‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 222 sur 299 · Moniteur scientifique du D' Quesneville, t. IV, p · texte numérisé non relu

Moniteur scientifique du D' Quesneville, t. IV, p

d*une dissolution saturée de potasse caustique, et Ton maintient le mélange en ébullition constante jusqu'à ce que Tempois se soit complètement liquéfié. La liqueur est alors étendue d'un peu d*eau et sursaturée par Tacide acétique. La solution étant franchement acide, on y verse de Talcool qui précipite la fécule à Tétat d*un magma volumineux qu*on lave complètement avec de l'alcool à 60"" C. et avec de l'alcool de même concentration acidulée d'acide sulfurique, et eAûn avec de l'alcool pur du même degré. C'est de la fécule ainsi préparée et desséchée qu'on se sert pour faire la solution en la délayant dans l'eau chaude. D'après M. Bécbamp, cette solution se colore toujours en bleu pur et non violacé par les plus petites qoantités d'iode.

Mais, en général, la couleur de l'iodure d'amidon varie avec la proportion de l'iode. Avec 1/1000 d'iode l'amidon se colore en beau bleu foncé ; avec 1/40000 la teinte est bleu violette ; avec 1/500000 on obtient encore une coloration rose appréciable, mais seulement au bout de quelques instants.

Nous allons maintenant décrire les différents procédés indiqués par les auteurs pour la recherche de l'iode dans les eaux.

L'acide sulfurique a été le premier agent chimique employé pour isoler l'iode des iodures, et pour permettre à l'amidon de se combiner avec le métalloïde ; puis est venu le chlore en dissolution dans l'eau. Mais, comme l'a très- bien observé M. Bonjean, l'eau chlorée, lorsqu'elle est ajoutée en léger excès, forme du chlorure d'iode, qui est sans action sur la fécule : aussi lui préfère-t-il l'acide nitrique, qui, d'après des essais comparatifs, peut déceler 1/400000 d'iode ; avec le chlore on ne peut aller au delà de 1/200000.

Malgré les remarques si judicieuses de M. Bonjean, confirmées depuis par M. Gasasecaet par d'autres auteurs, quelques chimistes ont persévéré dans l'emploi du chlore pour la recherche de riode : mais au lieu de faire réagir directement l'eau chlorée sur la solution iodurée, ils conseillent de tenir à une certaine distance d'un flacon contenant ce réactif la capsule ou le tube dans laquelle est placée la solution à essayer, mélangée d'eau d'amidon. Il est certain que par ce moyen on règle plus aisément l'introduction du chlore.

M. Alvaro Beynoso se sert du bioxyde de baryum, qui, au contact de l'acide chlorhydrique, produit de Teau oxygénée. Pour cela, il place dans un tube fermé à Tune de ses extrémités un morceau de bioxyde de baryum, et un peu d'eau distillée. Lorsque la déflagration est achevée, on y verse quelques gouttes d'acide chlorhydrique et un peu d'empois d'amidon. Le tube est plongé dans Teau froide, afm de ramener le mélange à la température ordinaire, et lorsque l'oxygène commence à se dégager, on y ajoute la solution dans laquelle on veut constater la présence de l'iode; on voit immédiatement apparaître une coloration violette si la quantité d'iode est peu considérable, et bleu foncé si la proportion est plus grande.

La précipitation de traces minimes d'iode par le chlorure de palladium, annoncée pour la première fois par M. Lassaigne, a fourni à M. 0. Henry l'idée de se servir de cette réaction pour la recherche et le dosage de ce métalloïde dans les eaux minérates. On verse dans l'eau à essayer une solution de chlorure de palladium, jusqu'à cessation de précipité. L'iodure de palladium qui a pris naissance est brun noirâtre, floconneux, complètement insoluble dans l'eau et l'acide chlorhydrique étendu, et soluble dans l'ammoniaque. On le jette sur un filtre, on le lave à l'eau tiède, on le sèche à la température de 50 à 70^, et enfin on le décompose au rouge. Il reste du palladium métallique, que Von pèse afin de connaître le poids de l'iode qui s*est volatilisé. Ce procédé, d'une exécution facile et d'une trèsgrande exactitude lorsqu'il s'agit de doser l'iode d'un iodure soluble et pur, ne peut être appliqué à l'analyse des eaux que sous le rapport qualitatif, et encore convient-il de s'assurer par la suite si le précipité est bien constitué par de l'iodure de palladium. C'est que le sel palladique précipite, outre de Tiode, de la matière organique et du soufre à Tétat de sulfure de palladium, qui viennent influencer le résultat. Pour tourner la difficulté, M, 0. Henry conseille de dissoudre le dépôt dans l'ammoniaque, de neutraliser la solution et d'y faire réagir l'amidon et l'eau de chlore ou l'acide nitrique. .

