PHOSPHORESCENCE DE LA MER
Il semble cependant démontré aujourd'hui que les animalcules sont la cause du phénomène qui nous occupe en ce moment : ainsi, M. Ferrandy, qui a étudié avec beaucoup de soin un cas de cette nature, a observé que, le l^^ janvier 1805^ étant par 13<> 30' latitude nord, et 30« 50' longitude ouest, jusque par 17* 20' latitude nord et 33» 20' longitude, soit environ 275 milles, les eaux étalait phosphorescentes et qu'elles avaient une odeur aussi forte que celle que Von sent dans une poissonnerie.
M. Ferrandy a examiné cette eau à diverses reprises au microscope, et il y a remarqué un grand nombre de petits fils blancs de 4 à 5 miUimètres de long et de 1/2 millimètre d'épaisseur ; au milieu il se formait un anneau qui diminuait de moitié l'épaisseur de ces objets. Peu à peu tous ces divers objets se soudaient Vun à Tautre par groupe de 12 à 15 et formaient une espèce de ver qui» vu sous Tincidence de la lumière, était d'un gris brillant. Après quelques heures de soudure^ il se formait à l'anneau un petit point jaune, quelques-uns d'un rouge orangé très-vif. Ainsi constitués, ces divers animaux étaient en tout semblables à ceux que l'on voit dans les bancs jaunâtres qui sont sur l'eau, que l'on désigne généralement sous le nom de frai de poisson^ et quelques-uns sous le nom de frai de haleine,
C*est encore à la présence de nombreux animalcules dissiminés sur une large étendue que la surface de la mer acquiert Taspect d'une nappe blanche que l'on désigne sous le nom de mer de lait ou mer d'hiver^ d'après les Hollandais, probablement à cause de Taspect du ciel et de la mer rappelant tout à fait celui des campagnes couvertes de neige.
M. Trébuchet a abservé un phénomène de cette nature dans le voisinage d'Amboine (Moluques), et voici comment il rend compte de ses expériences.
L'eau de mer avait sa couleur ordinaire, mais elle contenait en suspension des animalcules de même grosseur, et de longueu r bien différente, jetant une lumière fixe dont l'intensité et la couleur rappelaient les lucioles si nombreuses dans les Antilles; vus à là loupe, ces animaux formaient un chapelet capiUiforme d'mdividus distincts, réunis par leurs extrémités, et en nombre différent suivant le groupe : vingt en moyenne. Chacun
bn KAUX J^OUCES ET EAUX MINÉUALES
des individus paraissait avoir de 1 à 2 dixièmes de millimètre et la grosseur du cheveu d'un enfant blond.
Le sillage des vaisseaux fait disparaître cette lactescence de la mer, tandis qu'il augmente la phosphorescence ordinaire, ce qui indique que ces curieux phénomènes tiennent à des animalcules divers.
M. Decbarme considère que l'intensité de la phosphorescence de la mer est toujours en parfait rapport avec la proximité et la violence d'un orage correspondant, dont elle serait le signe précurseur. Cette remarque peut fournir des données utiles à la météorologie des orages.