‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 181 sur 299 · MATIÈRE ORGANIQUE AZOTÉE SOLUBLE · texte numérisé non relu

MATIÈRE ORGANIQUE AZOTÉE SOLUBLE

La petite quantité de matière organique soluble comparée à la somme des principes salins et à la masse de liquide que contiennent les eaux en général ; la difficulté de l'isoler des substances minérales avec lesquelles elle semble s'unir intimement ; enfin Tabsenee de caractères suffisants pour la reconnaître d'une manière certaine, font que, le plus ordinairement, les chimistes se sont contentés de la signaler, sans pouvoir en indiquer et la constitutiop exacte et l'origine. Toujours on a conclu à son existence, parce que le résidu de Tévaporation de plusieurs litres d*eau exposé graduellement à l'action de la chaleur se colorait en brun ou en noir, et que les produits volatils répandaient une odeur ayant quelque analogie avec les matières animales chauffées à une température élevée.

§ I«r. — Matlèra or^âAique asotée solvble ûts eaux doaoès.

Peu de chimistes ont porté leur attention sur la matière organique que les eaux de pluie empruntent à l'atmosphère. C'est à elle que Zimmermann et Brandes ont donné les noms de ré^

404 EAUX DOUCiS m* EAUX MINÉRALES

8rn€ ^ de pyrfhim ^ de tntiet» ^ mate sans elMK^ier h eii filire connaître la oomposîtîon.

M. Bîneau < a démontré que le produit dé* VéirwpdÊMùn de Peau de pluie recueillie à l'Observatoire de Lyon prenait une teinte jaune jEauve provenant de la présemee d'une matière organique azotée dont une partie se volatilisait en répandant une odeur empyreumatiquew U résulte encore àe eee rech^rckes que Teau de pluie des villes est moins chargée de ce principe que l^u recueillie À la campagne, et que la neige et le» pluies d'Uver sont également chargées de mati^ orgatiique azotée ayant les mêmes propriétés que celle contenue dans les {duies d'été.

Nous avons assez insisté sur les matières organiques azotées et solubles des eaux stagnantes de puits, de citernes et de mares pour que nous y revenions encore ici.

Les ruisseaux, les rivières et les fleuves, réceptacles naturels de toutes les eaux qui s'épanchent sur la surface de la terre, contiennent toujours des matières organiques solubles qai varient, quant à la nature, et à la c[uantité, suivant que les premières ont eu le contact plus ou moins prolongé des substances végétales et animales.

Ces matières, sur la nature desquelles le chimiste ne pos^ sède encore que des données très4ncertaines, sont, sans aucun doute, constituées par les produits résultant de la décomposi* tion du ligneux et des substances animale». Gependant il parait certain que sous l'influence de 1 oxygène atmosphérique , ces matières organiques subissent une v^table combustion qui a pour effet de produire, entre autres substances solubles, de l'ammoniaque dont l'analyse constate facilement la présence en quantité variable suivant les saisons.

MM. Boutron et 0. Henry, qui ont fait l'analyse des eaux qui alimentent les fontaines publiques de Paris, ont vu que Teau de la Seine contenait i^iis de matière organique aoluble en aval qu'en amont. Ce résultat s'explique de lui-même et doit même s'observer non-seulement avec Teau de la Seine, mais encore avec tous les cours d'eau situés près des grandes villes. A la sortie de ces dernières, les eaux se sont chargées des ma-

1. Bineau. Annale» de chimie et de phytiij^etZ* e^rie, I86I, i* XLII, p, 498.

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