ACIDE NITREUX ET NITRITES
L'oxydation do l'azote par l'électricité atmosphérique, d'une part, la réduction partielle des nitrates par les corps minéraux et organiques de la nature, d'autre part, ont fait penser que les eaux météoriques et telluriques pouvaient contenir de l'acide nitreux ou des nitrites ; c'est, en effet, ce que des expériences chimiques semblent avoir mis hors de doute.
Ainsi Schimbein a d'abord signalé que toutes les eaux de pluie et de neige fondue contenaient de l'acide nitreux, puis il a indiqué que pendant le travail de la nitrification, la formation
de l'acide nitrique était constamment précédée de celle de l'acide nîtreux, et comme preuve il a annoncé que le salpêtre du CLil> renfermait toujours du nitrite de soude : on sait, en effet, que pendant la décomposition lente de certaines matières organiques, les nitrates qui y sont dissous sont ramenés à Tétat de nitrites, et que beaucoup de minerais oxydables à Tair réduisent lentement les nitrates en nitrites.
M. Medloch considère que l'eau de la Tamise contient du nitrite d'ammoniaque, et il pense que l'acide nitreux est l'agent principal qui corrode les tuyaux de plomb servant à la conduite des eaux ; sans repousser ce résultat d'une manière absolue, Nicklès croit que les réactions chimiques, signalées par M. Medloch, peuvent l'avoir amené à des interprétations inexactes. Ce sujet aurait donc besoin d'être soumis à un nouveau contrôle.
M. Chabrier qui s'est livré à des expériences très-intéressantes sur cette question a constaté la présence de l'acide nitreux dans les limons^ les eaux d'irrigation, et les eaux de plaie. Ce chimiste a trouvé que pendant la saison d'hiver, et au commencement du printemps, les eaux des canaux d'irrigation contenaient leur dose maximum diacide nitreux et leur dose minimum d'acide nitrique.
n résulte encore des analyses de M. Chabrier que le composé oxygéné de l'azote que renferme l'eau de pluie, loin d*être toujours de Tacide nitrique, comme on Ta cru, n'était, pendant une partie de l'hiver et presque toute la durée du printemps, à peu près que de Tacide nitreux; ce qui lui fait supposer que c'est à l'état d'acide nitreux, et probablement sous forme de nitrite d'ammoniaque, que l'azote est apporté à la terre par les pluies. Enfin, ce chimiste a encore découvert que, dans les eaux pluviales, l'acide nitreux était presque toujours en excès sur l'acide nitrique, par un temps caUne et couvert, et que le contraire avait lieu par un temps sec et orageux.
Dans les eaux minérales, nous ne voyons figurer un nitrite que dans l'eau sulfurée de Burtscheid, près d'Aix-la-Chapelle.
Il est évident maintenant que si la diffusion des nitrites est aussi grande que paraissent l'admettre les auteurs, les eaux des mers, surtout k l'embouchure des rivières et des fleuves, peuvent contenir une partie de ces sels qui n'auraient pas encore été convertis en nitrates.
ACIDE SILICIQUE OU SILICE 4îr