‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 178 sur 299 · MATIÈRES ORGANIQUES AZOTÉES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MATIÈRES ORGANIQUES AZOTÉES EN GÉNÉRAL

Les substances qui vont nous occuper maintenant, par leur origine, leur nature et surtout par les transformations qu'elles subissent de la part des agents extérieurs et de Teau elle-même, ont beaucoup plus attiré l'attention des hydrologistes que les précédentes.

Plusieurs travaux ont surgi à cette occasion, et nous pouvons dire que si la lumière n'a pu encore pénétrer fort avant dans l'origine et le mode de génération de toutes ces matières, on est cependant arrivé, dans le cours de ces dernières années, à des résultats du plus haut intérêt en ce qui concerne tant leur nature que leurs variétés.

Lorsqu'on parcourt les écrits des auteurs anciens, on voit que les différentes matières organiques azotées, organisées ou non, sont toujours signalées sous les noms de bttume, matière bitumineuse^ moUière grasse : en voici l'historique.

En 1742 un médecin anglais, sir Meighan, finit connaître le premier que les eaux de Baréges contenaient une matière végétale particulière, qu'il croit identique à la matière foireuse observée déjà dans plusieurs eaux minérales sulfurées des Pyrénées.

Quelques années plus tard, Théophile Bordeu, soit dans ses lettres S soit dans la préface des observations d'Antoine Bordeu, son père, désigne sous le nom de glaires la matière organique et gélatineuse des Eaux-Bonnes. Ce praticien, auquel la science hydrologique est redevable d'observations trè»*remar« quables, la compare à du blanc d'œuf ou à des glaires, ayant tantôt une composition graisseuse, tantôt dérivant du soufre, et qui a la propriété de s*enflammer lorsqu'on la chauffe à l'air

1. Théophile Bordeu. Ltitret contenant des estais sur Vhistoire des eaux mmérales de Béam, etc. Amsterdam, 17d6.

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et à une température élevée. Bordeu fit, en outre, l'observation que les glaires des Eaux-Bonnes ne se développaient que dans les eaux sulfurées, et que l'élément sulfuré, une tempércitui^ variant de -|- 44 à 50* cent., l'accès de l'air et la présence d'un principe azoté étaient nécessaires à leur production.

De Secondât ^ émit peu de temps après l'opinion que la substance organique qui se forme à l'air dans la source bouillante de Dax était un végétal, qui prit dès ce moment le nom de fucus thermalis.

L'existence de cette matière n'échappa pas à la sagacité de Bayen ; aussi, dans ses belles expériences sur les eaux de Bagnères*de«Luchon, en fit-il un examen particulier qui lui démontra que par les produits volatils et empyreumatiques qu'elle dégage lorsqu'on la soumet à l'action de la chaleur dans un appareil distillatoire, elle venait se ranger parmi les produits organiques. Bayen, se basant autant sur les propriétés physiques que sur la composition chimique de cette substance, la désigne sous le nom de flocons soyo-gélatineux. Mais il vit encore que les eaux de Bagnères-de-Luchon renfermaient deux matières organiques particulières : l'une bitumineuse, l'autre de nature grasse. Il explique leur origine par les végétaux minéralisés mfouis dans le sein de la terre et servant d'aliment aux incendies souterrains : ce serait par suite de la combustion du bitume que la matière grasse prendrait naissance.

Gimbemat eut aussi l'occasion de remarquer que les eaux sulfurées n'avaient pas seules le privilège de produire ces matières organiques. Dans ses recherches sur les eaux d'Ischia, il signale l'existence d'une matière gélatineuse à laquelle il applique le nom de zoogène.

Nous passerons sous silence les observations de Vaucher, de Campardon et de plusieurs autres expérimentateurs, qui^ tout en confirmant les fiiita avancés par leurs devanciers, ajoutèrent peu de chose à la connaissance et surtout à l'origine de la matière oi^anique azotée et insoluble des eaux.

Vauquelin, analysant les eaux de Plombières, essaye de prouver que la matière onctueuse qui se développe dans ces sources n'est pas de nature bitumineuse, comme le pensaient quelques

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