RECHERCHE DU FLUOR
Jusqu'à présent le fluor, ou mieux les fluorures, ont été rencontrés en si minime proportion dans les eaux, qu'on s*est seulement préoccupé d'en constater la présence; il est vrai de dire que le dosage de cet élément n'est pas à l'abri de plusieurs difficultés.
Le moyen le plus anciennement connu pour le découvrir consiste à dégager l'acide fluorhydrique au moyen de l'acide sulfurique fumant. Si on place une lame de verre sur un vase de platine ou de plomb contenant la matière dans laquelle il existe un fluorure,. on observe que le verre est dépoli. Cette réaction n'étant pas toujours visible dans le premier moment,
1. AnnaUt de la SocUli d* hydrologie médicale de Paris, 1854 t. I, p. S20.
on humecte la partie qui a été exposée au contact des vapeurs, on distingue alors le passage de l'acide fluorhydrique.
Nicklès, qui a consacré dernièrement un temps fort long à la recherche du fluor dans les eaux douces et dans les eaux minérales, a fait la remarque que le procédé précédent n'offrait aucune chance d'exactitude.
Voici d'abord comment ce chimiste prépare la substance destinée ensuite à la recherche du corps qui nous occupe ^.
L'eau est soumise à l'évaporation et traitée par l'acide chlorhydrique exempt de fluor : dans le produit de la dissolution, on verse de Tammoniaque qui neutralise d'abord et détermine ensuite un précipité, s'il y a Ueu. Si ce précipité est insignifiant, on peut craindre que le peu de fluorure de calcium qu'il contient ne se perde dans les pores et dans les replis du filtre; pour empêcher cette perte, on ajoute au liquide un peu de carbonate d'ammoniaque qui, par le précipité de carbonate de chaux qu'il occasionne, fournit un véhicule suffisant pour retenir le fluorure de calcium qui a pu se produire.
Nicklès procède ensuite à la découverte du fluor dans le précipité 2.
€ On introduit, dit-il, la substance dans un creuset de platine suffisamment spacieux; on ajoute quelques gouttes d'eau et de l'acide sulfurique en petite quantité, afin d'éviter les projections qui se produisent facilement, si la matière contient du chlore ou un carbonate, puis on recouvre d'une plaque de quartz ; cette plaque doit être préparée de la manière suivante : après l'avoir enduite de cire sur l'un de ses côtés, on trace sur elle, avec une plume ou une pointe de porc-épic, quelques figures géométriques, ou, en tout cas, des figures régulières, afin que si, plus tard, elles apparaissent, on n'ait pas à craindre que le hasard ait été pour quelque chose dans leur production.
€ Lorsque la lame de cristal de roche est appliquée sur le creuset, on a soin de bien la refroidir au moyen d*un morceau de glace ou d'une couche d'eau, qu'il faut souvent renouveler. Quand l'effervescence s'est calmée, on ajoute de nouveau une petite quantité d'acide sulfurique, et ainsi de suite jusqu'à ce
1. Journal de pharmacie et de chimie , 1857, t. XXXII, p. ^7.,