SÉPARATION ET DOSAGE DE LA POTASSE ET DE LA SOUDE
pour avoir ua poids raisonnable de chlorure de platine et de potassium.
100 ou 200 centimètres cubes d'eau de mer sont nécessaires pour ce genre d'analyse.
Les eaux sont concentrées à une douce chaleur au tiers ou au quart de leur volume. On y ajoute de Teau de baryte en excès et on les concentre de nouveau. Dans cette opération, les carbonates, sulfates, phosphates alcalins, sont transformés en oxydes et en carbonate, sulfate et phosphate de baryte, et il se précipite en même temps de l'oxyde de fer et de l'oxyde de manganèse : on jette le mélange sur un filtre et on arrose à plusieurs reprises le dépôt avec de l'eau tiède, afin d'en séparer les dernières portions d'alcalis caustiques La liqueur filtrée est additionnée de carbonate d'ammoniaque qui précipite l'excès de baryte. Si, par hasard, ce réactif ne troublait pas la solution, on aurait acquis la preuve que l'on n'a pas ajouté de l'eau de baryte en assez grande quantité; on ferait donc bouillir de nouveau la liqueur avec de l'eau de baryte. Lorsque le carbonate d'ammoniaque ne la précipite plus, on enlève par le filtre le carbonate de baryte qui s'est formée et on fait évaporer jusqu'à siccité la solution des carbonates de potasse et de soude avec un léger excès d'acide chlorhydrique qui convertit ces sels en chlorures de potassium et de sodium : ordinairement le mélange est imprégné d'une petite quantité de silice que l'on isole en reprenant le résidu par l'eau. La partie liquide qui s'écoule est mise dans un creuset de platine taré, et évaporée au bain de sable à siccité. Le mélange des chlorures est ensuite chauffé au rouge jusqu'à la fusion : en portant le creuset sur le plateau de la balance on apprécie leur proportion. Une fois que l'on connaît le poids des chlorures de sodium
: et de potassium, on les dissout dans une petite quantité d'eau, et la solution qui en résulte, filtrée, est concentrée à siccité, au
C bain de sable d'abord, au bain-marie ensuite, avec un excès de chlorure de platine; Le résidu salin , broyé avec de l'alcool à 86° C. est versé dans un fiacon bouché à l'émeri. On agite de
;^ temps en temps, on renouvelle Talcool, et dès que le précipité
> ne cède plus rien à ce véhicule, on recueille, sur un filtre taré, le chlorure double de platine et de potassium ; le chlorure
double de platine et de sodium s'étant dissous en totalité dans
l'alcool.
Le sel platinico -potassique est encore lavé sur le filtre avec de Talcool concentré et enfin placé dans Tétuve à huile, chauffée à 120 degrés, jusqu'à ce que la balance n*accuse plus de perte. Du poids du chlorure de platine et de potassium on déduit, ainsi que nous l'indiquons aux calculs, le poids de la potasse .
Il est de la plus grande importance d*ajouter un excès de chlorure de platine dans le mélange des chlorures de sodium et de potassium, sans cela le précipité insoluble dans Talcool consiste en chlorure double de platine et de potassium et en chlorure de sodium qui, conmie le premier, est insoluble dans ce véhicule.
La soude est le seul élément des eaux que Ton dose par différence, et toujours dans le même temps que la potasse.
Nous avons dit précédemment, que les chlorures de potassium et de sodium étaient chauffés jusqu'à fusion dans le creuset de platine taré. Le poids de ces sels étant déterminé, et la potasse en ayant été séparée et pesée, on soustrait du poids primitif la potasse, que l'on transforme par le calcul en chlorure. La différence indique la proportion du chlorure de sodium et partant celle de la soude.
Le sodium est le métal que l'on découvre avec le plus de facilité par l'analyse spectrale. 3,,^,,, de milligramme de chlorure de sodium donne une raie jaune brillante à la place D. du spectre.