citons quelques exemples : à Manchester, Teau de pluie a donné à Dalton 133 millionièmes de chlorure de sodium ; à Caen, 5 à 6 millionièmes à M. Isidore Pierre; à Fécamp, H à 17 millionièmes à M. E. Marchand; à Marseille, 7 millionièmes à M. Martin. Pour Paris, M. Barrai a obtenu des nombres qui Tarient entre 2 et 5 millionièmes, et à Lyon M. Bineau n'a pu en découvrir au delà de 1 millionième.

§ IL — Chlorures dans las eanx minérales.

Il existe en France un grand nombre d'eaux minérales froides et thermales qui contiennent beaucoup de chlorures alcalins, comme celles qui jaillissent des terrains volcaniques et basaltiques de l'Auvergne; aussi certains auteurs en ont-ils formé une classe distincte. Ce résultat s'explique en partie soit par la nature du terrain (formation triasique), soit par les dépôts de sel marin ou de sel gemme que les eaux des mers ont laissé sur les continents par suite des révolutions terrestres.

Toutes les fois que les eaux thermales sont très-chlorurées, l'analyse constate dans les vapeurs la présence des chlorures. De la vapeur d'eau recueillie par nous dans la salle où est situé le puits de Gé>ar, à Néris, nous a présenté du chlorure de sodium en quantité assez grande pour que nous ayons pu facilement le doser. M. Constantin James a vu à Ischl, où l'on prépare des bains d'eau salée arliûcielle, une boule de verre suspendue dans une des salles où se fait la coction des sels, se recouvrir de cristaux de chlorure de sodium. Il est bon de savoir qu'à cette station l'eau soumise à l'action de la chaleur subit seulement une température de -f 65% qui est à peu près celle de nos sources thermales les plus chlorurées (Lamotteles-Bains, Luxeuil).

Dans les eaux douces et les eaux minérales, le chlore a été représenté à l'état de chlorhydrate d'ammoniaque et de chlorures de calcium et de magnésium, de potassium et de sodium. Nous doutons cependant que le chlorure de calcium puisse se trouver dans une eau contenant en même temps des sulfates

et des carbonates alcalins sans donner lien à du carbonate et à da sulfate de chaux et à des chlorures, aldalins.

§ in. — « Chlorures dans l^ean fle mer.

Les chlorures dans les eaux des mers en forment toujours la partie dommante ; ainsi, iOQ grammes d'eau de cette provenance ne Tenférment pas moins de 90 grammes de chlore combiné tout à la fois au potassium, au sodium et au magnésium, sui* vant l'opinion de la majorité des chimistes.

Il n'y a qu'un très-petit nombre de cas dans lesquds on a constaté Texlstence de Tacide chlorhydrique Mbre dans les eaux de sources et courantes. Jusqu'à présent on ne cite que Teau de la rivière du Rio-Vinagre, celle de la source de Parama de Ruiz, et l'eau volcanique du Popocatepetl, au Mexique, qui eu soient chargées en quantité notable. (Voyez eaux acides.)

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