D'après M. 0. Henry, on arrive facilement à reconnaître et à doser Tiode par le moyen suivant/

L'eau à essayer est évaporée aux trois quarts avec une petite

quantité de potasse caustique à Talcool et reconnue à l'avance exempte d'iode. On verse dans le résidu, séparé du dépôt qui s'est formé, une solution acide et en excès de nitrate d'argent : on précipite à la fois de l'iodure, du bromure et du chlorure d'argent. Ces sels parfaitement lavés sont, introduits dans un vase avec de l'eau distillée, du zinc en excès et de l'acide sulfurique; de l'hydrogène se dégage, de l'argent métallique se précipite, et dans la liqueur on ne retrouve plus que de l'iodure, du bromure et du chlorure de zinc. La solution filtrée est évaporée à une douce chaleur et placée dans un tube étroit, puis on y ajoute de l'empois d'amidon et de l'eau de chlore, ou bien encore de l'acide chlorhydrique que l'on a mis en digestion avec du chlorate de potasse, afin de produire du chlore et de l'acide hypochloreux. L'iode déplacé se coml>ine à Tamidon et colore celui-ci en beau bleu. Si, comme nous l'avouâ déjà (lit, on veut rechercher en même temps le brome, on ajoute avec l'empois d'amidon un peu d'éther, qui ne tarde pas à se colorer en jaune et vient occuper la partie supérieure du mélange.

M. Pasquale de la Gava a décrit un procédé qui, sauf celui de MM. 0. Henry fils et Humbert, dont nous parlerons tout à l'heure, diffère beaucoup de tous ceux indiqués jusqu'à ce jour. Au lieu de la voie humide, ce chimiste se sert de la voie sèche : pour cela, il mélange la substance dans laquelle on soupçonne la présence de l'iode avec un peu de chaux délitée à l'air. La matière, complètement privée d'humidité, est broyée avec un peu de bichlorure de mercure, puis placée dans un tube fermé à une extrémité et qu'on étire en pointe mince un peu au-dessus de la poudre. On chauffe jusqu'à l'incandescence, et l'on voit du biodure de mercure se sublimer d'abord avec une teinte jaune, ensuite rouge. Comme le résidu des eaux minérales est le plus souvent chargé de sels déliquescents (chlorure de calcium) , M. Pasquale de la Cava commence par séparer la chaux à l'aide du carbonate de soude ou de potasse.

Dans le but d isoler et de doser l'iode, M. Rabourdin a décrit un procédé très-sensible.

Si, dans un résidu d'eau minérale épuisé par l'alcool et repris par Teau, on met un peu d'acide nitrique et d'acide sulfurique, et 1 ou 2 grammes de chloroforme, on isole tout l'iode.

qui vient se dissoudre dans le chloroforme. D'une autre part, on fait une échelle chromatique de liqueurs chloroformiques contenant des quantités déterminées d'iode, et on compare la liqueur d*essai avec les liqueurs d'épreuve. D'après la nuance de la première comparée à celle de la seconde, on arrive à reconnaître la proportion d'iode. Mais, ainsi que Ta fait observer M. Grange, les acides minéraux déplacent également le brome, qui se dissout dans le chloroforme; or, on sait que beaucoup d'eaux minérales contiennent du brome avec de Tiode. La teinte rouge que le premier de ces métalloïdes communique au chloroforme vient donc troubler le résultat attendu.

M. Grange n'exclut pas l'emploi du chloroforme pour séparer l'iode, mais au lieu d'acides nitrique et sulfurique il se sert d'acide hyponitrique. Pour cela, il décompose le liquide supposé renfermer de Tiode par Tacide chlorhydrique et le nitrite de potasse. L'acide hyponitrique qui en résulte décompose seulement l'iodure alcalin et ne touche pas au bromure et aux chlorures : le chloroforme n'est donc coloré que par l'iode. Voulant aller encore plus loin, M. Grange a cherché à doser riode dissous dans le chloroforme. Il enlève la solution à l'aide d'une pipette, et il la verse dans du chlorure de palladium. L'iodure de palladium est recueilli, lavé et enfin chauffé au rouge, afin d'éliminer l'iode et de peser le palladium métaU lique.

