‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 134 sur 299 · lodognosiCf 1850, p · texte numérisé non relu

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grante delà matière organique disBémiiiée dsais Tair atmosphérique et qui est entraînée sur le sol pAr les eaux pluviales.

Toutes les eaux minérales sont-elles iodées ?

Nous avonsdéjà dit que MM. A. Chatinel E. Marcband: répandent à peu près par l'affirmative. Le premier de ces chîmiates a déduit de ses recherefaes les cenchasions suivantes :

I. L'iode existe en proporlioii variable dans toutes les- eaux qui souvde»nt du globe.

II. La richesse des eaux en iode peut être présumée d'après la nature plus ou moins ferrugineuse des terrains qu'elles lavent.

III. La proportion de Tiode croit ordinairement dans les eaux avec celle du fer, de telle sorte que les eaox dites ferrugineuses peuvent être tout aussi bien nommées eatéx ioduréea.

IV. Les eaux des terrains ignés sont plus iodurées, en moyeime» et surtout plus uniformément que celles des terrains de sédiment.

V. Les eaux de la craie verte et des oolithes ferrugineuses tiennent le premier rang parmi celles-ci; elles peuvent même se placer avant celles des terrains ignés.

VI. Tout en étant riches en iode, les eaux de la formation houillère viennent après celles des terrains ignés ou simplement ferrugineux.

VU. Les eaux des terrains essentiellement calcaires et mar gnésiens sont très-peu iodées.

VIIL L'iode est surtout rare dans les marnes irisées^ gaingue habitueUe du sel gemme.

IX. Les iodures ne sont pas nécessairement proportionnels aux chlorures.

Les sources minérales les plus iodifères se rencontrent en Italie, dans l'ancien royaume de Piémont; nous signalerons, par exemple, l'eau de Saint-Gottardo, à Cénéda, qui, d'après M. Bizio, renferme 0,04032 d'iode par litre^ et leau de Sales qui en contient 0,02884 pour la même quantité de liquide.

M. Tissandier a constaté que l'eau minérale de Salice, près Voghera, lui avait donné jusqu'à 1,218 d'iode par litre. Cette eau qui emprunte sa minéralisation à une marne bleue pliocénique située à l'étage supérieur du terrain tertiaire, et qui est fortement chlorurée sodique, se colore en bleu foncé par l'empois d'amidon. Nous ferons remarquer, en passant, que c'est

précifiém^it dana uhô eau mioérale de Voghera qu'ÂngeUni a signalé pour la premièce foia k priaenoe de l'iode dans lea sources minérales.

IL 08t encore une source miaérale iodiière que noue &e pouK vons passer ici sout sileaee; c^est c^La de Saxon (Suisse) qui. a fourni à Taixalyse cbimiqae de» résultats ai contradictoird&.

La roche*doloinitique d*où émerge Veau de Saxon exhale une odeur extrêmement prononcée d'iode, phénomène absolument insolite en géologie, et la plupart des chimistes qui, à différentes reprises, ont fait Fanalyse de cette eau, ont trouvé que la présence de l'iode n'étail ni constante ni continue.

Teici, par exemple, quelques unes de ces intermittences observées par M. Pyrame Morin dont le nom £ait justement autorité en cbkniehydroiogique.

Le 45 novembre 1856^ quatre bouteilles sont remplies à la source vers 10 h. du matin.

La première contient 0,9^2^')! d'iode

I^ deasièave 0, 0926

La troisième . . , 0, 0292

La quatrième 0, 00167

Le 47 mai 4857, les essais faits à la source et ceux répétés dans le laboratoire ne permettent pas de découvrir d'iode, de^ puis 7 h. du matin jusqu à i h. après midi. Vers 2 h. l*iode apparaît, mais en quantité qui ne s'élève pas au-dessus de O^^OOOOS par kilogr. d'eau.

Le 8 juin de la même année,, on trouve, en rapprochant les réactions faites à la source, des dosages entrepris dans le laboratoire, qu'il y a eu plusieurs oscillations dans le courant de la journée.

A 7 h. 5 m. et à 7 h. 10 m On n'obtient pas de réaction iodée.

A 7 h. 30 m L'iode est abondant.

A 8 h. 20 m.; h 9 h. 35 m. et à 9 h. 30. Poi«t de réaction.

A 9 b* 15 m Réaction très-prononcée.

A 10 b. 15 m Iode O9',000006 ; pas de réaction

directe.

A 10 b. 30 m Réactions fortes.

Puis de 10 b. 30 à 11 h L'îs réactions sont variables mais

faibles.

A 1 b. 45 m Pas de réaction.

Puis de quart d'beure en quart d'beure. L'iodç augmente.

A 2 b. 15 m Iode Og',0094.

A ^ h. dO m Iode 0, 0282.

Plus tard, les réactions deviennent encore plus prononcées, et vers 3 h. elles recommencent à diminuer.

M. Pyrame Morin a encore trouvé que l'eau expédiée au dépôt pour la vente éprouvait des modifications semblables et que riode y variait dans les proportions de i à 7.

Quant à l'état de l'iode dans les eaux minérales, on a avancé plusieiirs hypothèses. Et d'abord disons que, pour M! A. Chatin, le rapport qui existe entre le fer et Tiode des eaux rend probable que ces corps simples sont unis ensemble, c'est-à-dire à l'état d'iodure de fer.

Mais si, comme l'admet M. A. Chatin, l'iode que les eaux minérales entraînent avec elles a été primitivement à l'état d'iodure, et si ce sont les eaux les plus ferrugineuses qui sont les plus iodurées, les eaux franchement iodurées doivent être les plus ferrugineuses : or c'est ce qui n'a pas lieu. Les eaux de Challes, Saxon, Kreuznach, reconnues très- riches en iode, sont à peine imprégnées de fer. Pour notre compte, nous avons fait souvent l'analyse d'eaux minérales ferrugineuses, et nous n'y avons pas toujours découvert de l'iode, du moins en quantité extraordinaire.

L'iode est représenté généralement dans les analyses d'eaux minérales à l'état d'iodures de sodium et de potassium. On l'a encore inscrit à l'état d'iodhydrate d'ammoniaque, comme à Gransac (Aveyron).

§ III. — lodareB dans l'ean de mer*

Les eaux qui constituent les mers ont été à plusieurs reprises l'objet d'examens très-suivis, et cependant on voit rarement l'iode figurer parmi les principes constitutifs. Ce métalloïde, à mesure que les eaux des fleuves le versent dans les. mers, est-il donc aussitôt absorbé par les nombreuses espèces végétales et animales qui y vivent, ou bien la difficulté de l'isoler de la masse énorme de chlorures, comparativement à celle des iodures, aurait-elle donc conduit les chimistes à émettre une opinion négative? Telles sont les questions qu'on est en droit do se poser.

Il est hors de doute (Jue l'iode existe dans l'eau des mers, puisque c'est précisément de là qu'on l'extrait, et après qu'il a.

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