‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 212 sur 299 · DOSAGE DE L'OXYGENE ET DE L'AZOTE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'OXYGENE ET DE L'AZOTE

laine quantité d'hydrogène phosphore qui venait augmenter le volume de l'azote.

M. Schûtzenberger à découvert, dans ces derniers tem|ps, que lorsque le zinc réagissait, à froid, et à Tabri du contact de Tair, sur l'acide sulfureux liquide ou sur un sulfite solubie, comme celui de soude, il se formait un nouvel acide du soufre» l'acide hydrosulfureux, dans lequel l'équivalent d'oxygène était remplacé par un équivalent d'hydrogène, et qui avait pour formule :

C'est assez dire que si ce composé est remis en présence de l'oxygène, il repasse à l'état d'acide sulfureux.

L'acide hydrosulfureux et les hydrosulQtes ont pour caractères généraux de détruire les matières colorantes, et d'absorber l'oxygène gazeux ou dissous avec une très -grande rapidité.

Ces propriétés ont été mises aussitôt à profit par MM. Schûtzenberger, Gérardin et Risler pour doser, par la méthode des volumes , l'oxygène dissous dans l'eau : pour cela , ils se servent de rhydrosulfite neutre de soude qui est plus stable que l'acide hydrosulfureux et qui permet d'apprécier facilement jf^ de centimètre cube d'oxygène.

Préparation duréactif. — Pour obtenir rhydrosulfite desoude, MM. Schûtzenberger et Risler remplissent un flacon avec des copeaux de zinc et une solution de bisulfite de soude à 30 degrés, étendue de deux fois son volume d'eau. On bouche avec soin le flacon et on laisse la réaction s'opérer pendant une demi-heure environ. Au bout de ce temps, le liquide est versé dans un autre flacon contenant un lait de chaux formé avec chaux vive éteinte 30 grammes, eau 600 grammes ; on agite et on jette le mélange sur un filtre afin de séparer le liquide de l'oxyde de zinc et du sulfite de chaux qui se sont produits. Le liquide filtré , qui a une réaction légèrement alcaline, est étendu d'une nouvelle quantité d'eau : il tient en dissolution de rhydrosulfite neutre de soude qui conseive son titre assez longtemps si on le préserve du contact de l'air : du reste on

1. BulleHn de la Société chimique de Parii, t. XIX, 1873, p. 152, et Compte» rendus de l'Académie des sneneeSf t. LXXVI, p. diO.

S en assure en le filtrant avant chaque analyse, ainsi que nous allons le dire.

TUrage du réactif. — Une fois le réactif réducteur obtenu on fixe son titre de la manière suivante :

Pour cela, on se sert d*une solution ammoniacale de sulfate de cuivre qui est réduit, d'abord à l'état d*oxydule cuivreux, puis de cuivre métallique. Cette solution se compose pour 1 litre d'eau de 4iffr,46 de sulfate de cuivre cristallisé, d'ammoniaque pour obtenir une liqueur bleue et enfin de carmin d'indigo. L'hydrosulfite doit correspondre à peu près à son volume de solution cuivrique et à trois fois son volume de solution de carmin d'indigo.

La solution de sulfate de cuivre ammoniacal est calculée de telle façon que 10 centimètres cubes, en se décolorant, représentent 2 centimètres cubes d'oxygène.

Ici se présente une anomalie qu'il est important de signaler.

Nous avons dit précédemment qu'au contact de l'oxygène libre, 1 équivalent de ce gaz transformait en sulfate 1 équivalent d'hydrosulfite de soude. Avec le sulfite de cuivre ammoniacal la réduction de Toxyde cuivrique est représentée par le double. L'équivalent d'oxygène utilise 2 équivalents d'hydrosulfite en le transformant sans doute en un sel de la série thionique.

Le titrage de la solution d'hydrosulfite de soude peut se faire au besoin à l'air libre dans un petit vase à précipité, en employant 20 <^<^ de la liqueur cuivreuse. Le bec de la burette de Mohr, que l'on choisit très-allongé, plongeant dans le liquide, on laisse couler assez rapidement en remuant avec une baguette. On s'arrête au moment où le liquide est décoloré et paraît jaunô-très-clair. On commet nécessairement ainsi une erreur en plus due à l'intervention de l'oxygène de l'air. On évite cet inconvénient en titrant dans un flacon à trois tubulures de 1 litre de capacité ; dans la tubulure médiane peuvent se fixer au moyen d'un bouchon en caoutchouc, les extrémités de deux burettes de Mohr, dont l'une contient de l'hydrosulftte et l'autre du carmin. Les deux autres tubulures servent à l'entrée et à la sortie d'un courant d'hydrogène ou de gaz de l'éclairage purgé d'oxygène par son passage préalable à travers une colonne remplie de ponce imbibée d'hydrosulfite concentré

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OU de pyrogallate de soude. La comparaison des deux modes opératoires a montré qu'en procédant à l'air libre on commettait une erreur en plus d'environ 0, B ce pour 20 d'hydrosulûte employé, si l'opération est conduite rapidement.

La solution d'hydrosulûte sera considérée comme suffisam* ment concentrée si 20 ^ de la liqueur cuivreuse k2^^ d'oxygène pour 10 <^<^ emploient 20 à 30 cent, cubes de réactif réducteur.

Dosage de Voxygëne. Le titre du réactif étant bien établi, on procède immédiatement au dosage de Toxygène contenu dans l'eau.

On introduit dans le flacon à trois tubulures dont nous vedons de parler : !<> un litre d'eau à essayer ; 2"" 50. centimètres cubes d'eau tenant en suspension 5 grammes de kaolin ( cette substance 6te la transparence au liquide et rend les changements de teinte plus sensibles); 3"* un peu de carmin d'indigo.

La pointe allongée de la burette de Mohr plongeant jusqu'au fond du flacon , on laisse couler le réducteur qu'on agite de manière à le disséminer dans le liquide, et on arrête l'opération dès que la décoloration de l'indigo commence; ce point peut être saisi à 0, 5 <^<^ près au moins.

Supposons que l'on ait employé pour décolorer les 20 cent, cubes de la solution de sulfate de cuivre ammoniacal \1^^ 5 d'hydrosulfite de soude; nous savons que ces 20<^<^ correspondent à 4 cent, cubes d'oxygène. Si, d'autre part, le titre d'eau a exigé 3&^^ 4, on posera la proportion • suivante :

d'oxigène dissous dans un litre d'eau. Il reste une petite correction relative à l'hydrosulûte nécessaire pour décolorer le bleu employé, mais cette dose peut se déterminer très-approximativement une fois pour toutes.

Le procédé indiqué par MM. Schiitzenberger, Gérardin et Risler est intéressant sans doute parce que, pour le dosage de l'oxygène contenu dans Vair atmosphérique y ou mélangé avec d'autres gaz, comme l'hydrogène et l'acide carbonique, il peut rendre aux chimistes de très grands services ; mais pour la détermination de l'oxygène dissous dans les liquides^ comme

certaines eaux très^chargées de matières organiques^ nous pen* sons que sa trop grande sensibilité lui orée un déCsiut que la pratique a peut-être besoin de faire disparaître. Leurs auteurs considèrent déjà que les matières organiques colorantes, comme l'indigo, sont décolorées par Thydrosulfite de soude; or, les matières organiques des eaux n'ont-elles pas la même action sur le réactif? tel est le problème qui se pose naturellement à Tesprit. Dans tous les cas, au point de vue théorique comme au point de vue pratique, nous lui préférons le procédé de M. Gréhant que nous ferons connaître en parlant du dosage de l'acide carbonique.

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