ACIDE NITRIQUE
La présence de Tacide nitrique, ou mieux des nitrates dans les eaux, n'avait pas échappé à l'attention des chimistes du siècle dernier; aussi dans la plupart de leurs analyses voit-on figurer le nitre.
§ I^i". — Nitrates dans les eaax douces.
Le docteur Home (d'Edimbourg) passe pour être le premier qui, en 4756, ait reconnu expérimentalement les nitrates dans Teau des fivières. Rouelle le jeune confirma peu de temps après ce résultat, et plus tard il montra que les eaux de puits et enfin les eaux atmosphériques étaient également imprégnées d'une très-petite quantité de nitrate de chaux-
Avant d'aller plus loin, faisons connaître les différentes hypothèses formulées jusqu'à ce jour pour expliquer la formation de l'acide nitrique, et comment il peut se rencontrer dans les eaux atmosphériques et terrestres.
Nous avons déjà dit que, suivant les belles expériences de Cavendish, l'électricité atmosphérique, pendant les révolutions météorologiques jouissait delà propriété de combiner l'oxygène et Tazote ambiants de manière à donner naissance à de l'acide nitrique. C'est ainsi qu'on expliquait, il y a une vingtaine d'années encore, comment les eaux pluviales peuvent renfermer de l'acide nitrique combiné avec l'ammoniaque. Mais la découverte de l'ozone par Schonbein est venue jeter un jour tout nouveau sur celte question.
L'ozone, que la majorité des chimistes et des physiciens s'accorde à considérer comme de l'oxygène sous un état particulier, et désigné sous les noms d^oxygène actif et d'oxygène électrisé^ possède la propriété d'oxyder les corps les plus réfractaires. Des expériences récentes ont montré qu'au contact de l'azote atmosphérique l'oxygène ainsi modifié produisait de l'acide nitrique ; on est même arrivé à en former du nitrate de potasse,
reconnaissable à tous ses cacactères physiques et chimiques. L'acide nitrique atmosphérique prend donc naissance principalement dans les moments d'orage, et il sature Tainmoniaque répandu dans Tespace. Le nitrate d'ammoniaque, entraîné sur le sol par les eaux pluviales, se rend, en fin de compte, dans les rivières, où on le retrouve toujours, ou bien il pénètre dans le sol et, suivant les réactions auxquelles il est soumis, circule dans les eaux souterraines àTétat de nitrate de potasse, de soude ou de chaux.
Mais l'acide nitrique ne se forme pas seulemet^t dans les régions élevées de Tatmosphère. Tout le monde sait qu'il existe en grande abondance dans les lieux humides, où il se produit par rinfluencedes corps poreux, sans doute de l'ozone ambiant, et des matières organiques : il est probable que le nitrate de chaux qui se trouve dans les puits des grands centres de population, de Paris par exemple, n'a pas d'autre origine.
Nous avons indiqué ailleurs la proportion d'acide' nitrique dissous à l'état de nitrate d'ammoniaque dans la grêle, les brouillards et la neige ; nous n'y i*eviendrons donc pas.
M. Bineau ^ a annoncé que l'eau de pluie tombée à Lyon lui avait donné un millionième d'acide nitrique , soit 0«%007 par décimètre carré. Les quantités les plus fortes se firent remarquer à l'époque des chaleurs, et elles s'affiaibUrent pendant l'hiver au point de devenir inappréciables. Voici, du reste, le résultat des expériences de ce chimiste :