‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 198 sur 299 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Toutes les eaux qui s'épanchent à la surface du sol étant exposées à l'air libre pendant un temps plus ou moins long, ou bien soumises à l'action delà chaleur, abandonnent une grande partie des gaz libres ou combinés qu'elles contiennent. En se concentrant ainsi, elles voient leurs principes minéraux se modifier notablement dans le mode d'arrangement primitif, d'où il résulte des sels plus solubles et diverses matières salines insolubles. C'est à ces dernières que Ton a donné les noms de dépôts spontanés^ incrustations y concrétions, stalagmites, stalagmititeSy travertins, sédiments, si elles se sont précipitées naturellement, et de résidu salin, lorsque la chaleur artificielle a été employée jusqu'à la complète volatilisation du véhicule.

Une eau douce ou minérale ne donne pas de dépôt spontané ou naturel ayant une composition parfaitement identique à toutes les époques de l'année. Plusieurs causes, parmi lesquelles dominent les variations de température, peuvent hâter ou retarder la précipitation de quelques-uns des sels minéraux ; ainsi, pour les eaux directement exposées à l'action de l'air, c'est dans les mois les plus chauds de l'année qu'ils se produisent en plus grande abondance. Il existe cependant certaines circonstances où un abaissement subit de température amène plus rapidement encore leur formation. '

DÉPOTS DES EAUX EN GÉ^rtRAL 523

Quant au résida salin, s'il est l'expif'ession de la quantité des principes fixes que l'eau renferme, il ne peut dans aucun cas servir à représenter la manière dont les éléments étaient primitivement combinés, car l*ordré de combinaison que la nature leur a assigné se trouve presque complètement interverti.

§ 1^1*. «— Dépôts naturels des eaux doaces.

Par suite des modifications que les sels dissous dans les eaux douces de sources et courantes éprouvent sous Tinfluence des variations de température, de l'intervention d'autres eaux d'une constitution un peu différente, de l'élimination à Tair d'une certaine quantité d'acide carbonique, qui maintenait les carbonates terreux et métalliques à l'état de bicarbonates, et enfin de révaporation partielle et spontanée du liquide, presque toutes les eaux déposent ou sont susceptibles de déposer sur le sol et dans les canaux où elles s'écoulent quelques substances minérales, salines et insolubles. On distingue principalement dans celles-ci des sels de cbaux, de magnésie et de manganèse (carbonate, sulfate, phosphate, arséniate, crénate), de Talumine, de Foxyde de fer, et enfin de la matière organique azotée ou non.

Le gravier que Ton trouve quelquefois dans le lit de la Seine est recouvert d'uûe couche de carbonate de chaux : c*est un travertin en voie de formation auquel les mariniers donnent le nom de falaise. M. Belgrand * considère que ces falaises se forment par des sources très -chargées de bicarbonate de chaux, existant dans le thalveg de la Seine, et qui se divisent en filets très-petits à travers des masses de graviers.

Dans toutes les eaux douces ce sont les bicarbonates et le sulfate de chaux qui provoquent le plus la production des dépôts naturels. On pourrait supposer à priori que les eaux courantes les plus riches en sulfate de chaux (Arcueil) donnent des concrétions dans lesquelles ce sel domine, mais il n'en est rien; toujours le carbonate calcaire en constitue la base. 11 s*o-

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