‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 184 sur 299 · MATIÈRE ORGANIQUE AZOTÉE INSOLUBLE · texte numérisé non relu

MATIÈRE ORGANIQUE AZOTÉE INSOLUBLE

§ I^^ — Matière oreranlqne azotée insoluble des eanx doaces.

L'opinion la plus accréditée est que la matière organique azotée et insoluble des eaux douces a pour origine celle qui se trouve à l'état de solution : mais à celle-ci il convient d'en joindre une seconde qui n'est pas la moins importante, c'est celle qui, en suspension dans Teau et que Tœil ne peut pas toujours apercevoir avec certitude, sej précipite lorsque par suite du repos et de l'évaporation spontanée d'une partie du liquide, les molécules viennent à se réunir.

Les eaux douces de neige et de pluie ne sont pas toujours exemptes de matières organiques insolubles. Souvent, après les avoir abandonnées au repos, elles déposent des matières brunes ou noirâtres empruntées à l'atmosphère, et dans lesquelles des principes minéraux entrent pour une large proportion.

Les eaux de sources et de puits à eau vive, placées dans de bonnes conditions, laissent rarement déposer de la matière organique insoluble ; toujours celle-ci y est à l'état soluble.

Les eaux courantes et surtout les eaux stagnantes donnent souvent naissance à cette substance, se révélant par l'endujt onctueux et glaireux qui recouvre le sable, les cailloux, les pierres et enfin les corps solides situés dans le fond des ruisseaux, des rivières et des fleuves. C est elle qui produit en partie la vase ou le limon des eaux stagnantes et la matière gélatineuse des galets de la mer.

La substance qui nous occupe ici est blanche ou légèrement grisâtre dans l'origine; mais elle ne tarde pas à acquérir des colorations qui varient du gris foncé au noir, suivant le temps qu'elle a mis à se déposer, l'intervention de loxygène de l'air.

les saisons» et suivant enfin qu'elle est imprégnée de matières minérales parmi lesquelles se font remarquer des sulfures.

g n. — Matière organique aaotée Insoluble des eaox BUnérales

<glalrine>.

Sans parler des acides crénique et apocrénique que nous savons déjà se précipiter à l'état insoluble en combinaison avec Toxyde ferrique de la plupart des eaux minérales ferrugineuses, presque toutes les eaux, sans distinction de classe et d'origine, déposent avec le temps des principes organiques azotés insolubles qui, avec des sels peu stables, tapissent l'orifice des puits, les parois intérieures des réservoirs, enfin les canaux servant à leur aménagement et à leur écoulement au dehors.

Ces matières peu étudiées dans les eaux bicarbonatées, sulfatées et chlorurées, ont reçu au contraire des développements très-intéressants dans les eaux sulfurées. Aussi n'aurons-nous à nous occuper que de celles de cette dernière classe.

La substance organique azotée et inorganisée des eaux sulfurées possède des colorations très-variables et tout à fait en rapport avec la nature de l'eau dans laquelle elle s'est produite. Comme celle des eaux douces, elle varie du blanc au blanc grisâtre et au noir.

Elle a reçu aussi des noms rappelant son origine : ainsi Fontan la désigne sous le nom de pyrénéine déposée ou substance gélatineuse amorphe; Longchamp, harégine deuxième variété ; Anglada, glairine muqueuse ou membraneuse; M. Lambron, sulfurinCy et M. Cazin sulfomucose.

Toutes ces dénominations appliquées à des matières d'aspects, en effet, différents ne sauraient demeurer plus longtemps dans le langage hydrologique après les importants travaux de MM. Cazin et Léon Soubeiran sur les matières organiques des eaux sulfurées des Pyrénées. Ces auteurs ont montre que les conferves telles que la sulfuraire avaient pour origine la matière organique amorphe, laquelle à son tour provenait de la matière organique azotée que ces eaux contiennent.

C'est pour ce motif qu'avec M. L. Soubeiran nous réserverons le nom générique de glairine pour spécifier la matière organique azotée amorphe des eaux, parce que sauf sa coloration

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