‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 215 sur 299 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La détermination pondérale de l'acide carbonique dans les eaux de toute nature est l'une des opérations chimiques qui a le plus exercé la sagacité des auteurs, et comment en serait-ii autrement lorsqu'on connaît le rôle important que joue ce gaz soit libre, soit k l'état de combinaison saline, dans les eaux douces et les eaux minérales?

Nous allons indiquer dans des paragraphes spéciaux les pro-

cédés qui nous paraissent les plus dignes d'attention poar doser :

lo Uadde carbonique total ou libre et combiné.

2o U acide carbonique partiel ou libre.

^ Lacide carbonique des dépôts spontanés,

49 Les bicarbonates cUcalins terreux vt métalliques,

§ P'. — Aolde carbonique total.

U n'y a pas très-longtemps encore, les analystes séparaient l'acide carbonique libre et combiné en faisant bouillir l'eau dans un ballon muni d'un tube recourbé. L'appareil était entièrement rempli d'un volume connu d'eau, puis chauffé jusqu'à Tébullition, pendant un quart d'heure au moins. Le tube de dégagement communiquait avec une cloche ou une éprouvette graduée pleine de mercure ou d'eau saturée de sel marin. Après l'opération, on prenait exactement le volume du mélange gazeux et on y faisait arriver de la potasse caustique en solution, afin d'absorber tout l'acide carbonique.

Le résidu gazeux était ensuite analysé à part par le phosphore, qui enlevait l'oxygène et laissait Tazote. Lorsque l'eau contenait de l'acide sulfhydrique ou un sulfure, on faisait bar* boter le gaz dans une solution d'acétate acide de plomb, qui fixait le principe sulfuré. Voilà pour l'acide carbonique que Ton inscrivait à l'état de Uberté dans l'eau.

D'une autre part, on ajoutait au bouchon du ballon un tuba droit, puis on versait dans le liquide bouilli de l'acide sulfurique en léger excès et on chauffait de nouveau. La quantité du gaz carbonique ainsi éhminé était censée représenter l'acide uni aux bases.

Mais si on réfléchit à ce qui se passe dans cette opération, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'elle ne peut pas donner de résultat exact, car l'action de la chaleur sur les eaux chargées d'acide carbonique, et par conséquent de bicarbonates, a pour effet, non-seulement de dégager l'acide libre, mais encore une portion de celui des bicarbonates. Les sels ainsi décomposés se convertissent, tantôt en carbonate neutre (carbonate de chaux) , tantôt en sesquicarbonates (carbonates de potasse et de soude), tantôt enfin en carbonate basique (carbonate de magnésie) .

On a simplifié ce genre d*analy3e en traitant directement l'eau dans le môme appareil par Tacide sulfurique. Tout Tacide carbonique soit libre, soit combiné, vient se rendre, à l'aide du tube recourbé, dans une cloche sous le mercure. Une fois le volume du gaz connu, on y fait arriver quelques fragments de potasse caustique, qui absorbe tout Tacide carbonique : cette absorption représente la proportion du gaz libre et combiné. Au lieu de la méthode des volumes, Vogel a conseillé, après avoir traité Teau par l'acide sulfurique, de faire traverser le gaz dans de Teau de chaux ou de baryte, pour produire du carbonate de chaux ou de baryte, dont on appréciait le poids avec la balance.

On a eu alors recours aux chlorures de calcium et de baryum qui, dans une eau préalablement alcalisée par l'ammoniaque, afin de fixer l'acide carbonique libre, donnent des carbonates neutres de chaux et de baryte extrêmement peu solubles dans l'eau. Cette méthode très- bonne et très-employée actuellement lorsqu'il s'agit de doser tout Tacide carbonique d'une eau, fut Tobjet d'une critique de la part de Vogel, qui pensa que les carbonates de chaux et de baryte, peu solubles dans Teau, l'étaient davantage dans une eau ammoniacale. Comme cette observation pourrait être prise encore en considération, nous dirons ici qu'elle ne repose sur aucun fondement sérieux. Ainsi^ M. Fresenius a montré que :

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