CHAPITRE XXI
La silice est dans les eaux Tune des matières que l'on peut séparer le plus facilement et doser avec le plus d'exactitude.
Cette recherche s'effectue avec des proportions variables deau : ainsi, pour les eaux douces, quatre litres, au moins, sont nécessaires; un litre, et quelquefois moins, d'eau minérale donne assez de silice pour que la balance en accuse un poids raisonnable. Quant à Teau de mer, nous ne croyons pas qu'on puisse obtenir un résultat satisfaisant avec moins de trois ou quatre litres.
Le procédé de séparation est le même pour toutes ces eaux.
Le liquide est évaporé jusqu'à siccité dans une capsule de porcelaine, avec addition d'acide chlorhydrique. On fait subir au résidu un commencement de calcination afin de déshydrater entièrement la silice et de la rendre par cela môme complètement insoluble. On arrose la substance avec de l'acide chlorhydrique concentré, et la capsule est mise sous une cloche. Après quelques heures de contact, on ajoute de l'eau distillée et Ton fait chauffer afin de dissoudre tous les sels : la silice seule se précipite.
Le liquide dans lequel nage lasiUce est jeté sur un filtre sans plis. On lave le dépôt avec de l'eau tiède, puis on le dessèche, on le chauffe à une température élevée, dans un creuset de platine, et enfin on le pèse.
Nous montrerons plus loin, en parlant de l'analyse de l'eau de Néris, que le volume d*eau qui sert à doser la silice est em-
ployé pour doser successivement Toxyde de fer, la chaux et la magnésie.
Souvent, lorsque les eaux minérales traversent des terrains sablonneux, elles apportent avec elles et en suspension une petite quantité de sable d'une ténuité extrême, et que Tœil ne peut distinguer alors qu'il est disséminé dans la masse du liquide. Lorsque ce cas se présente, on laisse les eaux au repos pendant plusieurs jours afin que le précipité puisse se réunir dans le fond du vase, ou bien encore on les filtre avant de les évaporer.
Les résultats que Ton obtient sont généralement d'une concordance parfaite.