ALUMINE
On attribue à Bergmann la découverte de Talumine dans les eaux naturelles.
Cette base, désignée pendant de longues années dans les analyses des eaux sous le nom de matière argileiMe, ne prit le nom sous lequel on la connaît maintenant que vers la fin du siècle dernier.
g jer. — Alnmine dans les eaux douces.
Répandue en grande abondance dans les diverses; parties du sol, on comprend immédiatement que toutes les eaux douces
qui s'épanchent sur la terre, et chargées déjà de plusieurs principes dissolvants, puissent s'en saturer dans de certaines limites : il est vrai de dire que l'eau de la Garonne n'en a pas indiqué de traces à M. H. Sainte-Claire Devîlle. Mais la proportion n'est pas la même dans toutes les eaux douces courantes et stagnantes ; on observe, à cet égard, que les eaux douces de sources et de puits sont plus riches en alumine que les eaux courantes. Cette différence dans la quantité provient sans doute, d'abord du peu de solubilité de l'alumine libre, puis de la prompte décomposition do certaines combinaisons alumineuses sous l'influence de l'acide carbonique ambiant.
§ IL — Alumine dans les eanz minérales.
L'alumine se rencontre aussi dans un grand nombre d*eaux minérales, et a pour origine les différentes couches de terrains désagrégés et lessivés par les gaz et l'eau elle-même.
L'état sous lequel on la représente dans les analyses varie avec chaque expérimentateur. Ainsi, on la voit inscrite tantôt combinée avec l'acide siHcique, tantôt avec l'acide sulfurique, et quelquefois avec l'acide phosphorique, mais le plus souvent à l'état libre. En présence d'un problème dont la solution offre les plus grandes difficultés, puisque l'analyse n'en accuse que des traces dans un litre d'eau, nous admettrons que dans les eaux bicarbonatées, chlorurées et sulfurées, l'alumine se trouve à l'état libre. Dans les eaux sulfatées, au contraire, il est à croire qu'elle forme du sulfate d'alumine combiné avec les autres sulfates alcalins pour produire un sulfate double soluble dans l'eau. Nous citerons les eaux des sources de Cransac (A.veyron), dans lesquelles on a reconnu jusqu'à 2 grammes \ de sulfate d'alumine.
Peu apte à former des combinaisons salines solubles en présence de l'acide carbonique Ubre et des bicarbonates, l'alumine que les eaux minérales entraînent avec elles des profondeurs de la terre ne tarde pas à se précipiter sur le sol avec Toxyde de fer et le carbonate de chaux. Aussi est-il facile de constater sa présence dans les dépôts naturels , alors que l'eau ellemême donne un résultat incertain. Le dépôt spontané de l'eau d'Overthorp, en Angleterre, contient, d'après M, Beesley, jus-