M. Grange donne encore les moyens suivants pour doser l'iode dissous dans le chloroforme. Le premier consiste à substituer le nitrate d'argent au chlorure de palladium. Du poids de l'iodure d'argent obtenu on conclut au poids de l'iode. Le second, moins exact, est basé sur la quantité de potasse caustique nécessaire pour décolorer la solution de chloroforme colorée par l'iode. On prépare une liqueur alcaline avec 0«% 1 de potasse caustique dissoute dans f kilogramme d'eau distillée. Le nombre de divisions de la liqueur normale employée représente la quantité d'iode nécessaire pour former de l'iodure de potassium avec de l'iodate dépotasse. Gomme on sait à l'avance le volume de la solution normale qu'il faut pour décolorer un poids connu d'iode, on arrive à connaître la quantité d'iode sur laquelle on a expérimenté. Comme contre-épreuve, M. Grange conseille d'évaporer la solution d'iodure de potassium et d'io-

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date de potasse, de la faire évaporer, rougir, et de redissoudre le résidu dans une petite quantité d'eau. En faisant réagir Tacide hyponitrique et l'eau d'amidon, on obtient de riodure d'amidon.

Le procédé de M. Owerbech n'est qu'une légère modification de celui de M. Grange. A la place du nitrite de potasse et de l'acide chlorhydrique pour produire l'acide hyponitrique , M. Owerbech emploie cet acide formé avec l'acide nitrique, le sucre ou l'amidon. Les vapeurs nitriques qui se dégagent sont reçues dans un tube long et étroit contenant l'eau d'amidon et le liquide iodé. Dès que le gaz arrive à la surface du mélange, l'amidon prend une coloration bleue, indice certain de la présence de l'iode. Ce procédé, comme celui de M. Grange, a pour principal avantage de mettre Tiode en liberté sans décomposer les chlorures ni le bromure mélangés dans l'origine avec Tiodure.

M. Monde a trouvé dans la benzine un dissolvant préférable au chloroforme, en ce que ce liquide dissout seulement l'iode, tandis que le chlore et le brome restent dans le liquide aqueux qui occupe la partie inférieure du tube. M. Moride donne le conseil d'enlever avec une pipette la benzine colorée par l'iode, et de la mettre avec une solution de nitrate d'argent, qui produit de l'iodure d'argent dont on détermine le poids, ou bien encore avec du mercure. En agitant la benzine avec ce dernier métal il se produit de Tiodure de mercure, et comme on a pris exactement son poids avant l'opération, on le repèse après; l'augmentation représente le poids de l'iode combiné: ajou-. tons encore que M. Moride déplace l'iode de la solution par Tacide hyponitrique.

M. de Luca a mis à profit la propriété que possède le brome de déplacer l'iode de toutes ses combinaisons solubles ; voici comment il opère : on introduit dans un tube fermé à Tune de ses extrémités le liquide* supposé contenir de l'iode ; on y verse quelques gouttes de chloroforme ou de sulfure de carbone et une solution aqueuse très-étendue de brome. Le mélange est agité vivement et à plusieurs reprises, et laissé en repos. Tout l'iode vient se dissoudre dans le chlorolbrme ou dans le sulfure do carbone, et il lui communique une teinte qui varie du rouge au violet, et même au rose si la proportion du métalloïde est très-peu considérable.

Le procédé de M. de Luca n a pas reçu, que nous sachions, une application très*grande ; c'est qu*il est très-difficile de trouver du brome qui ne contienne pas au moins des traces d'iode. Cependant M. Casaseca le regarde comme préférable à l'amidon employé conjointement avec l'acide nitrique, mais seulement lorsqu'il s'agit d'un essai qualitatif. Ce dernier chimiste a pu ainsi découvrir 1/400000 d'iodure de potassium. Nous ne parlerons pas du mode de dosage basé sur la quantité d'eau bromée nécessaire pour décompossr Tiodure de potassium; M. Casaseca, qui a eu l'occasion de le mettre en pratique pour la recherche de l'iode dans le tabac, n'en a pas obtenu des résultats assez satisfaisants pour que nous le décrivions ici avec détail.

