‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 179 sur 299 · Mémoires de Trévoux · texte numérisé non relu

Mémoires de Trévoux

490 EAUX aouces £t li^v\ minérales

expérimentateiirs. Il la eonsidàFe ooiBRie une sabsUmoe animale aywl la pim ffranda aBalagie avec ralbumiiie ou la gélatine tpwale; xom il ne la croit pas propre aux eauK de Plonibières ^sar il avait an déjà l'occasion de Tobserver dans les eaux d'Ussat et d'Ax. Il émet eepeadant ropiiiion que celle de P]ani|](ières était tenue an dissolution à la faveur de l'aloali^ tandis que celles d'Ussat et d'Âx étaient h l'état concret. Vauquelin, sp basant sur l'origine de cette substance, lui a donné le nom de matière animale ou végéto-animale.

Gbaptal, reprenant en 1SQ7 les analyses des eaux minérales d^Ussat et d'Ax, a formulé les mêmes conclusîonB que Vanquelin.

La question qui nous occupe, abandonnée pendant plusieiirs années, a été reprise avec beaucoup d'éclat par Anglada. Cet observateur sut très-bien distinguer la matière organique sor lubie d'une autre se présentant sous la forme gélatineuse, et qu'il désigne sous le nom de glairine* Il préfière ce nom à tous les autres indiqués jusqu'alors, et il la regarde comme une matière pseudQ^rgamque.

Presque dansle même temps, Longchamp, qqiselivrait àrétude des eaux sulfurées des Hautes«Pyrénéea, trouva à la matière oiiganique, ou glairine, d* Anglada des différences qui lui firent supposer qu^elle ne devait pas être confondue avec cdle des autres stations hydro-minérales. Comme il l'avait observée pour la première fois dans l'eau de Baréges, il l'inscrivit sous le nom de haréginsy nom qui existe encore très-souvent dans le langage hydrologique. A l'exemple de Vauquelin, Longchamp attribue à la barégine une origine animale. Jusqu'alors il avait regardé cette substance comme essentiellement propre aux eaux sulfurées; mais l'examen ultérieur qu'il fit des matières oi^niques de Néris, Plombières et Bourbcmrl'Archambault modifièrent sa première manière de voir, et alors il omnprit sous le nom générique de barégine les matières . oiiganiques azotées qui se développent dans les eaux de toutes ces stations.

Fontan fit, en 1688, de la matière organique des eaux minérales sulfurées l'objet d'une thèse qui attira vivement lattention du monde savant. S'armant du microscope, Foataa prouva que dans les eaux sulfurées, et à Texclusion de toutes les autres, il existait une substance sous la forme de filaments, glaireuse

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au toochOTt d'aspect Uanchâtre tant qu'elle n'a paa reçu raction directe de la lumière, bleuâtre ou rouseâire lorsqu'elle a été exposée pendant quelque temps à l'air, oFgauiisée, en un mot un^ véritable production végétale, qu'il rangea dws rordre des conserves. Fontan, considérant cette substance oomese propre aux eaux sulfurées, lui a appliqué le nom de sulfuraire. Bisons aussi, peur être exact, que dès 1836 Armand Séguier avait signalé la sulfuraire telle qu'elle a été décrite par Fontan.

M. Lambron ^ suivant la voie si bien tracée par Fontan, a divisé la matière organique des eaux de Bagnères-de-Luchon en b?ois iproupes distincts, suivant la forme sous laquelle on Tobserve dans les eaux. Ainsi, il a donné à la matière organique azotée en solution le nom d'hydro$e; à la matière amorphe, con* crête et tenue en suspension, celui de sulfurine; à cdle à i'état confervoîde le nom de ^ulfurairey et à la partie décomposée de celle-ci, qui se dissout dans les eaux, le nom de s%ilfuro$e. De plus il ccmsidère la sulfuraire comme une plante qui, par sa composition, donne naissance à la sulfurine.

M. Cazin ', qui s'est particulièrement occupé de la matièrorganique des eaux sulfurées de Bagnères-rde^Luchon, était déjà aiTÎvé de son côté à des résultats très-dignes d'intérêt.

Cet observateur décrit également trois espèces de matières organiques : l'une, à laquelle il donne le nom de sulfurhydriney correspoBdant à la pyrénéine de Fontan, à Thydrose de M. Lambron, et qui se trouve dissoute dans Teau. Cette matière accompagne Teau minérale dans toutes les réactions qu'on lui fait subir, et le nûcroscope est impuissant à la déceler. Suivant M. Cazin, elle serait propre aux eaux sulfurées primitives, dont elle formerait un élément constituant et doué comme elle d'une sorte de vitalité.

La seconde espèce, déposée par les eaux, forme deux variétés, dont l'une, la stdfomucosej est désignée soUs le nom de sulfurine par M. Lambron; de substance gélatineuse amorphe, par Fontan, et de glairine muqueuse, par Anglada. L'autre, la 9u^4Miiphthàro$e^ est assez oitdinaîrement mélangée avec la précédente et se rapporte probablement à celle que Anglada a désignée sous le nom de glairine «lembraneuse. Elle se pré-

1. Lambron. Annales de la eociéU d hydrologie médicale de PariSf t. I.

2. E. Gazin. Journal de fharmaeie et de chimiey 3* sérid^ t. XXVIII.

sente sous la forme de pellicules ou de membranes excéssivement minces, d'une coloration qui varie entre le gris clair, le gris noirâtre et le noir.

Enfin la troisième espèce serait la sulfuraire de Fontan. Elle se développe en filaments tubuleux, parfaitement blancs, flottant dans l'eau par leur extrémité libre. Elle serait, suivant ce dernier, aussi propre aux eaux sulfurées primitives qu'aux eaux accidentelles.

La matière organique azotée insoluble et les conferves des eaux minérales sulfurées ont eu le privilège d'attirer plus souvent Tattention des micrographes que celles des eaux minérales ordinaires. Il y avait évidemment uiie lacune à combler en ce qui concerne le mode d'organisation des conferves appartenant aux eaux minérales absolument privées d'acide sulfhydrique ou de sulfures. C'est ce que MM, de Laurès et Becquerel ont fait dans un intéressant travail sur les conferves de Néris i .

MM. de Laurès et Becquerel ont suivi avec beaucoup d'attention le développement des conferves qui se forment avec le temps dans les bassins de réfrigération aujourd'hui disparus, des eaux de Néris, et ils virent que ce végétal s'organisait de deux manières différentes, suivant la température du milieu où û était placé. Ainsi, tandis que la première variété se rencontrait dans les bassins dont la température oscillait entre 4â et 48 degrés, la seconde prenait naissance seulement dans les bassins qui contenaient de l'eau variant de 20 à 45 degrés.

Est-il possible de confondre la matière organique et oiiganisée des eaux sulfurées avec celle provenant des eaux qui sont privées, ou à peu près, d'acide sulfhydrique et de sulfure ? Tel n'est pas l'avis de tous ceux qui se sont livrés avec soin & l'examen des questions que nous passons en ce moment en revue, et en particulier de M. Âulagnier 3.

M. Aulagnier comprend sous le nom de harégine toutes les matières organiques des eaux sulfurées, et sous le nom ûe viridine toutes les conferves vertes des eaux non sulfurées. Ce praticien a fait ressortir toutes les difiérenoeft que ces sob-

1. De Laurès et Becquerel. AnnaUi de la Société d'hydrologie médicale de Parti, t. I, 1854.

9. Aulagnier. Recherches »ur Za glavrine ou harégine des eaux minéraleM. {BuUetin de l'Académie de médecine. Paris, 1857, t. XXII, p. 1936.)

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