‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 176 sur 299 · MATIÈRES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

MATIÈRES ORGANIQUES

Les eaux de toute nature contieiment en dissolution des proportions très- variables de matière organique sur l'origine, la nature et la composition de laquelle les observateurs sont loin d'être exactement renseignés : tels sont Thumus et ses dérivés, les acides crénique et apocrénique et la substance dite bitumineuse. C'est là la matière organique inerte que le règne minéral pourrait en partie revendiquer au règne végétal.

À ces composés, il convient d'sgouter certains acides organiques volatils signalés surtout dans plusieurs eaux minérales étrangères : tels sont les acides acétique, butyrique, propionique et formique.

Mais beaucoup d'entre elles renferment encore une matière organique azotée en dissolution, peut-être en suspension, et alors à rétat de ténuité extrême, qui provient, sans doute, de substances encore peu connues jusqu'à ce jour et qui, dans tous les cas, ne parait pas dans un état aussi avancé de décomposition que les premières.

Voilà les matières organiques que les eaux nous apportent des entrailles de la terre. Mais, tandis que les acides crénique et apocrénique et le bitume représentent à peine les débris informes d'une existence qui n'est plus depuis longtemps, la matière organique azotée au contraire, par une espèce de vitalité dont il est assez difficile de se rendre compte, donne parfois naissance, lorsqu'elle se trouve placée dans certaines circonstances, à d'autres matières azotées, mais solides, et qui finissent par s'organiser.

Les premières et les secondes possèdent des caractères tellement tranchés, que l'on ne saurait les confondre ensemble ; aussi allons'-nous étudier dans des paragraphes spéciaux :

1* Les acides crénique et apocrénique;

2^ Le bitume ;

3o Les acides acétique, butyrique, propionique et formique. Quant à la matière organique azotée, nous la ferons connaître

Lbfort, 2* édition . 31

dans une partie à part, subdivisée en trois chapitres, comprenant :

1'' La matière organique azotte soluble ;

2^ La matière organique azotée insoluble ;

d^ Et la matière organisée azotée ou oonCerves.

Comme complément, nous joindrons la matière organique douée de mouvements spontanés, c'est-à-dire les animalcules microscopiques ou infusoires que certains naturalistes placent entre le règne végétal et le règne animal» tandis que d'autres les rangent exdusivement datas le règne végétal et parmi les algues. Maintenant ces matières organiques sont- elles des pro« duits de décomposition des conferves? Sont-elles \e résultat du développement de larves disséminées dans l'atmosphère? Les mouvements spontanés que Ton a observés ne sont ils pas plutôt, dans certains cas du moins, des illusions du microscope? Telles sont les questions qui divisent encore les naturalistes et que nous passerons sous silence, parce qu elles ne rentrent pas dans le sujet que nous traitons ici.

§ h^» «^ Aotdes créàlqna et apoorèblque.

Berzelius i, en voulant se reiidre compte de la teinte jaune que possède l'eau de Porla, en Suède, fit la découverte d^ deux acides nouveaux dérivant du ligneux.

Ces acides, auxquels l'illustre Suédois donna les noms de crénique et apocrénique (de xot)vt), source) pour ra)[ypeler leur origine, et que jusqu'alors on avait pris pour le principe extractif signalé dans beaucoup d*eaux minérales, proviendraient des couches intérieures de la terre dans laquelle existent des matières végétales en voie de décomposition.

Gomme les acides crénique et apocrénique semblent jouer un rôle important dans les eaux minérales et qu'ils ne sont connus que par le travail de Berzelius, nous allons retracer ici les principaux caractères qui servent à les distinguer.

L'acide crénique possède une teinte jaunâtre; il est incristallisable et sans odeur. Sa saveur est acide, puis astringente. 11 se dissout très- facilement dans Teau et dans l'alcool absolu,

1. Berzelius. AwioUs de chimie et de physique, t. LIV, 9« sério, p. S16.

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