CHAPITRE XII
RECHERCHE ET DOSAGE DE L'îODE
L'intérêt qui s'attache, au point de vue médical, à la présence de l'iode dans les eaux, principalement minérales, a fait entreprendre depuis une trentaine d'années un* grand nombre d'expériences soit pour déceler, soit pour déterminer la proportion de ce métalloïde.
Malgré tant de travaux, exécutés le plus souvent par les chimistes les plus habiles, beaucoup de points très-importants sont encore à élucider; aussi les annales de la science ont-elles
enregistré des opinions très-différentes sur les résultats obtenus ; et cependant il existe peu de substances qui offrent à l'analyse des réactions aussi nettes, et surtout aussi sensibles que riode. Néanmoins cette recherche, si simple lorsque le métalloïde est combiné avec un alcaU et que l'iodure est pur, présente des difficultés de plus d'un genre dès que le sel est mélangé avec d'autres substances minérales ou organiques, et qu'il se rencontre à dose infinitésimale, comme dans un grand nombre d'eaux de sources, de rivières et d'eaux minérales.
Nous ne parlons ici, bien entendu, que de l'analyse qualitative ; mais lorsqu'on cherche à déterminer la proportion d*iode contenue dans un volume d'eau quelconque, on se trouve en présence de difficultés encore plus grandes, difilcultés que jusqu'à ce jour on n'est pas arrivé à surmonter. Afin de bien comprendre l'importance des divers procédés consignés dans les ouvrages spéciaux pour la recherche et le dosage de Tiode dans les eaux, il est avant tout indispensable de faire connaître le mode le plus généralement usité dans ce genre d'analyse.
Dans les eaux douces, comme dans les eaux minérales, on admet le plus souvent que l'iode est uni au sodium; mais comme l'iodure de sodium est assez facilement décomposablé, soit pendant la concentration du liquide qui le contient, soit par suite du dégagement de l'acide carbonique libre et en partie combiné, on prend le soin d'ajouter dans le hquide 1 ou 2 grammes de potasse caustique purifiée par l'alcool, et reconnue à l'avance exempte d'iode et de brome.
L'eau alcalisée est donc évaporée jusqu'à siccité, à une température autant que possible au-dessous de 100^. Le résidu, composé d'iodure, de carbonates neutres, de sulfates, de phosphates, etc., alcalins et terreux, de silice, de matière organique, d'oxyde de fer, etc., est complètement desséché à Tétuve, réduit en poudre fine, et mis dans un ballon avec de l'alcool à 80° C. Le mélange est chauffé pendant quelques instants au bain-mariOf et on le jette sur un filtre lavé préalablement avec l'acide chlorhydrique pur et étendu. La partie insoluble est reprise une seconde fois par l'alcool concentré, et le liquide réuni au précédent. On réitère une troisième fois cette opération, et
les trois solutions alcooliques sont évaporées au bain-marie jusqu'à siccité. Le dépôt renferme tout Tiodure de potassium avec quelques autres sels ; on le dissout dans une très-petite quantité d'eau, on filtre la solution si elle n*est pas très-limpide, et on y ajoute un peu d'empois d'amidon. Après avoir versé la liqueur dans un tube fermé à une de ses extrémités, on trempe une baguette de verre dans un mélange fait à parties égales d'acide nitrique et d acide sulfurique pur étendus de leur volume d'eau, et on la plonge dans la liqueur iodée, ou bien on fait tomber les acides goutte à goutte. La première portion d'iode mis à nu ne tarde pas h colorer l'amidon en bleu, en violet ou en rose, suivant la richesse de l'eau en iodure ; on ajoute une nouvelle quantité d'acides minéraux jusqu'à pe que la coloration soit à son maximum d'intensité. Celle-ci n'est stable qu'à la condition de ne verser les acides qu'en quantité strictement nécessaire pour décomposer l'iodure de potassium. Dans le contraire, l'iodure d'amidon se détruit et la liqueur se décolore.
La réaction si caractéristique de l'iode sur l'amidon est généralement considérée comme la meilleure, toutes les fois qu'il s'agit de découvrir des traces de ce métalloïde dans un liquide quelconque ; mais pour cela il est important qu'il soit dégagé de ses combinaisons salines. Le chlore, les acides nitrique» hyponitrique et sulfurique, lo brome, l'eau oxygénée, ont été proposés tour à tour; et, d'après quelques analystes, il ne serait pas indifférent de prendre l'un ou Tautre de ces agents.
D'autre part, on a reconnu que beaucoup de matières organiques possédaient la propriété d'empêcher la réaction caractéristique de l'iode sur l'amidon ou de la faire disparaître rapidement; aussi est-on obligé, dans certaines circonstances, d'ajouter une petite quantité de potasse caustique au résidu dé Teau et de chauffer le mélange jusqu'au rouge.
Enfin, suivant M. Béchamp, l'amidon qui contient des matières albuminoïdes peut masquer la réaction de l'iode et voici le moyen qu'il indique pour rendre Tamidon aussi sensible que possible 1.
On traite l'empois de fécule la plus pure par «^ de son poids