MATIÈKE ORGANIQUE AZOTÉE INSOLUBLE
'qui est très-diverse, elle possède toujours dans les eaux minérales où on la rencontre, l'aspect de glaires d'origine animale.
La glairine, dans son état le plus primitif, n'a pas encore les rudiments d'une organisation quelconque, mais elle contient certainement le germe qui se développera un jour avec des caractères très-différents suivant le milieu où la nature l'aura iplacée. Telle est, à n'en pas douter, l'origine de ces nombreuses variétés d*hydrophites qui prennent naissance non-seulement dans les eaux minérales sulfurées, mais encore dans les eaux thermales comme celles de Néris, de Bourbon TArchami)auU) etc.
Nous allons appuyer cette observation par la transformation de la glairine des sources de Bagnères-de-Luchon en une substance véritablement organisée, ainsi qu'il résulte des expériences de M. Cazin.
L'eau de Bagnères-de-Luchon contient deux variétés bien distinctes de matière organique inorganisée et insoluble. La première, ou la stilfomucoset qui, d'après M. Cazin, mérite rseule le nom de glairine, se présente sous la forme de filandres, tde flocons, de magma glaireux, le plus souvent parfaitement transparents et tout à fait comparables h des glaires d'oeufs, à du mucilage épais de graine de lin incomplètement suspendu dans iati liquide, à l'humeur vitrée de Tœil, à du frai de grenouille, à de la gelée animale ou végétale incomplètement dissoute. Sa coloration varie du blanc opalin au brun, coloration qui est due aux matières étrangères qu'elle renferme à l'état d'interposition.
M. Cazin a mis hors de doute que cette matière était susceptible d'acquérir une organisation particulière, car abandonnée à elle-même dans un flacon fermé, mais contenant de l'air, elle a présenté au microscope des filaments transparents, très-ténus, réticulés, anastomosés, engagés dans la gangue muqueuse et semblant sortir de nodules globuleux, plus opaques à leur centre, disséminés çà et là, les uns isolés, les autres en groupes irréguliers.
La seconde, ou la stilfodiphthérosey est toujours opaque et sous la forme de pellicules ou de membranes très-minces, habituellement repliées sur elles-mêmes ou contournées en divers sens, d'une couleur variable entre le gris clair, le gris ver-
dâtre, le vert noirâtre et le noir. Lorsque ces' pellicules sont en masse, elles figurent assez bien des débris de papier blanc, gris ou noir, très-mince et non collé, qu'on aurait agités dans un flacon avec de Teau.
La sulfodiphthérose ou matière organique azotée membraneuse, occupe souvent dans les eaux de Bagnères-de-Luchon la partie supérieure du liquide, et au-dessus de la sulfomucose, sous la forme de feuilles minces. M. Cazin suppose que c'est la sulfomucose qui, par une cause accidentelle, se convertit de la sorte en sulfodiphthérose. Cette transformation serait due à l'action de l'air et à une véritable déshydratation qui la ferait ainsi contracter sur elle-même.
Examinés au microscope, certains échantillons de sulfodiphthérose laissent apercevoir une grande quantité de cristaux de soufre transparents, représentant les uns des prismes obliques à base rhomboïdale, les autres des octaèdres allongés. Les prismes obliques après un certain temps passent à la forme octaédrique, d'après des observations ultérieures de M. Cazin. Après quelques mois de conservation dans un flacon incomplètement rempli, cette substance a montré à cet auteur des traces incontestables d'organisation, caractérisées par des filaments réticulés qui ont la même contexture, que ceux observés déjà avec la sulfomucose ancienne. Ces filaments sont, sans aucun doute, les rudiments de la matière organisée, que nous allons faire connaître tout à l'heure, car Fontan avait déjà observé que la substance gélatineuse (pyrénéine amorphe), exposée au contact de la lumière et dans des vases incomplètement remplis de Teau de la source, produisait avec le temps des granules à peine perceptibles, qui finissent par donner naissance à des filaments blancs et très ténus.
M. Cazin n'hésite pas à conclure que lorsque la glairine s'est transformée en sulfodiphthérose ou en produits analogues elle doit être classée, comme la sulfuraire parmi les végétaux confervoïdes.
M. Léon Soubeiran qui a étudié avec beaucoup de soin la glairine que Ion trouve dans toutes les eaux sulfurées des Pyrénées s'exprime ainsi :
€ L'aspect physique de la glairine est très-susceptible de varier. 11 tient souvent aux circonstances physiques dans les-