‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 210 sur 299 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les thermomètres qui servent ordinairement à déterminer la température des eaux sont établis en degrés centigrades avec du mercure ou de l'alcool coloré en rouge ; mais leur sensibilité est loin d'être la même pour tous les deux. Le mercure se dilate plus lentement, il est vrai, que Talcool, mais il le fait d'une manière plus uniforme. Le thermomètre à mercure doit donc toujours être préféré.

Lorsqu'on veut se contenter de prendre la température d'une eau à quelques degrés près, on emploie des petits thermomètres de 60 à 75 centimètres de longueur, fixés sur une lame mince d'ivoire et sur laquelle les divisions sont inscrites. Ces instruments, que Ton peut facilement placer dans un étui et porter avec soi, indiquent depuis 3, 4 ou 5* au-dessous de zéro jusqu'à 50, 60 ou 70* au-dessus de la congélation de l'eau. Voilà les appareils qui sont ordinairement dans les mains des médecins inspecteurs.

Très-souvent on se sert de thermomètres dont chaque division représente un degré centigrade; mais lorsqu'il s'agit d'une plus grande précision, lorsqu'on veut par exemple exécuter des analyses et étudier les variations de température que les eaux subissent, on a recours à des thermomètres plus longs, plus épais et gradués sur tige par dixième ou par cinquième de degré.

Les thermomètres indiquant les dixièmes de degré marquent depuis le zéro jusqu'à 60 ou 70*. Comme pour les températures supérieures il faudrait leur donner une longueur démesurée,

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Le thermomètre ainsi monté est placé dans le seau, que l'on descend avec précaution dans le réservoir, et on l'y laisse pendant plusieurs heures. Lorsqu'on juge que tout le liquide du seau est à la même température que l'eau qui l'entoure, on le retire le plus promptement possible^ on soulève le treillage et on note la hauteur de la colonne mercurielle. Des essais comparatifs nous ont montré que ce mode de détermination était aussi exact que si on avait plongé directement le thermomètre dans la source.

Pour les grands amas d'eau, les mers par exemple, dont la température n'est pas la même à la surface comme au fond, ou lorsque les griffons des sources sont difficilement abordables, et qu'on veut connaître très-exactement, la température des eaux à leur point d'émergence même, on se sert d'un thermomètre particulier dit à maxima et à déversement, dont on doit l'invention à M. Walferdin.

Cet instrument (fig. 29) consiste en un thermomètre à mercure ordinaire à la partie supérieure duquel on a soudé un réservoir de déversement r a pouvant contenir une ou deux gouttes de mercure Ce réservoir communique par une pointe très-eCSlée et recourbée avec la tige mercurielle, de sorte que quand le tube est plein et que la température est suffisante, une petite partie du mercure s'échappe par la pointe et tombe dans le réservoir a.

Voici maintenant comment on procède à une expérience.

Nous allons admettre qu'il s'agit de déterminer la température d'une source d'un accès très-difficile et qui accuse plus de 30 -{- 0.

Si le réservoir a est déjà plein de mercure on le vide en in-

Lbfort, 3* édition. 37

Fig. ».

578 ANALYSE CBIMIQUE

cUnant sufOsàmmeot le therœoinjëtre afin de faire rentrer tout le métal dans la tige.

Le cylindre e et la lige étant totalement pleins de mercure ,* on plonge le thermomètre dans de Teau marquant exactement 30^ -|- Q. De cette manière l'excédant de mercure sort par la pointe et Tinatrument se trouvant amorcé, on le plonge dans Teau minérale.

Si l'eau marquait moins de 30^^ 4^ Q, le mercure descendrait dans la tige; mais comme nous savons déjà qu'elle est supérieure à ce degré, le métal sort par la pointe et se déverse dans le réservoir. Pour connaître qu'elle a été la température maxima, on place de nouveau le thermomètre dans l'eau chauffé à 30^ -f- 0, le nombre des divisions de la tige dans lesquelles il manque du mercure indique la température cherchée.

Supposons que ce nombre soit de 10 divisions, à partir de la pointe, il en résulte que la température de l'eau est de 30 4* 10 = 40 degrés.

Le thermomètre de Walferdin est, comme nous l'avons déjà dit, d'une extrême sensibilité , mais il exige une certaine habitude des instruments de précision, aussi n'est- il utilisé en hydrologie que dans des circonstances spéciales.

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