BROME
La découverte du Brome dans les eaux est postérieure à celle de l'iode dans ces différents liquides. Si l'on en croit quelques auteurs, c*est le professeur Lancelloti qui signala, après M. Bar lard, la présence de ce métalloïde dans toutes les eaux des environs de Naples.
D'après M. Cantu, toutes les productions chlorurées de la nature renfermeraient également du brome; mais cette assertion ne s'est pas jusqu'à présent confirmée, car on connaît beaucoup d'eaux minérales très-chargées de chlorures dans lesquelles ce corps n'a pu être reconnu.
g I**. — Bromures dans les eaux flonces.
M. £ug. Marchand ^ partant de ce principe que l'atmosphère qui recouvre la surface des mers était toujours chargée de chlo-
1. Marchand. Des eaux potables. (Mémoires de l'Académie de Médecine. Pari», 16S5.)
rare de sodiam, et pouvait ôtre transportée par les vents jusqu'à des distances énormes de son point de départ, a conclu qu'elle devait nécessairement renfermer du bromure alcalin. En admettant cette assertion comme parfaitement exacte, il en résulte que la pluie, la neige, enfin tous les météores aqueux sont également imprégnés en proportion sensible des principes salifères des mers, et parlant de bromure alcalin. Comme preuve à Tappui de sa manière de voir, M. £. Marchand a fait l'analyse de l'eau de pluie recueillie à Fécamp pendant le mois d'août 1854, et de l'eau de neige recueillie dans le mois de mars 1853 : or, dans l'une comme dans Tautre, il a reconnu, dit-il^ des traces de bromure alcalin. Ce résultat n'a pas lieu de surprendre lorsqu'on sait que Fécamp est situé sur les bords mêmes de la Manche. Mais M. Bineau, qui a fait une étude. si remarquable de Teau de pluie et de l'eau de neige recueillies à Lyon et dans les environs, ne mentionne pas les bromures parmi leurs principes constitutifs.
Non-seulement, d'après M. Marchand, les bromures font partie de l'atmosphère et des eaux qui lavent cette dernière, mais encore de toutes les eaux que la nature peut nous livrer. Cependant, si on compulse les nombreuses analyses d'eaux douces de sources, de puits et de rivières, on voit rarement figurer les bromures. D'après M. Cantu, l'eau de la fontaine de Sassenage, située dans la vallée de Grésivaudan (Isère), et la plupart des eaux potables.de la vallée d'Aoste seraient bronmrées- Il en serait de même pour les eaux des vallées des États sardes, d'après M. Niepce. Enfin, selon M. Bouchardat, les bromures feraient toujours partie des eaux des fleuves, et si, dit-il, les analyses sont muettes à cet égard, c'est que la proportion en est excessivement minime.
§ H. — Bromures dans les eaux minérales.
Si la présence des bromures dans les eaux douces nous parait encore sujette à controverse, on ne saurait en dire autant des eaux nrinérales, qui, si elles n'en renferment pas toutes, en sont chargées souvent au point qu'on a pu en former une division particulière tirée de la classe des eaux chlorurées. Nous cilerons par exemple les eaux d'Aix la Chapelle, de Wildegg,