CHAPITRE XXVIII
L'ammoniaque existe généralement en si petite quantité dans les eaux de toute nature, qu'aucun réactif ne permet d'en déceler la présence sans qu'elles aient été préalablement soumises à Tébullition dans un appareil distiUatoire avec un alcali fixe (potasse ou soude caustique).
Le produit de la distillation, reçu dans de l'eau refroidie avec de la glace, possède les caractères suivants : il ramène au bleu le papier de tournesol rougi, répand une odeur caractéristique, colore en bleu céleste quelques gouttes d'une solution de sulfate de cuivre qu'on y verse, et enfin sature les acides.
Cette opération, si simple en apparence, a besoin cependant d'être conduite avec soin. Ainsi, il est important de n'ajouter r alcali fixe qu'en léger excès, afin de déplacer l'ammoniaque et de prolonger le moins possible l'ébullition du liquide, l'ammoniaque se trouvant toujours dans les premiers produits distillés. Sans ces précautions, et lorsqu'on traite des eaux minérales très-riches en matière organique azotée, on s'expose à former de l'ammoniaque aux dépens de cette dernière. Pour éviter cette chance d'erreur, nous remplaçons toujours la potasse ou la soude par un lait de chaux caustique qui déplace aussi bien l'ammoniaque de ses combinaisons, et qui, de plus, réagit d'une manière moins profonde sur La matière organique azotée. Voici le procédé que nous mettons en pratique et qui nous a toujours donné le résultat le plus satisfaisant.
Afin d'obtenir une quantité pondérable d'ammoniaque, nous évaporons plusieurs litres d'eau au quart de leur volume, avec un très-léger excès d'acide chlorhydrique. Le liquide est versé dans le ballon A (fig. 41), qui communique par un tube re courbé avec le flacon à trois tubulures B. Un autre tube droit de même forme et de même calibre part du flacon Bet rejoint le flacon C ; dans ces deux vases, on met une couche de 5 à 6 centimètres d'acide chlorhydrique très-étendu d'eau (au centième par exemple), que Ion maintient à une basse tempéra-
~ dans un
parties sont It d'ammoiiia- ■le poids à l'alléché jusqu'à lids du chlore.
'ammoniaque.
le sel dans le métallique >IT, le poids de
dosage d'une
e; aussi est-
^^toires : voici
de capacité
traversé par
tiH8 ANALYSE CHIMIQUE
doux tubes, dont l'un droit, en pénétrant jusqu'à 2 ou 3 milliniôtres du fond du ballon, sert à introduire l'eau à diâtiller et à la retirer après la distillation. Le second tube conduit la vapeur dans un réfrigérant dont le serpentin et le manchon sont en verre, et le liquide qu'elle fournit par condensation est recueilli dans des fioles portant un trait qui indique une certaine capacité de 50^ 100 ou 200 centimètres cubes. Tous les bouchons de cet appareil sont recouverts de caoutchouc et parfaitement assujettis.
• L'eau est introduite dans le ballon au moyen d'un petit entonnoir. Lorsque les ,*, ou x!, de l'eau qui doit être distillée ont pénétré dans le ballon, on verse quelques centimètres cubes d'une dissolution alcaline faite avec une quantité connue d'hydrate de potasse, que l'on a calcinée au rouge avant de k dissoudre, puis on ajoute le reste de l'eau pour entraîner la dissolution alcanne,, et l'on bouche l'orifice du tube ; on procède alors à la distillation, en ayant soin que l'ébulUition soit assez forte et bien soutenue.
Le liquide distillé est reçu dans des fioles jaugées comme nous l'avons dit, et l'on n'arrête l'opération qu'autant que Ton a recueilli les ] de Teau soumise à la distillation.
L'opération terminée, et bien avant que le résidu soit refroidi, on le retire du ballon en adaptant un siphon au tube droit qui a servi à le remplir et en soufflant à l'extrémité inférieure du serpentin, au moyen d'un tube recourbé que Ton y adapte dans ce but. De cette manière, on peut très facilement recharger l'appareil sans le démonter.