Un autre procédé pour reconnaître l'iode dans les eaux minérales a été décrit par MM. Ossian Henry fils et Humbert. IL répose sur les faits suivants ^

« Lorsqu'on chauffe en présence du cyanure d'argent ou du mercure un iodure soit alcalin, soit argentique, et une petite quantité de peroxyde de manganèse et d'acide sulfurique, il se fait immédiatement de l'iode et du cyanogène à l'état naissant, qui se combinent et donnent de belles aiguilles blanches d'iodure de cyanogène volatil, et qui viennent se condenser dans un récipient refroidi placé ad hoc. Avec un bromure la réaction est analogue ; il se fait un bromure de cyanogène également volatil, dont les aiguilles soyeuses ne tardent pas, par un état isomérique particulier^ à se transformer en cubes trèsbien déterminés et bien définis. »

Voici maintenant le modus faciendi que MM. 0. Henry et Humbert indiquent : Teau minérale est directement précipitée par du nitrate d'argent acide; le chlorure, le bromure et l'iodure d'argent sont recueillis, lavés et bien desséchés; on les broie avec une petite quantité de cyanure d'argent et on place la poudre dans le miUeu d'un tube long et étroit : le mélange est maintenu dans cette position à l'aide de l'amiante ou de la ouate. Le tube est adapté à un appareil dégageant du chlore pur et desséché sur du chlorure de calcium, et on chauffe avec une lampe la partie du tube où se trouvent les sels d'argent.

1. Annales de la Société d'hydrologie médicale de Parisy t. III, p. 335.

Si Teau renfermait de l'iode et du brome, il se forme de l'iodure et du bromure de cyanogène, qui se déposent dans la partie refroidie du tube sous la forme d'un anneau blanc et cristallin. L'opération terminée, on démonte le tube et on le ferme à chacune de ses extrémités par de la cire ou bien à la lampe.

Gomme l'iodure et le bromure de cyanogène ont des points de fusion un peu différents, on plonge le tube dans de l'eau chauffée à + 30*». Le bromure de cyanogène, volatil à + ^5", gagne la partie supérieure de l'appareil, tandis que Fiodure, fusible seulement à + ^"î ne change pas de place.

Gomme moyen de contrôle, MM. Henry et Humbert reprennent l'iodure et le bromure de cyanogène par de Teau, du sulfite de soude, une trace d'acide chlorhydrique et de l'empois d'amidon : il se produit de l'acide cyanhydrique, du sulfate de soude et de l'iodure bleu d*amidon. Si on voulait isoler le brome, il suffirait de remplacer Tamidon par de l'éther, qui s'empare de tout le brome mis en liberté pendant la réaction. Ainsi que le font observer ces chimistes, l'iode et le brome se trouvant le plus souvent associés dans les eaux minérales, il convient d'ajouter en môme temps de l'amidon et de Téther; on produit ainsi de Fiodure bleu d'amidon qui se précipite, tandis que le brome se dissout dans Téther.

Gette opération, que nous pourrions qualifier d'élégante, doit être faite avec beaucoup de soin et surtout avec des réactifs d'une pureté reconnue à l'avance. Le chlore, par exemple, peut contenir du brome fourni par les matières premières (chlorure de sodium) et de l'iode, sil est produit par le peroxyde de manganèse ^ et lacide chlorhydrique. Du reste, comme précaution, MM. Henry et Humbert font passer pendant quelque temps du chlore provenant de l'appareil qui doit servir à la réaction, dans du cyanure de mercure ou d'argent mis dans un tube à part. Si, dans le premier moment de l'analyse, il ne se condense pas d'iodure et de bromure de cyanogène , on enlève le tube d'essai et on le remplace par celui qui contient le mélange des sels d'argent obtenus avec l'eau.

Dans un rapport très-intéressant sur l'iode des eaux de

I. M. Chatin est le premier qui a annonce que le peroxyde de manganèse renfermait de l'iode ea proportion notable.

RECîHERCHE ET DOSAGE DE L'IODE 623

Vichy 1, M. G. Leconte a fait connsdtre le procédé suivant. L'eau minérale est évaporée presque à siccité et avec tous les soins que recommande ce genre d'analyse. Le résidu, placé dans un flacon, est rempli d'alcool que Ton amène peu à peu à Tébullition en Texposant au bain-marie. Après quelques instants de repos, l'alcool est décanté dans une capsule, et on ajoute une seconde et une troisième quantité d'alcool, que Ton fait de nouveau bouillir en présence du dépôt salin. Les liqueurs alcooliques sont concentrées à leur tour au bain-marie, et le résidu est porté au rouge. Lorsqu'il est parfaitement blanc, on le traite une dernière fois par Talcool chaud, que Ton évapore à siccité, en y ajoutant un peu d'eau pour éviter le grimpage du sel. Le résidu obtenu, légèrement calciné, additionné d'une petite quantité (gros comme un grain de millet) d'empois récemment préparé avec 2 grammes d'amidon et 30 grammes d'eau distillée, est placé dans une petite capsule et séché. Après le refroidissement de la substance, on la touche avec une gouttelette d'acide chlorhydrique pur au dixième, et on obtient la coloration bleue de l'iodure d'amidon.

