POTASSE
carbonate et de sulfate, tantôt à l'état de chlorure, de nitrate et même de silicate. U est évident que la nature du sol sur lequel les eaux coulent, et duquel elles sourdent apporte de grands changements et dans la proportion et dans le mode de combinaison de cet alcali.
§ II. — Sels de potasse dans les eaux minérales.
D'après Berthier ^, ce serait Puvis qui, analysant les eaux de Bourbon-Lancy, aurait constaté expérimentalement, et le premier, l'existence d'un sel de potasse dans les eaux minérales.
Généralement les eaux minérales sont plus riches en sels de potasse que les eaux douces, résultat qui s'explique facilement par la pression, la température élevée à laquelle elles sont soumises et surtout par la présence de certains principes agissant comme dissolvants. Elles en sont d'autant plus chargées qu*elles traversent un sol plus primitif, facile à désagréger sous l'influence d'une température élevée et de l'acide carbonique libre et combiné, et des autres principes salins. Au contact de Tacide carbonique, les roches granitiques sont insensiblement dissoutes, la silice mise en liberté entre en dissolution et les alcalis se dissolvent à l'état de bicarbonates .
Nous avons quelque lieu de croire que beaucoup d'analyses d*eaux minérales dans lesquelles la potasse ne figure qu'en proportion infinitésimale par rapport à la soude, ne sont pas Texpression exacte de la vérité. En suivant le mode opératoire que nous indiquons plus loin, nous avons trouvé toujours plus de cet alcali que nos devanciers. Il serait en effet très-extraordinaire que des eaux minérales, dont les silicates de potasse, de chaux et de magnésie sont souvent le point de départ, ne continssent pas une quantité notable de sels de potasse.
Gomme pour les eaux douces, la manière de représenter la potasse en combinaison, dans les eaux minérales varie avec chaque auteur. Généralement dans celles qui contiennent un excès d'acide carbonique, on l'inscrit à l'état de bicarbonate (Vichy, Royat, etc.); dans les eaux sulfatées, à l'état de sulfate
1. Berthier. AnnaUi de c/ttmté et de phyeiquet 3» série, 18*27, t. XXXV, p. 289.
U6 ÊAtJX DOUCES ET EAUX MINÉRALES
(Gransac), et enfin dans les eaux chlorurées, bromo-iodurées et sulfurées, à l'étal de chlorure, de bromure, d'iodure et de sulfure.
§ III. — Sels de potftase dans Tean de mer.
On doit à Wollaston et ensuite à Vogel d'avoir signalé les premiers l'existence de sels de potasse dans l'eau des mers. Les auteurs ont cependant fait connaître plusieurs analyses dans lesquelles ces sels ne figurent pas. M. Usiglio a trouvé qu'un litre de Teau de la Méditerranée en contenait plus d'un demigramme à Tétat de chlorure dé potassium.
Il y aurait intérêt à rechercher si, comme on l'a prétendu, les eaux des mers dans les parties les plus profondes sont absolument dépouillées de potasse^ alcaU que les plantes marines absorbent à la manière de Tiode.