L'ammoniaque, une fois isolée des combinaisons dans lesquelles elle se trouvait engagée au sein de l'eau mise en expérience, est dosée par la méthode alcalimétrique des volumes de Descroizilles, perfectionnée par Gay-Lussac
On dose l'ammoniaque en introduisant dans la liqueur ammoniacale obtenue un volume déterminé d acide sulfurique titré de telle manière que 100 centimètres cubes de cet acide contiennent 6 r, 125 d'acide monohydraté, c'est-à-dire la proportion qui sature 28', 120 d'ammoniaque, et que, par conséquent, 18 centimètres cubes équivalent à 0 «', 212 de cet alcah. Ck>nnaissant l'acide réel obtenu dans l'eau acidulée employée, on cherche quel est le volume d'une liqueur alcaline également
titrée qui est nécessaire pour compléter la saturation dé Tacide qui a été commencée par rammoniaque dont il s'agit d'établir la proportion.
La liqueur alcaline est préparée en dissolvant de la potasse à la chaux dans Peau distillée, de manière à obtenir une alcalinité suffisante pour que 33 centimètres cubes correspondent à 10 centimètres cubes de la liqueur acide.
Les titres des dissolutions acide et alcaline une fois établis, il est très-simple de déterminer la proportion d'ammoniaque renfermée dans un liquide, pourvu que cet alcali soit à l'état caustique. Dans ce liquide, en effet, on introduit 40 centimètres cubes d'acide normal, on colore par le tournesol et on ajoute autant d'alcali qu'il en faut pour faire virer la couleur rouge au bleu.
Supposons que le titre delà dissolution alcaline soit 33cc2, et que, après avoir été mêlés avec le liquide ammoniacal, les lOcc d'acide normal exigent 43^^ 8 de dissolution alcaline pour être saturés, on obtiendra de la manière suivante le volume de l'acide qui a été saturé par Tammoniaque, et, par suite le poids de cet alcali.
10 ce. d'acide normal exigeaient S3cc 2 d'alcali .
Après l'action de l'eau ammoniacale il n'a exigé que. . . 13, 5
Diffik'ence ', 19^ 7
Or, en faisant la proportion :
33*^^ 2 d^alcali : i(y^<^ d'acide : : 49,cc 7 d'alcali : X acide. On voit que X = 5cc 934, qui représentent la proportion d'acide qui a été saturée par l'ammoniaque ; et comme 40^« d'acide équivalent à 08%212 d'ammomaque, il est facile de reconnaître que 5«% 934 équivalent à 0 «', 1258 de cet alcali.
M. Hervé Mangon considère que la burette de Gay-Lussac qui sert au dosage volumétrique de Tammoniaque, est trop courte, ce qui rend les divisions trop petites et leurs fractions trop difficiles à apprécier. Pour remédier à cet inconvénient, il a imaginé un appareil dans lequel la burette est fixe et dont on détermine l'écoulement du liquide en exerçant une légère pression sur une boule en caoutchouc. En voici du reste la figure (42) et la description.
Lefort, 2* édition. 44
É- ^«,.-â-ifîl^SS'ii
lafause
indéterminée, est
tube de laiton B.
par un tube de
utcbouc D. Au bas
tube de laiton 9a a
uDe petite boule
caoutcbouc
■"*• ;îb; :*: **• **•
liËlHirette. Cette petite iilyile porte à sa partie 1 M liérieu re UD trou d'ai- IglfUe. & l'm pose le , Qigt sur ce trou et que mil presse la boule, NâSVr qu'elle contient se I «rfnpriine et le liquide .^htenu dans la burette *^iélàve dans la petite :gïancbe et s'écoule par î^n extrémité. Pour
i^Ift|^C^]ï^ver le doigt qui bou-
■"'""'-^â^g^C. Ce mécanisme très-
éCBfdimiauer & volonté le
|[i^rdinaire. Pourremplir
Vfij^ouc, on pose le doigt
un vase G contenant
>ÎS* reprendre sa Corme
. v^-j-J^i^ï^Iait pénétrer le liquide
-^^^^n'^S^^ dans U lecture de
rirf:ilEiii&^^^é une petite lunette,
l^l^quelle il observe la
f^ & l'aide de pipettes ant moins de 2 miUi-
^l^^^ueurdfi tige '.
RECHERCHE KT DOSAOT DE LA LITHINE ^dl