‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 246 sur 299 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

RBCHBRCBB ET DOSAGE DE LA LITHINE

Les sels de lithiam donnent au spectroscope deux raies trèstranchées dont Tune est aussi brillante que celle du sodium , mais plus fugace qve .cette dernière, en raison de la plus grande volatilité des sels de lithine dans la flamme de Tappareil : la première, jaune très-CEÛble, est située entre les lettres C et D ; et la deuxième, rouge et brillante, occupe le milieu des lettres B et G du spectre. On peut ainsi reconnaître rV ^^ milligramme de carbonate de Hthine par ce moyen.

Si la lithine est engagée en quantité très-minime dans une grande quantité de résidu salin, on a tout intérêt à Fen dégager. Pour cela, on traite le résidu par de Tacide sulfurique en léger excès de manière à produire du sulfate de chaux insoluble et des sulfates de potasse, de soude, de magnésie, de lithine, etc.

La solution acide de ces sels est évaporée jusqu'à siccité et le résidu est traité par l'alcool qui dissout le sulfate de lithine. Cette teinture alcoolique évaporée à son tour jusqu'à siccité fournit une faible quantité de matière que Ton examine au spectroscope.

Voilà pour l'analyse qualitative.

La lithine se dose presque toujours au moyen de la combinaison qu'elle forme avec Tacide phosphorique.

Les sels solubles de cette base, traités par le phosphate de soude, donnent, à froid, un précipité peu volumineux, qui se produit avec lenteur ; mais si on ajoute préalal^ement dans la solution quelques gouttes d'ammoniaque, afin de lui communiquer une réaction firanchement alcaline, et si on la fait bouillir, on obtient immédiatement un dépôt UanCt mstalUn, lourd» qui renferme toute la hthine dissoute.

Jusqu'à ces dernières années, on avait considéré le s^ qui se forme ainsi comme on phosphate double de litUne et de soude, de composition variable, à ce point que, suivant M.. Rammelsberg, il ne pouvait être utilisé pour le dosage de la lithine. Mais

69i ANALYSE CHIMIQUE

M. Mayer a vu depuis qu'il se produisait, dans cette circonstance, un phosphate tribasique de lithine exprimé par la formule 3 Li Oy Ph 0^, et qui, avec certaines précautions que ce chimiste indique, peut être employé avec avantage pour la détermination de cette base.

Voyons maintenant comment on sépare le phosphate de lithine des eaux minérales, puisque c*est seulement dans celles-ci que la lithine a été reconnue avec le plus de certitude.

On commence par faire concentrer au quart environ un volume quelconque d'eau minérale (soit 3 ou 4 litres) avec la centième partie de son poids primitif de carbonate de soude pur. On sépare le précipité de carbonates terreux et d oxydes métalUques qui se forme, et le liquide, sursaturé par Tacide chlorhydrique, est évaporé jusqu'à siccité. Le résidu, composé de chlorures et de sulfates alcalins, est broyé avec soin et épuise à froid par Talcool absolu qui dissout facilement le chlorure de lithium avec une petite quantité de chlorures de sodium et de potassium. La partie indissoute est constituée par la plus grande partie de ces sels, qu'avec les sulfates alcalins on a intérêt à éliminer pour la réussite de l'analyse. La ligueur alcooUqueest exposée au bain-marie jusqu'à la volatilisation^ du véhicule : on y ajoute de Teau distillée, quelques gouttes d'une solution de soude caustique, de l'ammoniaque en même proportion, et enfin du phosphate de soude. On laisse le mélange digérer à une douce chaleur pendant une journée, on recueille le précipité et on le lave avec de l'eau contenant son volume d'ammoniaque, afin d'entraîner les sels de soude et de potasse qui se sont interposés dans le dépôt. Le phosphate de lithine est ensuite calciné au rouge dans un creuset de platine et dosé comme un sel tribasique.

Le phosphatQ de lithine se dissout dans 2539 parties d'eau pure et froide, et dans 3920 d'eau ammoniacale.

Dans ces derniers temps, M. Frédéric Wurtz ne trouvant pas dans le mode de dosage indiqué par M. Mayer toute l'exactitude désirable l'a modifié de la manière suivante.

On évapore environ 15 litres d'eau au dixième de leur volume et on filtre pour enlever les matières terreuses (carbobonate, sulfate de chaux, etc.,] qui se sont déposées.

A la liqueur filtrée, on ajoute un léger excès de carbonate de

soude chimiquement pur, qui précipite le reste des matières terreuses.

Evaporant alors à siccité pour donner l'insolubilité complète au carbonate calcaire qui existe encore dans Teau, on reprend par Teau bouillante et on filtre bouillant dans une capsule placée au bain-marie. Le carbonate de lithine est soluble dans ces conditions.

Au liquide filtré et chaud on ajoute du phosphate de soude pur qui précipite la lithine à Tétat de phosphate. On évapore de nouveau à siccité, pour rendre complètement insoluble le phosphate de lithine, on reprend par l'eau froide et on jette sur un filtre taré pour connaître le poids du phosphate.

On s'assure que le précipité de phosphate de lithine ne retient pas de phosphate de chaux de la manière suivante.

Le phosphate de lithine est redissous dans l'acide sulfurique pur et dilué ; pour cela, la quantité d'acide à employer est calculée d'après le poids du phosphate.

Il se forme ainsi du sulfate et du phosphate acide de lithine, mélangés à du sulfate et à du phosphate acide de chaux, si le phosphate de lithine renfermait du sel de chaux.

Cette dissolution, traitée par de l'acétate de plomb neutre, donne un précipité de sulfate et de phosphate de plomb, et retient en dissolution de l'acétate de lithine, de Tacétatede chaux, en supposant la lithine impure, et l'excès d'acétate de plomb que l'on précipite après avoir filtré la liqueur par un courant d'hydrogène sulfuré.

On sépare le sulfure de plomb, et la liqueur filtrée est évaporée à sec. Traitant alors le résidu d'acétate de lithine par de l'acide sulfurique pur et étendu, on évapore de nouveau au bain-marie. Le sulfate de lithine sec est alors repris par lalcool bouillant, qui ne dissout pas le sulfate de chaux s'il y en avait encore dans le produit.

On évapore la solution alcoolique de lithine qui laisse un résidu de sulfate de lithine dont le poids, si le phosphate de lithine obtenu précédemment était pur, doit être proportionnel au poids du phosphate.

6d4 ANALYSE CHIlilQI'ï:

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