Comme la teinte bleue est peu stable, M. Leconte peut la faire reparaître à volonté et à plusieurs reprises différentes. Il ajoute à la substance décolorée par l'acide chlorhydrique quel^ ques gouttes d'une solution de carbonate de potasse, évapore la solution, sèche et calcine afin de détruire le charbon et ramener l'iode à l'état d'iodure de potassium : en recommençant les réactions comme ci-dessus on fait apparaître de nouveau l'iodure d'amidon.

Jusqu'à M. Leconte, aucun auteur n'était encore arrivé à isoler l'iode d'une manière évidente. La minime proportion de ce métalloïde combiné avec les alcalis dans les eaux rendait en effet cette opération très-difficile à effectuer. Le procédé, mis en pratique par ce chimiste consiste à chauffer le résidu alcoolique préparé comme pour Tessai par l'amidon, dans un courant de gaz chlorhydrique sec et pur. On place le résidu dans un tube de petit diamètre légèrement courbé en U et dont l'extrémité est efiSlée en longue pointe; on aperçoit alors facilement la yapeur d'iode qui vient se condenser dans les parties

1. Leconte, AnnaUs de la Société d^hydrologie médicale de Paris, t. IV, 1857-1858, p. 385.

froides, sous la forme d*un petit anneau très-mobile. Vc^ei du reste le détail de cette intéressante recherche ^

M. Leconte se sert d'une éprouvette fermée par un bouchon que traverse un tube droit, présentant un assez grand diamètre, et un autre tube à un angle dont l'extrémité inférieure ne dépasse pas la face inférieure du bouchon. On place dans l'éprouvette 20 à 30 grammes d'acide sulfurique pur et préalablement bouilli, mais froid; on fait plonger de -quelques millimètres l'extrémité inférieure du tube droit dans Tacide, puis, par son ouverture supérieure, on fait tomber de temps en temps un petit fragment de chlorure de sodium pur et fondu, et l'on ferme cette ouverture avec un bouchon; l'acide cbiorhydrique se dégage par le tube à un angle auquel on adapte, à l'aide d'un caoutchouc, le petit tube en U dont il est parlé plus haut; il suffit alors de chauffer l'espace occupé par le résidu de l'eau minérale à l'aide de la lampe^ et Tiode se dégage. M. Leèonte dit que, pour réussir dans cette expérience, il est de toute nécessité d'employer de l'acide sulfurique aus^ concentré que possible, et du chlorure de calcium fondu : la moindre humidité compromet le résultat; aussi le résidu sur lequel on opère ne doit- il renfermer ni carbonate, ni oxyde de potassium.

Nous avons dit précédemment que l'emploi de Teau de chlore n'était pas toujours un agent très-bon pour mettre l'iode à nu. MM. 0. Henry fils et Humbert indiquent, pour éviter la formation du chlorure d'iode, lorsqu'on fait réagir l'eau chlorée et en excès sur le résidu d'une eau minérale, d'ajouter qpielques gouttes d'acide sulfurique et un petit fragment de zinc. Sous rinfluence de l'hydrogène naissant, la teinte bleue de l'iodure d'amidon, qui n'était que transitoire, devient permanente, même après quarante-huit heures et malgré le grand excès d'hydrogène dégagé.

Comme MM. 0. Henry fils et Humbert, M. Bonis s'est livré à quelques expériences tendant à communiquer à l'iodure d'à midon obtenu au moyen de l'eau de chlore une plus grande stabilité. Ce dernier chimiste, tout en reconnaissant l'action puissante de l'hydrogène naissant, a vu cependant que si le dé-

1. Leconte, Annàlet de la Société d'hydrologie médicale de PariSf 1857-1858, t. IV, p. 431.

gagement du gaz hydrogène était trop abondant, il 86 développait de la chaleur, qui avait pour effet de détruire l'iodure d'amidon récemment formé. Il remplace Thydrogène naissant par une solution chlorhydrique d'acide arsénieux, qui ne s'oppose nullement à la production de l'iodure d'amidon et qui, de plus, rend ce dernier permanent. C'est ainsi qu'il a pu reconnaître riode dans quelques gouttes d'acide nitrique préparé avec du nitrate de soude naturel.

