CHAPITRE XXV
MAGNESIE
Longteihps confondue avec la chaux dans les eaux, la magnésie n'a pris décidément ce nom qu'après les beaux travaux de Black. Il est digne de remarque que c'est précisément dans les eaux minérales contenant du sulfate de magnésie, comme celles d'Epsom, qu'Un siècle auparavant Hoflfmann avait signalé les caractères distinctifs de cette base avec la chaux. Depuis cette époque tous les chimistes qui se sont occupés d'hydrologie ont reconnu généralement l'existence de sels de magnésie dans les eaux douces et les eaux minérales. Actuellement encore on cite comme extraordinaires celles qui en sont dépourvues.
§ I*' *-f Sels dé magnésie dans les eanx douces.
Suivant quelques auteurs, Teau de neige contiendrait un sel de magnésie. Quant aux eaux douces, soit qu'elles proviennent des entrailles de la terre, soit qu'elles coulent à la surface, presque toujours ces sels en font partie, en proportion trèsvariable il est vrai. On connaît les expériences de M. Maumené, qui a annoncé que l'eau des puits de l'arrondissement de Rdms et celle de la rivière de Vesle, servant à alimenter les fontaines de Eteisms, sont complètement privées de sels de magnésie. Il faut dire aussi que ces résultats ont été infirmés par M. Grange, qm a troisi;vô dapis^oes eaux des quantités très-minimes de cette base. Ck)mme exception ii la rèjgle indiquée plus haut, nous citerons, encore Teau du Rhône puisée en été qui n'a pas fourni à M. Boussingault de traces de sel de magnésie.
Dans les analyses d'eaux douces, la magnésie est représentée le plus souvent combinée à l'acide chlorhydrique, assez sou-
vent avec Tadde sulfurique, et quelquefois avec Facide nitrique et la silice. La présence, on peut dire constante, de Tacide phosphorique et de l'ammoniaque dans les eaux de rivière et de puits, donne lieu de croire que cette base terreuse peut également s'y rencontrer à l'état de phosphate ammoniacomagnésien. (Voyez AmmoniaqtAe,)
§ II. — Sels de magnésie dans les eaux minérales.
Les sels de magnésie font toujours partie des eaux minérales froides et thermales, et surtout de celles qui sont riches en sels de chaux. Nous ferons remarquer en passant que les eaux minérales Ae l'Auvergne qui contiennent généralement beaucoup de sels de magnésie mettent en défaut la théorie de A . Brongniart, qui dit que cette base se rencontre à peine dans les eaux qui jaillissent des porphyres, des trachytes, des basaltes et des terrains volcaniques tant anciens que modernes. Un grand nombre de sources de cette partie de la France, trèsmagnésiennes, n'ont pas d'autre origine. Elle .provient sans nul doute des silicates terreux désagrégés et décomposés par l'action des courants souterrains et des gaz.
Dans les eaux bicarbonatées, les chimistes pensent que la magnésie est contenue à l'état de bicarbonate soluble, et maintenue telle à la faveur de l'excès d'acide carbonique. Dans les eaux sulfatées, elle serait partie à l'état de sulfate, partie à Tétat de carbonate et de chlorure, et enfin à l'état d*iodureetde bromure dans les eaux riches en iode et en brome.
Dans les eaux sulfurées^ soit sodiques, soit calciques, la magnésie est représentée par les auteurs en combinaison avec les acides carbonique, sulfurique et chlorhydrique, comme à Bagnères-de-Bigorre, et avec la silice, comme à Bagnères*de- Luchon, suivant M. Filhol.
La prédominance des sels de magnésie dans certaines eaux minérales est telle que Ton a pu en faire une division comprise dans la classe des eaux sulfatées. Nous citerons à cet égard les eaux de Montmirail (Vaucluse), de Sedlitz, de Seidscbut^ d'Epsom et de Pulna.