‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 211 sur 299 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La densité des eaux est en raison directe de leur température et de la somme des matières fixes et des gaz qu'elles contiennent.

Gomme terme de comparaison on emploie l'eau distilléd bien pure et amenée à la température de 4~ 4''* Sa pesanteur ou densité est exprimée par le nombre 1^000.

L'appareil le plus en usage pour apprécier la densité d'une eau (fig. 30) se compose d'un flacon A en verre très-mince, pouvant contenir 35, 40 ou 50 grammes de liquide, et d'un tube creux B terminé en entonnoir à sa partie supérieure. Ce tube, qui fait l'office du bouchon, est marqué d'un trait G indiquant le point d'affleurement.

Fij. 30.

L'appareil complet, après avoir été parfaitement séché intérieurement et extérieurement, est porté sur le plateau d'une balance afin d'en connaître le poids à un demi-milligramme près. On remplit ensuite d'eau distillée le flacon A, et on le ferme avec le bouchon B. Celui-ci déplace une petite quantité d'eau qui, à l'aide de la communication intérieure, vient se rendre dans la partie supérieure et évasée B.

On met le tout dans un vase d'eau froide marquant + ^* environ, et loreque l'eau distillée ne subit plus de diminution de volume, on enlève avec un morceau de papier à filtrer toute la partie du* liquide jusqu au trait D. Après quoi on procède à la pesée.- On enlève ensuite l'eau , on sèche parfaitement l'appareil et on le reporte sur le plateau de la balance. On obtient donc ainsi le poids de Teau distillée.

Pour comparer le poids de celle-ci avec une autre eau douce ou une eau minérale, on remplit de nouveau l'appareil, en suivant les mêmes indications que pour Teau distillée, et on le pèse. La différence entre le poids de l'eau distillée et celui de l'eau mise en expérience représente l'augmentation que cette dernière a subie par les principes salins, et partant sa densité réelle. Nous indiquons plus loin les calculs à faire pour ce genre d'opération.

On se sert à bord des vaisseaux, pour déterminer la pesan^ teur spécifique de l'eau de mer, de Yaréomètre marin qui n'est que le densimètre de Gay-Lussac dressé seulement depuis 4000 jusqu'à 1035 ou lO'iO. La densité 1030 est chiffrée 0, et par conséquent 5, 10, 15,20, 25, 30, 40, représentent la pesanteur spécifique de 1,005, 1,010, 1,015, 1,020, 1,025, 1,030, et 1 ,040.

KZOTE OU AIR

__ .g^feil à l'aide duquel tgib||i^ J|;B<^^Ç?M^ à de légères modigfvSfgASl^f Stôâ^Sk'i^"^ pour extraire

[ies eaux les gaz dis- Tation que nous al- 'âi^3tS('G|€'4StB.'f?."i^"^^ où l'eau est l£lJI<Smt^4S)i^l & 2 litres environ, .«^gl|l^^pfl|jgl€l â't, un tube de déga- ^-^"'^ -"^^"^-^t^^i^urs kilogrammes de

raS;^î«t entièrement rein-

ÏH^ç^t*^tre part on remplit

> V - 5^^^S?"' "" ^*^® quelcon-

l^tf^l^^MT^^^S^^ic^n cbaufTe peu à peu

•àgtt;^^^J^w@«3oit en pleine ébul-

çi&i^éS>o^|^i|té expulsés de l'eau,

' l?^S*^-ft*^^ l'éprouvette re-

Jîi^^B«J|Ite. Celle-ci est notée

DOSAGE DE L'OXYGENE ET DE L'AZOl'E 581

avec soin, ainsi que la pression atmosphérique. On introduit dans le gaz quelques morceaux de potasse caustique, qui s'emparent dé tout l'acide carbonique. Dès que le volume gazeux ne subit plus de diminution, on porte Téprouvette dans une autre plus grande et pleine d'eau; on inscrit le nombre de centimètres cubes de gaz non absorbé par la potasse, en ayant soin que le niveau de l'eau des deux éprouvettes soit sur le même plan. Le gaz contenu dans Téprouvette graduée représente l'oxygène et l'azote, dont nous ferons connaître tout à l'heure le mode de séparation.

