‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 170 sur 299 · FER · texte numérisé non relu

FER

Le fer est le premier métal proprement dit qui ait été reconnu dans les eaux s'épanchant sur la terre ou qui en sourdent. C'est qu'en effet il n'existe que très-peu d'eaux qui, ayant lessivé le sol pendant un temps plus ou moins long, ne contiennent au moins des traces de ce métal, à l'état de combinaison.

§ I*'. — Sels de fer dans les eaux doaoes.

M. Eug. Marchand est le seul chimiste qui, jusqu'à ce jour, ait reconnu l'existence du fer dans les eaux atmosphériques, telles que les eaux de pluie et de neige. Il admet que le métal a pour origine la matière animalisée qui voltige dans l'espace et qui est soustraite du sol par les courants aériens.

Dans les eaux douces courantes et stagnantes, si la présence du fer est, on peut le dire, constante, la proportion en est toujours excessivement minime, à ce point que les analystes se sont le plus souvent contentés de le signaler ou de l'évaluer avec d'autres substances, comme l'alumine et Tacide phosphorique. Ce métal ne peut s'y trouver qu'en quantité très-variable, car l'eau, en s'épanchant sur le sol et en contact direct

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avec Toxygône atmosphérique, Tabandonne sans cesse à Tétai insoluble avec les matières oi^aniques et autres qu'elle charrie.

§ IL — Sels de fer dans les eaux minérales.

Universellement répandu dans Tintérieur du globe, le fer se rencontre dans les eaux minérales en quantité d'autant plus grande qu'il trouve des agents plus propres à le dissoudre. Parmi ces derniers, l'acide carbonique est TéLément qui le dissout le mieux pour former ces importantes eaux bicarbonatées ferrugineuses si précieuses pour la thérapeutique. En effet, toutes les fois que des sources sursaturées de gaz carbonique se trouvent au contact des terrains riches en oxyde de fer, toujours une certaine portion de ce métal entre en dissolution à 1 état de carbonate deprotoxyde et constitue avec les autres bicarbonates alcalins des sels doubles solubles. Mais on se tromperait fort si on pensait que dans toutes les eaux minérales bicarbonatées ferrugineuses le fer existe à Tétat de protosel : dans beaucoup d'entre elles, une partie, sinon la totalité de ce métal, existe aussi à l'état de bicarbonate de sesquioxyde retenu en dissolution à la faveur soit de Texcès d'acide carbonique libre, soit des bicarbonates alcalins et terreux ; et comme son existence est presque éphémère, il se dépose en partie dès qu'il n'est plus soumis à la compression naturelle des gaz dans Tintérieur de la terre. Le meilleur exemple que nous puissions invoquer ici nous est fourni par les sources de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme), dans lesquelles le fer est presque en totalité à l'état de bicarbonate de sesquioxyde. Ces eaux, essayées par nous sur les lieux mêmes, ne précipitent ni par le chlorure d'or ni par le cyanure rouge de potassium et de fer : avec le tannin et le cyanure jaune, elles indiquent au contraire des proportions très-notables d'un sel ferrique.

Nous avons assez longuement insisté sur le mode de décomposition du bicarbonate de fer dans les eaux minérales, nous n'y reviendrons donc pas ici.

Certaines eaux minérales sulfatées sont, comme on le sait, très-riches en sels de fer. Dans celles-ci, comme dans les précédentes, Toxyde de fer existe partie à l'état d'oxyde ferreux, partie h l'état d'oxydB ferrique, c'est-à-dire à l'état d'oxyde

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