A tous les réactiiis indiqués jusqu'à ce jour pour isoler l'iode des eaux, de quelque nature qu'elles soient, M. Bonis préfère le perchlorure de fer, qui décompose les iodures sans toucher aux bromures. Voici, pour cela, comment il opère :

U met dans l'eau à examiner (1 à 2 litres) plusieurs grammes de perchlorure de fer (un grand excès ne nuit pas), et il distille à la manière ordinaire. Les premières gouttes du liquide qui passe contiennent tout l'iode, qu'il sufQt de mettre avec un peu d'amidon pour obtenir la teinte bleue caractéristique.

L'iode est assez souvent associé au brome dans certaines eaux minérales. Voici le procédé que M . Phipson a indiqué pour rechercher ces deux métalloïdes.

On prend un tube fermé par un bout, long de 60 centimètres, dans lequel on verse un peu de la solution dans laquelle on suppose l'existence d'un iodure et d'un bromure, ensuite on l'acidulé avec de l'acide chlorhydrique, et on y verse un peu de sulfure de carbone. On y introduit par petites quantités à la fois une solution saturée de chlorure de chaux, et, bouchant le tube avec le doigt, on le fait traverser en tous sens par le sulfure de carbone après chaque addition d'hypochlorite. Le sulfure prend d'abord la couleur violet-pourpre de l'iode, laquelle, sous l'influence d'une quantité graduellement croissante de chlore, devient de plus en plus faible, puis disparait complètement, et en ce moment, s'il y a du brome en présence, le sulfure prend la couleur orangée due à ce corps. Si, au contraire, il n'y a pas de brome dans la solution, le sulfure de carbone reste incolore.

Cette opération réclame une analyse préliminaire de l'hypochlorite de chaux qui peut être imprégné de brome.

Nous avons fait connaître en commençant le mode opératoire le plus généralement usité pour déceler la présence de l'iode dans une eau minérale, nous n'y reviendrons donc pas; nous

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allons seulement indiquer la marche à suivre pour les eaux très-peu minéralisées.

L'évaporation préalable d'une grande quantité d'eau pouvant éliminer de Tiode à Tétat d'acide iodhydrique et même d'iodure, nous avons pensé à précipiter Teau telle qu'elle sourd de ses griffons, 15 à 20 litres par exemple, au moyen d'un excès de nitrate d'argent acidulé par l'acide nitrique. Le dépôt, encore humide, est mis dans un ballon et on y ajoute un excès d'eau de chlore. On abandonne le mélange pendant quelques heures en l'agitant de temps à autre. Le chlore déplace l'iode, avec lequel il forme du chlorure d*iode soluble dans Teau. La solution, séparée du précipité de chlorure d'ai^ent est additionnée d'un léger excès de potasse caustique très-pure; on révapore jusqu'à siccité^ puis on calcine le résidu au rouge. On obtient de la sorte une très-petite quantité de matière saline, composée de chlorure et d*iodure de potassium^ dont on isole l'iode par le mélange des acides sulfurique et nitrique, et que Ton fixe sur l'amidon. Ce procédé imaginé pour la recherche de l'iode de Feau de Néris, nous a fourni des résultats très-concluants.

La recherche de l'iode dans les eaux sulfurées nécessite une opération préalable, comme l'a fait remarquer M. 0. Henry père.

L'eau, concentrée jusqu'à un demi-litre environ, est additionnée de sulfate de zinc en léger excès. La solution, séparée du précipité, est mêlée avec une petite quantité de potasse caustique pure et évaporée à siccité. Le résidu, traité par l'alcool pur, est concentré, et la liqueur en provenant est évaporée une seconde fois à siccité. On calcine à une température élevée, afin de détruire toute trace de matière organique. Le produit de la calcination est dissous dans une très-petite quantité d'eau d*amidon, puis on y instille, comme nous l'ayons dit plus haut, quelques gouttes d'un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique ; il se développe alors de l'iodure d'amidon, si facile à reconnaître à sa teinte bleue ou violette, suivant la proportion d'iode existant dans l'eau.

Nous avons dit dans le cours de cet ouvrage que les plantes qui croissent dans les eaux possédaient la propriété d'absorber l'iode avec une très-grande rapidilé. Comme on peut avoir in-

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