La difficulté de transporter à des distances souvent très-considérables une grande quantité de mercure a fait recourir à un autre moyen, qui, s'il ne donne pas un résultat aussi sûr que le précédent, ne s'éloigne pas autant qu'on le croit de la vérité.

Au lieu de faire rendre le gaz dégagé de l'eau par Taction de la chaleur, sous le mercure, on se sert d'un flacon bouché à l'émeri, d'une contenance de 3 à 400 centimètres cubes, que Ton remplit d'eau ayant la même origine que celle soumise à l'expérience. Lorsque le liquide a abandonné tout le gaz qu'il contenait, on retire le tube de dégagement, on bouche le flacon sous l'eau et on le goudronne parfaitement. Le vase transporté dans lendroit où l'on se propose de continuer l'analyse, on fait passer le gaz dans une éprouvette remplie de mercure et on procède, comme précédemment, à l'absorption de l'acide carbonique et à l'évaluation du mélange d'oxygène et d'azote qu'il s'agit de séparer.

En 1869, M. Hervé-Mangon a fait observer que, par le vide, on obtenait toujours, avec les eaux douces, un volume plus considérable de gaz que par la chaleur; et voici le moyen qu'il a signalé i.

On adapte au robinet inférieur d'un eudiomètre de M. Regnault ou, plus simplement, d'une petite pompe pneumatique à mercure, un tube de verre vertical de 0*,76 de longueur environ, et qui plonge, à sa partie inférieure, dans une cuvette de mercure.

On remplit le mesureur de mercure, puis on adapte à son robinet supérieur, k Taide d'un tube convenablement courbé,

1. Hervé-Mangon, Expériences sur Vemploi des eaux dans les irrigalionSt 1869, p. 68.

le ballon jaugé rempli de Teau dont on veut examiner les gaz. On laisse alors couler peu à peu le mercure du mesureur, l'eau se trouve soumise à une pression de plus en plus faible et en chauffant vers 40% tous les gaz qu'elle contient se dégagent el se rendent dans le mesureur; lorsque leur volume cesse d'aug* menter, on ferme le robinet supérieur d\x mesureur, on détache le ballon et on analyse les ga^ ainsi recueillis.

Nous verrons en parlant du dosage de Tacide carbonique libre et combiné que M. Gréhant se sert également du vide pour extraire des eaux les gaz carbonique, azote et oxygène qu'elles contiennent.

Le mélange gazeux une fois obtenu il s'agit de les séparer les uns des autres.

La réaction que nous allons faire connaître pour isoler Toxygène et Tazote est basée sur la propriété que possède Tacide pyrogallique en présence de la potasse d'absorber avec une grande rapidité loxygène et d'être au contraire sans ac* tion sur l'azote.

Pour cela^ après avoir mesuré avec soin le voluine du gaz, on y introduit quelques grammes d'une solution de potasse caustique, et on agite de manière à imprégner de la solution alcaline toute la paroi intérieure de Téprouvette : par ce moyen, si le mélange gazeux contenait de Vacide sulfhydrique ou de l'acide carbonique il en serait dépouillé.

D'autre part, on forme avec un peu d*acide pyrogallique et de gomme une petite balle de la grosseur d'un pois et on l'introduit dans Téprouvette. Le pyrogallate de potasse qui se produit aussitôt absorbe la totalité de l'oxygène, et comme résidu on obtient le gaz azote, dont on mesure exactement le volume.

On s'assure que l'oxygène a été entièrement absorbé à l'aide d'une allumette enflammée qui doit s'éteindre aussitôt dans le résidu d'azote.

L*oxygène et l'azote ainsi séparés et é\ alués en volume, sont ramenés par le calcul à la température de 0* et à la pression de 760"" au moyen des calculs indiqués à la fm de ce volume.

Nous ne saurions trop mettre les chimistes en garde contre l'emploi du phosphore pour séparer l'oxygène de l'azote ou des autres gaz; M. Commaille a montré, en effet, que la potasse caustique, l'eau et le phosphore donnaient constamment une cer-

Page 1